Céret (en catalan, Ceret) est une commune d'environ 7 500 habitants dans le sud de la France. C'est une des sous-préfectures du département des Pyrénées-Orientales. Ses habitants sont appelés les Cérétans.
Connue pour son musée d'art moderne, ses cerises et sa tradition tauromachique, la ville dont les premières mentions remontent à 866 fut un lieu de négociation du Traité des Pyrénées.
Ceret est une commune française sous-préfecture du département des Pyrénées-Orientales appartenant à la communauté des communes du Vallespir. La ville est le chef lieu du canton et de l'arrondissement de même nom.
La ville est située dans le Vallespir dans la vallée du Tech qui borde la ville. Elle s'appuie sur le versant nord des Pyrénées, est dominée au sud par le Pic de Garces et Font frede et est frontalière de l'Espagne au sud. La méditerranée est situé à 24km à l'est et le massif du Canigou a 20km à l'ouest. Les principales villes environnantes sont Perpignan au nord-est, et Figueres au sud-est.
Si aujourd'hui le Tech traverse Ceret, il est situé à près de 2km du centre historique de la ville, à plus de 50m en contre bas. Cette situation a empêché pendant longtemps tout pompage direct dans le fleuve. L'accès à l'eau se faisait par des forages et par la captation des nombreuses sources drainées par des canaux.
La construction d'un canal d'arrosage en 1866 permet d'irriguer largement les cultures. L'eau du Tech est détournée largement en amont de la ville et le canal suit les courbes de niveau. Ainsi, Ceret se trouve à la fois en contre bas du point de captation et du canal et peut être irrigué.
Aujourd'hui, l'alimentation en eau potable se fait en pompant dans le Tech en amont de la ville, indépendamment du canal d'arrosage.
Ceret bénéficie d'un climat méditerranéen. Elle est connue pour ses étés chauds et secs, ses hivers doux et est modérément soumise à la Tramontane.
Cette section est vide, pas assez détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue !Ceret, Cereto en 866 doit être attribué à l’Ibère Kerrete peuple des montagnes. Céret serait la Cité des Cérètes. Cette étymologie est partagée avec de nombreuses communes de la région : Cirer, Cirera, Cirere, Cirerol ou dans des lieux plus éloignés : Cerizay, Cérizols ...
Alors que la ville est connue pour la culture de la cerise, il est notable que les mots cerisier et Ceret procèdent du même radical pré indo-européen « Kar-ker ». Le nom de Cerisier dérivant de la ville antique Kerasus (du rocher), et du grec Kerasos.
Aucune trace archéologique ni historique n'a été mise en évidence à Ceret avant le IXième siècle.
Les divers occupants de la région Ibères, Romains, Wisigoth, et sarrazins ont choisi d'autres lieux pour s'établir. Les romain construisent un pont sur le Tech pour relier Arles sur Tech. L'ouvrage à deux arches fut détruit en 522 par une crûe du Tech. Les piles, des éléments de la route romaine, et d'un poste de garde ad Centurionem peuvent être a observés à 150m en amont des ponts actuels.
L'histoire de Ceret commence lors de la formation de l'empire Carolingien. Le vallespir fait alors partie des marches d'Espagne. C'est un pagus dépendant du Comté de Roussillon.
Les premières mentions de Ceret apparaissent au IXième siècle. La ville apparaît d'abord comme un fief des Comté d'Empúries sous contrôle de Pons de Vernet. Le Castellas, ancien château seigneurial de la ville, date de cette époque.
En 1172 Alphonse II, comte de Barcelone et roi d'Aragon hérite du Roussillon et ses pagus dont le Vallespir. Jaume Ier d'Aragon partage en 1262 ses possessions entre ses fils. Jaume II de Majorque hérite du Royaume de Majorque, du Roussillon et de Ceret.
Cette époque voit la protection de la ville par des remparts et des douves et la construction de l'abbaye bénédictine de Saint Ferreol.
La rupture politique entre les héritiers de Jaume Ier entraîne la prise des possessions du royaume de Majorque par la couronne d'Aragon. Pierre IV d'Aragon envahi et annexe le Roussillon en 1344.
En 1268, Guillaume V, vicomte de Castelnou obtient Ceret en dot lors de son mariage avec Ava. Sa fille en hérite en 1312. L'année suivante, en 1313, la fontaine des neuf jets est construite, sous le règne de Sanç Ier de Majorque .
Pont du DiableComme le veut la mode de l'époque et un certain calcul politique une forme d'autonomie est offerte par le vicomte dans la gestion de la ville. 4 Consuls sont élus annuellement par la population. Vers 1321, la ville fait construire le Pont du Diable. Les frais sont partagés entre Ceret et les villages en amont du Tech qui en tirent parti.
A la suite du mariage d'Isabelle de Castille et de Ferdinand d'Aragon, et l'union des deux royaumes qui s'en suivit, Ceret dépend du royaume d'Espagne. A cette occasion, la fontaine des neuf Jets est alors surmontée d'un lion, emblème de l'Espagne.
Fontaine des neuf jets, vers 1935. E. ErreEn 1641, en pleine Guerre franco-espagnole, la cité privilégiée des seigneurs reçoit des droits spéciaux, à l'égal de Ille. Un second privilège lui fut accordé lorsque les représentant des royaumes de France et d'Espagne négocièrent en 1660 la nouvelle frontière entre les deux pays, ouvrant la voie à la signature du Traité des Pyrénées. L'annexion du Roussillon à la France mit fin aux droits spéciaux accordés à la ville. A cette occasion, la tête du lion surmontant la fontaine des neuf jets, initialement tournée vers l'Espagne, est tournée vers la France, et la phrase suivante est gravée : «Venite Ceretens, leo factus est gallus» (Venez Ceretans, le lion s'est fait coq)
Le couvent des Capucin est construit en 1581. Un couvent des carmes est construit en 1648 sur le site occupé aujourd'hui par le musée, la mairie, et l'office du tourisme. La rivalité entre le couvent des capucin et son homologue carmélite vire en un conflit, dont le point final ne sera posé que par lors de la destruction des deux édifices pendant la révolution française. La ville est annexée par l'Espagne de 1793 à 1794 durant la guerre Guerre des Pyrénées. Les remparts fraichement reconstruits au sortir de cette guerre seront démolis par Napoléon I auxquels les Ceretans ferment les portes. Devant l'inutilité de ce type d'ouvrage face aux canons, les remparts seront transformés en arcades.
Le second empire donna lieux à la construction du canal d'arrosage.
L'installation au début du XXe siècle de nombreux peintres cubiste (Juan Gris, Pablo Picasso ...) vaut au village le surnom de Mecque du cubisme, même si ce n'est pas la seule école représentée à Ceret (Chaïm Soutine, Marc Chagall... ). Cette richesse permet à Pierre Brune, Franck Haviland la construction d'un Musée d'art moderne en 1950.
En 1922, l'œuvre commandée en 1919 à Aristide Maillol pour le monument au mort est installée.
La même année, des familles cérétanes réunies en société font construire des arènes. Une statue «Torero du Monde» est érigée près des arènes. Cette œuvre est la copie d'une statue de Manolo Hugué sculptée alors qu'il est installé dans le village et exposée au musée. Pablo Picasso, fait à son tour don en 1953 de 35 coupelles sur le thème de la tauromachie au Musée d'Art Moderne, créant une relation entre la vie artistique cérétane et le monde tauromachique.
Lors de la guerre d'Espagne et de la retirada le village accueille un grand nombre de réfugiés. Durant la Seconde Guerre mondiale Ceret est un point de passage de la résistance de la France vers l'Espagne. En 1946 une stèle des évadés est érigée près du pic de font frede qui domine le village qui reçoit la croix de guerre.
La liste des maires de la commune est connue à partir de 1826. Elle est disponible dans la boite déroulante ci-dessous :
Liste des maires de la communeNombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes
La ville a attiré de nombreux peintres et sculpteurs. En 1910 arrive Manolo Hugué, ami de Pablo Picasso, qui le rejoindra en 1911. Ce sera au tour du poète Max Jacob et du peintre Georges Braque de venir quelques années plus tard. Braque travaillera avec Picasso entre 1911 et 1914 à l'élaboration de plusieurs œuvres cubistes. Chaïm Soutine y peindra plusieurs paysages dans les années 1920. Le peintre André Eulry a vécu à Céret de 1955 à 1980. Le Musée d'art moderne de Céret lui a dédié une exposition en 2004.
Les arènes ont été inaugurées en 1922 mais la tradition taurine est présente dans le village depuis au moins 1577. Chaque année depuis 1988, l'ADAC, Association des aficionados cérétans, organise dans ces arènes des corridas pendant la feria. Cette association est connue dans le monde taurin pour être torista, c'est à dire, qui fait du taureau l'élément central de la corrida.
Céret est communément appelée « capitale de la cerise primeur » du fait de la culture de ce fruit. Une fête de la cerise est organisée chaque année, au début du mois de juin. C'est à cette occasion qu'a lieu un concours de cracher de noyaux.
Une feria a lieu le week end le plus proche 14 juillet, suivie par un festival international de sardane.
Les personnes listées dans la boîte déroulante ci-dessous sont nées ou ont résidé à Ceret. Pour les peintres et sculpteurs voir la catégorie Peintre à Ceret en bas de page.
Personnalités à CeretDe la fin du XIXe siècle jusque dans les années 1980 Ceret est un village agricole assez important. Dans les années 1960 le village de 5000 personne produit 3000 tonnes de cerises primeurs. De nombreuses activités industrielles sont également implantées : espadrilles et souliers, bouchons, tonneaux, meubles, pipes, lacets, etc.
En 2009, la production de cerise a été divisée par 11, l'essentiel de la production industrielle a disparu et n'a pas été remplacée par de nouvelles activités. Le tourisme est la première ressource de la ville.
La ville possède une antenne de la Chambre de commerce et d'industrie de Perpignan et des Pyrénées-Orientales.
Jusqu'au début du XXième siècle, le village est construit autours de l'église Saint Pierre et d'un rempart circulaire. C'est un village construit en pente douce sur piémont pyrénéen. Les constructions sont caractéristiques de la région à base de pierres roulées en granite. On note la présence de marbre rose sur certains édifices (Eglise, fontaines). Limité par les Pyrénées au sud, par des ravins à l'Est et a l'ouest, la ville se développe au cours du XXième siècle vers le nord, jusqu'à atteindre le Tech en contre bas. Les fossés bordant les remparts sont comblés et transformés en boulevards ombragés par de hauts platanes. Après d'important travaux de terrassement pour combler partiellement le ravin de Tins, la ville se développe au début du XXIe siècle à l'ouest.
L'église de Ceret est le résultat de la superposition et reconstructions de 4 édifices. Une église préromane signalée en 814; une deuxième église romane avec son clocher à bandes lombardes du XIe siècle, une troisième église de style gothique. Divers éléments de cet édifice subsistent. L'élément le plus important est sans doute un portal en marbre gris du mas Carol, où est inscrit «L'any del nostre senyor 1398 va ser fet aquesta porta» ainsi qu'un clocheton ouvert sur les points cardinaux appelé conjurador. Enfin, l'église du XVIIIe siècle construite sur le modèle de la Basilique Saint-Pierre de 1722 à 1779.
Outre son église, la ville possède deux autres édifices religieux notables. Le couvent des capucin fut construit en 1584, sa fonction religieuse est abandonnée après les ravage qu'il subit lors de la révolution française. Après un siècle d'abandon, il servit de demeure du peintre Franck Haviland de 1913 à 1972. l'ermitage Saint Ferreol, sur la rive opposé du Tech est un lieux de sérénité.
Au XXième siècle, la présence de nombreux peintre et de sculpteurs dans la ville favorise la diffusion d'œuvres d'arts dans les rues de Ceret. On trouve ainsi la statue de la fille de Déodat de Séverac, Magalie de Severac, par Manolo Hugué ; le monument aux morts humaniste est une pleureuse œuvre d'Aristide Maillol.
La fontaine des neuf jets est la principale fontaine de la ville. Elle est construite en 1313 sur la place de même nom et remodelée au gré des souverains. La première modification fut réalisée après l'Union des royaumes de Castille et d'Aragon en 1479 par Ferdinand II d'Aragon. Un lion regardant vers l'Espagne et surmontant la fontaine fut ajouté. Après le traité des Pyrénées en 1660, la France de Louis XIV procède au retournement vers la France de la tête de ce lion et appose l'inscription «Venite Ceretens, leo factus est gallus» (Venez Ceretans, le lion s'est fait coq). La tête du lion réparée à la suite d'un accident au XXIe siècle sera reposée vers son orientation initiale vers l'Espagne. C'est l'une des principale fontaine de la ville. L'ouvrage d'abord situé au centre d'une petite place, se trouva excentré lors de l'agrandissement de la Place des Neuf jets. Elle fut alors recentrée au XXe siècle. Au cours de ces travaux des éléments appartenant à une autre fontaine antérieure furent retrouvés sous la fontaine des neuf jets. Ceux ci ont été assemblés en une autre fontaine située derrière l'Eglise. Au cours de ces travaux de déplacement, la vasque principale circulaire étroite fut changée par une vasque en marbre plus large et octogonale, configuration curieuse pour une fontaine à neuf jets.
Un monument de 1937 édifié en hommage aux constructeurs du canal d'arrosage est l'œuvre de Gustave Violet.
Enfin, le monument le plus important est sans doute le pont du Diable. Son unique unique arche de pierre de 45,45 mètres d'ouverture résiste depuis le XIVe aux crues du Tech. Cet ouvrage haut de 22,30m et renforcé au XVIIIe siècle fait aujourd'hui parti d'un ensemble de 3 ouvrages d'art traversant le Tech. En 1883, l'ingénieur général Paul Séjourné réalise le pont de chemin de fer. En 1939, le pont routier est mis en service.
Le Musée d'art moderne de Céret fondé par Pierre Brune et Franck Haviland, est situé au centre de la ville. Le bâtiment actuel, englobe les locaux de l'ancienne gendarmerie, de la bibliothèque ainsi que du musée d'origine, lui même construit sur un ancien couvent carmélite. C'est un bâtiment résolument moderne, à l'image des œuvres qu'il abrite.
Le pic et le col de Fontfrède domine la ville. Ce col fut un des Hauts Lieux de passages entre la France occupée et l'Espagne. Une stèle dite « des évadés » y est dressée.
Sur les autres projets Wikimédia :
Services de mobilité locale :