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Brignoles est une commune française, située dans le département du Var et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, dont elle est la sous-préfecture. Ses habitants sont les Brignolais.

Géographie

Capitale du Centre Var après avoir été la Cité des Comtes de Provence. Situé dans un ancien bassin minier d'extraction de bauxite et la riche plaine du Caramy. Site de production de prunes très réputées au Moyen Âge mais des milliers d'arbres furent détruits à la fin du XVIe siècle pendant les guerres de Religion. Depuis, les prunes « de Brignoles » viennent de Digne.

Brignoles jouit d'une position stratégique, la ville est desservie par deux axes majeurs l'autoroute A8 (sortie n°35) et la route nationale 7. La ville est donc située à moins d'une heure de route de Marseille, Aix-en-Provence et Toulon. La rocade, construite en 2005, d'une longueur d'environ 4km permet d'éviter le centre-ville.

Etymologie

Brignoles s'écrit en provençal Brignolo [bʀiˈɲɔlɔ] selon la norme mistralienne et Brinhòla [bʀiˈɲɔlɔ] selon la norme classique.

Histoire

Antiquité et Moyen-Âge

Le dolmen des Adrets situé sur les crêtes entre Brignoles et Le Val datant de l'époque néolithique sont les premières marques de présence humaine. La plaine de Brignoles n'était alors qu'un vaste marécage en bordure du Caramy, dont le lit non resserré changeait souvent de place. Le territoire de Brignoles fut occupé par les Suelteri qui établirent de nombreux oppidums au sommet des collines. Les Romains assainirent les terres et construisirent de nombreuses villæ en bordure de la Via Aurelia. Restaurée sous Néron (58 apr. J.-C.), cette dernière fut alors marquée de bornes milliaires. Un mur de soutènement d'une villa romaine a notamment été découverte sur la route de Flassans. Le musée du Pays Brignolais conserve de nombreux éléments de l'Antiquité et du haut Moyen Âge comme l'autel de Sumian (VIe-VIIe siècle apr. J.-C.) ou un sarcophage de style hellénistique de la fin du IIe apr. J.-C.

Brignoles est citée pour la première fois en 558 dans la charte du roi Childebert concernant La Celle. Le "castrum brinoniae", près du quartier Saint-Pierre sert de refuge aux habitants pendant les raids sarrazins. En 1056, les seigneurs de Brignoles donnent à Saint-Victor de Marseille, l'église Saint-Jean des Vignes construite par un riche tenancier, Baronus. Plusieurs seigneurs se partagent au XIe siècle la ville et son territoire. Deux grandes familles celles de Gualdrade (Geofroy de Rians, son gendre, Sciocia sa fille, Guillaume et Pons ses petits fils) et celle d'Ingilran, évêque de Cavaillon, donnent de nombreuses terres, situées sur le territoire de Brignoles aux moines marseillais. Pons de Garde cède à son tour les terres de Louvière et de la Chautarde situées près de la Gayole. Pons Coixard, en 1056, reconstruit l'église paroissiale Sainte-Marie, consacrée par Guillaume, évêque de la ville de Toulon

Brignoles et les Souverains de Provence

En 1116, Raimond Béranger Ier, comte de Barcelone et de Provence, vient à Brignoles pour juger un différend survenu entre les moines de Saint-Victor et quelques seigneurs à propos de Nans et de Solliès. Le procès se déroule dans la cour comtale "in curia comitis, apud castrum briniolam". Brignoles est au XIIe siècle une ville consulaire, jusqu'à la cession du consulat par les nobles de la ville en 1222 à Raimond Béranger V. La comtesse douairière Béatrice de Savoie demeure jusqu'à sa mort maîtresse de la ville par suite d'un accord avec son gendre. Les comtes de Provence, seigneurs de Brignoles, y possèdent de nombreuses terres et une demeure. C'est là que viennent accoucher les comtesses, d'où le nom donné à Brignoles de "nourrice et demeure des enfants de la couronne". Les comtes catalans résident dans la maison dite "de la feue Lombarde", siège de la cour comtale accolée à l'église Saint-Sauveur près de laquelle les chevaliers édifient leur demeure (actuelle rue des Lanciers). Vers le milieu du XIIIe siècle, Charles II de Naples et son épouse Marie de Hongrie établissent leur résidence dans l'ancien château fort (du XIe siècle) qu'ils aménagent plus comfortavlement. C'est dans ce château que naît en 1274 leur fils aîné Saint-Louis de Brignoles et d'Anjou, évêque de Toulouse. Il meurt à l'âge de 23 ans, le 19 août 1297, en présence de toute la cour et de son ancien précepteur, Jacques Duèze, futur pape du nom de Jean XXII. Saint-Louis devient le saint patron de la ville, célébré le 19 août. Le 5 février 1321, le roi Robert le Sage accorde aux habitants le droit de choisir chaque année douze conseillers pour s'occuper des affaires de la communauté. En 1357, la reine Jeanne et le roi Louis cèdent Brignoles au comte d'Armagnac, mais quelques mois plus tard la déclarent de nouveau aliénable comme appartenant au domaine comtal. En 1382, Brignoles adhère à "l'Union d'Aix" qui soutient le parti de Charles de Duras. Le 2 mars 1386, la reine Marie, régente et tutrice du jeune Louis II d'Anjou, accorde des lettres de grâce et octroie à la ville de nombreux privilèges. En 1403, Louis II d'Anjouet la reine Yolande d'Aragon exemptent les habitants des droits de gabelle, péage, passage, leydes dans toute la Provence et confirment les anciens privilèges de la ville qui les reçoit dans ses murs avbec les plus grands honneurs : "le jour de l'arrivée, tout travail cessera dans la ville et au-dehors. La reine sera reçue sous dais, avec le manteau royal et en procession ; ceux qui ont des chevaux de selle iront au-devant du roi et de la reine; tous les hommes seront rangés en haie et comme pour une procession, et toutes les fammes seront sur la place devant le couvent des frères mineurs; les enfants, avec des rameaux aux mains, marcheront sous les ordres de maître François Fabry, notaire, et de Gabrielle Calverie, désignés pour les conduire". En 1449, une foire annuelle est accordée à Brignoles, le jour de la Saint Antoine, le 17 janvier. En 1453, le Roi René aliène ses droits et redevances sur la ville à noble Benoît de Auria, malgré la contestation des Syndics. Cependant, la reine Jeanne de Laval concerve jusqu'à sa mort en 1499, l'usufruit de Brignoles.

Sous le royaume de France

Le 28 novembre 1502, la première assemblée du Parlement de Provence se tient dans le palais des comtes à Brignoles, Aix ayant refusé de la recevoir. Le 22 février 1506, les membres du Parlement aixois viennent s'établir à Brignoles à cause de la peste. Le 31 mai 1523, le chevalier Bayard, en route pour l'Italie, passe à Brignoles qui est assiégée un an plus tard par les troupes du connétable de Bourbon. En 1533, la ville envoie à François Ier, de passage à Marseille, vingt boîtes de ses fameuses prunes, pesant soixante-dix livres, douze chapons et douze perdrix. Le 15 juillet 1536, Charles Quint, avec ses cinquante mille homme, passe le Var et livre Brignoles au pillage. Il change son nom en Nicopolis, la ville de la Victoire, et cède la duché au comte de Horne. Cependant en 1537, François Ier aliène en faveur de Jean de Pontevès, seigneur de Carcès et de Cotignac, la juridiction royale et immédiate que le roi a eue de tout temps en la ville. François Ier a d'ailleurs été triomphalement reçu à Brignoles en mai 1538. Le 28 août 1563, les huguenots envahirent la ville comme l'indique l'inscription sur une pierre au n°5 rue Poissonnerie. Le 1er janvier 1589, Hubert de Vins, livre Brignoles au pillage avant de lui vendre tous ses biens qu'il possède dans son terroir (qui a été détruit en 1579 car il ne payait pas ses impôts) pour la somme de 50 000 écus. Ce furent les années sanglantes sous le nom d'"étrennes de Brignoles".

Fin mars 1789, des émeutes dues à la crise frumentaire ont lieu.

Sous la république

Du 17 au 19 mai 1790, trois-cents villes et villages de Provence envoient à Brignoles leurs représentants afin de conclure un pacte fédératif d'aide mutuelle, par les armes si nécessaire. Bonaparte y est reçu pendant les guerres d'Italie et lors du siège de Toulon. Préfecture provisoire du département sous la Révolution française puis sous-préfecture jusqu'en 1929, Brignoles accueille deux fois dans ses murs le pape Pie VII. Le 2 décembre 1851, Brignoles s'oppose au coup-d'État de Louis-Napoléon Bonaparte et participe à la révolte des communes du Var, réprimée le 8 décembre à Aups. Depuis 1921, la foire-exposition des vins de Provence se déroule chaque année la deuxième semaine d'avril et accueille régulièrement cinq cents exposants et près de cinquante mille visiteurs. A nouveau sous-préfecture depuis 1975, Brignoles est aujourd'hui en pleine expansion malgré la fermeture des centres d'exploitation et d'expédition de la bauxite dont les mines ont été épuisées et n'ont plus été rentables.

Galerie de photos

Blason

Écartelé : au 1er d'azur à la fleur de lis d'or surmontée d'un lambel de trois pendants de gueules ; aux 2e et 3e à la lettre capitale B d'or ; au 4e d'or à quatre pals de gueules. (Grand Larousse encyclopédique)
Écartelé : le premier d'azur, à une fleur de lis d'or, au lambel de trois pendants de gueules en chef ; le deuxième et le troisième de gueules, à la lettre B d'argent ; le quatrième d'or, à quatre pals de gueules. (Malte-Brun, in la France illustrée, tomme V, 1884)

Le blason de Brignoles est généralement surmonté d'une couronne comtale, le Comte de Provence ayant construit un palais dans cette ville.

A noter: On trouve encore en ville des blasons de Brignoles avec un C en lieu et place du B. Reprenant peut être l'initiale d'une grande famille de la commune ou encore du fait de l'appellation de celle-ci "Cité des Comtes de Provence".

Économie

  • Économie essentiellement tournée vers le secteur tertiaire et la viticulture. Ces secteurs sont largement représentés lors de la Foire-exposition qui a lieu chaque année au mois d'avril (à noter un petit scandale lors de la foire 2006 dont les publicités étaient constituées de photos de la ville de Saint-Tropez et non de Brignoles).
  • Antenne de la Chambre de commerce et d'industrie du Var.
  • Située stratégiquement la ville dispose de nombreuses plateformes logistique (grande distribution et transporteurs routier)

Administration

Liste des maires de la Révolution française à la Libération

Démographie

Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes

Personnages célèbres

  • Antoine Albalat (1856-1935), écrivain spécialiste de la littérature française.
  • Saint Louis d'Anjou, évêque de Toulouse.
  • François d'Arbaud de Porchères, poète né à Brignoles en 1590 et mort à Senevoy en 1640. Auteurs de nombreuses poésies, il fut, en 1634, le premier Immortel de l'Académie française à occuper le fauteuil 19.
  • Louis Paul Baille (1er juillet 1768 - Brignoles (Var) † 2 octobre 1821 - Paris), baron de Saint-Pol et de l'Empire, militaire français des XVIIIe et XIXe siècles.
  • Amy Cissé (1969), ancienne joueuse internationale française de basket-ball.
  • Manu Diaz (1955), ancien joueur de rugby à XV français.
  • François Granet (1692-1741), homme de lettres français.
  • François Guisol (1803-1874), poète et auteur français.
  • Joseph-Louis Lambot (1814 - 1887), est l'inventeur du ciment armé, qui donnera naissance au béton armé. Sa première réalisation fut une barque en ciment construite en 1848 et essayée sur le lac de Besse-sur-Issole, dans le Var. Le prototype original est conservé au musée de Brignoles. Cette barque fut brevetée le 30 janvier 1855 à l'occasion de l'exposition universelle de Paris.
  • Jean-Jacques Marcel, footballeur né le 13 juin 1931 à Brignoles. 44 sélections en équipe France A de 1953 à 1961, il participa à la coupe du monde de 1958. Après avoir joué en amateur avec l'équipe de Brignoles, il a été recruté par le FC Sochaux, puis il a été transféré à l'Olympique de Marseille (record de transfert de l'époque), avec lequel il remporta la Coupe Charles Drago au cours de la saison 1956-1957 avant de rejoindre le Sporting Toulon Var et le RC Paris.
  • Catherine Matausch (1960), journaliste.
  • Jean-Baptiste Maunier (1990), acteur révélé par Les Choristes né à Brignoles.
  • Joseph Parrocel (1646-1704), peintre français.
  • Christian Philibert (1965), réalisateur et scénariste.
  • François-Juste-Marie Raynouard, écrivain né à Brignoles en 1761. Après de brillantes études au petit séminaire d'Aix-en-Provence, il entre au barreau de Brignoles. Il est surtout célèbre pour ses tragédies – Caton d'Utique (1794), Les Templiers (1805) – mais aussi pour ses travaux sur les langues romanes qui annoncent la renaissance occitane. Fervent défenseur des idées révolutionnaires, il est élu député à l'assemblée législative en 1791. Pendant la période de la Terreur, il est arrêté à Brignoles puis emprisonné à Paris. Libéré, il fera un bref retour au barreau de Brignoles avant de se fixer à Passy où il meurt en 1836.Il entra à l'Académie française en 1807 et en devint le Secrétaire perpétuel. Un buste à son effigie trône sur la place St Pierre et le Lycée de Brignoles porte son nom.
  • Patrick Valéry (1969), ancien joueur de football.

Monuments et lieux touristiques

  • Le musée du Pays brignolais implanté dans le palais des comtes de Provence. Le sarcophage de la Gayole (IIIe siècle) serait le plus ancien monument chrétien de Gaule mais l'iconographie (pêcheur, ancre, berger ramenant une brebis, arbres du jardin céleste, soleil personnifié) est encore marquée par la tradition polythéiste gréco-romaine.
  • L'église Saint-Sauveur (1012-1550)
  • La chapelle des Augustins
  • Notre-Dame d'Espérance
  • Le circuit de Karting Jean-Vial, internationalement connu pour avoir longtemps accueilli les 24 heures de Brignoles.
  • Le golf de Barbaroux, classé parmi les quarante meilleurs parcours européens.
  • Le théâtre de verdure de Pont d'Olive, qui fut un haut lieu du jazz en Provence.
  • L'Hôtel de Claviers, qui accueille de nombreuses expositions d'art.
  • L'abbaye de La Celle.

Jumelages

Brignoles est jumelée avec les villes de

  • Gross-Gerau (Allemagne)
  • Tielt (Belgique)
  • Brunico (Italie)
  • Szamotuły (Pologne)

Notes et références

  1. Jean Nicolas, La Rébellion française : mouvements populaires et conscience sociale, 1661-1789, Paris : Gallimard, 2008. Collection Folio, ISBN 978-2-07-035971-4, p. 396
  2. Les Ultras dans le Var
  3. http://cassini.ehess.fr/ Population par commune avant 1962 (résultats publiés au journal officiel ou conservés aux archives départementales)
  4. INSEE : Population depuis le recensement de 1962

Références bibliographiques

Nathalie Maurel, Brignoles, Éditions Alan Sutton, Collection Mémoire en Images, Joué-lès-Tours, 2000, ISBN : 2-84253-418-2.

Liens externes

  • Site officiel de Brignoles
  • Office de Tourisme de Brignoles
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