Carhaix-Plouguer (Karaez-Plougêr en breton) est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.
Des fouilles archéologiques commencées au XVIIIe siècle et maintenant méthodiques depuis 1995 font apparaître de plus en plus de restes de bâtiments. De nombreux vestiges gallo-romains y ont été trouvés et ils ont intéressé en son temps Théophile Malo Corret de la Tour d'Auvergne.L'importance de l'agglomération a longtemps été mesurée par le réseau en étoile de voies antiques et le fait qu'un aqueduc, forcément coûteux et dont il reste plusieurs éléments a été construit pour capter l'eau d'une source située à 13 kilomètres.Les fouilles sur le site de l'hôpital ont révélé que les modèles architecturaux romains ont été importés et adaptés pour une petite ville disposant des bâtiments officiels (forum, thermes, temples) et des équipements habituels dans la romanité de l'époque, dont un quartier regroupant des artisans.Les historiens s'accordent sur le fait que Carhaix était, à l'époque gallo-romaine, (et peut-être avant) la ville de Vorgium, chef-lieu de la cité des Osismes, qui est mentionnée dans la Table de Peutinger.
Si la forêt de Paimpont, lorsqu'assimilée à Brocéliande est vue parfois comme un lieu légendaire des romans courtois, le dossier de Carhaix pour être vu comme un lieu arthurien est bien plus épais avec comme vedettes Arthur, Tristan et, pour ajouter à la gloire, Charlemagne. A la fin du XIème siècle, Eilhart d'Oberg écrit un roman, dont le héros est Tristan,en démarquant le Tristan de Béroul, mais une partie du récit n'est pas dans Béroul, dont il ne reste que des fragments.Le chevalier quitte la cour d'Arthur, alors qu'il se trouve déjà en Bretagne et chevauche 7 jours et 7 nuits. Il parvient à la ville de Karahès dans laquelle est assiégé Havelin ou Hovelin, roi du pays par le comte de Nantes, Riol. Hovelin refuse d'abord l'aide, mais son fils Kehenis (Kaherdin dans d'autres récits) le fait changer d'avis, si bien que Tristan provoque Riol en combat singulier. le vainc, mais il faut une seconde bataille avec le renfort des neveux de Hovelin pour obtenir la victoire totale. Kehenis offre alors à Tristan la main de sa soeur Isalde (Iseult aux Blanches mains, homonyme de la Reine Iseult la Blonde). Hovelin est une variante de Hoël, nom de plusieurs comtes de Cornouaille et de Bretagne.Ce qui retient l'attention, c'est que Béroul (manuscrit 217 de la Bibliothèque nationale de France, vers 3076) fait jurer le roi Marc, oncle et rival de Tristan, "par Saint Tresmor de Caharès". Saint Trémeur est le saint principal de Carhaix et l'épicentre de son culte est dans l'église Saint-Trémeur. C'est un fort argument pour l'assimilation.Est-ce un hasard si Conomor, comte de Poher et roi de Domnonée au VIe siècle, meurtrier de son fils Trémeur, a été rapproché d'un Marcus Quonomorus, prénom et gentilice, peut-être communs au roi Marc et à son neveu Tristan.. Dans les hagiographies de certains saints bretons (Vie de saint Gildas, Vie de saint Méloire, par exemple), on trouve la forme Comorrus pour un souverain local de la Domnonée), régnant aussi en Cornouailles britannique.Le Tristan en prose précise que Tristan qui revenu est à Karahèse en Bretaingne avec le roi Hoel et fu frere Kehedin et Yseult femme Tristan, qui moult firent à Tristan grant fete et grant joye, et tous ceux du paîs aussi, quant il fu revenu à Karahes (BNF. manuscrit 103).Sans mentionner Karahes, Thomas d'Angleterre conte le mariage de Tristan et Iseult aux Blanches Mains et sa mort dans laquelle Iseult la Blonde vient le rejoindre.Un autre suiveur de Thomas d'Angleterre, Gottfried von Straßburg, conte le siège de Karke dans duché nommé Arundel, avec Tristan, Javelin, Kaedin et sa soeur Isot et l'un des ennemis s'appelle Rigolin (Riol?).Certains textes du cycle de Tristan, comme la saga en norrois de 1226 intitulée Tristrams saga ok Isondar, s'inspirent du texte fondateur de la légende arthurienne, l'Historia Regum Britanniae, alors que Le Livre des Premiers faits du Roi Arthur (daté de la première moitié du XIIIème siècle) mentionne la ville de Carohaise, Karouaise ou Carouhaise où Arthur rencontre la fille d'un comte de Canparcorentin, ce qui désigne, à coup sûr, Quimper, dont l'évêque légendaire est Saint Corentin, à seulement 60 km de Carhaix et qui, plus est la capitale du comté de Cornouaille, dont fait partie Carhaix depuis le Modèle:Xème siècle.Le Roman d'Aiquin, daté de la fin du Modèle:XIIème siècle, mentionne Carahes (et aussi Charhès, Carhès et Quarahes) où s'est réfugié, quelque temps, le roi sarrazin Aiquin, voyant arriver Charlemagne et une immense armée. Charles passe du Mont-Saint-Michel à Saint-Malo, puis prend le "grand chemin ferré que fist la famme Ohès le veil barbé". Ce chemin ferré ressemble fort à la voie romaine de Corseul à Aquilonia (Quimper), donc menant à Carhaix, le grand noeud routier gallo-romain. Poursuivant Aiquin, Charlemagne le retrouve près de l'ermitage de saint Corentin (Plomodiern ou Quimper), ce qui confirme que la Cornouaille et ses deux grands centres sont bien le théâtre du récit. Les noms Ohès, Ahès, Hoël induisent des rapprochement intéressants. Les noms de certains ennemis Riol, Rion, Rigol, Riothem (Historia Regum Britanniae) sont aussi très proches.Des influences entre le roman de chevalerie et les écrits tristaniens sont indéniables, car dans le Tristan en prose, on trouve Alquin, Aquyn et même Aiquin, comme neveu de l'ennemi d'Hoël.Après tamisage, Goulven Péron, dans l'article cité datant de 2010, avance prudemment l'hypothèse d'une bataille à une époque indéterminée entre un héros local contre un ennemi inconnu dans ou devant la ville fortifiée de Carahès/Carhaix et le vainqueur, qui ne s'appelait, sans doute, ni Tristan, ni Arthur, ni Charlemagne. aurait alors reçu la main de la fille d'un petit souverain qui s'appelait peut-être Hoël.
Le Poher est le Pou-Kaer, le pays de la Cité et la région dont Carhaix dit être toujours la capitale, comme le montre le nom de la communauté de communes, dont elle est le chef-lieu : la Communauté de communes du Poher. Kaer est un terme commun aux llangues celtiques britonniques, qui désigne un lieu fortifié.Louis le Pieux serait venu à Carhaix, selon quelques historiens. L'identification du lieu Corophesium, mentionné uniquement dans les Annales de Lausanne'', fait débat (Carhaix ou Coray?) pour un des lieux de la guerre menée contre le roi breton Morman. Il se peut que Corophesium ne représente ni l'un, ni l'autre, mais corresponde, comme l'indique Léon Fleuriot dans son livre "Les Origines de la Bretagne" (1987), à une erreur du scribe. Bernard Tanguy soutient l'hypothèse d'une évolution du latin quadruvium (carrefour) vers *Karofensis qui est proche de Karofes, une des formes anciennes de Charroux (Vienne).. Au milieu du Moyen Âge, Carhaix n'était qu'une trêve de Plouguer (Plou-Kaer = la paroisse de la Cité ou du château) ayant son église tréviale Saint-Trémeur. Plouguer, dont l'église est dédiée à saint Pierre, est le siège de la paroisse primitive qui tire son nom du site anciennement fortifié qu'elle englobe. Devenue communes à la Révolution française, Carhaix et Plouguer ont fusionné en 1956 et ont pris le nom de Carhaix-Plouguer.Un acte antérieur à 1108 mentionne, la fondation, "près du château de Carhaix", d'un prieuré Saint-Nicolas, remis par le vicomte du Poher à abbaye de Redon.Il ne reste pas de traces, autres que celles des archives, pour le château de Carhaix, mais la muraille médiévale est clairement attestée.
La ville est connue pour des faits liés à la Révolte des Bonnets Rouges en 1675.
Elle fut chef-lieu de district de 1790 à 1795.
Dans une charte signée du comte de Cornouaille, Hoël, pour faire don d'une villa située près de Caer Ahes, dans laquelle se trouve l'église de sanctus Kigavus (saint Quijeau), on trouve la forme la plus ancienne du nom de Carhaix, proche et contemporaine de celles mentionnées dans les romans médiévaux. La charte est nécessairement antérieure à la mort d'Hoël (1084). Saint-Quijeau est une ancienne paroisse rattachée à celle de Carhaix au XIIIème siècle.Le nom breton est Karaez (orthographié Carahes au XIème siècle dans une charte du comte Hoël, basé sur le préfixe « Kaer » qui signifie « lieu fortifié »). Carhaix est certainement la ville qui se cache derrière le Carahes des textes médiévaux.A l'époque de La Tour d'Auvergne et au 19e siècle, on imaginait reconnaître dans Kaer Ahès, le nom, Ahès, de la légendaire fille de Gradlon qui aurait entraîné Ys dans sa perte. Les grands chemins menant à Carhaix ont donc été souvent appelés "chemins d'Ohès" ou "chemins d'Ahès" (Bernard Tanguy). Ohès comme Ahès sont proches du nom Hoël. Bernard Tanguy rapproche Karaes de Carofes, attesté en bas-latin pour le nom de la Cité des Diablintes et pour Charroux (Vienne). Ce serait alors un ancien *Carofum/*Carofensis (évolution de quadruvium en carruvium), inscrivant Carhaix dans sa fonction de carrefour routier. Pour lui, le Corophesium où se rend Louis le Pieux en 818 est une cacographie de Carophesium. D'ailleurs, l'association de Charlemagne avec Carhaix dans le Roman d'Aiquin, ne pourrait-elle avoir comme source l'expédition de son fils?Cette constance de la fonction de carrefour de Carhaix peut expliquer que, si la ville a été la capitale des Osismes, ceux-ci ne lui ont pas laissé leur nom le plus souvent en Gaule.
Pour les données chiffrées antérieures à 1956 il s'agit de la population des communes de Carhaix et Plouguer réunies.
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes
Carhaix - à l'époque Vorgium - était le chef-lieu du peuple gaulois des Osismes après la conquête romaine. On trouve de nombreux vestiges gallo-romains dans la ville.
Carhaix, de par sa position géographique en centre Bretagne, fut un nœud ferroviaire important. Le Réseau breton, créé à la fin du XIXe siècle, pour désenclaver la Bretagne centrale, était en effet constitué de cinq lignes disposées en étoile autour de Carhaix :
Le Réseau breton totalisait plus de 420 km de voies métriques (c’est-à-dire de voies dont la largeur était de 1 mètre, taille utilisée pour les lignes secondaires). Les dernières lignes à voie métrique ont été fermées en 1967. Aujourd'hui, on peut visiter la seule locomotive du Réseau breton qui est restée en région (n° E415) près de la Gare de Carhaix.
Il y a également depuis décembre 2007, une ligne de bus à la demande gratuite appelée "Hep le Bus", cette ligne couvre désormais Carhaix et les villes proches telles que Plounévézel, Saint-Hernin.
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