Aigueblanche est une commune française, située dans le département de la Savoie et la région Rhône-Alpes.
La ville est située dans la vallée de la Tarentaise où coule l'Isère. Elle se situe à 3 km de Moûtiers et à 23 km d'Albertville. Elle est traversée par la RN90 qui emprunte le tunnel de Ponserand basé sur la commune.
Aigueblanche tire son nom des ruisseaux qui traversent la commune et déposent du tuf blanc très calcaire. Les Romains la nommaient Aqua Bianca qui donnera Aqua Chiara , Aqua alba au XIème siècle, Acque clare, Aqueblanche en 1184, Aquablanca en 1260; eaux blanches ou eaux claires, toutes ces appellations faisant références à ces nombreux ruisseaux.
En franco-provençal, « eau » se traduit « aigue » donnant Aigueblanche, toponyme adopté définitivement à la révolution et .
Des sépultures néolithiques, attestant une présence ancienne dans le bassin d’Aigueblanche, ont été mises au jour lors de travaux de réparation des dégâts provoqués par les crues du Morel entre 1859 et 1875.
Ligures puis Ceutrons peuplent la vallée de la Tarentaise jusqu’à la victoire romaine (15 av. J.C). Les Romains créèrent alors une voie de circulation pour leurs communications avec le reste de la Gaule. L’Alpis Graia, voie créée par les ingénieurs d’Agrippa sur la rive gauche de l’Isère que l’ont suit de l’Etrat à Bellecombe au défilé de Ponserand où elle passe à 16 m au-dessus de la rivière taillée dans le roc sur 23m.
Les premiers colons romains, souvent d’anciens légionnaires, s’installent sur plusieurs domaines agricoles (villa) pour entretenir cette voie. Ces colons laisserons leurs nom dans la toponymie des villages : Villoudry (Udrium), Villargerel (Gerellus), Villarbérenger (Bérenger), Doucy (Duciatus), Pussy (Pussiatus).
Aqua Bianca développe alors l’exploitation de la pierre et du tuf blanc. Un four à brique et à tuiles est établi à Bella Comba (Bellecombe) mis au jour en 1875 par Balthazard Tatoud.
Ses coteaux bien exposés servent à la culture de la vigne et du fameux blé de printemps (cité par Pline l'Ancien dans son ouvrage « L'Histoire naturelle » Naturalis historia).
Deux patères servant aux libations y furent trouvées ; elles sont exposées aujourd’hui au Musée Gallo-Romain de Saint-Germain-en-Laye.
La fin du Ve siècle et le début du VIe siècle marque la fin des influences romaines et l’établissement du royaume Burgonde en Sapaudia (la future Savoie). Commence alors l’évangélisation de la vallée avec la présence d’un premier évêque à Darentasia (Moûtiers) vers 450.
Au Xe siècle Richard Curt, ancêtre de la famille des Briançon possède une résidence pacifique à Aque Clare (Aigueblanche) rive droite de l’Isère, là où le village s’est peu à peu développé, communiquant avec la voie romaine par un pont de bois (Pont du Bourgeaillet).
Mais le contrôle de l’accès à Moûtiers par le nord oblige Aigueblanche à se fortifier. Une maison forte est construite et le village de maisons en tuf qui a remplacé les vieilles cabanes en bois se retranche derrière de robustes remparts dont quelques vestiges sont encore visibles aujourd’hui.
Au début de XIIIe siècle, Gérard († 1260), cadet de la famille des Briançon reçoit le fief d’Aigueblanche et le titre de vicomte de Tarentaise (appartenant précédemment aux Briançon). Il se met au service du comte de Savoie Thomas Ier, dont la famille contrôle la province depuis 1033 en se heurtant au pouvoir des archevêques de Moûtiers en Tarentaise.
En 1240, le fils de Gérard d’Aigueblanche, Pierre, devient évêque d’Herford en Angleterre. Il s’était expatrié en 1236 avec Éléonore de Provence, mariée à Henri III Plantagenêt, dont il devint le conseiller. Pierre d’Aigueblanche rentre en Savoie en 1266 et meurt en 1270.
Son neveux, Pierre II de Briançon-Aigueblanche, fils d’Aymon, hérite alors du Manoir d’Aigueblanche et rend hommage au comte de Savoie devenant ainsi le bras armé du comte en Tarentaise contre l’Archevêché.
À cette époque, on cultive la terre jusqu'à 2300m et les chemins des cols sont empierrés. On communique avec la Maurienne par le Col de la Madeleine et avec le Beaufortain par Naves et le col de la Louze.
Au XIVe siècle, Léonette, dernière descendante des sires de Briançon-Aigueblanche, épouse Hugues de Montmayeur faisant passer les possessions et titres des Briançon-Aigueblanche, vicomtes de Tarentaise, à la puissante famille des Montmayeur.
En 1559 Nicolas de Montmayeur hérite du Manoir et fait probablement réaménager le vieux château de l’évêque d’Herford. Fenêtres à meneaux et plafonds à caissons lui donne alors un style moins austère. De son mariage avec Claudine de Chevron-Villette naîtra un fils, Gaspard qui sera le dernier représentant de la lignée.
À partir de 1639 la seigneurie d’Aigueblanche fut rattaché aux possessions de Guillaume François Carron († 1677), seigneur de St Thomas issue de la vieille famille de Cur ou de Cors.
Le fief devient marquisat en 1680 en faveur de Charles Victor Joseph de Saint Thomas, le petit fils de Guillaume François Carron.
À cette époque, la menace du développement des idées Luthérienne depuis Genève, conduit l’archevêché de Moûtiers à intensifier la construction d’édifices religieux.
Bellecombe fait sortir de terre son église en 1654 et Grand Cœur en 1674.
En 1682 c’est Villargerel qui fait reconstruire l’église Saint Martin, selon les plans de l’architecte Nicolas Deschamps et sous l’autorité du maître maçon, Jean Meilleur. C’est la période Baroque qui impose son style à cette nouvelle église, qui présente en plan quadrilobé (croix grecque), plan unique en Tarentaise. L’église Saint Martin de Villargerel est classée Monument Historique par arrêté du 9 juin 1943.
Aigueblanche attendra 1728 pour édifier son église.
Entre 1716 et 1784 les paysan de la vallée d’Aigueblanche achètent les droits féodaux sur l’élevage, les cultures, le bois et les vignes, détenus par l’archevêché et la noblesse. Les ruisseaux sont peu à peu équipés de roues à aubes et des moulins sont construits à Villargerel, Bellecombe et Grand Cœur.
En 1743 l’occupant du Manoir d’Aigueblanche, le Baron du Verger de Saint Thomas de Cors, repousse les troupes de Miquelets du Comte Espagnole Acquaviva. Celui-ci coince les troupes Sardes du Général Baron en passant par les crêtes au-dessus d’Aigueblanche. Après de violents combats les troupes Sardes se replient sur Aoste, abandonnant la vallée d’Aigueblanche au pillage par les espagnoles.
En 1972, les communes de Bellecombe, Grand-Cœur et Villargerel ont fusionné avec Aigueblanche. Georges Peizerat, longtemps suppléant de Joseph Fontanet et député durant la période ministérielle de ce dernier, en est le premier maire. La commune des Avanchers s'est jointe l'année suivante à Aigueblanche, avant de s'en séparer en 1988 sous le nom de les Avanchers-Valmorel.
Voici ci-dessous, l'évolution démographique de la ville d'Aigueblanche classés par date de recensement de 1793 à 1999.
Évolution démographique
Voici ci-dessous, un tableau démographique du XXe siècle sur la ville d'Aigueblanche classé par date de recensement.
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