Armentières (en néerlandais : Armentiers) (en picard Armintîre et en flamand Ermentiers) est une commune française, située dans le département du Nord et la région Nord-Pas-de-Calais.
Armentières est située sur la Lys (rivière), au nord ouest de la Communauté urbaine de Lille à 14 km de Lille. La ville est aussi frontalière de la Belgique.
La ville était autrefois construite au milieu d’un vaste marais inondé par la lys, dont la vallée constitue encore un important corridor biologique, élément de la trame verte, soutenue par la communauté urbaine de Lille et le conseil régional. Elle abrite encore quelques zones humides, dont les prés du Hem.
La commune a été classée une fleur au concours des villes et villages fleuris de 2006 puis promue deux fleurs en 2007.
C’est en 1668 que la ville devient française comme toute la partie française des Flandres.
Armentières, cité au cœur de l’Europe, fut rattachée définitivement à la France par Louis XIV, suite à sa campagne de Flandres, qui aboutira au traité d’Aix la chapelle (Aachen) en 1668, mettant ainsi un terme à la suprématie des Comtes de Flandre, des Ducs de Bourgogne, de la Maison d'Autriche et de celle d’Espagne. Dans une démarche d’allégeance, c’est à Bruxelles que le roi Louis XIV reçut une délégation des édiles, magistrats et bourgeois armentièrois. Après plusieurs années de guerre, la ville était ruinée et les membres de la délégation arrivèrent à Bruxelles pauvrement vétus malgré leur rang. Ils se firent prêter des vêtements dignes de leur rang pour se présenter devant le roi. Mais celui-ci avait été prévenu de la supercherie et s’exclama, en les voyant : "Armentières, pauvre mais fière !", ce qui devint et resta la devise de la ville.
Depuis quelques années aux devises historiques « Armentières pauvre mais fière » et « Armentières, cité de la toile et de la bière », la ville y en a ajouté une troisième : « Armentières, l’alliance des caractères ».
À la fin du XIXe siècle et au début du XXe, Armentières acquiert une renommée, celle de « Cité de la Toile ». Les activités industrielles de tissage et de filage s’installent à Armentières, profitant de la présence de l’eau, de même que les activités liées à la brasserie.
La grève de 1903 dura quarante six jours et fut fortement réprimée par l’armée dans une ville déclarée en état de siège. Le refus d’augmenter le salaire d’1 franc 50 par journée fut le point de départ du référendum pour le déclenchement de la grève. Les tisseurs manifestèrent au slogan de « Vive la révolution ! Le tarif ou la mort ! ». Le 30 septembre 1903, six mille tisseurs en grève envahissent les magasins d’Armentières et jettent dans la rue les marchandises qu’ils ont fabriquées, pour détruire le bénéfice du patron. Victor Griffuelhes, secrétaire général de la C.G.T de 1902 à 1909, dit d’eux qu’ils « secouèrent leur apathie ».
Armentières a particulièrement souffert lors des deux guerres mondiales et de leurs séquelles. De ce fait, la ville a obtenu les deux croix de guerre (1914-1918 et 1939-1945) et la Légion d'honneur.
À Armentières et dans les alentours, les cimetières militaires constituent des lieux de mémoire des deux grands conflits mondiaux.
Sa brasserie a été fondée en 1650. Elle appartient désormais à la multinationale belgo-brésilienne de la bière, Anheuser-Busch InBev.
À la Belle Époque, c’est la prospérité et aussi le temps des luttes ouvrières. Ville industrielle, Armentières a vu son développement inscrit dans cette histoire. Dans les années 1950 commence le long déclin du textile.
Aujourd’hui, la ville est en mutation. D’autres emplois se créent, notamment dans le domaine de la santé. L’industrie reste présente conjointement aux activités nouvelles du tertiaire. Armentières se construit à présent un panorama économique varié.
Armentières possède une antenne territoriale de la Chambre de commerce et d'industrie du Grand Lille qui gère l’aéroport de Merville-Calonne.
En 2010, la commune d'Armentières a été récompensée par le label « Ville Internet @@@ ».
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes
La brasserie Motte Cordonnier voit son origine à trois siècles et demi. Celle-ci a été rachetée par Inbev, dont le siège français se trouve toujours à Armentières. La brasserie en elle-même n’est plus en activité, mais les monuments de la malterie et de la brasserie sont inscrits à l’inventaire des monuments historiques. Ces bâtiments sont visitables : salles de brassage, collection d’objets brassicoles… Deux visites ont été organisées en septembre et octobre 2007.
De par sa position de chef-lieu de canton, Armentières a hérité d’un patrimoine culturel important notamment musical, qu’il convient de faire vivre et de pérenniser. Il y a actuellement, indépendamment des chorales scolaires :
Et auxquels il convient d’ajouter divers autres groupes musicaux de plus petite taille.
C’est à Armentières et à Lille que l’écrivain allemand Jakob Michael Reinhold Lenz (1751-1792), représentant avec Goethe du mouvement Sturm und Drang, situe l’action de sa pièce de théâtre « Les soldats », (die Soldaten) qui date de 1776. Le compositeur Bernd Alois Zimmermann (1918-1970) s’en est inspiré pour le livret de son opéra du même nom écrit en 1965.
Six lycées sont présents sur la commune d’Armentières :
A plusieurs reprises la JAA atteint les 32èmes de finale de la Coupe de France, notamment en janvier 1999. Les « jaune et bleu » avaient alors fait trembler les champions de France en titre, le RC Lens, dans leur stade Felix Bollaert (victoire de Lens après prolongation, 5-2, 2-2 dans le temps réglementaire). En 2003, le club atteindra le même niveau de la compétition contre Bordeaux, le match ayant lieu dans l’ancien stade Grimonprez-Jooris de Lille où les armentièrois se sont inclinés 0-3 face aux Girondins.
Pendant plus de 50 ans, le club a inscrit son nom au palmarès de la natation régionale, nationale et internationale.
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