49°10′59″N 0°22′10″O / 49.18306, -0.36944
Pour les articles homonymes, voir Conseil académique de l'éducation nationale et Camp.Caen (/kɑ̃ː/) est une ville du nord-ouest de la France, chef-lieu de la région Basse-Normandie, préfecture du département du Calvados, traversée par l’Orne. On la surnomme parfois la « Ville aux cent clochers ». Ses habitants sont appelés les Caennais (/kanè/) et les Caennaises (/kanèz/).
À 2 heures au nord-ouest de Paris, et reliée au sud de l'Angleterre par la ligne de ferry Caen-(Ouistreham)-Portsmouth, Caen est située au centre-nord de sa région, sur laquelle elle exerce son pouvoir politique, économique et culturel.
Cité de Guillaume le Conquérant, la ville a hérité d’un patrimoine exceptionnel, qu’elle a su préserver au cours des siècles jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, où elle fut d’ailleurs une place-clef de la bataille de Normandie. La ville en a su garder la mémoire en édifiant un Mémorial pour la Paix.
Située à quelques kilomètres du littoral, des plages du Débarquement, des célèbres stations balnéaires de Deauville ou de Cabourg, de la Suisse normande ou encore du pays d'Auge (souvent considéré comme l’archétype de la Normandie), Caen offre tous les services possibles.
Peuplée intra-muros de 113 249 habitants (population totale 2006), et à la tête d'une aire urbaine de 401 741 habitants, Caen est la première ville de la Basse-Normandie. Elle est également la deuxième commune (après Le Havre) et la troisième agglomération (après Rouen et Le Havre) de Normandie. L'aire urbaine de Caen, quant à elle, est la deuxième de Normandie après celle de Rouen, et occupe le 21e rang national.
Armes actuelles :
« De gueules au château donjonné d'une tour crénelée d'or, le tout ouvert, ajouré et maçonné de sable. »
Sous l'Ancien Régime : coupé de gueules et d'azur, à trois fleurs de lys d'or, deux au premier et une au second.
Pendant le Premier Empire, de gueules au château donjonné d'une tour crénelée d'or, au chef des bonnes villes de l'Empire (de gueules à trois abeilles d'or).
Devise de la ville de Caen :
« Un Dieu, un Roy. Une Foy, une Loy. »
Elle était inscrite sur l'hôtel municipal, le Châtelet, avant la destruction de ce dernier en 1754.
Caen a pour codes :
Caen, comme toute la moitié orientale de la région Basse-Normandie, fait partie du bassin parisien.
La ville se situe au centre-nord de la Basse-Normandie au milieu de sa plaine propice à la culture céréalière (plaine de Caen) ; la cité a été fondée dans une vallée alluviale marécageuse à la confluence de l'Odon et de l'Orne, fleuve qui se jette 10 km plus au nord dans la mer de la Manche. L'agglomération caennaise se développe aujourd'hui sur le plateau.
À l'ouest de la ville s'étend le Bocage normand (Bessin), à l'est le pays d'Auge, au sud sa plaine se prolonge jusqu'aux frontières de la Basse-Normandie avec les Pays-de-la-Loire (campagne de Falaise).
Au nord, la mer de la Manche borde l'agglomération caennaise (côte de Nacre), d'ailleurs appelée « Caen la Mer ».
Caen bénéficie d’un climat océanique avec des étés frais et des hivers doux. Le taux d’humidité s’élève à 83 %.
Les températures caennaises ne sont jamais excessives du fait de la proximité avec la mer. La proximité maritime permet d'un côté d'adoucir les hivers trop rudes et de l'autre de rafraîchir les étés qui seraient trop chauds, grâce à la présence de la brise, vent marin qui rafraîchit les terres dès que la température sur ces dernières devient largement supérieure à celle de l'eau.
Contrairement aux idées reçues, il pleut moins à Caen qu’à Montpellier, Montélimar et même Nice, mais les jours de précipitations y sont plus nombreux. Les mois d'hiver sont les plus arrosés, de plus la pluviosité varie en fonction de l'altitude et de la géographie, il pleut moins sur une région de plaine que dans une région bocagère ; ceci explique ainsi l'absence d'une grande pluviométrie à Caen étant donné que l'agglomération est construite sur la plaine de Caen. En outre, les régions côtières sont généralement moins arrosées que l'intérieur du pays (relief moindre) et sont aussi plus ensoleillées.
Si l'agglomération est fortement ancrée à gauche, Caen est traditionnellement une ville centriste. « À droite depuis Guillaume le Conquérant » selon le mot de Louis Mexandeau, l'électorat caennais met au pouvoir une coalition républicaine au lendemain de la Première Guerre mondiale, réunissant sous la direction d'Armand Marie, les anciens adversaires que sont le républicain de gauche René Perrotte, et le nationaliste de droite Jules Séjourné. Dès lors, Caen n'est plus dirigé que par des maires classés à droite de l'échiquier politique. Selon le journaliste Gilbert Rochu, pour les Caennais, « l’élu doit être un notable, pas un leader ».
Après les mandats de l'indépendant Yves Guillou et du républicain-populaire Jean-Marie Louvel, l'affrontement droite/gauche s'est personnalisé pendant trente ans dans le duel permanent entre le maire giscardien Jean-Marie Girault et le mitterrandien Louis Mexandeau. Lors des élections nationales, la ville privilégie le candidat socialiste (second tour de 1981 : François Mitterrand 52,59 % ; second tour de 1988 : François Mitterrand : 55,48 % ; second tour de 1995 : Lionel Jospin, 50,53 %), alors qu'aux municipales, Louis Mexandeau, handicapé par une gauche calvadosienne couramment divisée, ne parvient jamais à battre Jean-Marie Girault. L'héritage de ce dernier est disputé en 2001, entre la RPR Brigitte Le Brethon et l'UDF Luc Duncombe, la première menant finalement la liste de droite et étant élue sur le bilan de l'administration Girault. Mais cette opposition jamais éteinte amène les deux protagonistes à se présenter en 2008, au bénéfice du président de région socialiste Philippe Duron, qui emporte la mairie après avoir été élu député en 2007.
Depuis l'élection municipale du 23 mars 2008, le maire de Caen est Philippe Duron (PS), en succession de Brigitte Le Brethon (UMP).
(1) : Décédé en cours de mandat.En 1951, le territoire de la Guérinière, dépendant de la commune de Cormelles-le-Royal, fut officiellement rattaché à Caen.
En 1952, la commune de Venoix (1 339 habitants en 1946) a été rattachée à Caen (51 445 habitants).
En 1990, l’agglomération de Caen s’est organisée en district, transformé en 2002 en une communauté d'agglomération (Grand Caen, renommée communauté d'agglomération Caen la Mer en 2004), regroupant à présent 29 communes et 223 106 habitants. Le président de la communauté d'agglomération est Philippe Duron depuis le 18 avril 2008
Caen est divisée en 9 cantons dont elle est le chef-lieu, mais donne son nom à 10 cantons, :
Sept des neuf cantons de Caen affichent une étiquette socialiste. Les deux autres cantons sont le 1er canton appartenant au Nouveau Centre et le 6e canton dont le conseiller général, Rodolphe Thomas, fait partie du MoDem.
Ces cantons appartiennent à l'arrondissement de Caen dont Caen est le chef-lieu. Cet arrondissement comporte 24 cantons, 288 communes et 404 324 habitants. Caen étant chef-lieu de département, c'est donc le Secrétaire général de la préfecture du Calvados qui est le sous-préfet de l'arrondissement de Caen, Laurent de Galard, en poste depuis le 24 septembre 2007.
Étant chef-lieu de région, Caen est à la fois le siège de la préfecture du Calvados et de la Basse-Normandie, son préfet se nomme Christian Leyrit, ancien préfet de Charente-Maritime, du Val-d'Oise et de Corse-du-Sud, nommé le 28 juillet 2008 en remplacement de Michel Bart.
Caen est partagée entre la 1re circonscription et la 2e circonscription du Calvados, couramment appelées « circonscription de Caen-Ouest » pour la première et « circonscription de Caen-Est » pour la seconde. Les députés de Caen sont respectivement Philippe Duron et Laurence Dumont, tous deux députés socialistes et élus aux législatives de 2007, les deux circonscriptions étant à droite avant cette date.
La ville de Caen est jumelée avec les villes de :
Caen se situe aujourd'hui dans le diocèse de Bayeux et Lisieux, compris dans la province ecclésisatique de Normandie. Caen ne fut jamais siège d'évêché mais faisait partie de l'ancien diocèse de Bayeux.
Le doyenné de l'agglomération caennaise comprend 8 paroisses, dont certaines desservent un quartier de Caen ou comprennent une église situé sur le territoire de la ville de Caen.
À cela s'ajoute les chapelles des couvents et monastères de la ville, dont celle de l'Oasis où est célébrée la messe, le dimanche, sous la forme extra-ordinaire.
L'Église réformée de France dispose d'un temple depuis le XVIIe siècle. Construit en 1611, il fut détruit en 1685. Le deuxième temple, aménagé au XIXe siècle dans les dépendances de l'ancien monastère des Bénédictines, rue de Geôle, a été détruit en 1944. Le temple actuel a été construit en 1959 au 19, rue Mélingue. La paroisse de Caen fait partie du secteur Caen-Côte de Nacre du consistoire de Basse-Normandie.
Le culte anglican est célébré dans la Chapelle de la Miséricorde, ancienne chapelle des Cordeliers, puis des Bénédictines. Les anglicans disposent également d'une aumônerie au n°39 de la rue du Chemin-Vert.
Le culte évangélique est célébré dans quatre églises disséminées dans la ville. Enfin, il existe une église adventiste du septième jour dans le bas de Venoix.
Une église évangélique baptiste célébrant deux cultes le dimanche se trouve dans la rue Jean-Mermoz dans la partie sud de la ville.
Les musulmans ne disposent pas de mosquée sur la commune de Caen. Ils disposent cependant de la salle du presbytère de la Guérinière, appartenant à Caen Habitat. Une véritable mosquée est en cours de construction à Hérouville-Saint-Clair.
La communauté juive est implantée depuis le Moyen Âge à Caen dans le quartier Saint-Julien. La rue aux Juifs témoigne encore aujourd'hui de cette longue histoire. En 1966, les fonds levés par les donateurs locaux et par l'American Jewish Joint Distribution Committee permettent de construire une nouvelle synagogue au 46 de l'avenue de la Libération nouvellement percée sur les ruines du quartier du Vaugueux. Aujourd'hui, la communauté est composée d'environ 150 familles.
L'Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, Branche (sorte de paroisse) de Caen, a sa chapelle rue Délivrande.
La population de la ville de Caen est estimée à 113 249 habitants au 1er juillet 2006, ceci en fait la 35e commune de France la plus peuplée. Son agglomération compte 223 106 habitants, tandis que la communauté d'agglomération Caen la Mer totalise 233 321 habitants. L'aire urbaine caennaise affiche enfin 392 381 habitants, c'est donc la 21e aire urbaine française, après celle de Tours et avant celle d'Orléans.
Caen est ainsi la première ville du Calvados et la première ville de la Basse-Normandie, son aire urbaine concentre 57,2 % de la population départementale et 26,1 % de la population régionale.
Les recensements menés par l'INSEE montrent également que la population caennaise compte 56 191 ménages et 61 319 logements au 1er janvier 2005. La part des hommes représente 45 % de la population caennaise, celle des femmes 55 %. En ce qui concerne l'état matrimonial des Caennais, l'étude indique que 51 % de la population est célibataire, 33 % marié(e), 8 % divorcé(e) et 8 % veuf ou veuve. Le nombre moyen de personnes par ménage est de 1,8.
Par ailleurs, 15 116 Caennais vivent en ZUS (Zone urbaine sensible), ce qui ramène une proportion de 13,3 %.
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes
Aujourd'hui, les communes limitrophes de Caen, celles de la communauté d'agglomération Caen la Mer, celles de l'aire urbaine et même celles du Pays de Caen connaissent une poussée démographique remarquable, contrairement à la commune de Caen intra-muros. Le logement moins cher, le cadre de vie et la campagne calme et paisible se conjuguent aux avantages d'une ville que peut présenter celle de Caen et qui restent très accessibles grâce aux infrastructures dont elle dispose.
Caen comptabilisait 61 319 logements en 2005. Sur les 58 266 logements de 1999, 93,3 % étaient des résidences principales, 0,4 % des résidences secondaires, 0,9 % des résidences occasionnelles et 5,4 % des logements vacants.
Les logements individuels représentaient, en 1999, 19,9 % de l'ensemble des logements, les logements dans un immeuble locatif en représentaient donc 80,1 %.
Une très grande partie des logements caennais (54,9 %) ont été construit entre 1949 et 1974 ; 17,9 % avant 1949, et donc 21 % après 1974. Seulement 3,6 % des logements ont été achevés durant les années 1990, pourcentage bien inférieur à la moyenne régionale, la proportion moyenne de logements bas-normands achevées pendant la décennie 1990 étant de 9,5 %.
On dispose de peu de renseignements concernant la fondation de la ville de Caen et l’origine de son nom. Les hypothèses à ce sujet sont multiples et la plupart du temps farfelues, comme la suivante:
Cette ville ayant été, à l’origine, un lieu de péage, certains ont émis l’hypothèse que le mot « Caen » puisse être la déformation du saxon « Gatehēm »signifiant « maison de la barrière ».
On possède un grand nombre d'attestations anciennes du nom sous diverses formes:
Cela permet d'organiser un corpus cohérent conforme à l'évolution phonétique connue des langues d'oïl: Cadomo > Cadon pour *Cadom > Cathum pour *Cathom > Cathem > Cahem....phénomène bien connu de la lénition de l'intervocalique /d/ > /ð/ > / /. Cette évolution est comparable à celle de Rouen, attesté à époque ancienne comme Ratomagos, Rotomagus. Formes attestées Rodomo > Rothom > Rothem > Rohem. D'autres Ruan, Rouans, etc. offrent des formes comparables. Le second élément, celtique magos > magus « champ, marché » (cf. vieil irlandais mag « plaine »), semble être le même. Le premier est probablement gaulois (vieux celtique) également, selon la plus vraisemblable des hypothèses fondée sur la phonétique, on peut proposer catu- « activités militaires, combat » attesté dans le peuple des Caturiges. Comme la lénition est commune au celtique et au français (ici de /t/ à /d/), il a évolué en: gallois cad, breton kad, irlandais cath « combat » et en cad- en protofrançais d'où les formes Cadon, Cadomo,.
Il existait sur le site de la ville de Caen des petits noyaux d'habitats préhistoriques dispersés sur les bords de l'Odon et sur les hauteurs.
Du Ier siècle au IIIe siècle, un bourg s'est développé à l'emplacement de l’actuelle Abbaye aux Hommes à proximité d'une voie romaine reliant Augustodurum (Bayeux) à Noviomagus (Lisieux). Ce bourg n'était qu'un vicus sans fonctions politiques ou administratives, ce rôle étant attribué à Aregenua, capitale des Viducasses située à une quinzaine de kilomètre au sud de Caen. Sa vocation était essentiellement artisanale. Le bourg connait de profond changement au IIIe siècle. À partir de 275, les invasions barbares mettent fin à la prospérité antérieure et désorganisent les réseaux commerciaux. On constate que le bourg artisanal se tourne progressivement vers les activités agricoles. À la même époque, la transgression marine dunkerquienne provoque une montée progressive des eaux qui a pour conséquence une multiplication des inondations. À la fin du IIIe siècle, les bâtiments sont laissés au marécage qui progresse et les habitants se déplacent vers le coteau légèrement plus au nord.
Aregenua perd de son importance et l'actuel territoire de Caen passe sous l'influence d'Augustodurum. Au VIIe siècle, des missionnaires venus de Bayeux, notamment saint Regnobert, fondent des oratoires, entourés de leur cimetière, le long de l'ancienne voie romaine au centre de petits villages isolés dans la vallée de l'Orne et des Odon. Les invasions normandes viennent interrompre cet essor pré-urbain.
Au Xe siècle, un nouvel essor urbain accompagne le grand redémarrage du duché de Normandie. Les paroisses Saint-Étienne, Saint-Sauveur, Saint-Georges, Saint-Gilles et probablement Saint-Michel-de-Vaucelles sont fondées à cette époque. Une ville, constituée de plusieurs noyaux, commence à se structurer sur l'axe reliant Saint-Pierre à Saint-Martin en passant par Saint-Sauveur. Au début du XIe siècle, le premier texte se référent à Caen (la charte de l’Abbaye de Fécamp) décrit « la ville qui s'appelle Cathim, sur la rivière Orne, de part et d'autres, avec ses églises, ses vignes, ses prés, ses moulins, avec le marché, le tonlieu et le port, et toutes ses dépendances ».
Ce mouvement urbain est confirmé et accru au XIe siècle par la politique de Guillaume le Conquérant et Mathilde de Flandres. En 1047, après sa victoire à la bataille du Val-ès-Dunes, le duc de Normandie organise le Concile de la Trêve de Dieu sur la rive droite de l'Orne vers Vaucelles et fait construire en 1061 la chapelle Sainte-Paix (alors sur le territoire de Mondeville) pour recueillir des reliques de saints amenées pour cette occasion. Surtout, il fait édifier dans la deuxième partie du XIe siècle une vaste forteresse sur l'éperon rocheux dominant la vallée de l'Orne ; le duc et sa cour réside plusieurs fois dans le château de Caen. Le couple ducal fondent également deux grandes abbayes à l'est et à l'ouest du tissu urbain existant. Ils s'y font inhumés, en 1083 à l'abbaye aux Dames pour Mathilde de Flandre et en 1087 à l'abbaye aux Hommes pour Guillaume le Conquérant. D'un gros bourg de constitution anarchique, Caen devient la seconde capitale de la Normandie, au détriment de Bayeux qui voit sa prééminence rapidement remise en cause. Ainsi, c'est dans la cité développée par leur père que Guillaume II le Roux, roi d'Angleterre, et son frère aîné, Robert Courteheuse, duc de Normandie, signent en 1091 le traité de Caen censé régler les querelles de succession. La ville se développe sous Robert Courteheuse qui fait creuser un canal entre l'Orne et l'Odon formant ainsi l'île Saint-Jean ; ce bras d'eau, appelé canal Robert, a pour effet d'assainir ce terrain marécageux, d'offrir une protection face aux agressions extérieures et d'ouvrir un bief permettant l'érection de moulins. Son frère, Henri Ier Beauclerc, qui s'empare du royaume d'Angleterre en 1100 et du duché de Normandie six ans plus tard, fait aménager le château en construisant un donjon et une nouvelle salle d'apparat (actuelle salle de l'Échiquier).
Chevet de l’abbatiale Saint-ÉtienneEn 1203, Jean sans Terre affranchit la commune de Caen qui peut alors se doter d’un beffroi, d’une cloche, d’un sceau et d’un hôtel de ville, bâti sur le pont Saint-Pierre. Au cours de l’incorporation du duché à la France par le roi Philippe II Auguste, Caen tombe le 21 mai 1204, avant Rouen. Le roi de France conserve les droits municipaux et remanie profondément les défenses du château (construction de la chemise du donjon et .
Façade de l’abbaye aux Dames.Au début de la guerre, la ville est ravagée une première fois après avoir été prise en 1346 par Édouard III d'Angleterre. En 1417, la ville de Caen oppose à nouveau une résistance héroïque à l’envahisseur anglais qui massacre 2 000 bourgeois, pille et traite les survivants en rebelles à « leur » roi. La région de Caen sera le lieu d’une très vive résistance à l’occupant anglais qui y procédera à un grand nombre d’exécutions de résistants entre 1418 et 1450. La fondation, en 1432, de l’université de Caen fait partie des mesures du duc de Bedford, régent de Normandie, afin de tenter de se concilier la population caennaise. La fin de l’année 1434 voit un soulèvement commandé par Jean de Chantepie. La Normandie redevenue française, Charles VII la récompensera de sa « fidélité et loyauté » en confirmant tous ses privilèges et libertés en 1458 (confirmation de la Charte aux Normands).
Le Temple réformé de CaenLorsque les Protestants prennent le contrôle de la ville en avril 1562, leur iconoclasme s'en prend, entre autres, au tombeau de Guillaume le Conquérant et de la reine Mathilde. Le service catholique est suspendu. Arrivé à Caen en décembre 1562, le chef du parti huguenot, l'amiral de Coligny, ordonne, avant son départ le 19 mars 1563, la démolition, « afin d'avoir le profit qui se tireroit des plombs ont elle étoit couverte », de l'Abbaye aux Hommes dont le chartrier est brûlé. En 1584, la peste fait 10 000 victimes à Caen. Le Parlement de Normandie et la Cour des Aides et la Chambre des Comptes sont déboublés à Caen de janvier 1589 à avril 1594 suite au soulèvement de Rouen contre le roi ; les parlementaires fidèles au roi se rendant à Caen.
La Révolte des va-nu-pieds amorcée à Caen le 13 août 1639 fut menée par un certain Bras-Nus se donnant le grade de colonel de l'armée souffrante ; il finit roué. Prudemment restée à l'écart des troubles de la Fronde, Caen va voir la création de l'Académie des sciences, arts et belles-lettres de Caen et de la première Académie de Physique de France qui lui acquerra une réputation de capitale des beaux esprits et le surnom d' « Athènes normande ».
Au XVIIe siècle, la croissance démographique et l’essor économique que connait la ville sous le règne personnel de Louis XIV obligent la ville à lancer de grandes opérations d'urbanismes afin de régler les problèmes posés par la congestion de la circulation et la pression démographique. Entre 1629 et 1635, la ville fait détruire les maisons qui se trouvaient entre le carrefour Saint-Pierre et le Châtelet et déplacer la partie du cimetière de l’église Saint-Pierre qui se trouvait derrière ces maisons. La place Saint-Pierre est ainsi formée dans le deuxième quart du XVIIe siècle. La ville, trop à l'étroit dans ses murailles, finit par repousses ces frontières en investissant les Petits près. Entre 1609 et 1603, la ville fait abattre des maisons pour transformer en rue une simple venelle servant à conduire les chevaux à l’abreuvoir sur le Grand Odon et, en 1626, un pont sur l’Odon est construit au bout de la rue des Jésuites (actuelle rue Saint-Laurent). En 1635-1637, la ville lance une importante opération d’urbanisme consistant à aménager une grande place carrée entourée de maisons construites en pierre de taille sur un alignement déterminé. Cette place royale (actuelle place de la République) est terminée par l'érection du séminaire des Eudistes de Caen et de son église dédiée aux Très Saints Cœurs de Jésus et Marie entre 1664 et 1703. Non loin de la place Royale, les Jésuites, installés au collège du Mont en 1609, se font ériger l'église Sainte-Catherine-des-Arts (actuelle église Notre-Dame-de-la-Gloriette) entre 1684 et 1689. Des promenades publiques arborées sont aménagées dans la Prairie le long de l'Orne et du canal Robert ; le cours-la-Reine (actuel cours général de Gaulle) est planté en 1676 et le cours de l'Orne (actuel cours Kœnig) en 1691.
Pour préserver l'orthodoxie catholique et stimuler la foi, les ordres de la Contre-Réforme, soutenus par les autorités royales, multiplient les fondations d'églises, de couvents et de monastères destinés à accueillir les formes rajeunies de la piété. De nombreuses congrégations s'installent donc à Caen : Jésuites, Carmélites, Ursulines, Visitation. Jean Eudes fonde à Caen la congrégation de Jésus et Marie (Eudistes) et l'ordre de Notre-Dame de Charité. La révocation de l'Édit de Nantes s'accompagnent de nombreuses persécutions : destruction du temple, internement aux Nouveaux et Nouvelles Catholiques,... Ces représailles forcèrent de nombreux Caennais protestants refusant d'abjurer, riches marchands et industriels pour la plupart, à l'exil. Le commerce de la province en fut ruiné. L'absolutisme louis-quatorzien mit également fin aux franchises municipales dont jouissait Caen en supprimant les élections municipales et en transformant les offices d'échevin des nobles, des bourgeois et des marchands en charges vénales.
Charlotte Corday (1768-1793)Caen vit, en 1713, 1715 et 1725, des émeutes liées à la cherté du pain. À la Révolution, le procureur-syndic Georges Bayeux et le commandant de la place Henri de Belzunce furent massacrés par la foule. En 1793, la section caennaise des Jacobins de Caen rompit ses attaches avec ceux de Paris. Nombre de Girondins cherchant refuge à Caen lors de leur chute, celle-ci devint le centre des insurrections fédéralistes auxquelles se joignit la société caennaise des Carabots. C'est le faible recrutement des armées fédéralistes qui incita Charlotte Corday à quitter Caen le 9 juillet 1793 pour aller assassiner Marat à Paris.
La croissance démographique s'amenuise. On recense 36 231 habitants en 1806, 41 394 habitants en 1856 et 45 380 en 1906. Régulièrement, l'évolution est même légèrement négative :
La croissance reprend à partir de 1906. En 1936, les Caennais étaient 61 334. La ville sort de ses limites historiques et s'étend sur les pentes au-dessus de la vieille ville (quartier bourgeois autour de la gare Saint-Martin, ouverte en 1884 ou quartier plus populaire au-dessus de Vaucelles.
Caen a perdu environ 68 % de son volume bâti durant la Seconde Guerre mondiale car elle s'est trouvée sur une ligne de front très disputée lors du débarquement en Normandie le 6 juin 1944 (Jour J). Elle fut libérée par les forces canadiennes qui ont combattu pendant un mois les troupes SS Ses principaux monuments ont néanmoins été sauvegardés.
La reconstruction de Caen a officiellement duré de 1947 à 1963 avec de larges avenues rectilignes bordées par des immeubles de pierre de Caen d'environ cinq étages, ce qui lui confère une grande unité architecturale. De nombreux immeubles qui avaient un toit plat ont été chapeautés d'un toit à pentes traditionnel.
Article détaillé : Reconstruction de Caen.Caen a été décorée de la Légion d'honneur en 1948.
Une longue histoire a doté la ville de Caen de nombreux monuments historiques dont les principaux (deux abbayes et le château) ont été construits sous Guillaume le Conquérant au XIe siècle.
Surnommée « ville aux cent clochers », on y dénombre une quarantaine d'églises dont il ne reste parfois qu'un pan de mur. La capitale bas-normande compte 85 édifices protégés monuments historiques, ce qui est assez remarquable au regard des sinistres causés par les bombardements de l'été 1944.
Bien que beaucoup d'entre eux ait été détruit en 1944, la ville compte encore de nombreux hôtels particuliers. Les plus anciens datent de la Renaissance, mais la majeure partie d'entre eux a été édifiée aux XVIIe et XVIIIe siècles.
Articles détaillés : Hôtels particuliers de Caen et Patrimoine religieux de Caen.La reconstruction de la ville a également doté Caen de nombreux monuments remarquables.
Panorama depuis le château de Caen : ville reconstruite et ville ancienneLa ville de Caen offre 500 hectares d’espaces verts et de jardins publics :
Certains jardins sont des sites classés ou inscrits :
La commune possède également des jardins familiaux, ils représentent actuellement 450 petits lopins de terre destinés à être cultivés et à être fleuris, répartis dans les quartiers du Chemin-Vert, de la Guérinière, du Calvaire-Saint-Pierre, de Beaulieu, de la Prairie et de la Grâce de Dieu. Le premier jardin est celui de la Guérinière, créé vers 1950 (il était alors à l'époque sur la commune de Cormelles-le-Royal) ; le dernier a été ouvert à la Grâce de Dieu en 2001.
La ville de Caen est une commune fleurie ayant obtenu trois fleurs au concours des villes et villages fleuris.
Quartiers IRIS repris par la ville de Caen :
La ville a été redécoupée en neuf secteurs dotés chacun d'un conseil de quartier.
L'esplanade de la Paix : Phœnix de l'Université (campus 1), Château de Caen et clocher de l'église Saint-Pierre.Le théâtre de Caen, inauguré en 1838, a été détruit en 1944. Un nouveau bâtiment a été reconstruit pratiquement au même emplacement. Les Arts Florissants y sont en résidence. Une académie, le Jardin des Voix, y a été mise en place par William Christie ; elle a pour but de former et d'offrir une exposition au public à des jeunes chanteurs et chanteuses baroques.
La Comédie de Caen, centre dramatique national de Normandie, regroupe trois lieux : le théâtre d'Hérouville, le théâtre rue des Cordes à Caen et la Halle aux Granges également à Caen.
Caen accueille chaque année, depuis 1998, les Rencontres des cultures électroniques Nordik Impakt. La soirée de clôture du festival est réputée pour être l'une des plus grandes rave parties organisées en France.
Le Cargö, bâtiment accueillant deux salles de concert et des studios d'enregistrement, est ouvert depuis le 1er février 2007. cette structure fait partie du réseau des salles des Musiques actuelles et répond à un besoin culturel qui ne trouvait pas de cadre auparavant. Ainsi, de nombreux artistes et groupes de la région peuvent y enregistrer leur production pour un budget accessible, ou se produire sur une scène de taille moyenne, ce qu'ils ne pourraient faire dans le cadre du Zénith de Caen, par exemple.
Caen ouvre gratuitement les collections de son musée des Beaux-Arts installé au coeur du château Ducal. Une collection remarquable de peintures du XVI au XXe siècle : Le Pérugin, Van Der Weyden, Véronèse, le Tintoret, Champaigne, Rubens, Le Guerchin, Tiepollo, Courbet, Corot, Monet, Boudin, Duffy, Soulages, Reyberolles...
Caen accueille le Fonds régional d'art contemporain de Basse-Normandie, collection en art contemporain.
L'École supérieure d'arts et médias de Caen, par le biais de la galerie L'hôtel, programme des expositions présentant le travail d’artistes enseignants, français ou étrangers.
En 1986, la ville de Caen a créé une artothèque, installée dans l'hôtel d'Escoville. Cette institution permet à des particuliers, des entreprises ou des collectivités publiques d'emprunter des œuvres d'art contemporaines régionales, nationales et internationales, de la fin des années 1950 jusqu'à nos jours. L'artothèque organise également des expositions.
Le prix littéraire de la Ville de Caen récompense chaque année le meilleur ouvrage de fiction écrit par un écrivain bas-normand ou dont l'action se situe dans la région : Muriel Barbery l'a remporté en 2007, Alexis Salatko en 2006, Jean Teulé en 2005.
À Saint-Germain-la-Blanche-Herbe, l'abbaye d'Ardenne abrite l'Institut mémoires de l'édition contemporaine depuis 1995. Cette association soutenue par le ministère de la Culture et le conseil régional, conserve les archives d'écrivains francophones contemporains, de chercheurs et d'éditeurs.
L'École de Caen remet chaque année, depuis 2002, un prix unique en son genre, qui récompense le travail d'un auteur et d'un illustrateur, sans distinction de catégorie.
Fondée en 1790 à partir de la bibliothèque de l'Université ouverte au XVe siècle, la Bibliothèque de Caen, classée en 1897, a été détruite en juillet 1944, perdant alors une grande partie de ses 150 000 ouvrages. Reconstruite en 1968-1971 à son emplacement actuel, elle abrite le plus gros fonds de Basse-Normandie, et dispose de sept bibliothèques de quartier et d'un bibliobus. Elle est aujourd'hui gérée par la Communauté d'agglomération Caen la Mer et participe au projet de numérisation Normannia.
La tradition culinaire de Caen se mêle à la cuisine normande et compte comme spécialité les tripes à la mode de Caen.
Depuis 1911, rue Charlotte-Corday, l'usine Jeannette produit de madeleines vendues sur le marché national sous ce nom avec comme logo une fermière protant un pot-au-lait sur l’épaule.
Caen abrite en un restaurant étoilé par le Guide Michelin, L’Incognito, promu dans l'édition 2009, tandis que Le Pressoir perdait la sienne.
L'économie caennaise du XXe siècle est marquée par deux industries d'ampleur : la Société métallurgique de Normandie (SMN) et Moulinex. Les hauts-fourneaux de la première, inaugurés en 1917, emploient jusqu'à 6500 ouvriers en 1974, tandis que la vie de la cité ouvrière est gérée sur le modèle paternaliste, avec les écoles ménagères pour les filles, les centres d’apprentissage pour les garçons, et l'Union sportive normande pour les ouvriers. La seconde, aux unités essaimées dans toute la Basse-Normandie, ouvre son usine de Cormelles-le-Royal en 1964 et y emploie 3 800 personnes en 1973.
En outre, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la ville rasée par les combats et les bombardements est l'une des métropoles régionales choisies dans les plans gaulliens de décentralisation industrielle. Alors que l’agriculture nourrit encore la moitié de la population bas-normande, le secteur automobile (Citroën, Saviem), l’industrie électronique (Alcatel, Philips et Bosch), et l’électroménager (Moulinex) créent 25 000 emplois industriels sont créés dans les années 1960. Installées en périphérie de la ville, les usines entrainent l'exode rural local et la poussée démographique de ce qui devient la « ceinture rouge » de Caen. Ensuite, la ville profite de ses deux élus locaux devenus ministres, Michel d'Ornano implantant le Grand accélérateur national d'ions lourds porté par le CEA et le CNRS, et agrégeant d'autres laboratoires de recherche scientifique, Louis Mexandeau installant le service d’études des postes et télécommunications (SEPT), chargé de la monétique et du courrier électronique.
Alors que l'industrie décline, la décennie 1980 marque une orientation vers le tertiaire (Caen abrite le siège historique du groupe de distribution Promodès dont Mondeville 2 devient la vitrine) et le tourisme, symbolisé par le Mémorial de Caen. Ces nouvelles activités se centralisent sur Caen alors que l'industrie privilégiait les communes périphériques. La santé devient un pourvoyeur d'emploi essentiel à travers le CHU qui devient le premier employeur de l'agglomération, ainsi que la fabrication de produits pharmaceutiques.
Les années 1990 voient les piliers de l'industrie locale péricliter. Nationalisée et passée sous le contrôle d'Usinor-Sacilor, la SMN ferme le 5 novembre 1993. Dans le même temps, l'industrie automobile caennaise se sépare de la moitié de ses effectifs. Enfin, fin 2001, Moulinex après plusieurs vagues de licenciements, ferme l'usine de Cormelles. Le port de Caen-Ouistreham menacé par la fermeture de la SMN qui représentait la moitié du trafic, se réoriente vers le trafic transmanche, concurrençant ainsi le port de Cherbourg. Aujourd'hui, il voit transiter 3 millions de tonnes de marchandises par an, ce qui en fait le 6e port d'intérêt national de France.
Au début du XXIe siècle, Caen parie sur l'électronique pour sa relance. Autour de l'usine historique de Philips, en centre-ville, devenue NXP, les édiles constituent un pôle technologique sur le modèle grenoblois. Mais l'annonce de 373 suppressions de postes à Caen par NXP en octobre 2008 rend les projets caducs.
Aujourd'hui, la ville accueille également de grandes entreprises comme Valeo et Oberthur, et France Télécom y possède un de ses centres européens de recherche et de développement. Les principales activités économiques sont les centres d'appels, les activités high-tech de transactions électroniques, et le nautisme.
Caen est le siège de la chambre de commerce et d'industrie de Caen et de la chambre régionale de commerce et d'industrie Basse-Normandie.
Les transports en commun de l'agglomération caennaise sont constitués par le réseau Twisto comprenant, depuis 2002, 25 lignes de bus et 2 lignes de Tramway (tramway sur pneus pour être précis). Ce dernier utilise la technologie TVR et devrait, d'ici 2010, se doter d'une ligne supplémentaire qui se rendra de la presqu'île de l'Orne, à Carpiquet.
De plus la ville, qui possède une cinquantaine de kilomètres d'itinéraires cyclables, dispose depuis le 22 mars 2008 d'un système de Vélopartage. Celui-ce est géré par Clear Channel Communications avec un contrat de 10 ans. Le service, V'eol, se compose de 40 stations réparties tous les 300 m environ, et de 385 vélos, d'une conception proche des Vélib' parisiens, mais moins lourds (18 kg au lieu des 22 kg du matériel de Paris), avec possibilité de 50 stations et 550 vélos. La ville ayant choisi de ne pas financer le service par la publicité, il reviendra à 637 000 €/an à la ville. La première demi-heure d'utilisation est gratuite, moyennant l'utilisation d'une carte d'abonnement hebdomadaire ou annuelle.
L'agglomération est desservie par trois autoroutes : l'A 13, l'A 84 et l'A 88 (N158, A88 étant en cours de construction) connectant la ville à la Bretagne, à la région parisienne et au Maine. Caen est ceinturée par un boulevard périphérique.
Depuis 2008, le contournement sud de Caen facilite les échanges entre la N158 (direction Falaise) et la D562 vers Flers et Laval. À terme, ce contournement doit relier également la N158 et l'A13 ce qui soulagera le boulevard périphérique sud.
Un deuxième projet, en vue cette fois-ci d'alléger le trafic sur le boulevard périphérique nord, appelé Liaison Inter Quartier Nord (LIQN), connectera le boulevard Weygand (sortie n°6) à la D403 (sortie n°1, zone industrialo-portuaire).
Caen est historiquement le croisement des routes nationales suivantes : N13 (déclassée en D613 dans sa partie est - vers Lisieux et Paris, et vers Cherbourg dans sa partie ouest), N158 (vers Falaise, Alençon, Le Mans et Tours), D562 (ancienne N162 - vers Laval et Angers), ancienne N175 (A84 vers Rennes et D675 vers Rouen), D513 (ancienne RN 813 - vers Cabourg, Deauville et Honfleur).
Caen est également le centre d'une vieille étoile ferrée la reliant à Paris (en 1h45), Cherbourg (en 1h15), Rouen (en 1h) et Rennes (en 3h) à partir de sa gare.
En revanche, aucun TGV ne dessert la ville, ni la Basse-Normandie alors que cela fut le cas pendant quelque temps juste après l'électrification de la ligne en reliant Caen et Cherbourg à Lille.
La ligne Paris-Caen est achevée en 1857, tandis que la gare de Caen est inaugurée en 1858. Dès lors, plusieurs lignes se construisent : la ligne Paris-Caen est prolongée jusqu'à Cherbourg dès 1858, puis viendront les tours de la ligne Caen-Tours, du chemin de fer de la Suisse normande, etc. Ainsi naît l'Étoile de Caen.
La gare de Caen fait transiter chaque année trois millions de voyageurs. Chaque jour, plusieurs dizaines de TER ou Corail Intercités assurent des liaisons directes avec les gares de Lisieux, Évreux, Paris-Saint-Lazare, Cherbourg, Saint-Lô, Rennes, Rouen, Alençon, Le Mans, Tours et Tours-Saint-Pierre-des-Corps. Un train qui part de Caen atteint Paris-Saint-Lazare en 1h 45 par un cadencement chaque heure depuis Décembre 2008 .
Bien que la notion d'étoile ferrée ne soit plus aussi vraie que dans les décennies passées, puisque certaines lignes ont été fermées et que par ailleurs les embranchements ferroviaires pour aller à Rennes, Rouen ou au Mans ne se situent pas dans la périphérie immédiate de Caen mais dans les gares un peu plus lointaines de Lison ou de Mézidon ; la ligne Paris-Caen-Cherbourg demeure la ligne Corail Intercités la plus rentable de France pour la SNCF, avec un bénéfice de plus de 10 millions d'euros par an.
Par ailleurs, des projets sont à l'étude pour desservir au mieux la gare de Caen : des TGV parcoureront à partir de juin 2009 la ligne Cherbourg–Caen–Roissy-Charles-de-Gaulle, il est également prévu que les TGV aillent jusqu'à la gare de Besançon-Viotte. Seulement, un TGV entre Caen et Roissy mettra plus de temps (3h) qu'un Corail entre Caen et Paris, les rails n'étant pas adaptés, les TGV devront rouler à une allure réduite.
Le port caennais de Ouistreham permet de se rendre à Portsmouth (Angleterre) avec la compagnie Brittany Ferries, où Londres ne se trouve plus qu'à 120 km.
Jusqu'à 4 allers-retours sont assurés quotidennement (2 le mercredi). Une traversée dure 5h 45 s'il fait jour, 7h si elle est nocturne. Toutefois cette durée peut être ramenée à 3h45 grâce au « Navire rapide » utilisé en saison et le week-end.
Le port de Caen-Ouistreham est également un port de commerce et un port de plaisance. Le port de commerce s'étend le long du canal de Caen à la mer entre les villes de Caen et de Ouistreham. Le port de plaisance de Caen se situe au bassin Saint-Pierre, dans le centre-ville.
L'aéroport de Caen - Carpiquet est, en nombre de passagers, le plus important aéroport de Normandie. Une ligne régulière vers Lyon permet des correspondances vers l'ensemble de l'Europe.
Caen est le siège de l'académie de Caen, circonscription éducative dirigée par un Recteur, Micheline Hotyat qui administre le réseau éducatif de Basse-Normandie et de Saint-Pierre-et-Miquelon. L'unique université de l'académie est l'université de Caen Basse-Normandie, toutefois son implantation ne se limite pas à la ville de Caen mais se généralise à l'ensemble de la Basse-Normandie, ayant des antennes dans 5 autres villes (voir section suivante).
Trois zones d'éducation prioritaires (ZEP) ont été définies sur la commune de Caen : une première dans le quartier du Chemin Vert, une deuxième à la Grâce de Dieu et une dernière à la Guérinière.
L'université de Caen, l'une des plus anciennes de France, créée en 1432 par Bedford pour le roi Henri VI d'Angleterre sur le modèle d'Oxford et de Cambridge, compte près de 25 000 étudiants répartis essentiellement sur les 5 campus de la ville. L'université multidisciplinaire dispose de 11 UFR, de 6 instituts, d'une école d'ingénieurs, de 2 IUP et de 5 antennes universitaires à Alençon, Cherbourg, Lisieux, Saint-Lô et Vire.
L'école supérieure d'arts et médias de Caen a été fondée en 1795. Disséminés sur quatre sites différents, l'ensemble des ateliers doit être réuni dans un nouvel ensemble en cours de construction sur la Presqu'île portuaire.
Les grandes écoles sont aussi présentes à Caen avec :
La ville possède également un IUFM.
Par ailleurs l'université populaire de Caen organise des séminaires pour tous.
Dix-sept lycées existent actuellement à Caen, 9 sont publics, 8 sont privés :
Dix-sept collèges existent actuellement à Caen, 12 sont publics, 5 sont privés :
Caen dispose de 35 établissements publics d'enseignement primaire, auxquels il faut ajouter les 10 autres privés. Sur les 35 établissements publics, 28 sont à la fois école maternelle et élémentaire, 5 sont exclusivement des écoles maternelles et 2 sont exclusivement des écoles élémentaires ; le nombre d'écoles primaires à Caen s'élève ainsi à 63 : 33 écoles maternelles et 30 écoles élémentaires.
On dénombre à Caen sept infrastructures hospitalières (quatre publiques et trois privées), dont l'utilité ne se limite pas à la seule agglomération de Caen mais clairement à l'ensemble de la région Basse-Normandie.
Le centre hospitalier régional universitaire (CHRU de Caen) dispose de la plus grande capacité, avec 1 582 lits. Il emploie 5 948 salariés, dont 767 en personnel médical. Le CHRU de Caen est composée de quatre établissements situés au nord, à l'est et au sud de la ville :
Connu sous le nom de centre François-Baclesse, le Centre régional de lutte contre le cancer de Basse-Normandie est, comme tous les vingt autres centres régionaux de ce type en France, un établissement privé à but non lucratif et de caractère hospitalo-universitaire participant au service public hospitalier. Le centre François-Baclasse se situe donc sur le plateau de Côte de Nacre, et jouxte le CHU (Hôpital Côte de Nacre).
Ses missions sont le dépistage, l'examen, l'hospitalisation et le traitement des maladies, la surveillance prolongée des résultats thérapeutiques, la recherche sur l'étiologie, la prophylaxie et la thérapeutique du cancer, et les soins palliatifs, ce pour tous les Bas-Normands et la Basse-Normandie.
Le Bon-Sauveur est à l'origine une communauté religieuse non cloîtrée fondée au XVIIIe siècle à Vaucelles afin de prendre en charge « les filles et femmes débauchées » que la police arrêtait. Par la suite, elle commence à accueillir des femmes aliénées. Au XIXe siècle, les sœurs s'installent dans l'ancien couvent des Capucins. Sous l'impulsion de Pierre-François Jamet, l'hôpital psychiatrique entre dans une véritable démarche thérapeutique et se développe rapidement jusqu'à devenir le troisième établissement de France au début de la Troisième République. En 1836, il devient asile départemental, mais ce n'est qu'en 1975 que le Bon-Sauveur est doté du statut d'établissement public et prend le nom de Centre hospitalier spécialisé du Bon-Sauveur.
Il existe actuellement trois cliniques :
Caen dispose de deux centres de recherche d'importance nationale : le Grand accélérateur national d'ions lourds (GANIL) et le Centre d'imagerie cérébrale et de recherche en neurosciences (CYCERON).
Par ailleurs de nombreuses équipes de recherche travaillent dans les laboratoires de l'Université de Caen ou de l'ENSICAEN.
La pierre blonde, dont les carrières, aujourd'hui fermées, s'étendent sous la ville de Caen, fut très utilisée par les souverains normands notamment pour les grands bâtiments en Angleterre puis, plus tard, pour les premiers gratte-ciels de New York. Au XIXe siècle, 200 bateaux font la navette avec le port de Caen d'où partent 25 000 tonnes par an. La concurrence du béton, ajoutée à l'exploitation de plus en plus difficile des galeries, avait entraîné une cessation d'activité, la pierre de Saint-Maximin la remplaçant sur les bâtiments publics.
Sous l'impulsion de Jean-Marie Girault, la construction du Mémorial de Caen profite en 1986 d'une autorisation temporaire d'extraction. En mars 2004, la carrière de Cintheaux, fermée à fin du XIXe siècle, a été rouverte à la demande de la Ville de Caen pour fournir de la pierre de Caen aux grands chantiers de restauration alors entrepris.
Les anciennes carrières médiévales représentent un réseau de galeries souterraines de 200 à 300 hectares. Lors du débarquement de Normandie, les Caennais s'y réfugient entre juin et juillet 1944, jusqu'à 15000 à Mondeville, Fleury-sur-Orne, La Maladrerie et Vaucelles. Pour surveiller ses souterrains, Caen est une des rares villes françaises à être dotée, comme Paris, d'un service des carrières.
Caen dispose d'une équipe de football évoluant en Ligue 2 : le Stade Malherbe de Caen.
Fondé en 1913, le club adopte le statut professionnel en 1984. Depuis 1993, le club évolue au stade Michel-d'Ornano. En 1996, le club est champion de France de Division 2, le seul titre professionnel de son histoire. En 2004-2005, Caen est élu meilleur public de Ligue 1 par la Ligue de football professionnel, signe de la popularité du club dans la région.
Depuis août 2006, le club dispose de nouveaux locaux, modernes et fonctionnels, bâtis pour un coût de trois millions d'euros, qui abritent le siège du club et le centre de formation. Ce dernier a permis la formation de nombreux joueurs, parmi lesquels Franck Dumas, William Gallas, David Sommeil, Jérôme Rothen, Bernard Mendy, Grégory Tafforeau, Mathieu Bodmer, Anthony Deroin, Ronald Zubar ou encore Yoan Gouffran. Pour la saison 2009-2010, le Stade Malherbe évolue en Ligue 2, l'équipe réserve jouant en CFA.
Deux autres associations caennaises font évoluer deux équipes en ligue de Basse-Normandie : l'Association sportive PTT Caen et La Maladrerie Omni Sports, cette dernière ayant une troisième équipe engagée en division de district.
Les autres clubs de la ville évoluent en divisions de district avec une ou plusieurs équipes : l'Association sportive des Portugais de Caen, l'Association sports et loisirs du Chemin Vert, l'Avant garde caennaise, le Football club Sud-Ouest de Caen et La Butte Caen.
Caen dispose également d'une équipe de hockey sur glace évoluant en Division 1, les Drakkars, qui avait auparavant accédé à la Ligue Magnus de 2005 à 2008, et antérieurement de 1998 à 2001 (l'équipe était alors nommée les Léopards).
Depuis 2007, le Stade Caennais Rugby Club représente l'agglomération caennaise en Championnat de France de troisième division fédérale masculine.
Le rugby caennais est également représenté à haut niveau féminin par l'Ovalie Caennaise, le club de rugby à XV qui totalise 3 titres de championnes de France (sous le nom de Caen Rugby Club) et 4 de vice-championnes en 7 ans (de 1999 à 2005). Le club joue encore les tous premiers rôles en championnat et fournit nombre d'internationales à l'équipe de France.
Le Caen basket club, aujourd'hui Caen Basket Calvados, a connu des heures de gloire à la fin des années 1970, où il termina notamment deuxième de Nationale 1A en 1977 et 1979. En 2009-2010, le club évolue en Nationale 2, soit la quatrième division.
Caen a été 32 fois ville-étape du Tour de France :
Chaque année, le Tour de Normandie y fait étape.
D'autres courses ont été courues à Caen avant la Seconde Guerre mondiale :
La filière équestre a une importance particulière à Caen depuis le XVIIIe ‑ XIXe siècles. Une académie d'équitation y a été fondée en 1728 par Pierre des Brosses de La Guérinière, frère de François Robichon de La Guérinière. Il fait construire des manèges, des écuries et des logements pour des pensionnaires sur un vaste terrain au nord de l'église Saint-Martin. Agrandie en 1737, puis en 1766 suite à un incendie, l'école de dressage a été reconstruite par Gustave Auvray de 1863 à 1866. Sur un terrain de 87 ares, l'établissement était constitué d'un grand manège équipé de tribunes et de vestiaires, d'une écurie pouvant accueillir une quinzaine de chevaux de manège, de boxs pour 60 à 70 chevaux de selle ou d'attelage et de différents logements pour les employés (piqueurs, agent comptable, palefreniers et directeur). Cette académie était alors une des plus prestigieuses de France.
Ancien manège de l'académie d'équitation.Elle a été partiellement détruite pendant la bataille de Caen et la partie restante a été transformée en caserne de pompier, l'ancien manège servant de garage pour les voitures.
En 1818, le premier dépôt de remonte est créé à titre expérimental dans la caserne de la Visitation (actuel quartier Lorge) en vue d'acheter des chevaux directement auprès des propriétaires ou des éleveurs, de les élever et de les préparer au régime militaire.
Caen est également l'une des premières villes de France à avoir organisé des courses de trotteurs. La première, programmée par la Société d'agriculture et de commerce de Caen, a lieu le 26 août 1837. Un champ de course permanent, l'hippodrome de la Prairie, est créé en 1839. Afin de règlementer le code des courses au trot pour la France entière, est fondée à Caen la Société d'encouragement pour l'amélioration du cheval français de demi-sang (ancêtre de la Société d'encouragement à l'élevage du cheval français) le 21 octobre 1864. Plusieurs prix sont courus à l'hippodrome de Caen : Prix de la Ville de Caen, Prix Henri Ballière, Prix des Ducs de Normandie ou Saint-Léger des Trotteurs.
La ville a été choisie pour organiser les Jeux équestres mondiaux de 2014.
Unités militaires ayant été en garnison à Caen:
Services de mobilité locale :