47° 30′ 37″ N 6° 47′ 56″ E / 47.51027, 6.79888
Bourgoin-Jallieu est une commune du département de l'Isère, divisé en deux cantons (nord et sud) dans la région Rhône-Alpes, en France. Ses habitants sont appelés les Berjalliennes et les Berjalliens.
Bourgoin est à 42 km du centre de Lyon, et à 70 km de Grenoble. La ville est à proximité de l'Isle-d'Abeau, ville nouvelle jusqu'au 31 décembre 2006, de la ville de La Verpilliere, Villefontaine et de l'Aéroport Lyon-Saint-Exupéry.
Via l'A43 (Lyon - Chambéry), l'A48 (Lyon - Grenoble) ou la RD1006, anciennement RN6.Via le train (Gare SNCF de Bourgoin-Jallieu): Ligne TER Lyon - Grenoble ou Lyon - Chambéry Challes les Eaux.Via l'avion : à proximité des aéroports Lyon Saint Exupéry et Grenoble Isère.
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes
Après avoir subi la domination des Burgondes puis des Francs du Ve au VIIIe siècle, Bourgoin dépend du royaume de Bourgogne. À l’époque féodale, à partir du XIIe siècle, la châtellenie de Bourgoin, incluant Jallieu et Ruy, est rattachée à la seigneurie de La Tour-du-Pin, qui est intégrée en 1282 au Dauphiné. Elle fait face à Maubec, importante baronnie dans la mouvance de la famille de Savoie opposée au Dauphin. L’octroi d’une charte de franchises libérale par le dauphin Humbert Ier en 1298 permet de conforter le développement urbain de Bourgoin. La ville devient alors le siège du tribunal de bailliage du Viennois, le plus riche en revenus des sept bailliages du Dauphiné.Durant deux siècles, la cité jouit des avantages que lui confère cette juridiction sur le Bas-Dauphiné. La transformation du chanvre, cultivé en milieu humide, est la première activité textile pratiquée à Bourgoin et Jallieu. Dérivé de la Bourbre, le canal Mouturier permet d’aménager des chutes actionnant le « Moulin Delphinal » (seigneurial), première installation artisanale située à l’emplacement de l’immeuble « Le Gutemberg », angle rue de l’Escot et Dos de l'Ane.Un rude coup est porté à la prospérité de la ville, en 1450, lorsque le Dauphin Louis II - futur roi Louis XI - transfère le siège du bailliage à Vienne après la réunion de la cité viennoise au Dauphiné. Au XVIe siècle, les guerres de religion avec leur cohorte de troubles et de pillages sont particulièrement destructrices dans la région. Les pestes de 1628 et de 1643 anéantissent plus de la moitié de la population, et la ville subit d’importantes inondations en 1637, 1653, et 1673.
Au XVIe siècle, Henri III, élu roi de Pologne, de retour en France pour succéder à son frère, s’arrête à Bourgoin, ville frontière avec le Duché de Savoie. Il est accueilli par sa mère Catherine de Médicis au lieu-dit Champaret, et institue en 1584, par lettres patentes, les deux grandes foires du 1er mai et du 29 septembre (Saint-Michel). Elles contribuent au retour de la prospérité et au développement du commerce local avec l’essor du transport routier. En 1620, Bourgoin possède sa poste aux chevaux sur la route de Grenoble à Lyon.Le canal Mouturier, amélioré et élargi, alimente en énergie de nombreux moulins à farine, rotoirs et battoirs à chanvre.L’ouverture d’une première école de filles par les religieuses ursulines, dans l’ancienne commanderie des Antonins (actuel musée de Bourgoin-Jallieu) est attestée en 1646.
Au début du XVIIIe siècle, Bourgoin s’agrandit et construit ses faubourgs hors les murs d’enceinte. Dans les années 1740, la situation de carrefour entre Lyon, Chambéry et l’Italie se renforce avec la construction de la nouvelle route de Grenoble. La création de cette « grande route » est le prélude d’une série de travaux d’urbanisme : aménagement d’une place agrémentée d’une fontaine publique (actuelle place du 23-août), éclairage (installation de huit lampadaires à huile).En 1787, la fondation d’une première fabrique de toiles peintes par Louis Perregaux, de religion protestante, annonce l’ère industrielle.
À défaut d’être érigée en chef-lieu d’arrondissement bien qu’elle soit la ville la plus peuplée, Bourgoin obtient, en 1790, le siège de l’actuel Tribunal de Grande Instance (également Tribunal de Commerce). De son côté, la paroisse de Jallieu profite de la Révolution pour se séparer de Bourgoin. Cette nouvelle commune s’organise en faubourgs industriels le long de l’actuelle rue de la Libération et comprend, jusqu'à la fusion de 1967, différends hameaux ruraux : Charbonnières, Montbernier, Mozas, Bourselas.Au XIXe siècle, Bourgoin se transforme jusqu'à effacer ses origines médiévales. Les murs d’enceintes disparaissent et de nouveaux bâtiments structurent la cité : la halle (actuel espace Grenette), le tribunal (ancienne chapelle de Pénitents). L’hôpital de la rue Victor-Hugo (actuel musée) est transféré sur son emplacement actuel en 1895. L’Asile des vieillards (actuel Centre de séjour Jean-Moulin), le collège (actuel Conservatoire de Musique Hector Berlioz), la Caisse d’Épargne (rue Dr Pollosson) sont successivement édifiés.En 1858, la ligne de Chemin de fer facilite les échanges avec Lyon et Grenoble. Dans le même temps, l’industrie se développe le long du canal Mouturier.
En 1965, lors de la campagne des municipales, la réunification de Bourgoin et Jallieu est dans tous les esprits. Le 25 juin 1965, les nouveaux conseil municipaux de Bourgoin et Jallieu votent le projet de fusion de leurs deux communes au 1er janvier 1967. À minuit une, dans la nuit du samedi 31 décembre 1966 à celle du dimanche 1er janvier 1967, sonnent les cloches de Bourgoin et Jallieu : après 176 années de séparation, les deux communes sont à nouveau réunies. De nombreuses réalisations suivirent, dans tous les domaines de l’action publique : social, santé, urbanisme, sports, jusqu'à établir Bourgoin-Jallieu dans le rôle de ville-phare du Nord-Isère.
Il existe deux origines étymologiques possibles du nom de « Bourgoin » : Bergusia, inscrit sur une pièce d’or mérovingienne, ou Breg-Osio, « porte des montagnes », d’origine à la fois celte et latine. Cette origine celte et latine « Breg-Osio » n'a pas de sens et a été inventée à la fin du XXe siècle. On ne peut, étant donné la localisation de Bourgoin en plein pays molassique du Bas-Dauphiné, sans aucune montagne en vue, concevoir que les anciens lui aient attribué un tel dénominatif. Par contre, un slogan touristique de la ville de Bourgoin-Jallieu, apparu peu avant cette élucubration, disait « Bourgoin-Jallieu, Porte des Alpes », ce qui est tout à fait justifiable à l'ère de la circulation automobile et alors que Bourgoin-Jallieu est à l'embranchement de 2 autoroutes en direction des montagnes : montagnes de Savoie, par Chambéry et montagnes de l'Isère ou Dauphiné, par Grenoble.
Quant à celui de Jallieu, il proviendrait de Jalliacum : eaux jaillissantes ou plus simplement « sources » car les sources étaient nombreuses entre Jallieu et les marais avant que la nappe phréatique ne baisse suite aux pompages, aux travaux d'urbanisme et à la sécheresse.
Le textile, lié à la « Fabrique » lyonnaise, et l’industrie mécanique qui en découle, gouvernent la vie de la cité : ateliers de gravure sur bois et sur cadre, usines d’impression (Brunet-Lecomte sur le site de l’actuel pont Saint-Michel, Dolbeau, rue de la Libération), ateliers de dévidage et d’ourdissage (Caffarel à Jallieu), usines d’encollage, de tissage (Debar à La Grive) et fabrique de métiers à tisser (Ateliers Diederichs). Au début du XXe siècle, Bourgoin et Jallieu constituent un des tout premiers centres français pour l’impression sur étoffe.D’autres activités complètent l’économie locale : cartonnerie (Voisin-Pascal, petite rue de la Plaine), chimie (Le Dauphin, site PCAS). Pendant deux siècles, l’industrie offre de nombreux emplois ouvriers à la population berjallienne jusqu'à la crise des années 1970. Après la disparition des établissements Brunet-Lecomte et Dolbeau, la relève est en partie assurée par les établissements Mermoz de Champaret. L’établissement conserve jusqu'à sa fermeture, en 2003, une activité importante, axée sur la qualité, au service de grands couturiers comme Dior, Cardin, Lanvin…La fermeture des entreprises traditionnelles transforme le paysage industriel et urbain. Les pertes sont cependant compensées par l’implantation de nouvelles entreprises, liées au développement de pôles de compétitivité dans les énergies renouvelables, avec notamment l'entreprise Photowatt International S.A.S, spécialiste français de production de panneaux solaires photovoltaïques, ou encore dans la recherche textile.
En 1755, une fontaine monumentale fut construite sur la place de la Pourcherie, au centre de Bourgoin. Sur le pilier central, une inscription précisait : « Cette fontaine a été construite pour l'utilité publique ». De fait, non seulement les Berjalliens s'y fournissaient en eau potable, mais aussi les chevaux de poste ou de diligence s'y désaltéraient.Le 13 juin 1953, un convoi exceptionnel transportant un four-séchoir tubulaire de 29 mètres de long à destination de la centrale thermique du Chambon-Feugerolles entreprit de traverser la ville du nord au sud. Arrivé sur la place du 23-août-1944 (nouveau nom de la place), il ne put manœuvrer et se trouva bloqué. Les pompiers, appelés à l'aide, considérèrent que le seul moyen de dégager le convoi était de le faire passer sur l'emplacement de la fontaine. Celle-ci fut alors cassée à la masse. Cependant le fut central put être conservé. L'événement déchaîna de vives réactions.Ce n'est qu'en 1980 que la municipalité fit reconstruire la fontaine, avec des éléments préservés du fut central, à peu près au même endroit.
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