Barcelonnette est une commune française, sous-préfecture du département des Alpes-de-Haute-Provence, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Barcelonnette se trouve à 1 135 mètres d'altitude au cœur de la vallée de l'Ubaye, et en est la plus grande ville. Cette vallée orientée est-ouest est peuplée d'environ 7 000 habitants et est frontalière avec l'Italie.
Les principales villes les plus proches de Barcelonnette sont :
La cité s’appelle Rigomagensium sous l’Empire romain, et elle est, alors, la capitale d’une civitas (subdivision de province). Aucune monnaie romaine n’a toutefois été découverte dans le canton de Barcelonnette.
La ville de Barcelonnette est fondée en 1231 par Raimond-Bérenger IV de Provence, comte de Provence et de Barcelone. Selon Charles Rostaing, l’acte de fondation de la ville, et qui accorde des privilèges à la cité, est un ordre de reconstruction d’une ville détruite, Barcelone, mentionnée dès 1200 (villa Barcilona), et dont le nom serait formé de deux racines oronymiques (désignant une montagne) *BAR, et *CIN (que l’on retrouve dans Mont-Cenis). Selon Ernest Nègre, le nom est un diminutif de Barcelone, la ville d’Espagne,. La ville est dotée d’un consulat dès 1240.
Dès 1614 et jusqu'en 1713, Barcelonette est le siège de l'une des quatre préfectures du ressort du Sénat de Nice. À cette époque, la communauté parvient à racheter la seigneurie, mise aux enchères par le duc de Savoie. Elle devient ainsi son propre seigneur, avec pouvoirs de justice.
La ville de Barcelonnette et la haute vallée de l'Ubaye ont été rattachées à la France lors d'un échange de territoires avec la Savoie lors des traités d'Utrecht (1713). La ville est ensuite le siège d’une viguerie jusqu’à la Révolution.
À la veille de la Révolution, la ville compte une loge maçonnique. En mars 1789, des émeutes dues à la crise frumentaire ont lieu. L’agitation perdure dans la vallée, peu favorable à la Révolution : une nouvelle révolte éclate le 14 juin 1791, et la disette se déclare en avril 1792. La société patriotique de la commune fait partie des 21 premières créées dans les Basses-Alpes, au printemps 1792, par les envoyés de l’administration départementale. Environ un tiers de la population masculine la fréquente. L’agitation connaît un nouvel épisode violent en août 92. Elle fut chef-lieu du district de Barcelonnette de 1790 à 1800.
En décembre 1851, la ville abrite un mouvement de résistance au coup d’État du 2 décembre de Napoléon III. Quoique minoritaire, le mouvement se déclenche le dimanche 7 décembre, dès le lendemain du jour où la nouvelle arrive. Les autorités sont arrêtées, les gendarmes désarmés : tous sont conduits à la maison d'arrêt. Un comité de salut public est constitué le 8. Le 9, les habitants de Jausiers et des environs forment une colonne, sous la direction du conseiller général Brès et du maire, Signoret, de Saint-Paul. Celle-ci s’arrête cependant le 10 avant d’atteindre Barcelonnette, le curé de la sous-préfecture s’étant commis comme négociateur. Le 11, plusieurs fonctionnaires s’évadent et trouvent refuge à Largentière, au Piémont. L’arrivée de troupes le 16 décembre met fin à la résistance républicaine sans effusion de sang. Cinquante-sept insurgés sont jugés : il y a 38 condamnations à la déportation (mais de nombreux condamnés ont été graciés en avril).
On trouve, aux abords de la ville, plusieurs maisons de style colonial érigées par des émigrants au Mexique, revenus au pays entre 1870 et 1930, fortune faite. Ces maisons furent construites à Barcelonnette et à Jausiers.
Le 11e bataillon de chasseurs alpins est en garnison à Barcelonnette de 1948 à 1990.
Selon Albert Dauzat et Charles Rostaing, la forme la plus ancienne est Barcilona, attestée vers 1200, mais le lien avec Barcelonne n'est pas évident puisque la nouvelle cité n'a pas reçu son nom, en 1231, comme il est souvent écrit, de la part de Raimond Béranger V, comte de Provence et de Catalogne. En occitan vivaro-alpin, il est dit Barcilona de Provença ou plus rarement Barciloneta selon la norme classique ; Barcilouna de Prouvença ou Barcilouneto selon la norme mistralienne ; en valéian : Barcilouna de Prouvença ou plus rarement Barcilounéta,.
Un toponyme antérieur à Barcilona est recensé en 1763 par Jean-Joseph Expilly, dans son Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France, « Barcino Nova » nom latin qui signifie "nouvelle Barcino", Barcino étant le nom romain de la Barcelone d'Espagne depuis sa fondation par l'empereur Auguste en 10 av. J.-C. jusqu'à son changement d'appellation en Barcelona au Moyen-Âge.
Ses habitants sont appelés les Barcelonnettes, en valéian lous Vilandroises, .
Barcelonnette a été fondée en 1231 par le comte de Barcelone, qui était aussi comte de Provence, sous le nom de Raimond Bérenger V. La partie senestre du blason rappelle la maison de Barcelone. La partie dextre évoque saint Pierre, patron de l'église.
Une école normale est créée à Barcelonnette en 1833 : elle y fonctionne jusqu'en 1888, lors de son transfert à Digne.
Le lycée André-Honnorat, succède au collège Saint-Maurice, rebaptisé d'après le nom du ministre de l'instruction André Honnorat en 1919. Désiré Arnaud (préfet), Pierre-Gilles de Gennes et Carole Merle en ont suivi les cours.
Jusqu'à la Troisième République, les classes primaires sont installées dans des bâtiments qui ne leur sont pas dédiées : les garçons au collège Saint-Maurice, avec l'école normale de garçons, et les filles dans les locaux de l'hospice tenu par les sœurs Saint-Joseph.
L'école primaire de l'avenue des Trois-Frères-Arnaud est construite en 1882-1883 pour accueillir les classes primaires de filles. Dès 1884, les classes de garçons sont installées au rez-de-chaussée, les filles occupant l'étage ; un cours complémentaire est ouvert pour les filles la même année, pour les garçons peu de temps après. En 1957, l'école compte 9 classes, dont deux de maternelle, et 10 en 1993. De 1963 à 1973 (création des CFA), les apprentis y suivent leurs cours.
Barcelonnette est jumelée avec :
En 1471, la communauté de Barcelonnette (qui comprenait plusieurs paroisses des alentours) comprenait 421 feux. En 1765, elle comptait 6674 habitants.
La population vit essentiellement du tourisme.
La station de Pra Loup est à 7 kilomètres de Barcelonnette, celle du Sauze à 5 km. Saint-Anne - La Condamine est une petite station agréable et moins touristique que les deux autres.
Les remparts n’ont laissé leur trace que dans le tracé des rues du centre-ville.
La mairie est construite dans les années 1930, après destruction de la chapelle Saint-Maurice (en juillet 1934). Son fronton provient lui de l’ancien couvent des dominicains, classé en 1988.
Bien que l’architecture des maisons anciennes soit archaïque, elles ne datent pour les plus anciennes que du XVIIIe siècle, la ville ayant été reconstruite après l’incendie de 1628.
L’ancienne gendarmerie, place Manuel, construite pour abriter la sous-préfecture en 1825, et actuellement transformée en logements, est de style néo-classique. Sa façade, qui occupe tout un côté de la place, est percée de portes en plein cintre. Les pierres à bossages animent la façade. La place Manuel est nommée en honneur de l’homme politique de la Restauration, Jacques-Antoine Manuel ; la fontaine qui en occupe le centre porte son portrait sculpté par David d'Angers.
L’ancien hôpital date de 1717.
La sous-préfecture est installée depuis 1978 dans une des villas des Mexicains, la Villa l’Ubayette, construite en 1901-1903.
De nombreuses maisons construites par les Barcelonnettes revenus du Mexique sont classées monument historique.
Article détaillé : Villas mexicaines de la vallée de l'Ubaye.L’église paroissiale Saint-Pierre-ès-liens est construite au Moyen Âge, mais détruite par le grand incendie de 1628. Elle est reconstruite, trop vite, en 1634-1638, puis rebâtie en 1643-1644. Celle-ci est à nouveau démolie, en 1926-1927, pour laisser la place à l’église actuelle, commencée en 1923. Son clocher date de la reconstruction du XVIIe siècle. En 1653, il est augmenté d’un étage pour loger les cloches. Il est orné de baies géminées, de pyramidions et de gargouilles, et surmonté en 1860 d’un campanile en fer forgé portant une statue de vierge en métal doré.
Plusieurs tombes du cimetière sont signalées par Raymond Collier pour leur décor remarquable.
L’église Saint-Pons comporte deux porches (sud et ouest), tous les deux abondamment illustrés, compte tenu de la pauvreté des décors en style roman alpin.
L’église est décorée d’un tableau de Saint Sébastien (XVIIe siècle), d’un Saint Pons et la Sainte Famille, classé.
La chaire est ornée de nombreux personnages (classée).
L’autel et le retable Saint-Joseph sont classés.
Les vitraux sont contemporains de la dernière construction. Vifs et colorés, ils représentent le Christ et sa mère (chœur), et les saints, dont saint Jean de Matha dans la nef.
La tour Cardinalis ou tour de l'horloge, haute de quarante deux mètres, est un des plus beaux clochers du département, selon Raymond Collier. C’est une tour carrée, construite en 1316 selon la DRAC, ouverte de baies géminées, surmontée d’une pyramide de tuf, encadrée de quatre pyramidions. Elle est construite comme clocher du couvent des dominicains. En très mauvais état après les guerres du début du XVIIe siècle, elle est rapidement reconstruite. Le parement de pierres de taille de la partie inférieure date du XIXe. Des gargouilles ornent ses angles . Elle est classée monument historique.
Le Musée de la Vallée abrite entre autres l’autel et le retable de la chapelle Saint-Maurice, détruite pour la construction de la mairie en 1934, avec les portraits des douze apôtres, datant du XVIIe siècle et classés,.
Parmi les cadrans solaires de la ville, les plus anciens sont :
Parmi les plus récents, on peut noter :
Dans les écarts, les cadrans suivants sont remarquables :
Services de mobilité locale :