Brasparts, dont le nom breton est Brasparzh, est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.De par sa situation, dans le parc naturel régional d'Armorique, ce petit bourg des Monts d'Arrée offre de nombreuses possibilités touristiques.
Située sur le versant sud des Monts d'Arrée, au contact du bassin de Châteaulin, Brasparts est une commune d'une superficie de 4 600 hectares et compte 1039 habitants en 2006. Traversée par la D 785, axe routier Morlaix-Quimper, Brasparts a un relief très vallonné, les altitudes sont échelonnées entre 332 mètres (sommet sans nom situé à la limite nord de la commune) et 70 mètres dans l'angle sud-ouest du territoire communal, dans la vallée de la Rivière de Saint-Rivoal; soit un dénivelé de 252 mètres, important pour une commune bretonne. Brasparts n'a plus en son sein le Mont Saint-Michel de Brasparts, d'altitude 381 mètres, qui lui appartint longtemps, depuis la création de la commune de Saint-Rivoal en 1925, mais que les Braspartiates continuent à considérer comme leur.
Article détaillé : Monts d'Arrée. Article détaillé : Mont Saint-Michel de Brasparts.Les limites de la commune au nord-ouest, avec Saint-Rivoal, suivent une ligne de crête secondaire du versant méridional de l'Arrée, puis au nord-est, avec Botmeur, le cours de l'Ellez, depuis presque sa source jusqu'au lac réservoir de Saint-Michel pour partie situé donc dans la commune de Brasparts, de même qu'une fraction des marais du Yeun Elez au nord du Roc'h Cléguer, autre sommet de la commune qui culmine à 306 mètres d'altitude. A l'est, le ruisseau de Bodriec, affluent du fleuve côtier La Douffine dont la source est située sur le versant sud du Roc'h Cléguer, sert de limite communale avec Loqueffret, puis Lannédern; au sud, la Douffine sépare Brasparts de Pleyben jusqu'à sa confluence avec la Rivière de Saint-Rivoal qui, à l'ouest sert de limite communale avec Lopérec.
Article détaillé : Yeun Elez.Les paysages sont très variés: collines couvertes de bois, de landes ou de riches cultures, vallées encaissées avec de nombreux pâturages, le bocage restant assez dense. C'est le "midi" des Monts d'Arrée: les pommiers fleurissent à Brasparts, pays de la "Chanson du cidre", ils sont traditionnellement absents dans les hauteurs de l'Arrée.
L'habitat est généralement groupé en hameaux assez petits ("villages") implantés souvent à mi-hauteur sur les versants, profitant de replats., sauf à la limite nord de la commune où un habitat isolé s'est installé sur des landes tadivement défrichées. L'habitat traditionnel est formé en partie de maisons à avancées (apotheiz) comme à Botbern où deux maisons jumelles sont datées de 1695 et 1725. Les maisons jumelées, assez fréquentes, semblent correspondre aux habitations de familles travaillant sur un même domaine comme à la Métaierie noble de la Marche. L'habitat est le plus souvent construit en schistes, roche dominante affleurant un peu partout dans la commune. La carrière du Goël, déjà en activité au XVIIème siècle, a été exploitée de manière importante au XIXème siècle.
Les noms de lieux de la commune de Brasparts ont fait l'objet d'une étude approfondie par Patrick Ciréfice, .
La région est habitée depuis au moins le Mésolithique. L´alignement mégalithique de « an Eured Vein » témoigne d´une occupation de ce site au Néolithique et le tumulus de Goaremm an Digui (près de Ty ar Moal) abrite une sépulture de l´Âge du bronze.
Deux sites gallo-romains, habités par des Osismes se trouvent à Stumenven et à Castel-Dû (Château Noir) en Brasparts, à la limite de Saint-Rivoal, en bordure d'une ancienne voie romaine dont le tracé était approximativement celui de la route actuelle Brasparts-Saint-Rivoal-Saint-Cadou. Ce dernier site a été signalé dès 1875. En 1911, J.-M. Abgrall et L. Le Guennec le décrivent: " Dans le champ qui a remplacé le camp, on a fait disparaître des levées de terre et des maçonneries. Dans les abords du village on voyait autrefois des substructions, des pans de murs, des tuiles et beaucoup de blocs de scories de fer". Vers 1910, François Joncour explore "un tertre contenant plus de 50 mètres cubes de ces résidus, indices certains d’anciennes fonderies" liées à la présence d'un affleurement ferrugineux dans les grès dits de Landévennec à proximité de cet endroit. Il y trouve une plaque de schiste portant un portrait, celui de Veus, le plus ancien Finistérien dont le nom est connu, qui a été redécouvert récemment par Jean-Yves Eveillard dans les réserves du Musée départemental breton de Quimper où il avait été oublié.
Brasparts aurait fait partie de la Ploue de la montagne (Plouenez ou Ploumenez), une des paroisses primitives de l'Armorique, forte de 26 000 hectares et qui englobait un territoire allant du Huelgoat à Saint-Rivoal, de Loqueffret à Berrien et à Brasparts en passant par La Feuillée et Botmeur, et dont le centre était situé dans l'actuel hameau de Plouenez en Brennilis. La création de la paroisse remonterait au XIème siècle. Bras-Partz signifie mot-à-mot grande paroisse en breton. La paroisse était effectivement vaste, englobant la trève de Saint-Rivoal, y compris le hameau de Botcador, désormais dans la commune de Botmeur.
La légende veut que cette paroisse ait eu pour premier titulaire saint Jaoua (né vers 500 en Grande-Bretagne, moine à Landévennec et envoyé à Brasparts pour lutter contre le paganisme, décédé le 2 mars 554 à Brasparts, enterré à Saint-Jaoua en Plouvien), compagnon de saint Paul-Aurélien, à qui aurait succédé saint Tujan, patron actuel de son église avec Notre-Dame, honoré en particulier à Saint-Tujen, en Primelin. "La Vie légendaire de saint Jaoua parle, quant à elle, non de Tujan, mais de Tusveanus, nom qui correspond à celui de saint Tusven, titulaire d'une chapelle à Ploudalmézeau et éponyme de Llandudwen, dans le Carnarvonshire, au pays de Galles. Il y a donc eu confusion de deux saints différents". Le Cartulaire de Landévennec vers le Xème siècle la nomme Bratberth.
Louis Ogée écrit: "Dans le XIIIème siècle, le territoire de Bras-Parts renfermait les manoirs nobles de Touluaen, la Marche, la Forêt, l'Esquiriou, Parchiame et Maestangal".
Cette commune est connue pour des faits liés à la Révolte des Bonnets Rouges en 1675. En 1692, une bulle du pape Innocent XII accorde "indulgence plénière et rémission de tous leurs péchés" à ceux qui "auront visité avec dévotion l'église de la bienheureuse Vierge Marie, à Brasparts, diocède de Quimper".
Camille Vallaux note en 1908 "un esprit d'indépendance presque farouche, en rapport avec la solitude des hautes landes et avec l'éparpillement des hommes à leur surface", et en fournit des exemples anciens: lors de la Guerre de Succession d'Espagne (1701-1714), les soldats réfractaires à la conscription sont nombreux à se cacher pu à se faire porter malade, ceux qui sont pris sont expédiés en prison à Châteaulin; lors des guerres de la Révolution française, les déserteurs furent nombreux aussi: "une infinité se cachaient dans les landes de Brasparts et Saint-Rivoal" dit un caporal en 1794. Une tradition frondeuse à l'égard de la religion existait aussi: des procès sont intentés en 1729 à des Braspartiates qui "s'obstinent à tenir des foires et marchés les jours de fête et en particulier les lundi de Pâques et de Pentecôte".
La Révolution française a été accueillie à Brasparts selon Camille Vallaux avec enthousiasme. En décembre 1792, note-t-il, les cris de "Mort aux tyrans, guerre aux châteaux, paix aux chaumières!" retentissent à Brasparts, en janvier 1793 le conseil général [équivalent à l'époque du conseil municipal] de Brasparts confisque l'argent de la "fabrique" (paroisse) "car ces sommes seront plus utiles aux armées (...) de la République"; en avril 1794, le même conseil ordonna "de faire semer dans le château de Quillien des pommes de terre et autres légumes" pour la nourriture du peuple. En frimaire an II (novembre 1793), trois des quatre cloches de l'église paroissiale sont descendues et transportées à Ville-sur-Aone (nom donné par les révolutionnaires à Châteaulin) pour y être fondues.
Des Braspartiates sont toutefois d'opinion contraire: en 1791, des habitants de la commune s'insurgèrent contre leurs prêtres constitutionnels, qui ne peuvent se rendre de leur presbytère à l'église que sous bonne escorte pour y dire la messe et les expulsèrent violemment en novembre 1791. En 1793, la municipalité refuse d'installer un autre curé constitutionnel, Jacques Le Quemener, venant de Saint-Rivoal, qui est insulté, victime de jets de pierre, etc... Un responsable du district de Châteaulin écrit le 7 septembre 1793: "La commune de Brasparts n'a, depuis le commencement de la Révolution, cessé de donner les preuves les plus éclatantes de son incivisme. Travaillée en tous sens par une foule de prêtres réfractaires, elle a constamment favorisé et favorise encore leur retraite. (...) Une force armée, envoyée par le Département, n'eut qu'un succès éphémère : dès qu'elle eut quitté le territoire de Brasparts, le Curé constitutionnel fut derechef harcelé et s'est vu forcé d'abandonner ce poste". L'arbre de la liberté planté sur une place de Brasparts est coupé par des inconnus dans la nuit du 9 au 10 messidor an III (26 au 27 juin 1795).
Vers 1780, selon Louis Ogée, la répartition du territoire paroissial est à cette date la suivante: pour une superficie totale de 6926 hectares, les "landes et incultes" occupent 3574 ha, les terres labourables 1189 ha, les canaux et étangs 749 ha, les prés et pâturages 389 ha, les bois 173 ha, etc... Les landes et incultes occupaient donc à cette époque plus de la moitié (51,6%) de la superficie de la paroisse, les terres labourables moins 17,1% seulement. Plus de 10% de la superficie totale est occupée par des étangs et canaux, ce qui est beaucoup.
Louis Ogée poursuit: "Le terrain est généralement montagneux.Le sol est peu productif; cependant les cultures vont s'améliorant. Les habitants ne sont pas dans l'aisance; il y a même beaucoup de pauvres, chez lesquels la mendicité est comme héréditaire. Les maladies psoriques sont fréquentes".
A cette époque, sept foires avaient lieu chaque année "le premier lundi de février, avril, juin, août, octobre et décembre, et le lundi après le dimanche des Rameaux", ce qui faisait de Brasparts un bourg très animé. On y vendait principalement des chevaux du pays, "nommés double bidets" (de la race bidet breton), fort estimés et des chapons qui étaient "très recherchés". Louis Ogée note "qu'on y parle breton".
Le XIXème siècle a été une période de grands défrichements: selon Camille Vallaux entre 1813 et 1907, 1 100 hectares supplémentaires ont été défrichés, soit environ le 1/4 du terroir communal. "Le jour du "défonçage", tous les voisins viennent aider le défricheur, et le travail se termine par un petit festin", chaque forgeron de Brasparts était tenu d'avoir une charrue spéciale, la "défonceuse", qu'il louait à cet effet à sa clientèle.
En 1907, toujours selon Camille Vallaux, les céréales étaient la culture principale, occupant 1390 hectares soit environ le tiers de la surface mise en valeur pour l'agriculture: 630 ha en avoine (pour nourrir les animaux et payer le fermage), 440 ha de froment, 300 ha de sarrasin (qui reste à cette époque la base de la nourriture paysanne, mais dont la culture régresse déjà dans la seconde moitié du XIXème siècle) et 20 ha seulement de seigle, en voie de disparition. Mais c'est l'élevage qui est au début du XXème siècle l'activité agricole dominante, les prairies cultivées occupant 1630 ha (contre 477 ha en 1813) "sans compter les ressources qu'offrent le pacage des landes et la culture des plantes racines" . D'abord l'élevage des bovins (3795 sont dénombrés en 1907, plus de un par habitant), puis celui des chevaux (760 sont dénombrés en 1907),vendus jeunes, âgés de 1 ou 2 ans aux foires de Landivisiau et de Pleyben, ou aux foires locales. Par contre, les paysans "ont renoncé, depuis le lotissement de l'Arrée (1860-1870) à leurs petits moutons noirs, dont chaque ferme comptait autrefois plusieurs centaines". Camille Vallaux note par ailleurs "l'extension des pommiers à cidre" et l'essor de la petite propriété rurale permise par l'appropriation individuelle des anciennes terres collectives.
Camille Vallaux note encore l'irruption de la modernité à Brasparts en ce début du XXème siècle: pour les transports, le char-à-bancs a remplacé l'ancienne charrette à boeufs ou les transports à dos de cheval; "les vieux costumes bretons, pittoresques mais incommodes, ont disparu partout"; les lits clos sont abandonnés, des maisons neuves construites, l'usage du café, très peu répandu vingt ans plus tôt, universel.
La description d'un Noël à Brasparts faite par le baron de La Pylaie en 1843 a été publiée en 1848, elle illustre bien les difficultés des tranports et les coûtumes paysannes encore vivaces à l'époque. Selon le brigadier de gendarmerie, rapporte le baron De La Pylaie,"le pays est en arrière de deux siècles par rapport au reste de la France"; le baron décrit les costumes bretons brodés alors encore portés et les particularités des cérémonies, en particulier la chapelle portative en forme de grotte richement décorée et placée près du choeur, la tradition du pain bénit, l'absence de bancs dans l'église qui conduit les fidèles à rester ou debouts ou agenouillés, le bruit des sabots, les rites au cimetière voisin.
En dépit des contraintes liées au relief, des pistes fréquentées ont toujours travers l'Arrée. Trois pistes anciennes principales desservaient Brasparts, partant en éventail vers le nord: l'une, entre Brasparts et Morlaix, passait par Château noir ("Castel Du"), la crête au-dessus de Stumenven et passait à l'ouest sur les flancs de la "Motte de Cronon" (actuel Mont Saint-Michel de Brasparts); c'est désormais un sentier pédestre aux ravines profondes. Le second chemin allait de Brasparts à Saint-Pol-de-Léon par les landes de Stumenven, Bodenna, Kernévez et Roudouderch (hameaux de la commune de Saint-Rivoal), se dirigeant ensuite vers le Léon. Le troisième chemin était celui allant de Brasparts à Landivisiau qui passait à la limite des terres du Squiriou, arrivait par Kergambou à Saint-Rivoal. Tous ces vieux itinéraires étaient faits "pour les charrettes à boeufs et pour les transports à dos de cheval, suivaient à peu près la ligne droite et montraient un mépris absolu des escarpements".
Dans le sens est-ouest, les itinéraires étaient plus rares et sont demeurés longtemps très mauvais: le baron De La Pylaie, qui circule à cheval entre Pleyben et Brasparts à Noël 1843 écrit: "Il était six heures du soir, et je fus réduit à faire les trois lieues de trajet d'un bourg à l'autre sur le nouvel empierrement de la chaussée, parce qu'il gelait à trois ou quatre degrés, et que mon cheval avait failli de s'abattre plusieurs fois en glissant sur le sol glacé du reste de la route. Je traversai ainsi sans m'en douter, le hend Ahès, chemin d'Ahès, qui se rend de Ker-Ahès, en français Carhaix, au Bec-du-Raz (Pointe du Raz), vis-à-vis de l'île de Sein. Quoique favorisé pendant tout ce trajet par un magnifique clair de lune, je ne pus arriver qu'à neuf heures environ à Braspars, à cause des précautions qu'il m'avait fallu prendre continuellement".
Au XVIIIème siècle, l'Arrée resta longtemps à l'écart du réseau de routes royales construit et entretenu par le système de la corvée. L'esprit frondeur des habitants de la Montagne se manifestait là également: en 1721, les habitants de Brasparts refusèrent unanimement de contribuer à la réparation des grands chemins, des ponts et des chaussées.
Le désenclavement fut tardif: la grande route de Quimper à Morlaix, dont les travaux étaient déjà commencés en 1794 selon Jacques Cambry ne fut achevée, aux environs de Brasparts, qu'en 1843-1844, en même temps que celle reliant Brasparts à Le Faou; la route entre Brasparts et Sizun via Saint-Rivoal et Saint-Cadou, ouverte par sections successives, ne fut achevée qu'en 1880 entre Saint-Rivoal et Saint-Cadou.
Brasparts fut, à partir de la création de la route moderne Morlaix-Quimper à la fin du XVIIIème siècle, un centre commercial animé. Vers 1900, on y comptait une cinquantaine de cafés-épiceries. C'était un "gros bourg": en 1906, selon Camille Vallaux, 880 personnes habitaient le bourg même de Brasparts sur les 3469 habitants de la commune recensés cette année-là.
Les progrès, en particulier en matière de transports, favorisent aussi l'émigration. Camille Vallaux le note en 1908: "l'émigration temporaire ou définitive a enlevé beaucoup d'hommes à la Montagne (...); elle a commencé avec la construction de bonnes routes et avec celle des chemins de fer qui ont déterminé l'expatriation de tant de Bas bretons" et ce, bien que Brasparts n'ait pas été raccordé au rail au XIXème siècle.
Lors de la grande foire mensuelle, le marché aux cochons se tenait place Saint-Antoine, celui des chevaux route de Morlaix et la place des Halles accueillait les marchands de céréales, de légumes, d'oeufs... Les Halles furent construites vers 1890 et démolies en 1962.
Le désenclavement ferroviaire fut tardif et éphémère: dans le cadre des Chemins de fer départementaux du Finistère, la ligne de chemin de fer à voie étroite reliant Plouescat à Rosporden via Brasparts gérée par les Chemins de fer armoricains, mise en service en 1912 seulement, ferma dès 1935 et même dès 1932 pour le trafic voyageurs. La construction de cette ligne traversant l'Arrée fut d'ailleurs très contestée: "le chemin de fer ne doit pas être créé pour les pays pauvres et peu fortunés, ces régions ne devant pas donner de trafic". Le trafic escompté de la tourbe exploitée dans le Yeun Elez, entre Brasparts et Châteaulin, pour alimenter en énergie la poudrerie de Pont-de-Buis-lès-Quimerch, fut un argument important justifiant la création de la ligne.
En 1793, l'épouse de l'officier municipal Le Predour ouvre une école « pour enseigner à lire, à écrire et expliquer les droits de l’homme ». Le Férec ouvrit une école privée à Brasparts probablement vers 1815, après en avoir ouvert une à Lopérec peut-être en 1799. Né à Plouezoc'h en 1769, il fut brièvement maire nommé de Brasparts en 1817 et décède en 1840 à Brasparts.
Yves Lazennec, né en 1831, fut directeur et longtemps unique instituteur (200 élèves environ pour une classe unique!) de l'école publique des garçons de Brasparts en 1857. L'arrivée d'un instituteur était à l'époque un événement dans une commune: il fut accompagné tout le long de son trajet entre Commana, son affectation précédente, et Brasparts par tout un convoi de charrettes et de chars-à-bancs conduits par des habitants des deux communes. Il fut secondé à partir de 1883 par un deuxième instituteur, jusque vers 1889, avant d'être ensuite élu maire de la commune. L'école de Brasparts, construite en 1865 en même temps que la mairie, était à l'époque très importante: on y venait de toutes les communes voisines (il y eut jusqu'à 130 élèves internes, mais logés chez l'habitant) car elle préparait au fameux certificat qui était le sésame de l'entrée dans la fonction publique. Décédé en 1895, son nom a été donné à l'école publique actuelle de Brasparts.
Une école de filles existait également, privée: dirigée par les soeurs de la Congrégation du Saint-Esprit, elle était appelée le "Couvent". La construction du bâtiment actuel de l'école des filles, école privée Sainte-Thérèse, date de 1873. Une école privée de garçons (école Saint-Michel) est construite à son tour en 1879.
Une autre école publique de garçons est construite en 1908 qui devint ensuite le collège de Brasparts, qui possédait un internat. Le collège ferma aux alentours de 1980, faute d'un nombre suffisant d'élèves. Le bâtiment est actuellement désaffecté.
Le grand nombre d'écoles à Brasparts (deux écoles publiques, deux écoles privées) pendant longtemps s'explique à la fois par le grand nombre des enfants à scolariserfin XIXème-début XXème siècle, l'attractivité de ce "gros bourg" sur les communes voisines d'où provenaient bon nombre d'enfants scolarisés, le mécénat des famillles Kerret et Bourbon qui financa les écoles privées. Cette dualité explique aussi l'opposition parfois vive à Brasparts tout au long du XIXème et XXème entre les deux camps politiques braspartiates qui reflétaient les clivages nationaux:"royalistes" contre "révolutionnaires", "blancs" contre "bleus", monarchistes contre républicains, "droite" contre "gauche", partisans de l'école privée contre défenseurs de l'école laïque, etc...
Le premier médecin a s'être installé à Brasparts semble avoir été Jules Hermange, décédé à Brasparts en 1885.
Brasparts connaît dans la première moitié du XXème siècle une vie politique assez agitée. En 1906 la querelle des inventaires engendre de vives tensions: l'agent des domaines et le commissaire chargés de procéder à l'inventaire des biens de l'église doivent, sous les huées d'environ 500 personnes rassemblées, crocheter la porte de l'église; quelques échauffourées ont lieu et quatre braspartiates sont arrêtés, puis furent condamnés à de peines d'amende. Entre les deux guerres mondiales, les oppositions sont vives entre les deux camps politiques "blancs" (cléricaux) et "rouges" (anticléricaux), comme en témoignent de nombreux articles parus dans la presse de l'époque".
Un syndicat agricole est créé en avril 1924. En 1925, la commune est scindée en deux, avec la création de la commune de Saint-Rivoal. Vers 1925, Brasparts fut le premier bourg de la région à s'éclairer à l'électricité grâce à une turbine fonctionnant à l'eau et alimentant la commune. L'invention fut ensuite vendue à la compagnie "Le Bon" avant l'apparition de l'EDF en 1946.
L'abbé Bourvon, né en 1848 à Argol, fut recteur de Brasparts de 1898 à 1937 et a beaucoup marqué l'histoire de la commune, obtenant l'agrandissement du cimetière, réparant les chapelles de Saint-Sébastien et Sainte-Barbe, dotant l'église de son chemin de croix, créant en septembre 1899 l'école privée Saint-Michel, confiée aux frères de Ploërmel, pour les garçons. Nommé chanoine en 1926, il mourut à Brasparts en 1940 même si ses ennuis de santé firent qu'il fut remplacé dès 1937 par l'abbé Le Roux comme recteur de Brasparts.
En 1938, Brasparts se dote d'une équipe de pompiers à la suite d'un grand feu à Prat ar Bloc'h où tout, animaux compris, avait brûlé. Une moto-pompe manuelle est acquise. Mais ce n'est qu'en 1942 que l'équipe de pompiers fonctionne réellement. Le centre est reconnu comme Centre départemental de secours en 1975 pour les communes de Brasparts, Saint-Rivoal, Botmeur, Loqueffret, Lannédern, Lopérec, Le Cloître-Pleyben. Une chanson "Les pompiers de Brasparts" est connue dans la région.
Max Jacob a laissé cette évocation de Brasparts datée de la décennie 1930:
Pendant la première guerre mondiale, le 14ème régiment d'infanterie territoriale, habituellement basé à Abbeville (Somme), combattit durement les Allemands en Artois puis en Belgique (à Nieuport) de septembre à novembre 1914. Il fut envoyé en repos à Brasparts et Saint-Rivoal. Il combattit ensuite en Belgique à partir de novembre 1915, puis dans la Somme et en nouveau en Belgique(région de Cassel). Après la démobilisation, le 14ème R.I.T. fut dissous dès le 5 décembre 1918.
Le monument aux morts de BraspartsPendant la grande guerre (1914-1918), il y a eu chaque année, au mont Saint-Michel de Brasparts, des pèlerinages de pénitence et des journées de prières: les fidèles s'y rendant en procession de l'église paroissiale au sommet du Mont (de même au retour dans l'autre sens), tous très suivis, furent organisés à la chapelle du Mont Saint-Michel de Brasparts pour implorer la protection de l'archange saint Michel, par exemple le 29 septembre 1916 pour clore une neuvaine de prières, en mai 1917: "La procession partit de Brasparts à 8 h. ½ . Pendant le trajet on récita le rosaire, on chanta les litanies des Saints et le cantique à Saint Michel : « Euz ho trôn saret huet, var lein Menez Are, … » « De votre trône élevé sur le faîte des Monts d’Arrée, … ». En route le pieux cortège alla toujours grossissant. Vers 10 heures on arrivait au pied de la montagne" ou encore le 29 septembre 1917. Un grand pardon d'"Action de Grâces" fut également organisé le 11 mai 1919. Cette année-là, l’accès au Mont "est déjà rendu plus facile grâce à une nouvelle et large route sur le point d’être terminée". Ces pèlerinages ne concernent pas seulement les fidèles braspartiates, mais aussi ceux des paroisses avoisinantes: "A 10 h. ½ , la procession de Brasparts arrivait à la chapelle où se trouvaient déjà de nombreux pèlerins venus avec leurs pasteurs, de toutes les paroisses des environs : de Saint-Rivoal et de Saint-Cadou, de Lannédern, de Botmeur, de Brennilis, de La Feuillée, de Commana, de Saint-Sauveur, etc… " écrit Le Courrier du Finistère en octobre 1917.
84 Braspartiates sont morts pour la France (sur un total de 322 mobilisés) pendant la première guerre mondiale, soit plus d'un décès pour 4 mobilisés! Jean Omnès, marin représenté sur le monument aux morts de Brasparts inauguré en septembre 1923, est disparu en mer au large de Sainte-Marie de Leuca (Italie) lors du torpillage du cuirassé Léon Gambetta par le sous-marin autrichien U5 le 25 avril 1915. La femme représentée sur le monument aux mors serait la mère du premier Braspartiate tué au font. Le monument aux morts, "dû au crayon sûr de M. Chaussepied, à l’habile ciseau de M. Donnart, et à l’exécution de M. Le Rumeur, le tout se présente en hémicycle" fut inauguré en septembre 1923.
La famille Perper, des juifs venus de Bessarabie, province russe puis roumaine, immmigrés en France depuis 1927 (le mari) et 1927 (l'épouse), respectivement médecin et pharmacienne, s'installent à Brasparts de 1935 à 1940, avant de déménager à Pleyben, puis à partir de 1942 à Plounéour-Ménez. De là, ils seront, ainsi que leurs trois enfants, déportés et gazés au camp de Sobibor.
Brasparts fut le théâtre d'un épisode sanglant en août 1944 lors des combats de la Libération en Bretagne: des parachutistes allemands cherchent à freiner l'avancée des troupes américaines en direction de Brest, entre autres dans les Monts d'Arrée et la Montagne Noire, et sont sous le feu de la Résistance. Des combats ont lieu dans la région d'Huelgoat ainsi qu'au Nivot, entre Brasparts et Lopérec. De nombreux prisonniers allemands ont été regroupés à Brasparts dans les deux écoles, publique et privée, de la commune.
Le 16 août 1944 au matin, le lendemain du grand pardon de la paroisse, une compagnie parachutiste allemande commandée par le lieutenant Lepkowski et venant de Brest fait irruption par surprise dans le bourg de Brasparts vers sept heures du matin, surprenant les 3 FFI préposés à la garde des 144 prisonniers allemands et la population: la méprise est totale (les Allemands ont déguisé leur convoi, s'étant équipés de drapeaux français et de deux half-tracks pris aux Américains), beaucoup croyant à l'arrivée des troupes américaines... Les Allemands réussissent leur coup de main audacieux, libérant les prisonniers, capturant 21 FFI, emmenant de plus deux personnes en otage, après en avoir tué trois pendant les combats ainsi qu'une habitante du bourg.
Le retour de la colonne allemande à Brest ne se fit pas sans combats où plusieurs résistants perdirent la vie, notamment à Le Tréhou (6 morts) et à Irvillac (16 morts).
Le maquis de Brasparts prit une par active aux combats de la Libération et perdit 16 des siens dans des combats à Bodriec, au Nivot, à Brasparts, à Sizun, .... Parmi eux, plusieurs étaient braspartiates: François Cleuziou, Pierre Baron, Georges Salaün, Gabriel Floc'h, Henri Le Gall.
Des résistants de Brasparts ont pris part aux combats de la deuxième Guerre mondiale: Noël Créau, né le 23 mars 1922 à Brasparts, s'engagea aux côtes du colonel Rémy dès novembre 1940, partit via l'Espagne en Afrique du Nord puis en Grande-Bretagne; membre des SAS, il fut parachuté en France en 1944 et participa aux combats de la Libération
Des activités agricoles subsistent: Le maire actuel a déclaré: "L'agriculture à Brasparts, c’est de la production de lait, de viande. Peu de cochons. Cependant, faisant partie du canton de Pleyben, la commune est officiellement déclarée en zone d’excédent structurel. C’est un comble ! (...) Il y a sûrement plus de sangliers que de cochons !"
Récemment, Brasparts subit les conséquences de la raréfaction en milieu rural: fermeture de la gendarmerie par exemple, suppression de nombreux commerces...
Selon Louis Ogée, vers 1780, on compte dans la paroisse de Brasparts, y compris la trève de Saint-Rivoal, 2600 communiants.
La commune cède le hameau de Botcador à Botmeur en 1854 et Saint-Rivoal fait scission en 1925 devenant une commune indépendante, ce qui perturbe la signification des statistiques ci-après:
Commentaire: L'analyse de l'évolution démographique de la commune est perturbée par les modifications territoriales survenues: par exemple la diminution démographique survenue apparemment en 1856 par rapport à 1851 est de à la cession du gros village de Botcador à la commune de Botmeur et celle survenue apparemment en 1926 par rapport à 1921 à la création de la commune de Saint-Rivoal qui a 576 habitants en 1926.
Brasparts atteint son maximum démographique en 1901 avec 3 528 habitants, gagnant plus de 1 200 habitants (+ 51,8%) tout au long du XIXème siècle, en un peu plus de 100 ans, malgré la perte de Botcador. Par contre, après une évolution en dent de scie de 1901 à 1921, le déclin démographique est constant pendant les trois derniers quarts du XXème siècle: de 1926 à 1990, à territoire constant donc, la commune perd 1 502 habitants en 64 ans (-60%). Le déclin démographique paraît encore plus important si l'on ajoute la population de Saint-Rivoal à celle de Brasparts: la population additionnée des deux localités passe de 3 528 habitants en 1901 à 1 175 en 1990 (à cette date, Saint-Rivoal a 172 habitants), soit une baisse de 2 353 habitants en 89 ans, soit - 66,7 %. La population de Brasparts progresse toutefois très lentement depuis 20 ans, passant de 1 003 habitants en 1990 à 1 026 en 2006, mais le solde naturel reste négatif et le vieillissement de la population important. En 10 ans, de 1998 à 2007 inclus, Brasparts a enregistré 131 naissances pour 159 décès. La densité de population est de 22 habitants au km²
Brasparts a donné son nom à une danse bretonne particulière, la "gavotte de Brasparts", qui démarre du pied droit, d'où son autre nom "gavotte du pied droit".
Parmi les films tournés à Brasparts ou aux environs:
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