| Col du Pointu |
Apt est une commune française, sous-préfecture du département de Vaucluse, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Ses habitants sont appelés les Aptésiens ou Aptois.
Faelicibus apta triumphis (Depuis le XIVe siècle).
Apt est située sur l'ancienne voie Domitienne. Son centre-ville, groupé autour de la cathédrale Sainte-Anne, occupait jadis une île.
Situation: 35 km de Cavaillon, 38 km de Manosque, 45 km de Forcalquier, 55 km d'Aix en Provence, 53 km d'Avignon (gare TGV) et 780 km de Paris
La ville s'est construite dans une vallée entre le Massif du Luberon et les Monts de Vaucluse.
Géologiquement, on trouve majoritairement trois types de sols :
Le reste, sur la partie à l'ouest de la commune d'Apt, au début de la vallée du Calavon, entre Gargas et Apt, est une succession de sols (Jurassique supérieur, Crétacé, Paléocène) avec calcaires argileux, marnes bleues, calcaires à faciès Urgonien, calcaires argileux, sables et argiles du paléokarst…
Apt a un sens particulier pour les géologues puisqu'il est à l'origine de la couche géologique que l'on nomme l'Aptien (Crétacé inférieur, entre -125 Ma et -112 Ma.).
La ville est traversée par le Calavon.
Cinq rivières : le Calavon, la Dôa, la Riaille, la Marguerite, le Rimayon.
Après une année 2007 caractérisé par une très faible pluviométrie, 435 mm d'eau en pays d'Apt, 2008 avec 1 202 mm, soit 2, 8 fois plus, se place juste derrière l'année 1968. Quant à la moyenne des températures elle augmente de 0, 5°, l'hiver et le printemps ayant été très doux. Le temps pluvieux a affecté la durée de l'ensoleillement avec une centaine d'heures en dessous de la normale.
Les premiers habitants de ce qui deviendra plus tard Apt se sont installés sur deux sites préhistoriques de grande importance pour l'archéologie régionale. Le premier était situé aux Agnels, proche du hameau du même nom, près du ruisseau de la Mauragne. Il a livré un important matériel mésolithique daté d'entre -9 000 à –6 000 avant notre ère. Plus de cinq mille silex taillés y ont été répertoriés correspondant à huit types différents. Les chasseurs-cueilleurs, qui ont fréquenté ce lieu de rendez-vous, consommaient de l'auroch, du cerf, du sanglier et du lapin. Le second à Roquefure, sur la rive gauche du Calavon, a permis d'étudier neuf niveaux archéologiques allant de la fin du paléolithique jusqu'à celle du néolithique.
La cité d'Apt fut fondée en -45 sur ordre de Jules César et achevée en cinq ans. Elle prit le nom de Colonia Apta Iula Vulgentis et devint la capitale de la tribu des Vulgientes. Plusieurs oppida pré-romains ont été construits sur les hauteurs de la ville, afin de la protéger et de maintenir la paix. Certains d'entre eux sont rasés par les Romains (comme l'oppidum de la colline du Pérréal). La cité Julienne est désormais l'une des étapes importantes sur la Via Domitia unissant Rome à l'Espagne.
À l'époque de la Gaule narbonnaise dont Apt est l'une des vingt-quatre cités, avec environ 10 000 habitants, deux inscriptions notent que la ville est alors connue sous les noms de col. Iul. Apta et de Nymphus Attis.
Apta Julia atteint sa plus grande prospérité au IIe - parmi ses concitoyens la cité s'honore alors d'avoir Marcus Cornelius Fronton, l'ami des empereurs Hadrien et Antonin le Pieux qui sera le précepteur de l'empereur Marc Aurèle - et au IIIe siècle.
La cité est dotée d'un Forum, d'un Arc de Triomphe, d'un Capitole, de temples, de thermes et d'un théâtre. Les fouilles ont permis de calculer qu'il était équivalent à celui d'Orange. Les thermes sont situés sous l' actuelle sous-préfecture.
L'évêché d'Apt fait partie des seize diocèses dont les évêques sont présents ou représentés à Arles lors du premier concile d'Occident en 314.
Apt, Porte de SaignonLa ville se dote de fortifications dès le Haut Moyen Âge. mais est néanmoins pillée par les Sarrasins vers 895.
Du Xe au XIIe siècle, c'est une co-seigneurie des évêques et des seigneurs d'Agoult-Simiane, puis jouira d'une administration consulaire jusqu'au milieu du XIIIe siècle.
1258 est une année clef pour les Aptésiens. Sous la pression de Charles 1er d'Anjou, comte de Provence, Apt comme toutes les grandes villes du comté se voit supprimer son «consulat». L'antique sceau marqué « Sigillum Comitii Aptensis » est alors remplacé par celui frappé aux armes d'Anjou et d'Aragon (or et sang) et porte désormais gravé « Sigillum Curiae Civitas Aptensis».
La cité est alors administrée par Pierre Bayle, son prince-évêque qui a la haute main sur le quartier de la Bouquerie, et par un bayle nommé Petrus (Pierre) qui administre le quartier Saint-Pierre.
Le bayle ou bailli, qui était juge comtal, a sous sa juridiction toute la région comprise entre la Durance et le comté de Sault suivant une diagonale allant de Saint-Martin-de-Castillon à Mérindol.
Les princes-évêques d'Apt furent amenés à jouer un rôle international. En 1286, alors que Charles II le Boiteux, héritier du comté de Provence, était prisonnier de Jacques d'Aragon qui s'intitulait roi de Sicile, les deux princes parviennent à conclure le traité de Cefalù. Sa copie est portée au pape Honorius IV par le prévôt et l'évêque d'Apt Raymond 1er de Bot. Mais le pontife refuse de l'entériner et le casse par une bulle du 4 mars 1287.
Seconde date importante au Moyen-Âge pour la cité Julienne, celle du 28 mars 1362 où est ouvert le premier registre des délibérations municipales. C'est grâce à lui que nous savons qu'en 1365, les syndics de la ville offrent des fruits confits d'Apt au pape Urbain V.
Le marché hebdomadaire d'Apt a atteint une notoriété qui dépasse largement le cadre local et même régional. Sa tenue est due à deux René. Tout d'abord le Roi René qui en 1470 accorde à la cité le droit de tenir marché tous les mardis. Puis en 1523, René de Savoie, dit le Grand Bâtard, comte de Tende et gouverneur de Provence le déplace du mardi au samedi matin.
Cette période idyllique va prendre fin en pleines vendanges au cours du mois de septembre 1540. Le nouvel évêque d'Apt, Pierre de Forli, fait arrêter Louis Serre et son beau-frère Collin Pellenc, vignerons au Plan d'Apt alors qu'ils descendent leurs raisins dans leur cave de la rue Bouquerie.
Pellenc, par deux fois, avait été inquiété par le Tribunal de l'Inquisition en 1532 et 1535. Reconnu récidiviste, il est condamné à être brûlé vif au Postel, sur la place des Jacobins.
C'est le point de départ d'une répression massive contre les Vaudois du Luberon et leurs barbes. Le Parlement d'Aix-en-Provence, sous la présidence de Jean Maynier d'Oppède, publie de 18 novembre 1540, l'Arrêt de Mérindol qui condamne 49 personnes nommément désignées à être brûlées vives.
En 1660, la reine Anne d'Autriche vient à Apt rendre ses voeux à Sainte Anne.
En 1770, François et Jacques Moulin, fils de César, le maître faïencier de Castellet, s'installent à Apt. En travaillant et en mêlant différentes argiles, ils vont inventer la «marbrure aptésienne». Leurs successeurs au XIXe siècle fabriquent des assiettes en forme de feuilles de vignes qui sont de nos jours particulièrement recherchées. Au XXe siècle, la tradition a été reprise par Léon Sagy et les Bernard.
Apt devient chef-lieu du district d'Apt en 1790 dans le département des Bouches-du-Rhône puis du Vaucluse en 1793.
Apt a été le moteur insurrectionnel du pays d'Apt en Décembre 1851. Le dimanche 7 décembre 1851, les "rouges" de la ville d'Apt et des villages voisins s'insurgent contre le coup d'Etat de Louis-Napoléon Bonaparte, effectué le 2 décembre à Paris . L'insurrection se déclenche dans la ville, à la suite de la venue des "blancs" de Saint-Saturnin, appelés en renfort par le sous-préfet d'Apt, pour faire face au risque insurrectionnel dans la ville. A l'arrivée des 67 hommes armés de la Garde Nationale de Saint-Saturnin, les aptésiens se rassemblent sur la place de la Bouquerie et sur la place de la sous-préfecture. Indignés devant cet affront, un vif mécontentement fait rage dans les rangs aptésiens. A la suite d'une âpre négociation pour faire repartir les hommes de Saint-Saturnin, les "rouges" déclenchent l'insurrection. Les insurgés prennent l'hôtel de ville et la sous-préfecture et constituent un comité révolutionnaire. Vers le soir de la même journée, le comité s'organise, et publie les noms des membres qui en font partie « au son de trompe par le crieur public Marius Crest ». Ce dernier est accompagné de « Adolphe Caire dit Lapatout, Crest dit Creston et d'un autre individu qui est Méritan », lisant «lui-même» la proclamation constitutive du comité insurrectionnel. Méritan dit Barbès proclame, sur le perron de l'hôtel de ville le comité qui vient d'être élu. Ce comité d'après la proclamation se compose de divers membres entre autres des nommés « Elzéar Pin, qui doit en être le chef, Tamisier dit Miroir, Caire dit Lapatou, Gaillard peintre en bâtiment ». Le comité révolutionnaire tient ses séances dans le cabinet du commissaire de police attenant aux salles de la mairie. Les membres publient dans la matinée du lundi, les deux premières proclamations, qu'ils ont délibérées, la première ordonne « sur mot du comité et du conseil municipal, que tout citoyen qui est détenteur d'armes de guerre et de chasse de les apporter à la mairie immédiatement après la publication sous peine d'être requises par la force armée » (Signée : Les membres du comité et du conseil). Afin de former une colonne armée dont le but est de se diriger vers L'Isle-sur-la-Sorgue, pour ensuite aller prendre Avignon, une deuxième proclamation est émise : « Au nom du peuple tout citoyen de 18 à 30 ans est requis de se rendre immédiatement armé sur la place de la sous-préfecture. Sous peine d'être passé par les armes (Les membres du comité)». Le mouvement se propage aux villages voisins,(Gargas, Bonnieux, Lacoste, Roussillon, Gordes) où des émissaires sont envoyés pour que les républicains rouges de chaque localités se joignent à la colonne insurrectionnelle qui descend la vallée du Calavon dans la journée du 8 décembre. Cette colonne partie d'Apt, dans la matinée, compte environ 400 insurgés au départ. Elle compte 2000 insurgés, une fois à Coustellet, où les républicains de Gordes, Joucas, Murs attendent leurs "frères" aptésiens. A l'Isle-sur-la-Sorgue, la colonne aptésienne ne trouve aucun renfort, renforts qui devaient venir de Cavaillon et de Carpentras. Les insurgés perdent leurs motivations et seulement une poignée d'irréductibles se dirige vers Cavaillon. Malgré l'espoir de voir réussir le mouvement insurrectionnel, afin d'établir une République plus juste, la République démocratique et sociale, l'armée intervient et se heurte aux insurgés aux environs de Cavaillon, où trois insurgés périssent. L'insurrection échoue et les insurgés doivent désormais fuir pour éviter la répression bonapartiste qui se met en place dès le 10 décembre dans la région aptésienne, avec l'arrivée de l'armée.
Apt est libérée le 22 août 1944 par la 36e division d'infanterie britannique.
Charles Rostaing, spécialiste de la toponymie provençale, suggère comme origine de son nom une racine ligure HATH correspondant à un oronyme (nom de montagne). Fondée sur ordre de Jules César, son nom latin est Apta Julia. La ville se nomme en occitan provençal At selon la norme classique et Ate selon la norme mistralienne.
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes
Mise en place d'un programme FISAC en partenariat avec la CCI de Vaucluse courant 2010
Au XVIIe siècle, Joseph-François de Rémerville, dans son Histoire de la ville d'Apt appelle son terroir « une fontaine de vin et d'huile » (vini et olei ubera). Aujourd'hui la commune produit des vins AOC Ventoux et Côtes-du-luberon. Les vins qui ne sont pas en appellation d'origine contrôlée peuvent revendiquer, après agrément le label Vin de pays d'Aigues
Poursuite du Contrat urbain de cohésion sociale, CUCS
Plan local d'urbanisme en cours de révision
Schéma de cohérence territoriale (SCOT du Pays d'Apt) en cours d'élaboration
Ville candidate au programme national de requalification des quartiers anciens dégradés (PNRQAD)
Extension de la zone industrielle des Bourguignons
Opération Programmée d'Amélioration de l'Habitat en cours depuis décembre 2009
Le Centre hospitalier du Pays d'Apt a une capacité totale de 196 lits & places qui se répartissent de la manière suivante :
La maison de retraite Le Lavandin sur les hauteurs d'Apt a une capacité de 34 lits.
Le coeur de la ville est ancien avec plusieurs rues pittoresques (comme la rue des Marchands) et passages sous voûtes.
Ce sont les seuls vestiges des anciennes fortifications de la cité julienne. Par décision du Conseil de Ville, datée du 13 avril 1336, les ruines de la cathédrale paléochrétienne furent démantelées pour en «employer les pierres à la construction de nouvelles tours » renforçant les remparts.
Apt était une ville-close c'est-à-dire une cité fortifiée derrière ses remparts pour se mettre à l'abri des « pilleries, roberies, larcins et autres maléfices faits par le temps de guerre ». La cité était protégée par ses vingt-sept tours qui abritaient chacune une compagnie de huit arbalétriers, soit un total de deux cent seize hommes de traits.
La cité était à la fois protégée par son enceinte et par les deux bras du Calavon qui l'encerclait.
La Tour de l'HôpitalDes remparts du XIVe siècle, seule a subsisté une tour ronde, dite « Tour de l'Hôpital ». Sans doute endommagée, elle fut à nouveau adjugée à prix-fait le 3 novembre 1376. Les murs devaient avoir deux mètres vingt-cinq d'épaisseur aux fondations et deux mètres au-dessus de la terre. Couronnées de merlons, de créneaux et de mâchicoulis, la tour protégeait des remparts de deux mètres d'épaisseur. Elle était défendue par trois arbalétriers au rez-de-chaussée et par cinq au premier étage.
La porte de Saignon était l'une des six portes d'Apt et donnait accès à la partie est de la ville. Construite en petit appareil au cours du XIVe siècle, elle avait remplacée une porte antérieure du XIIe siècle. Elle s'ouvrait sur l'actuelle rue Saint-Pierre nommée alors rue des Briard (Carriera Biodorum) du nom d'une famille de Gargas qui y possédait un four à pain.
Le Portalet, autre porte de la ville, s'ouvrait en face de la passerelle piétonne enjambant de nos jours le Calavon.
Le célèbre Cours fut créé en 1535, il prit la place des prés du Clos qui jouxtaient les remparts et la Porte de Saignon. Longtemps terrain de jeu exclusif des pétanqueurs et de toute la gens bouliste, il est actuellement transformé en parking dans sa partie septentrionale. Sa partie méridionale est ornée d'une fontaine monumentale baptisée « Fontaine de l'Éléphant ». Ce fut au XIXe siècle qu'il prit le nom de Cours Lauze de Perret.
Créé puis aménagé au début du XIXe siècle, il possède des essences rares provenant du parc du château des Tourettes plantées sur ordre du dernier et 75e évêque d'Apt Laurent Éon de Cély (1778-1801).
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