Abbeville est une commune française située dans le département de la Somme et la région Picardie. C'est le chef-lieu d'arrondissement de la Somme, sur la Somme. C'était la capitale du Ponthieu. Ses habitants sont appelés les Abbevillois.
Le nom a été très changeant : Brittania (au IIIe siècle), Abacivo villa (au VIe siècle), Bacivum palatium, Cloie et Cloye (au VIIe siècle), Abacivum villa, Basiu, Haymonis villa, Abbatis villa, Abbevilla (au XIe siècle), Abbavilla, Abedvilla, Abatis villa, Abbasvilla, Abbisvilla, Abbevile en 1209, Abbevilla in ponticio en 1213, Abisvil, Abeville en 1255, Abbeville en 1266, Abbisville, Abbeville en Pontiu (XIIIe siècle), Albeville, Aubeville en 1358, Albeville en 1347, Aubbeville, Aubeville, Abevile (1383), Abbativilla, et enfin Abbeville, signifie la ville de l'abbé qui dépendait autrefois de l'abbaye de Saint-Riquier.On trouve aussi Hableville en 1607 et Ableville en 1643 de hable ou havre de mer.
Abbeville est borné par 8 communes :Au nord : Buigny-Saint-Maclou et Drucat; au nord-est : Caours; à l'est : Vauchelles-les-Quesnoy; au sud-est : Épagne-Épagnette; au sud : Mareuil-Caubert; à l’ouest : Cambron; au nord-ouest : Grand-Laviers.
Abbeville, située sur la Somme à 45 kilomètres en aval d'Amiens, se trouve également à 10 kilomètres à vol d'oiseau de la baie de Somme et de la Manche.Juste à mi-chemin entre Rouen et Lille, c'est la capitale historique du comté de Ponthieu et de la Picardie maritime.
Rouvray (du latin roborem, moyen français robre = chêne) se rapporte donc au chêne indique un bois de chêne ou un chêne remarquable.
Mautort est un ancien fief situé entre Cambron et Abbeville. Il est à l'origine du nom noble de Mautort, qui subsiste dans le nom de famille Tillette de Mautort. Le nom tort est attesté en ancien français avec le sens de détour et Mau (du latin malus) = mauvais.
C'est à Mautort où il fut construit l'Église de Saint-Silvin de Mautort qui fut au départ une simple chapelle de marins fondée au XIe siècle, qui subit de nombreuses modifications (XIVe, XVe, XVIe et XIXe siècles).
Connu grâce à sa sucrerie et par son club de football.
La ville est une sous-préfecture.
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes
En 1851 comme de nos jours encore, Abbeville est la deuxième commune du département par l'importance de sa population.
Abbeville se vantait de n'avoir jamais été prise et se faisait appeler « Abbeville la pucelle ». Aussi les rois capétiens, pour récompenser sa fidélité, lui accordèrent de nombreux privilèges, et Charles V enrichit son blason du chef de France et de la glorieuse devise : « Semper fidelis » (toujours fidèle), par lettres patentes de 1369, datées de Vincennes.
Le nom jeté des Abbevillois est « chés bourgeois d'Adville ».
Bien que les recherches de Jacques Boucher de Perthes aient mis en évidence une occupation du site d'Abbeville (quartier du Moulin-Quignon) d'époque acheuléenne, il faut s'imaginer l'endroit à l'époque romaine comme une succession de marécages, semblables aux marais de Saint-Gilles qui subsistent aujourd'hui. Plus au nord, tout le plateau entre l'Authie et la Somme était couvert d'une forêt primaire. Les Romains avaient dû entamer ce massif forestier pour le passage de la grande voie d'Amiens au village de Ponches d'une part, et d'autre part à l'Ouest par la chaussée reliant le Beauvaisis à Boulogne-sur-Mer.
Le couple Abbeville / Saint-Valery-sur-Somme constitue la clef de l'énigme historique du débarquement de Maxime et de ses troupes britto-romaines au printemps 383. (St-Valery = Leuconos > Pors Liogan; Abbeville = Talence > Tolente). La route en direction de Paris passe tout près du Vieux-Rouen-sur-Bresle, où a été identifié le personnage Himbaldus (Château-Hubault).voir en bibliographie et liens externes)
Dès le XIIe siècle, l'abbé ouvrit aux lépreux un hospice, la maladrerie des Frères du Val, déplacée à Grand-Laviers au siècle suivant, devant l'extension urbaine. Désormais accessible aux bateaux, Abbeville devint un port de la Manche sous la dépendance des abbés de Saint-Riquier. Par la suite, l'ensablement de la baie de Somme a repoussé la mer (12 km), mais la ville continua d'être un port de commerce.
Avec le développement rapide du commerce du sel (depuis Rue), de la guède (waide en picard) et de l'industrie du drap de laine, les bourgeois augmentent en nombre et en importance politique : ils demandent une charte accordée en 1184. Pour commémorer l'événement, ils édifient un beffroi en 1126. Un siècle plus tard, Jeanne de Dammartin, comtesse de Ponthieu (1220 † 1278), permet aux religieux de convertir une partie supplémentaire des forêts en terres labourables, permettant le développement de l'économie locale.
Touchée de près par l'expédition anglaise de 1346, Abbeville résiste aux armées ennemies, mais elle est cédée, avec le Comté de Ponthieu dont elle est la capitale, à la couronne d'Angleterre par le traité de Brétigny (1360). Comme les autres villes picardes, elle passe ensuite sous domination bourguignonne en 1404. Au cours de ces décennies, la région est dévastée par les pillages, les épidémies et les loups. Louis XI rachète Abbeville au duc de Bourgogne en 1463, mais son fils Charles le Téméraire revient sur cette cession en prenant la tête de la Ligue du Bien public. Louis XI échoue devant Abbeville en 1471, mais recouvre toute la Picardie à la mort du duc de Bourgogne en 1477.
En 1514, Louis XII épouse à Abbeville la fille d'Henri VII d'Angleterre, mais les Anglais se rangent finalement (1523) aux côtés de Charles Quint dans les guerres de François Ier. Le coup le plus sérieux porté à Abbeville est la série de raids anglais menés par le duc de Suffolk sur les côtes de l'estuaire en 1544, après la chute de Boulogne-sur-Mer et Montreuil-sur-Mer.
Vers le milieu du XVIe siècle, le commerce de la waide recule devant la promotion du pastel des pays du midi, et il faut restructurer l'artisanat. Colbert s'y emploie, et sous Louis XIV, la ville se développe grâce à l'installation des Van Robais, fabricants de draps et de tapisseries venus des Pays-Bas, qui créent en 1665 la Manufacture royale des Rames (ateliers de draperie).
En juillet 1766, le Chevalier de La Barre, accusé d'avoir, un an plus tôt, manqué au respect dû à une procession religieuse en refusant d'ôter son chapeau et d'avoir chanté des chansons impies, fut exécuté sur la place du Grand-Marché pour blasphème. Soumis à la question, ses jambes furent broyées. La main droite et la langue tranchée, son corps décapité fut finalement livré aux flammes, avec le Dictionnaire philosophique de Voltaire, sur ce même lieu. En 1907, un monument a été érigé par souscription volontaire près de la gare, sur les berges du canal de la Somme, en commémoration du martyre du jeune homme. On peut y voir une plaque de bronze représentant le supplice du chevalier de La Barre. Ce monument est encore aujourd'hui un lieu de rassemblement pour les laïques et les libres-penseurs. Aujourd'hui, un pavé, gravé de son nom et de la date de son exécution, est toujours visible sur la place de l'exécution, nommée maintenant place Max-Lejeune, près de l'hôtel de ville. Le martyre du chevalier de la Barre servit à Voltaire de bannière dans son combat contre le fanatisme religieux .
Sur le plan administratif, l’Abbevillois formait une subdélégation dont les ressorts se confondaient avec ceux de la délégation du même nom (située dans la généralité d’Amiens). À la veille de la Révolution, Abbeville fut le chef-lieu d’un bailliage électoral principal (sans bailliage secondaire).
Victor Hugo fut trois fois de passage à Abbeville, en touriste :
1849 : Comme dans toutes les communes de France, la population masculine majeure put, pour la première fois, aller voter grâce à l'instauration du suffrage universel.
Lors de la Première Guerre mondiale, la ville ne sera jamais occupée par les troupes allemandes (Comme l'atteste le monument édifié sur le mont de Caubert). Lors des batailles de la Somme, elle accueillera un hôpital militaire (le 3rd Australian General Hospital). L'écrivain André Maurois, dans Les Silences du colonel Bramble décrit plaisamment l'esprit commerçant intact des habitants dans les derniers mois de la guerre. Comme Amiens et Beauvais, la commune est partiellement détruite et les séquelles de guerre sont nombreuses aux environs, notamment en raison des munitions non explosées qui perturbent encore l'agriculture, les chantiers ou l'industrie de la betterave sucrière. En 1918, elle fut le siège de deux conférences franco-britanniques (conférences d'Abbeville) : celle du 25 mars, entre le maréchal Haig et les généraux Wilson et Foch, prépara la conférence de Doullens. Au cours de la seconde le 2 mai, Foch réclama l'autorité sur le front italien mais n'obtint qu'un pouvoir de coordination. C'est à la conférence d'Abbeville (1er et 2 mai 1918) alors que les armées s'affaiblissent que Foch face à Clemenceau et Lloyd George aurait envisagé un repli vers le sud pour protéger la capitale, s'il advenait que les armées françaises et anglaises soient séparées et qu'elles ne puissent plus défendre à la fois l'accès aux ports de la Manche et à Paris, l'armée anglaise devant alors se replier et résister sur la Somme. Ce qui pourra être évité grâce à l'aide américaine.
Le 3 mai 1936, les électeurs de la 1re circonscription d’Abbeville ne dérogèrent pas au large mouvement populaire. Au 2e tour, ils choisirent pour député Max Lejeune qui, à 27 ans, fut alors le plus jeune élu de la Chambre.
Lors de la Seconde Guerre mondiale, la ville fut à nouveau en grande partie détruite par les bombardements allemands et anglais, qui firent disparaître à jamais les anciennes maisons à pans de bois et encorbellements. Abbeville fut libérée en septembre 1944 par l'armée Polonaise, qui entra par le faubourg de Rouvroy.
Au printemps 2001, la ville, comme toute la vallée de la Somme, eut à souffrir des inondations. Celles-ci durèrent plusieurs semaines, à cause de la saturation de la nappe phréatique, conséquence d'une année à l'humidité exceptionnelle. La gare fut inaccessible, les voies ferrées étant recouvertes par plusieurs centimètres d'eau.
Le côté pittoresque du centre-ville, avec les rues bordées de maisons anciennes rayonnant vers Saint-Vulfran, n'est plus qu'un fantôme depuis la Seconde Guerre mondiale. Ont pourtant été préservés (après « quelques » restaurations) :
Ville fleurie : 3 fleurs attribuées en 2007 par le Conseil des Villes et Villages Fleuris de France au Concours des villes et villages fleuris.
Abbeville est le siège de la Chambre de commerce et d'industrie d'Abbeville - Picardie maritime. Elle gère des ports, l'aérodrome et des zones industrielles de l'arrondissement d'Abbeville.
Unités ayant été stationnées à Abbeville:
Services de mobilité locale :