Caudry est une commune française, située dans le département du Nord (59) et la région Nord-Pas-de-Calais.
Caudry est située à 10,8 km du Cateau-Cambrésis, 14,9 km de Cambrai, 67,7 km de Arras et à 85 km de Lille.
Caudry est située immédiatement au sud de la route départementale 643 (anciennement route nationale 39, puis route nationale 43) qui relie Cambrai à l'ouest à Charleville-Mézières à l'est.
Caudry est sur la ligne des TER Nord-Pas-de-Calais n° 22 et TER Picardie n° 3 (Lille - Douai - Cambrai - Saint-Quentin - Laon - Reims) et des trains intercités Cambrai - Paris. Elle est desservie par des trains directs à destination de Cambrai, Lille, Paris, Reims et Chauny.
La ville était autrefois au centre du réseau local de la Société des Chemins de fer du Cambrésis qui reliait Cambrai, Denain et Saint-Quentin.
Les origines de la ville demeurent assez imprécises. On peut toutefois se risquer (si l'on en juge par le résultat des fouilles archéologiques effectuées en 1997) à les fixer au premier siècle de notre ère.
La tradition rapporte que Maxellende, la fille du seigneur de Caudry, fut poignardée le 13 novembre 670 par Harduin d'Amerval dont elle avait repoussé les propositions de mariage. Devenu aveugle, Harduin aurait recouvert la vue au cours d'une translation solennelle de la dépouille de sa victime. Depuis cette guérison, Maxellende est la patronne des Caudrésiens et des mal-voyants.
Audancourt ou Audencourt, commune rattachée à Caudry en 1964, était l'une des 12 pairies du Cambrésis.
En l'an 1007, Almaric, sire de Caudry, est contraint sur l'ordre d'Henri de Bavière, futur Empereur du Saint Empire romain germanique, à renoncer à ses droits sur le comté du Cambrésis, en faveur de l'évêque Erluin de Cambrai. Dès lors, le territoire de Caudry se retrouve divisé en deux sections :
Si Caudry n'a pas la notoriété historique de ses célèbres voisines, Cambrai et Le Cateau, elle fut néanmoins associée à leur destin, aux combats et exactions que les armées étrangères perpétrèrent dans notre région. Les troupes de Louis XI campèrent à Caudry en 1477, celles de Henri II en 1553, et celles de Louis XIV en 1677. Le 26 avril 1794, l'armée de la Convention engagea même sur le territoire de la commune un combat si meurtrier qu'un ravin fut surnommé le riot des morts.
Musée de la dentelleC'est en catimini que Placide Gabet installa, en 1826, le premier métier de tulle à Caudry et, en 1838, que Théophile Tofflin commença la fabrication du tulle fantaisie, établissant ainsi les premiers éléments de la prospérité caudrésienne. En 1913, plusieurs milliers d'ouvriers travaillaient sur 650 métiers à tulle. De 1926 habitants en 1804, Caudry passa à une population de 13360 en 1911 et devient une véritable ville où se juxtaposaient corons ouvriers, maisons de maître et ateliers textiles. Aujourd'hui, un musée de la dentelle, installé dans un ancien atelier du centre-ville, retrace l'histoire de l'industrie dentellière du XIXe siècle à aujourd'hui.
Durant la Première Guerre mondiale, la mairie servit de Kommandantur à l'armée d'occupation. Elle fut endommagée par des éclats d'obus tirés par un char allemand le 18 mai 1940.
En 1920, le conseil municipal décida d'élever un monument à la mémoire des 445 caudrésiens ayant sacrifié leur vie pour la patrie lors de la Première Guerre mondiale. Œuvre du statuaire Paul Theunissen, le monument aux morts représente l'Humanité reconnaissante qui reçoit dans son bras gauche un poilu expirant. Elle lui montre le rameau d'olivier, symbole de la Paix, que le héros a conquis par le sacrifice de sa vie. Derrière, l'Humanité nouvelle, sous les traits d'une jeune fille, tressé d'une couronne de fleurs en hommage aux poilus. Sur les faces latérales du monument sont représentés quatre bas-reliefs en bronze évoquant le poilu dans sa tranchée pensant à Caudry, l'évacuation en octobre 1918 par la rue de Valenciennes, la délivrance de la cité par la 37e division anglaise le 10 octobre 1918 et la visite aux tombes. Le monument fut inauguré le 1er octobre 1922.
Si la dentelle demeure le fondement du tissu industriel local avec 12 dentelliers qui exportent plus de 80% d'un produit raffiné, l'essor économique repose désormais sur la diversification des activités. Ainsi, depuis le début des années 70, des secteurs tels que l'agroalimentaire, les cosmétiques ou encore l'imprimerie se sont implantés sur la zone industrielle de plus de 100 hectares, qui accueille une trentaines d'entreprises employant 1500 personnes.
Par ailleurs, une zone artisanale et commerciale créée récemment contribue au développement économique de la ville.
Caudry ville verte (deux étoiles au label des villes et villages fleuris), vivante et culturelle a su garder au fil des siècles son folklore local (dont un patois qui n'est plus parlé aujourd'hui).
Les nouvelles structures (Norme HQE du lycée Jacquard) et la rénovation du centre ville contribuent à moderniser la cité.
La ville appartient aussi à la Communauté de communes du Caudrésis - Catésis, elle-même membre du Syndicat Mixte du Pays de Cambrésis, ainsi qu'aux structures intercommunales suivantes:
Le maire actuel de Caudry est Guy Bricout, élu pour un premier mandat le 18 juin 1995 et réélu le 11 mars 2001 avec 72,57 % des voix. Il est également suppléant de M. François-Xavier Villain, député de la dix-huitième circonscription du Nord et maire de Cambrai.
La ville de Caudry est jumelée avec Wedel, une commune allemande. Des échanges sont régulièrement organisés entre les deux villes.
En juillet 1964, une équipe de bénévoles de l'Amicale laïque de Caudry placée sous la direction de Pierre Bazin accueille le Jugendmusikkorps de Wedel. Des liens d'amitié se nouent entre les deux villes et les échanges s'intensifient. Le jumelage est officialisé à Wedel le 8 juin 1985 et à Caudry le 25 octobre 1986. Depuis, un comité assure la pérennité des relations entre Wedel et Caudry. Caudry est situé dans l'arrondissement de Cambrai et le canton de Clary.
L'évolution du nombre d'habitants depuis 1793 est connue à travers les recensements de la population effectués à Caudry depuis cette date :
Évolution démographique
Caudry respecte l'environnement dans ces aménagements ; En particulier, le Lycée Jacquard est l'un des premiers de France (le second après celui de Calais, à avoir intégré l'approche HQE, avec des toitures végétalisées, des matériaux sains, une climatisation par puits canadien, puits de lumière, récupération ou filtration/épuration des eaux pluviales.. et des repas bio, etc. ).
Le temple fut construit sur un terrain acheté par la ville en janvier 1892 à monsieur Fidèle Plé rue de la Paix. La première pierre fut posée le 25 avril 1892 et le conseil municipal approuve le procès-verbal de réception définitive des travaux le 25 avril 1894. Malgré l'incendie de la chaire et de l'estrade par des pyromanes dans la nuit du 21 au 22 janvier 1992, de nombreuses transformations se succédèrent pour arriver au décor actuel intérieur et extérieur. La salle de réunion derrière le temple porte le nom de Samuel Cornier, pasteur à Caudry de 1924 jusqu'à son décès en 1943. Bien au-delà d'un simple ministère religieux, ce père de neuf enfants s'est donné totalement au service des caudrésiens pour la culture, l'action sociale pour la paix, le soutien aux victimes de la guerre et dans la solidarité envers ses amis résistants.
Caudry possède un souterrain creusé dans la craie. Il fut destiné à abriter la population. Resté ignoré jusqu'en 1847, il fut rendu accessible et restauré par Jean-Adolphe Prioux. Ce souterrain, dont l'entrée se situait dans le cimetière qui entourait l'ancienne église bâtie sur la place actuelle, avait trois directions : l'une vers la rue de la paix, une autre vers la rue Aristide Briand, la troisième vers la rue Salengro. La partie du souterrain sous la rue de la Paix comportait 14 chambres de part et d'autre d'une galerie principale située à 13 mètres de profondeur sur une longueur de 74 mètres. Cette galerie était large de 1,40 mètre et haute de 2,10 mètres. Sur la paroi de l'une des chambres était gravée la date 1640. La partie se dirigeant vers la rue Salengro était, en 1847, effondrée et remplie de remblais. Enfin, la galerie ascendante (vers la rue Aristide Briand) se terminait à 2 mètres du clocher de l'ancienne église. En 1916-1917, des affaissements de terrain sur la place ont permis aux allemands de redécouvrir une grande partie du souterrain qui fut déblayé et étayé. Le tout fut utilisé comme dépôt de munitions. Lors de leur retraite en 1918, les allemands firent sauter l'entrée et une partie la cavité qui conservera encore longtemps son mystère.
D'autres espaces souterrains existent sous la ville.
Un plan dressé en 1806 fait mention d'une carrière non exploitée rue de la République et indique l'existence d'une rue de la carrière (actuellement rue du général Leclerc)
Des chambres souterraines servaient en particulier à l'exploitation de la craie (à noter qu'un fabricant de chaux, M. Delpierre, s'était installé à Caudry vers 1850. Le site fut exploité jusqu'au milieu du XXe siècle par M. Gabet rue des Fours Chaux).
En ce qui concerne Audencourt, laissons la parole à l'abbé Duthoit : « On trouve de la marne au chemin de la Ramette... On y exploitait autrefois le moellon pour la fabrication de la chaud. De là, l'existence de deux fours à chaux de part et d'autre de la route d'Audencourt à Montigny... On dit que le pays serait truffé de souterrains. On prétend qu'un chemin souterrain permettait d'aller du village d'Audencourt jusqu'au bois et au château de Clermont. »
La paroisse de Caudry est mentionnée dès 1181. L'église de la paroisse est la basilique Sainte Maxellende, dont la construction résulta de la prodigieuse poussée démographique qui suivit l'implantation des industries textiles dans la seconde moitié du XIXe siècle.
On fit appel à Louis Cordonnier, un architecte de renom qui a laissé à Lille l’église du Sacré Cœur et le Palais de la Paix de la Haye etc.
Le 14 août 1887 est posée la première pierre et le 7 avril 1890 a lieu la consécration de l'édifice, l'église fut élevée au rang de basilique mineure par un bref pontifical en date du 3 septembre 1991.
Entrée de la basilique Sainte-MaxellendeElle mesure 72 mètres de longueur totale et 36 mètres de largeur au transept. Le clocher culmine à 75 mètres. Il comporte un carillon de 3 cloches :
Ces cloches bénies en 1920 et 1922 remplacent celles emportées par les allemands en 1918. Dans la tribune, au-dessus de l'entrée, est installé le grand orgue construit en 1913 par Charles Mutin de la maison Cavaillé-Coll.
À l'intérieur, la grande nef culmine à 20 mètres de haut sous la clef de voûte et les deux bas-côtés à 8 mètres. Le transept se termine par deux chapelles, celle de gauche dédiée à Notre-Dame du Rosaire, celle de droite à sainte-Maxellende avec la châsse de la sainte. Il est éclairé par deux rosaces comportant chacune 4600 pièces de verre posées vers 1921.