Anzin est une commune française de la banlieue de Valenciennes, située dans le département du Nord et la région Nord-Pas-de-Calais.
Le 1er janvier 2007, la commune comptait 13 843 habitants appelés Anzinois. Elle fait partie de la communauté d'agglomération de Valenciennes Métropole, qui regroupe 35 communes soit 191 000 habitants, en 2006. Anzin est connue pour être le premier site du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais où la houille fut exploitée, et pour une longue grève des mineurs en 1884 dont Émile Zola s'inspira pour écrire Germinal, et qui aboutit à l'autorisation des syndicats par la loi Waldeck-Rousseau.
Depuis l'arrêt dans les années 1980 de l'industrie sidérurgique qui avait succédé à l'exploitation minière, la ville rencontre de grosses difficultés économiques : ses habitants connaissaient un taux de chômage de 30 % en 1999 et une partie de la commune a été classée en zone franche urbaine. En 2006, la commune d'Anzin était l'une des communes françaises où le revenu fiscal médian par ménage était le plus bas.
Anzin est située dans la région transfrontalière du Hainaut, à environ 20 km de la frontière belge.
Elle occupe une superficie de 366 hectares.
Les communes limitrophes sont Beuvrages et Bruay-sur-l'Escaut au nord, Valenciennes à l'est et au sud, Petite-Forêt et Raismes à l'ouest.
Anzin est bordée par l'Escaut qui forme sa limite à l'est avec Valenciennes.
L'altitude moyenne d'Anzin est de 47 mètres. Elle culmine à 50 mètres au mont d'Anzin.
La géologie d'Anzin est caractéristique de celle du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, plat pays aux terrains naturellement humides grâce à l'irrigation de nombreux cours d'eau. Outre les alluvions fluviales de la vallée de l'Escaut, le terrain sur lequel est située la ville est constitué de dépôts sableux tertiaires du Landénien et de limons pléistocènes du Quaternaire.
Sous cette couche de recouvrement, d'une épaisseur de 25 à 27 mètres, on trouve la craie blanche sénonienne intercalée avec les craies grises et marnes turoniennes du Crétacé supérieur. Viennent ensuite des formations argileuses déposées en lentilles dans des sables du Wealdien,.
C'est à partir d'environ 75 mètres que l'on trouve le gisement houiller, dans des couches de schiste et de grès. D'une épaisseur totale estimée de 2 500 à 3 000 mètres dans le bassin, il a été exploité à Anzin jusqu'à 600 mètres de profondeur.
Située à 110 kilomètres de la mer du Nord et à 135 kilomètres de la Manche, Anzin a un climat de type océanique.
La station climatique la plus proche est celle de Cambrai, qui constate des précipitations réparties également toute l'année, avec des maxima au printemps et en automne, le mois de février étant le plus sec, aboutissant à un total annuel des précipitations relativement modeste (642 mm à Cambrai-Épinoy) mais réparti sur de nombreux jours de pluie (120 à Cambrai).
L'amplitude thermique moyenne entre l'hiver et l'été ne dépasse pas 15°C.
Diagramme ombrothermique
Anzin conserve peu de vestiges apparents de l'époque de l'exploitation de la mine. Le dernier puits, celui de la Bleuse-Borne, a fermé en 1935 et son chevalement a été démonté en 1953. Son terril subsiste, mais a été étêté. Parmi les corons, le plus ancien, celui des 72, a été détruit en décembre 1983 ; le coron des 120, entre Valenciennes et Anzin, existe toujours et a été restauré.
L'exploitation minière a eu un impact profond sur l'état du sous-sol, d'autant qu'avant la houille, des carrières de craie étaient déjà exploitées. En dépit de la présence de nombreuses galeries, les terrains houillers semblent stabilisés ; les affaissements miniers tel que celui qui a créé la mare à Goriaux à quelques kilomètres d'Anzin ont eu lieu en phase d'exploitation.
Il en va différemment pour les carrières de craies abandonnées, exploitées durant les siècles précédents et dont les emplacements sont mal connus. Plusieurs quartiers sont des secteurs à risque moyen d'effondrement ; les derniers effondrements ont touché en 1991 le stade, le cimetière et la rue Saint-Waast. Ces risques ont fait l'objet d'un plan de prévention des risques de mouvement de terrain approuvé en janvier 2008.
La réhabilitation des zones industrielles de la ville est entamée depuis plusieurs années. La démolition de la dernière aciérie, celle de Vallourec, a été achevée en 2006. Les friches industrielles en résultant sont progressivement transformées en collaboration avec la communauté d'agglomération de Valenciennes Métropole, après des études examinant les diverses pollutions subsistantes.
Le site précédemment occupé par l'usine « B » de Vallourec a été transformé en une zone résidentielle entourée d'espaces verts : les Jardins de Valmont.
Les 23 ha du site principal de Vallourec sont également en cours de réhabilitation ; certaines installations, comme le château d'eau ou les bureaux d'études ont été conservées. Situé en zone franche, il est prévu d'y installer sur 8 ha un pôle high-tech réservé aux entreprises de l'image numérique.
L'ancien tracé de la ligne de chemin de fer des Charbonnages a été repris pour le trajet du tramway.
En 2006, Anzin comptait 5 378 logements, individuels pour plus de 73 %, auxquels s'ajoutaient 465 logements vacants ou secondaires. Parmi eux 63,3 % datent d'avant 1949. Ce sont dans leur grande majorité des maisons en brique rouge et mitoyennes, construites sur une parcelle étroite et profonde, prolongée par un jardin. Les maisons des corons typiques de l'habitat minier étaient composées de deux grandes pièces carrelées d'environ quatre mètres et demi sur quatre mètres et demi au rez-de chaussée, et de deux pièces plus petites à l'étage. Elles disposent d'une cave, mais pas de grenier, contrairement aux maisons d'employés construites ultérieurement.
Pour les constructions plus récentes, 24,8 % des logements datent d'entre 1949 et 1974 et 12,9 % d'après 1975.
La réhabilitation ou la reconstruction de plusieurs quartiers ont été entreprises en coopération avec la communauté d'agglomération de Valenciennes Métropole. Sur l'ancien site de l'usine « B » de Vallourec a été construit l'ensemble de 300 logements « les jardins de Valmont », dont la réalisation a été confiée à l'architecte-urbaniste Florence Bougnoux. Une opération de rénovation urbaine est en cours pour le quartier Carpeaux, prévoyant la démolition et reconstruction de 173 logements et du foyer pour migrants de l'Orme; sa première pierre a été posée en décembre 2008.
Les axes principaux traversant Anzin sont :
L'accès à l'autoroute A23 reliant Valenciennes à Lille est situé dans la ville limitrophe de Petite-Forêt, à 2,5 km d'Anzin.
L'autoroute A2, partie intégrante de la route européenne 19 reliant Paris à Amsterdam en passant par Bruxelles, est accessible à 7 km, à l'échangeur n°21.
La gare d'Anzin a été fermée en 1966, la ville est maintenant desservie par la gare de Valenciennes où des trains permettent d'effectuer le trajet de Valenciennes à Paris-Gare du Nord par TGV en 1 h 40, douze relations sont proposées.
Anzin est située à 45 km de l'Aéroport de Lille - Lesquin par l'autoroute A23, à 83 km de celui de Bruxelles et à 185 km de Roissy-Charles-de-Gaulle.
Le port de Dunkerque est distant de 126 km, celui de Calais et le tunnel sous la Manche de 159 km.
Un port fluvial situé au nord d'Anzin, entre les communes de Bruay-sur-l'Escaut et Saint-Saulve, exploite le canal de l'Escaut.
La société d'économie mixte Transvilles est chargée par délégation de service public des transports en commun de la communauté d'agglomération de Valenciennes Métropole.
Les quartiers d'Anzin sont ainsi desservis par la ligne 1 du tramway de Valenciennes qui relie l'université située à Aulnoy-lez-Valenciennes au sud-est de l'agglomération, en passant par le centre-ville de Valenciennes, afin de desservir le centre-ville de Denain située au sud-est (18,3 km). Deux stations sont situées sur la commune d'Anzin : « Anzin-Hôtel de Ville » et « Croix d'Anzin » ; elles proposent des correspondances avec 5 lignes de bus.
Lors de la création du réseau de tramway, des pistes cyclables ont été aménagées longeant son parcours.
Une véloroute, la « voie verte des gueules noires » reprend le tracé d'une ancienne voie ferrée et permet de rejoindre la frontière belge à Peruwelz.
Deux importantes opérations de rénovation urbaine sont en cours : celle du quartier Carpeaux évoquée plus haut durera de 2007 à 2011. Financée par 11 partenaires dont l'agence nationale pour la Rénovation Urbaine et le conseil régional du Nord-Pas-de-Calais elle changera le cadre de vie du quartier par la reconstruction de 173 logements et la création d'un lieu de vie central. Celle du nouveau quartier Valmont se termine avec la construction d'une médiathèque de plus de 1600 m2.
Le projet le plus important est néanmoins celui du plateau numérique des rives de l'Escaut, qui prévoit d'ici 2013 l'installation sur la friche de Vallourec d'un centre de recherche appliquée et de transfert de technologie, d'entreprises spécialisées et d'établissements d'enseignement en ce domaine,.
Côté transports en commun, une ligne de trolleybus est prévue pour compléter la desserte de la ligne de tramway : cette ligne 2 devrait entrer en service d'ici 2011 et irait de Peruwelz à la gare SNCB de Quiévrain en passant par le centre-ville de Valenciennes. Le tracé d'une troisième ligne est à l'étude.
L'étymologie du nom Anzin est incertaine ; il pourrait provenir du nom de ce temple, ou d'un nom de personne : Aze, nom courant chez les Germains, ou Anzenix, chef saxon qui aurait conquis la région vers 96 av. J.-C. L'orthographe a beaucoup varié : Asinium, Azing, Ansaing, parfois jusqu'au sein d'un même document, ce qui a amené des suppositions sur l'existence de deux villages, l'un situé sur le mont d'Anzin, l'autre sur les rives de l'Escaut,.
Même si le site d'Anzin a probablement été habité dès la préhistoire, il ne subsiste pas de vestiges de cette époque, hormis quelques objets de l'âge du bronze. Un temple dédié à Isis aurait été construit sur le mont d'Anzin lors de la conquête des Gaules, puis détruit en 369 par l'empereur Valentinien Ier.
Le village d'Anzin est cité pour la première fois en 877 sous le nom d'Asinium dans l'acte par lequel Charles le Chauve en fait don à la fille Ermentrude, abbesse d'Hasnon . À cette époque, la région faisait partie de la Lotharingie, un des royaumes francs issus de la division de l'empire de Charlemagne, et fut attribuée à Charles le Chauve par le traité de Meerssen. Celui-ci en fit un fief héréditaire, le comté de Hainaut. En 880, le Hainaut subit les invasions des Normands, l'abbaye d'Hasnon fut détruite. Le traité de Ribemont rattacha la région à la Germanie ; l'Escaut en constituait la frontière. L'histoire du village suivit dès lors l'histoire du comté de Hainaut et plus particulièrement celle de Valenciennes, bien qu'après la restauration en 1065 de l'abbaye de Hasnon par Baudouin Ier de Hainaut, il eût confirmé en 1067 la donation d'Anzin à celle-ci. Anzin fut érigée en paroisse en 1287.
Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, le village compta quelques centaines d'habitants. Situé hors des remparts de Valenciennes, il regroupait ses maisons le long de la route allant d'Anzin vers Saint-Amand, ainsi que sur celle menant à Beuvrages. L'église fut dès l'origine à son emplacement actuel, où elle sera plusieurs fois reconstruite. Près de la route menant à Condé, des carrières de craie furent exploitées dès le Moyen-Âge ; elle ne fut bordée de constructions qu'après la découverte de la houille. De même, le mont d'Anzin ne comportait pas d'habitations : surplombant légèrement Valenciennes, il fut à maintes reprises le lieu de campement des armées lors des guerres qui ont ravagé la région. Il était également réputé être le lieu de sabbat de sorcières.
À l'est du village s'étendait une zone marécageuse, les marais de l'Épaix et du Noir-Mouton. Vers 1452 fut creusé un canal longeant ces marais ; nommé « Riviérette », il détournait une partie des eaux de l'Escaut, qui traversait à cette époque la ville de Valenciennes, jusqu'au lieu dit de « la Folie » à Bruay-sur-l'Escaut. C'est le tracé de ce premier canal qui fut repris trois siècles plus tard pour créer le canal de l'Escaut.
Les troupes espagnoles sur le Mont d'Anzin lors du siège de Valenciennes en 1567Vers 1560, la doctrine calviniste se diffusa dans les Pays-Bas du Sud. Dans la région de Valenciennes, des prêches furent organisés en plein air au mont d'Anzin par des prédicateurs comme Guy de Brès. En 1566, lors de la crise iconoclaste de la révolte des gueux, des édifices religieux furent saccagés et pillés, et le calvaire de la Croix d'Anzin abattu,.
Dans la répression qui s'en suivit, le mont d'Anzin fut occupé par les troupes espagnoles de Philippe de Noircarmes, gouverneur du Hainaut, qui assiégeaient Valenciennes. Ce siège, qui dura de décembre 1566 à mars 1567, est parfois considéré comme la première bataille de la guerre de Quatre-Vingts Ans, au terme de laquelle les Provinces-Unies gagnèrent leur indépendance. Ce ne fut pas le cas de Valenciennes, qui fut prise le 23 mars 1567 et resta sous domination espagnole. La paix ne revint pas pour autant, et pendant plus d'un siècle la ville et sa région furent un des enjeux des conflits entre le royaume de France et les Pays-Bas espagnols.
Les soldats des deux camps, sans intendance, vivaient de pillages et la région connut plusieurs famines, accompagnées d'une nouvelle épidémie de peste en 1645.
C'est surtout à l'époque de Louis XIV qu'Anzin fut touchée par de nouvelles batailles. Pendant la Fronde, elle sera successivement occupée en 1651 par les soldats espagnols, puis par les troupes françaises commandées par La Ferté-Senneterre, et à nouveau par les armées françaises lors du siège de Valenciennes en 1656.
Puis, lors de la guerre de Hollande, ce furent cette fois des troupes dirigées par le prince d'Orange qui occupèrent le village, auxquelles succédèrent celles de Vauban. La ville de Valenciennes fut prise au terme d'un siège qui dura de novembre 1676 au 17 mars 1677. En 1678, quand le rattachement de Valenciennes et sa banlieue à la France fut scellé par le traité de Nimègue, la région était exsangue.
En 1699, quelques années avant la découverte de la houille qui allait changer son avenir, Anzin était encore un petit village rural, qui ne comptait plus que 61 maisons pour 248 habitants, un moulin à blé, un moulin à huile, et élevait 165 bêtes à cornes; la route menant à Condé était un chemin boueux jusqu'à ce que le duc de Croy la fit paver en 1733.
Le rattachement au royaume de France consécutif au traité de Nimègue fut confirmé en 1713 par le traité d'Utrecht qui fixa la frontière de façon à peu près définitive après la mort de Louis XIV.
Ce rattachement posa problème à quelques industries implantées dans la région : leur approvisionnement en charbon dans le Borinage était compliqué et renchéri par le fait qu'il soit de l'autre côté de la frontière, aux Pays-Bas autrichiens. Parmi ces industriels, la famille Désandrouin, de Lodelinsart, possédait une verrerie à Fresnes. Le vicomte Desandrouin était convaincu que la veine du gisement houiller se poursuivait dans le sous-sol côté français et obtint l'autorisation en 1716 d'entamer des recherches. Elles furent extrêmement difficiles, car le gisement n'affleurait pas en surface et il fallait donc creuser un peu au hasard. Une première veine de quatre pieds fut découverte en 1720 par Jacques Mathieu à Fresnes-sur-l'Escaut, mais il s'agissait d'un charbon maigre, qui n'était pas apte à tous les usages. C'est pourquoi les travaux furent poursuivis en creusant de nouvelles fosses, mais en se déplaçant vers l'Est, vers la région de Valenciennes.
La fosse du Chauffour fut en activité de 1762 à 1878C'est le 24 juin 1734 que l'ingénieur Pierre Mathieu découvrit à Anzin, près de la route menant de la Croix d'Anzin vers Condé, une houille qui pouvait servir à tous les usages. L'exploitation commença rapidement : Jacques Desandrouin fit venir de la région de Charleroi 200 familles de mineurs, et en 1740, la fosse de la Barrière, installée à la Croix d'Anzin, était déjà la 7e sur le territoire de la commune. En 1757, la compagnie des mines d'Anzin fut créée, réunissant les découvreurs Désandrouin et Taffin et les seigneurs hauts-justiciers faisant désormais valoir leurs droits sur le sous-sol.
La Riviérette qui longeait la ville servait à l'évacuation des eaux d'exhaure ; un port y fut créé dès 1752 pour le transport de houille et de matériaux lié à l'activité de la Compagnie des Mines. De 1770 à 1780 furent menés des travaux de création du canal de l'Escaut reprenant le tracé de la Riviérette puis reliant Valenciennes à Cambrai. L'écluse Folien y fut installée en 1784. Un pont-levis, le pont Jacob, fut construit dans le quartier de l'Écorchoir (qui faisait à l'époque partie du territoire d'Anzin) ; l'Escaut fut dès lors navigable depuis Cambrai jusqu'à la mer du Nord.
La découverte de la houille avait transformé Anzin en une petite ville industrielle vivant autour de la mine et où s'étaient déjà installées verreries, fonderies et fabrique de clous. La population s'accrut rapidement, en grande partie d'origine belge, et atteignait près de 3 000 habitants en 1789. La Compagnie des Mines d'Anzin, encore dirigée par des membres de la famille Mathieu, essayait de fidéliser ses mineurs en offrant des salaires corrects par rapport aux autres ouvriers de l'époque, et en leur fournissant du charbon gratuitement ; elle favorisait également la construction de logements, installés de façon assez anarchique autour des différentes fosses.
Lors de la Révolution française de 1789, la Compagnie des mines d'Anzin fut nationalisée, et tandis que ses anciens actionnaires émigraient, la direction fut prise en charge par un agent général.
En 1793, Valenciennes connut un nouveau siège par les armées autrichiennes et anglaises. Quand l'avant poste du Mont d'Anzin fut laissé par le recul des troupes françaises du général Kilmaine, les canons autrichiens y furent installés et bombardèrent Valenciennes pendant 40 jours. Anzin fut également ravagée par les combats, une grande partie de la ville dont les installations de la mine furent détruites et la population affamée. Le 30 juillet 1793, la ville de Valenciennes fut prise par les autrichiens, mais ceux-ci durent se retirer quelques mois plus tard. Anzin fut reprise par l'armée française le 26 août 1794.
Après les destructions du siège et des autres combats, la ville ne se reconstruisit que lentement ; il en alla de même pour les installations de la compagnie des mines, d'autant qu'avec la rattachement de Belgique à la France, elle était de nouveau concurrencée par les charbonnages de la région de Mons. Elle ne retrouva son niveau de production d'avant la Révolution qu'après la chute de l'Empire.
La Restauration créa un contexte économique favorable au développement des industries du Nord, entre autres par son protectionnisme. La Compagnie des mines devint une société importante, comptant parmi les membres de son conseil d'administration des personnalités politiques influentes.
À cette époque, le bourg connut des refontes d'urbanisme importantes. En 1825, le quartier de l'Écorchoir - qui est maintenant nommé Faubourg de Lille - fut rattaché à Valenciennes, ramenant la limite de la ville à la Croix d'Anzin, de même que les rues Renan et du Chemin Vert furent rattachées à Bruay. En 1826, les premiers corons furent construits. En dépit de la présence des fosses et des premières industries, Anzin était un bourg qui conservait un caractère rural, où fût encore construit un abreuvoir en 1838.
Les accidents étaient nombreux dans les fosses. En 1823, la catastrophe du Chaufour, un des premiers coups de grisou, fit une vingtaine de victimes ce qui suscita beaucoup d'émotion. En 1832, l'arrondissement de Valenciennes fut touché par une épidémie de choléra, et le manque de compassion de leur direction lors de ces coups du sort affecta les mineurs. En 1833, ils entamèrent une grève connue sous le nom d'« émeute des Quatre sous », la revendication étant l'annulation d'une baisse de salaire de ce montant décidée par la compagnie. Au bout de quatre jours de grève, et d'occupation du siège, la compagnie des mines fit appel à la troupe, et 3 000 soldats occupèrent les corons et les fosses. Les mineurs reprirent le travail sans avoir rien obtenu. Les meneurs furent jugés pour coalition, et condamnés pour certains à des peines légères ; mais les journaux se faisant l'écho du procès révélèrent la condition des mineurs, et la Compagnie finit par céder sur la question de salaire.
La gare d'Anzin au début du XXe siècleLa compagnie des mines développa diverses innovations qui transformèrent la ville. En 1835, la première locomotive à vapeur sortit de ses ateliers, et un chemin de fer fut mis en service. La première ligne voyageur fut ouverte en 1838, et en 1842 une gare fut construite à Anzin, desservant le tronçon Anzin - Saint-Waast,, prolongé ensuite jusqu'à Somain et Peruwelz en Belgique . La gestion de ce chemin de fer de Somain à Peruwelz était assurée par la Compagnie des Mines d'Anzin. Au cours du XIXe siècle, plusieurs usines s'implantèrent dans la ville : en 1834, les frères Talabot créèrent les Forges et Laminoirs d'Anzin, qui fusionnèrent en 1849 avec les forges de Denain sous le nom de Forges et Aciéries de Denain-Anzin.
Ces industriels avaient le même type de gestion paternaliste que les mines, et construisaient eux aussi des logements pour les louer à leurs ouvriers. En 1853, la société des Forges fit appel à des soeurs de Saint Vincent de Paul pour mettre en place diverses oeuvres sociales, et en 1854, elles ouvrirent une école de garçons et une école de filles qui fonctionnèrent jusqu'en 1906, ainsi qu'une salle d'asile.
La compagnie des Mines créa à cette époque une coopérative de consommation, la Socoma (société coopérative des mineurs d'Anzin) ; elle construisit le « coron des 120 », qui fut présenté à l'exposition universelle de 1867 comme un modèle de salubrité et de confort. Ces maisons furent pour la plupart dotées d'un jardin, ce qui, outre le fait de proposer un complément de ressources aux mineurs, avait pour but avoué de les détourner de la fréquentation de l'estaminet. Dans le même esprit, ces sociétés parrainèrent les associations colombophiles, sociétés de tir à l'arc ou société philharmonique.
En 1881, une première ligne de tramway à vapeur relia Anzin à Raismes, puis l'année suivante à Condé-sur-Escaut et Saint-Amand-les-Eaux. En 1882 fut fondée la tuyauterie Escaut-et-Meuse.
Depuis la découverte de la continuation du gisement houiller dans le Pas-de-Calais en 1841, la Société des mines qui se trouvait jusque là en situation de quasi monopole, était soumise à plus forte concurrence, face à des sociétés plus modernes. Répercutant sur son personnel les nouvelles contraintes de rentabilité, elle connut plusieurs grèves dans la seconde moitié du XIXe siècle, qui affectèrent la ville d'Anzin dont elle demeurait le principal employeur, et où les corons furent occupés pas la troupe à plusieurs reprises.
GerminalEn 1883, Émile Basly créa à Anzin le premier syndicat de mineurs. C'est en 1884 qu'éclata la « grande grève des mineurs d'Anzin ». La cause en était un changement d'organisation : le boisage de galeries, jusque là confié aux raccommodeurs fut affecté aux mineurs de fond eux-mêmes. Non seulement cela leur faisait un manque à gagner, puisqu'ils étaient payés à la quantité de houille remontée, mais de plus cela privait d'emploi les mineurs les plus âgés, à qui étaient traditionnellement attribués le rôle de raccommodeur. Dès le début de la grève, le renvoi de 140 syndicalistes durcit le conflit.
Elle regroupa plus de 10 000 grévistes pendant 56 jours et, répercutée par la presse, eut un retentissement national. C'est à cette occasion qu'Émile Zola vint se documenter à Anzin pour son roman Germinal. Mais la compagnie des mines ne céda pas, et le 17 avril les mineurs durent reprendre le travail. Une conséquence de cette grève fut l'autorisation des syndicats par la loi Waldeck-Rousseau, mais paradoxalement, il fallut attendre 1898 pour qu'un syndicat exista de nouveau à Anzin.
En 1900, Anzin était devenue une ville industrielle dont certaines infrastructures furent considérées comme à la pointe du progrès et présentées comme telles à l'exposition universelle de 1900 ; elle était en même temps décrite de manière assez lugubre dans les publications de l'époque : « Anzin ressemble à Denain par ses pavillons de mines, ses vastes établissements métallurgiques, forges, aciéries, fonderies, tuyauteries, fabriques de chaînes, de clous … ses groupes d'habitations ouvrières, basses, enfumées à peine égayées de quelques maisons bourgeoises, ses rues interminables … D'Anzin à Fresnes, même paysage ou plutôt même absence de paysage : rues sans fin, trottoirs sillonnés de tramways, cheminées géantes, maisons basses alignées le long de la route. ». Elle comptait alors 14 400 habitants, soit trois fois plus qu'en 1850.
Lors la Première Guerre mondiale, Anzin fut occupée par l'armée allemande dès le 25 août 1914, et un couvre-feu instauré. Située dans la « zone d'étape », qui comprenait toutes les compagnies du Nord, la compagnie des mines d'Anzin reprit l'exploitation au bout de quelques semaines en partie avec du personnel réquisitionné et sous le contrôle étroit de la Bergverwaltung; sa production fut pendant cette époque inférieure de 30 % à celle de 1913. L'exploitation industrielle fut par contre arrêtée : les usines de la Société des Forges furent totalement démolies, les machines et ferrailles étant récupérées au profit de l'industrie allemande; l'usine Escaut et Meuse fut transformée en atelier de réparation de canons,. Des réquisitions s'appliquèrent des matériaux industriels aux produits de première nécessité.
Au moment de la débâcle de l'armée allemande en 1918, les puits de mine furent systématiquement détruits par celle-ci, comme dans l'ensemble du bassin minier; le clocher de l'église fut également abattu afin qu'il ne puisse servir de poste d'observation,. Le 13 octobre 1918, la population fut évacuée en Belgique; la ville fut libérée le 1er novembre. La ville d'Anzin a reçu la croix de guerre 1914-1918.
La fosse de la Bleuse-Borne en 1920Après la guerre, le mouvement de reconstruction fut assez rapide. Il fit appel de façon massive à l'immigration, en particulier polonaise, pour compenser la baisse de population due à la guerre, et s'adapter à la nouvelle législation limitant la journée de travail à huit heures. La ville comptait 16 000 habitants en 1931.
La crise des années 1930 entraina des réductions d'effectifs, où ces immigrés furent les premiers concernés. En 1934, l'extraction houillère cessa sur le territoire d'Anzin, par la fermeture du dernier puits à la Bleuse Borne; l'activité minière continuait cependant dans la ville où demeuraient les ateliers du « chantier des mines ».
Lorsque survint la Seconde Guerre mondiale, Anzin fut défendue pendant la Fall Gelb par la 15e DI, installée au mont d'Anzin à partir du 23 mai 1940. Les ponts entre Anzin et Valenciennes furent détruits, et près trois jours de combat, les deux villes furent occupées. Les populations évacuées vers le sud à cette époque revinrent après l'Armistice du 22 juin dans ce qui était désormais la zone occupée, rattachée à Bruxelles.
En 1942, après l'échec de la « Relève » visant à recruter des travailleurs volontaires pour l'Allemagne en échange du retour de prisonniers français, une partie des ouvriers de la Société des Forges et de la tuyauterie Escaut et Meuse fut envoyée dans les usines Mannesmann, un peu avant la mise en place du STO.
La ville subit des bombardements en mai et juin 1944, aux abords de l'usine Escaut-et-Meuse, au cours desquels 72 civils furent tués. Anzin fut libérée le 2 septembre 1944 par des colonnes de l'armée américaine se dirigeant vers la Belgique.
En 1946, la compagnie des mines d'Anzin fut nationalisée, comme celles de l'ensemble du bassin pour former les Houillères du Nord-Pas-de-Calais. Les Ateliers centraux de la Compagnie d'Anzin (plus communément appelés « Chantier des Mines ») deviennent ceux du Groupe de Valenciennes des H.B.N.P.C. Après leur mobilisation dans la « bataille du charbon » destinée à relever la production au plus vite, les mineurs obtinrent un statut particulier leur accordant entre autres le logement gratuit, ainsi qu'aux retraités et aux veuves de mineur.
À la même époque, la sidérurgie connut un développement rapide, et les entreprises, bénéficiant des financements du plan Marshall, modernisèrent d'autres usines de la région. En 1948, la Société des forges de Denain-Anzin fusionna avec Société des Forges et Acieries du Nord et de l'Est pour fonder Usinor. En 1953, les usines Escaut et Meuse fusionnèrent également avec deux autres entités pour former le groupe Lorraine-Escaut; les usines d'Anzin devinrent son département tubes, principal producteur français de tubes sans soudure.
À la fin des années 1950, l'exploitation minière entra dans sa période de déclin, amenant le gouvernement à étudier dès 1960 un plan de régression de la production charbonnière, le plan Jeanneney.
Quand la sidérurgie française connut ses premières difficultés en 1966, de nouvelles restructurations amenèrent à l'absorption de Lorraine-Escaut par Usinor. L'année suivante, elle filialisa les usines à tubes, dont les anciennes Escaut et Meuse, en les regroupant dans la société Vallourec.
Quand survint le premier choc pétrolier, les dirigeants ne perçurent pas immédiatement l'ampleur de la crise, et relancèrent leurs investissements. Les subventions du 1er plan acier de 1976 ne firent que retarder l'échéance; Usinor était au bord de la faillite. En décembre 1978, les manifestations contre la casse de la sidérurgie rassemblèrent plus de 100 000 personnes dans le valenciennois. Les usines fermèrent l'une après l'autre, dont les principales l'usine A de Vallourec en 1979 et l'aciérie Usinor en 1981. En quelques années, le valenciennois perdit 80 % de ses emplois dans le secteur de la sidérurgie. La dernière usine Vallourec ferma en 1991. En 1999, la ville d'Anzin connaissait un taux de chômage de 30 %.
En 2004, 80 % des quartiers de la ville furent classés en zone franche urbaine.
Anzin est située dans l'arrondissement de Valenciennes, le département du Nord et la région Nord-Pas-de-Calais.
La ville est le chef lieu du canton d'Anzin, qui regroupe Anzin, Beuvrages, Bruay-sur-l'Escaut et Saint-Saulve.
Anzin fait partie de la communauté d'agglomération de Valenciennes Métropole, qui regroupe 35 communes depuis 2001.
Tandis que Valenciennes est traditionnellement une ville « de droite », Anzin a longtemps été un fief du parti socialiste. Depuis la Libération se sont succédé Raymond Lallart, André Gillard pour trois mandats, puis André Parent pour trois mandats également.
En mars 2001, une liste de divers droite, l'Union des démocrates pour la sauvegarde d'Anzin (UDSA) fit basculer la majorité municipale et installa Géry Duval à la mairie. À la même époque, les Anzinois continuaient cependant à accorder leur vote au PS et au PC lors des élections nationales et européennes ; d'autre part le Front National obtint de 18 jusqu'à 30 % des voix.
Géry Duval ne fut pas réélu en 2008, il a été remplacé par Pierre-Michel Bernard, soutenu par une liste regroupant PS, MoDem, mais aussi des citoyens engagés dans les associations locales comme l'association citoyenne Anzin pour tous,.
Le nombre d'habitants à Anzin étant supérieur à 9 999 et inférieur à 20 000, le nombre de conseillers municipaux est de 33. Les délibérations du conseil municipal sont disponibles en vidéo sur le site de la ville.
Depuis octobre 2009, Anzin a mis en place un conseil municipal des enfants et des jeunes, réunissant également 33 membres.
Depuis 1959, cinq maires se sont succédé à Anzin :
Anzin bénéficie des équipements administratifs traditionnels d'un chef-lieu de canton, tels que trésorerie, police municipale et bureau de poste, ainsi que d'une caserne de pompiers.
La ville et son canton relèvent de la compétence des tribunaux de Valenciennes , où sont situés le tribunal d'instance, le tribunal de grande instance et le tribunal de commerce.
Anzin est une ville associée au parc naturel régional Scarpe-Escaut qui fait partie depuis 1996 du parc naturel transfrontalier du Hainaut. La forêt de Raismes-Saint-Amand est située dans ce parc naturel, à six kilomètres au nord d'Anzin. Elle comprend le site de la mare à Goriaux, étang créé par un important affaissement minier survenu en 1916, réserve biologique domaniale depuis 1982.
Dans la ville même d'Anzin, le terril de la Bleuse Borne est également recolonisé par la végétation. Les terrils abritent des écosystèmes particulier, en raison de leur chaleur interne et du fait qu'ils n'ont jamais été cultivés. Celui d'Anzin recèle des plantes thermophiles telles que vipérines, onagres et millepertuis.
Les parcs municipaux sont également liés à l'histoire de la mine. L'un d'eux, le parc Mathieu, était comme son nom l'indique la résidence de la famille Mathieu, qui dirigea la compagnie des mines d'Anzin jusqu'au début du XIXe siècle, après que l'un d'eux eut découvert la houille à la fosse du Pavé. Le château qui était au centre du parc n'existe plus à la suite de la dégradation de la pierre le composant, il a été démoli en 1986. C'est dans ce parc municipal qu'est installée l'auberge de jeunesse d'Anzin.
Le parc Dampierre entoure le château du même nom, qui fut également construit pour loger les directeurs de la compagnie des mines d'Anzin, mais par la compagnie elle-même à la fin du XIXe siècle. Le château est une grande bâtisse de style néo-renaissance dont la façade est ornée de symboles de la mine et des arts. Son classement en tant que monument historique a été demandé et devait aboutir en octobre 2009.
Au 29 mars 2010, Anzin est jumelée avec :
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués en France depuis 1800. Avant cette date on trouve des dénombrements effectués à Anzin en 1699, 1679 et 1789.
Évolution démographique de 1648 à 2007La courbe démographique d'Anzin croît relativement régulièrement depuis la découverte de la houille en 1734, le nombre d'habitants est estimé à 248 en 1699. On constate un coup d'arrêt porté par la destruction partielle de la ville lors du siège de Valenciennes en 1793, la croissance ne reprenant qu'après la chute de l'empire, ainsi que l'impact des deux guerres mondiales. La baisse de population visible aux recensements de 1836 et 1841 est artificielle, elle correspond au rattachement aux villes de Valenciennes et Bruay de certains quartiers précédemment inclus dans le territoire d'Anzin. Cette croissance, particulièrement importante pendant l'âge d'or de la mine au XIXe siècle, s'arrête avec la fin de l'exploitation minière dans la région au début des années 1960, et la courbe s'inverse avec la crise de la sidérurgie dans les années 1970.
L'accroissement de la population pendant ces trois siècles a été marqué par une forte immigration. Pendant les XVIIIe et XIXe siècles, il s'agissait essentiellement d'immigrants belges, la compagnie des mines ayant dès le début fait appel à des mineurs de la région de Charleroi ; en 1866, 32 % de la population d'Anzin est belge. La seconde vague, lors de l'entre-deux-guerres, est composée en grande partie d'émigrants polonais.
Enfin, dans les années 1960, l'industrie sidérurgique fit plutôt appel à des travailleurs maghrébins, en particulier marocains après la signature de la convention franco-marocaine de 1963.
Cependant, un fort taux de natalité entre également pour une part non négligeable dans cet accroissement de population. Le département du Nord avait en 1860 un taux de 33,3 ‰ et de 27,2 ‰ vers 1900 ; Anzin n'y faisait pas exception.
En 1999, ce taux de natalité était de 15,81 ‰, supérieur au taux de 12,76 ‰ de l'ensemble de la France métropolitaine. La densité de population est de 3 862 habitants/km2.
Évolution de la pyramide des âges de la ville d'Anzin, comparaison entre l'année 2006 et 1999 :
La commune d'Anzin fait partie de l'académie de Lille, elle administre cinq écoles maternelles et cinq écoles élémentaires publiques. Anzin dispose également d'une école primaire privée : l'école du Sacré-Coeur.
Le département gère un collège, le Collège Jules-Ferry et la région gère un lycée professionnel : le lycée Pierre-Joseph Fontaine.
Le collège Anatole-France a été remplacé à la rentrée scolaire 2008 par le collège Pierre-Gilles-de-Gennes, situé à Petite-Forêt,.
Les Anzinois dépendent de la ville de Valenciennes pour les lycées d'enseignement général.
Les ducasses d'Anzin ont lieu le week-end de Pâques sur la place du général de Gaulle, et le week-end de la Pentecôte place Roger-Salengro.
Depuis quelques années, une braderie réunissant plusieurs centaines d'exposants, pour la plupart non professionnels, est organisée le 2e dimanche de mai dans le quartier de la Bleuse Borne.
Le carnaval, occasion de sortie pour le géant de la ville, a lieu le dernier dimanche de juin.
Jean la Houille est le géant de la ville d'Anzin. Créé en 1908 sous le nom de « Jehan la Houille », il figurait un mineur en tenue de travail, avec une barrette sur la tête, et une rivelaine dans la main. Ce premier géant fut endommagé lors de la Seconde Guerre mondiale, il participa néanmoins en 1984 aux festivités du 250e anniversaire de la découverte de la houille. Un nouveau géant a été reconstruit en 2005. Alors que le premier était glabre, celui-ci porte une courte barbe blanche; mais il arbore toujours les attributs du mineur : barrette, rivelaine et gaillette.
Pour 14 000 habitants, Anzin compte 20 médecins généralistes et 15 spécialistes. Les établissements hospitaliers les plus proches sont à Valenciennes, le centre hospitalier et la polyclinique Vauban, et à Saint-Saulve, la clinique maternité du Parc.
Anzin compte une vingtaine d'associations sportives et dispose de divers équipements, dont le stade André Gillard et le complexe Léo Lagrange.
Les Anzinois disposent de lieux de cultes des religions catholique, protestante (évangélique baptiste) ainsi que de la secte mormone.
Le doyenné de Valenciennes, rattaché au diocèse de Cambrai comprend six paroisses dont la paroisse Saint-Jean du Mont d'Anzin. Cette paroisse comprend sept lieux de culte dont deux à Anzin même : l'église Sainte Barbe et l'église Saint Vincent de Paul.
Il existe également une église évangélique baptiste, 113 avenue Anatole-France. La présence de baptistes à Anzin est ancienne, elle date de l'évangélisation de Jean-Baptiste Crétin et François Vincent auprès des mineurs vers 1869,.
Un temple de la secte mormone existe également 98 avenue Anatole-France.
En 2007, le revenu fiscal médian par ménage était de 11 153 €, ce qui plaçait Anzin au 30 453e rang parmi les 30 714 communes de plus de 50 ménages en métropole.
La population active totale de la commune est de 5 381 habitants. Le taux d'activité entre 20 et 59 ans est de 72 % sachant que la moyenne nationale est de 82,2 %. On dénombre 1 638 chômeurs en 1999, soit un taux de chômage s'élevant à 30,4 %, nettement plus élevé que la moyenne nationale qui est quant à elle de 12,9 %. Le pourcentage d'actifs est de 38,3 % contre 45,2 % au niveau national. Il y a 15 % de retraités, 28 % de jeunes scolarisés et 18,6 % de personnes autres sans activité.
En 2006, la commune d'Anzin était l'une des communes françaises où le revenu fiscal médian par ménage était le plus bas : en effet, sur les 30 687 communes de métropole pour lesquelles il y a au moins 50 ménages, Anzin se classait au 30 403 e rang pour un revenu médian de 10 894 €.
L'INSEE considérait que l'ensemble de la ville était concernée par la grande pauvreté.
Répartition des emplois par domaine d'activité
Le nombre total d'établissements était d'environ 414 en décembre 2004. Le commerce ne représente pas moins de 36,2 % du nombre total d'entreprises avec cent cinquante établissements. On dénombre ensuite soixante seize établissements concernant l'éducation, la santé et l'action sociale soit 18,4 % du total. Les activités de services aux particuliers comptent soixante quatre entreprises soit 15,5 % et celles de services aux entreprises trente sept soit 8,9 % du nombre d'établissements total.
Viennent ensuite les vingt sept entreprises du bâtiment qui représentent 6,5 % du total, l'industrie des biens intermédiaires comporte dix huit entreprises soit 4,3 % et l'industrie agricole et alimentaire dix sept entreprises soit 4,1 %. Les 6 % d'établissements restants sont sept entreprises des industries des biens de consommation, sept autres des biens d'équipement, deux agences immobilières et une entreprise d'électricité générale.
Les principaux employeurs sont le garage et concessionnaire Martin automobiles qui emploie 232 salariés et le fournisseur de matériel de bureautique pour les entreprises Ecoburotic qui en emploie 130 .
80 % des quartiers de la ville sont situés en zone franche urbaine, ce qui assure aux entreprises qui s'y installent des avantages fiscaux et des aides incitatives.
L'église Sainte-Barbe est située dans le quartier de l'Hôtel de Ville, rue des Martyrs, communément appelée rue de l'Église par les anzinois. Une première église fut érigée en paroisse en 1287. Plusieurs fois reconstruite sur le même emplacement, elle y figure déjà sur un plan datant de 1731. En 1784, est posée la première pierre de ce qui est alors l'église Saint-Jean-Baptiste. Cette église sera détruite en 1918, à la fin de la Première Guerre mondiale. L'église reconstruite sera dédiée à sainte Barbe, patronne des mineurs. Le chemin de croix de l'église est composé de tableaux de Lucien Jonas.
Église Saint-Vincent-de-Paul (Quartier de la Bleuse-Borne)L'église Saint-Vincent-de-Paul est située dans le quartier de la Bleuse-Borne. Après la découverte du charbon, l'implantation des mines et de la sidérurgie conduisit au développement de ce quartier, situé à 3 km de l'église Saint-Jean-Baptiste. Quand, en 1859, il fut question de construire un temple protestant dans le quartier, les catholiques y envisagèrent la construction d'une nouvelle église, et peu de temps après, une chapelle fut édifiée sur un terrain mis à disposition par l'usine Escaut-et-Meuse, qui ne devint une paroisse qu'en 1901. Vers 1912, le remplacement de la chapelle par une église commença à être envisagé, mais fut cesse repoussé en raison des deux guerres mondiales et des travaux de reconstruction qui les suivirent. Des collectes de fonds reprirent au début des années 1960, mais l'épiscopat donna alors la priorité à la construction de l'église Sainte-Thérèse dans les nouveaux quartiers de Raismes. L'église Saint-Vincent de Paul sera finalement édifiée à la fin des années 1960, et officiellement inaugurée en 1973.
La mairie d'Anzin a été construite en 1874 par l'architecte Constant Moyaux, la salle des mariages et la salle du conseil sont décorées de fresques de Lucien Jonas.
Le théâtre a été construit en 1934 et est décoré lui aussi de fresques de Lucien Jonas. Comptant 1 200 places, il est l'un des plus grands de la région et accueille une programmation variée.
Le ministère de la culture n'a inventorié qu'un seul bâtiment à Anzin : la Brasserie Bouquet Dumont, anciennement Bouquet Lefebvre. Fondée en 1887 à Bruay, elle s'est installée à Anzin en 1892, au 450 rue Jean-Jaurès. En 1946, la production s'élevait à 25 000 hectolitres de bière de fermentation haute.
Le musée des charbonnages Théophile-Jouglet retrace l'histoire de la mine dans la région de 1720 à 1983. Il porte le nom de Théophile Jouglet, maire d'Anzin, et a été créé en 1928 dans la maison de celui-ci qu'il avait léguée à la ville. Transformé en commissariat pendant la seconde guerre mondiale, le bâtiment fut bombardé.
Il fut rénové et réouvert en 1961 comme musée de la mine : il présente des documents d'archives issus des Houillères du Nord-Pas-de-Calais et toute une collection de fossiles carbonifères.
Le musée possède également des oeuvres d'artistes tels Jonas, Steinlen, Meunier ou Méreaux représentant les conditions de travail, les mentalités et la vie quotidienne de la population, ainsi que des portraits des fondateurs de la compagnie des mines et de ses administrateurs.
Cette exposition permanente est complétée d'expositions temporaires d'artistes contemporains ; l'entrée du musée est gratuite.
La ville d'Anzin offrit pendant longtemps des bourses aux jeunes Anzinois manifestant des dispositions pour les arts, afin de leur donner la possibilité d'étudier à l'école des Beaux Arts de Valenciennes. La ville compte dans ses natifs plusieurs prix de Rome comme le statuaire Corneille Theunissen (1863-1918), les sculpteurs Aimé-Gustave Blaise (1877-1961) et Robert Barillot (1921-2001), et le graveur sur médailles Jules France (1920-1995).
Certains d'entre eux - également prix de Rome et reconnus - restèrent attachés à leur ville natale, comme Constant Moyaux (1835-1911) qui fut l'architecte de la mairie d'Anzin, ou le peintre Lucien Jonas, (1880-1947). Celui-ci décora de ses peintures nombre de bâtiments de la ville déjà évoqués plus haut comme l'hôtel de ville et le théâtre, et illustra le chemin de croix de l'église Sainte Barbe.
Les oeuvres littéraires consacrées à Anzin ont pour la plupart pour sujet la mine et les mineurs, et datent de l'âge d'or de cette exploitation, dans la seconde moitié du XIXe siècle. En 1874, Charles Deulin consacra un des Contes du roi Cambrinus, « La Marmite du diable », à la découverte de la houille au mont d'Anzin. À la même époque, Jules Mousseron, poète-mineur, évoqua dans de nombreux poèmes la ville et surtout ses enfants célèbres, de Lucien Jonas à Pierre Fontaine.
Mais l'oeuvre la plus connue reste Germinal, où Anzin est figurée sous le nom de « Monsou ». Émile Zola s'inspira de sa visite à Anzin lors de la grande grève des mineurs en 1884 pour ce roman, et publia également les Notes sur Anzin, compte rendu de sa visite.
Il est à signaler encore que la première page du roman La Fabrique d'absolu (Továrna na Absolutno - 1922), de l'écrivain tchèque Karel Čapek, s'ouvre sur "La crise charbonnière, ..., l'épuisement des gisements miniers; dans le bassin d'Anzin voici qu'on arrête l'extraction pour des années..."
Du côté des oeuvres cinématographiques, Bertrand Tavernier a tourné en 1999 le film Ça commence aujourd'hui dans une école maternelle d'Anzin, qui porte désormais son nom.
L'Union Sportive Valenciennes-Anzin, club de football créé en 1913, connut pendant les 30 glorieuses ses années fastes. Elle évolue de 1955 à 1970 en première division, avec une équipe où figurent les anzinois :
Le blason d'Anzin est, à l'origine, celui de l'abbaye d'Hasnon à laquelle le village appartenait depuis 877.
En 1874, la ville d'Anzin se dota d'un nouveau blason, plus en rapport avec son histoire minière, mais peu correct d'un point de vue héraldique.
La devise associée à ce blason est « Urit et alit » (Brûle et nourrit) en référence au charbon dont la ville tirait sa subsistance.
Elle a été remplacée par une nouvelle devise : « Anzin, une mine d'énergie ».
La ville d'Anzin a reçu la croix de guerre 1914-1918.
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© Auteur(s) de Wikipédia / Source : Anzin / Cet article est sous CC-BY-SA
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