Charleville-Mézières est une commune française située dans le département des Ardennes et la région Champagne-Ardenne.
Avant la fusion des deux communes principales en 1966, les gentilés respectifs étaient Carolopolitains pour Charleville et Macériens pour Mézières. Ses habitants sont appelés les Carolomacériens.
Charleville-Mézières est traversée par la Meuse, qui forme une multitude de méandres séparant Charleville de Mézières. La vallée dans laquelle s'est développée l'agglomération est sujette aux inondations, comme en décembre 1993 et en janvier 1995.
Charleville-Mézières a aussi la particularité de se situer à la limite entre le bassin parisien au sud et le massif ardennais au nord, avec le mont Olympe (196 m) dominant la ville. La superficie de Charleville-Mézières s'élève à 3144 hectares et l'altitude de la ville est de 150 m à la préfecture.
La ville est située au nord du département des Ardennes, à 87 km au nord-est de Reims ou 239 km de Paris, à 130 km à l'ouest de Luxembourg, et à 90 km au sud de Charleroi ou 150 km de Bruxelles en Belgique.
Depuis Paris il faut prendre l'autoroute A4 direction Reims/Strasbourg puis, de Reims, prendre l'autoroute A34, ce dernier tronçon de 80 km étant gratuit ; il forme la partie sud du Y ardennais vers Bruxelles / Amsterdam (branche ouest) et Liège / Cologne (branche est). Lille, (puis Arras et Calais), est à 2 heures de voiture, ainsi que Metz (puis Strasbourg).
Le TGV Est, avec un raccord à Reims, met Charleville-Mézières à 1 heure 35’ de Paris depuis juin 2007. Deux allers-retours avec la capitale sont proposés. Une ligne existe vers Givet et la Belgique, mais elle n'est plus utilisée après la frontière : la ligne y est simplement entretenue (TER puis bus). Quant aux liaisons vers le Nord et la Lorraine, elles se font grâce aux TER.
Le climat y est de type océanique à influence continentale, avec des hivers relativements froids, des étés relativements chauds, et des précipitations bien réparties toute l'année.
Attention, ce ne sont pas des données sur une période de 30 ans (1961-1990 est la référence prise pour le réchauffement climatique) mais l'année 2006.
Originellement, les Romains avaient construit, sur la voie romaine reliant Reims (Durocortorum) à Cologne (Colonia Agrippinensium), sur une colline dans une boucle de la Meuse, la cité de Castrice (Castricum).Le traité de Verdun de 843, qui consacre la partition de l'Empire de Charlemagne, a fixé la Meuse comme frontière entre la Francie occidentale (qui deviendra la France) et la Francie médiane. La Francie médiane est rapidement divisée en plusieurs parties, notamment la Lotharingie au nord. Le comté de Castrice est en Lotharingie.
Fortifications de MézièresMézières quant à elle aurait été fondée en 899. L'étymologie du nom Mézières vient du latin Maceriae dont la signification peut être ruines ou fortifications.
Castrice fut détruite par le feu au Xe siècle ; Erlebade, comte de Castrice, fit reconstruire à proximité une citadelle, sur le site de Maceria. Les remparts construits alors puis modernisés sont conservés sur presque un tiers de leur longueur d'origine. Il en reste la porte de Bourgogne, la tour du Roy et la tour Millard. La citadelle de « Mézières » et sa ville se trouvent sur la rive gauche de la Meuse, et dépendent donc des rois de France.
Une chapelle dédiée à Notre-Dame est construite de 1499 à 1611 et, en novembre 1571, y est célébré le mariage de Charles IX et d'Élisabeth d'Autriche. L'édifice deviendra basilique en 1946. Des restaurations furent entreprises ensuite avec notamment des vitraux de René Dürrbach, collaborateur de Pablo Picasso.En 1521, Bayard défend la ville de Mézières contre les troupes impériales de Charles-Quint.
L'existence de la petite cité d'Arches est bien antérieure à celle de la ville de Charleville, et même celle de Mézières: la localité est peuplée à partir de l'époque gallo-romaine, mais surtout au début de la dynastie carolingienne (avant 800). Les historiens se divisent quant à l'origine du nom Arches: pour certains, l'existence d'un pont muni de plusieurs arches qui rejoignait la rive de l'actuel Mont-Olympe pourrait l'expliquer. Arches se situait au nord-ouest de l'actuelle Place Ducale, à l'emplacement des rues Jean Baptiste Clément, Noël, Condé, Baron-Quinart, Daga, de l'Orme, d'Euskirchen (construite sur l'ancienne cour de Neuville) et la place de Condé.
Le 6 mai 1606, le jour même de ses 26 ans, Charles de Gonzague (1580-1637), duc de Nevers et de Rethel (Charles III)), décide la création de Charleville pour en faire la capitale de sa nouvelle principauté souveraine d'Arches, appuyée sur son duché de Rethel et sur l'antique comté de Castrice.
Le lieu choisi est situé à environ 45 km au nord de l'ancienne capitale Rethel, dans un double méandre de la Meuse. La citadelle de Mézières occupe déjà l'accès à la boucle la plus au sud, en rive gauche. La cité de Charleville va se trouver un peu plus au nord dans le méandre suivant, à côté du hameau d'Arches ; une forteresse située au nord et en regard de Charleville, à l'emplacement même de l'ancienne Castrice, dans la deuxième boucle, en assurera la défense.
L'intérêt de l'emplacement de la nouvelle cité est qu'elle se trouve sur le territoire de l'ancien comté de Castrice, dépendant du Saint-Empire romain germanique, et donc libéré des règles économiques du royaume de France. Or, l'activité de Mézières est asphyxiée par le statut de ville de garnison et par la contrainte de commercer avec le royaume. Les négociants de Mézières qui s'installeront à Charleville auront toute latitude pour commercer avec les villes au nord telles que Dinant, Charleroi, Namur et Liège, et surtout ne seront pas soumis à la gabelle. La nouvelle cité ducale est ainsi destinée à rivaliser avec Sedan, autre capitale princière mais devenue fief protestant.
Charles de Gonzague fait appel à l'architecte Clément II Métezeau, frère du célèbre Louis Métezeau, architecte de la place Royale (place des Vosges) à Paris. Les travaux commencent d'ailleurs par la Place Ducale, très apparentée à la place des Vosges. Près de 35 ans seront nécessaires pour en faire une ville digne de ce nom.La cité neuve, élevée selon un plan en damier dit plan hippodamien, construite en ardoises bleues, pierres de taille ocres, briques rouges, devient très vite le nouveau centre économique de l'Ardenne. Ces trois couleurs se retrouvent sur l'étendard de la ville (bleu, jaune, rouge).
Article détaillé : Principauté d'Arches.En 1608, Charles III déclare Charles-ville capitale de sa principauté souveraine d'Arches, et cité monacale, ce qui va lui permettre d'étendre son influence dans le nord de l'Europe, à deux pas de deux régions riches, la Flandre et la Hollande.En 1611, Charles III acquiert, des princes de Conti, le mont Castelet c'est-à-dire la colline qui fait face à Charleville et où se situait la cité gallo-romaine de Castrice. Il la renomme Mont Olympe et elle sera, dans un premier temps, le symbole de la cité et de la principauté. Elle deviendra ultérieurement, après la destruction de la citadelle en 1686 en même temps que les fortifications de la cité, le village de Montcy-Saint-Pierre, aujourd'hui intégré à la ville.
Un nombre important d'édifices consacrés et de constructions civiles vont voir le jour :
La manufacture d'armes est fondée en 1667.
Le tsar Pierre le Grand, lors de son tour d'Europe, est passé par Charleville.
En 1748 sur proposition de Nicolas de Chastillon, commandant de la citadelle de Charleville, au comte d'Argenson, secrétaire d'Etat à la Guerre, l’École royale du génie de Mézières est créée : cet établissement, essentiellement destiné aux jeunes aristocrates, formera l'essentiel des ingénieurs militaires jusqu'au Premier Empire.
Les massacres de septembre font une victime à Charleville : le commandant de la place est tué le 4 septembre 1792 par les volontaires du 3e bataillon de Seine-et-Oise, sur l’accusation de trahison.
La ville s'est surtout développée aux XIXe siècle et XXe siècle grâce à l'industrie métallurgique (nombreuses petites usines et ateliers) ; les noms les plus connus étant certainement Clément-Bayard (charpente des Ateliers Eiffel, à Mézières), Etablissements Deville (Charleville) et plus récemment Citroën.
La ville a souffert lors de chaque conflit. En 1870, elle a été le théâtre proche de la chute du Second Empire à Sedan. En 1914-1918 elle a abrité le quartier général du Kronprinz (prince héritier allemand) et a dû subir des bombardements notamment place de l'Hôtel-de-Ville à Mézières où la mairie et l'hôpital ont été détruits (le nouvel hôtel de ville a été inauguré en 1933 par le président de la République Albert Lebrun, dont l'épouse était originaire de Mézières, en style Art déco, et le nouvel hôpital s'est appelé Manchester en hommage à la ville britannique qui participa à sa construction, le lord maire de la ville avait d'ailleurs aussi participé à son inauguration la même année. Enfin, en 1939-1945 la ville étant presque vidée de ses habitants dès le début du conflit (ordre d'évacuation oblige), le quartier de la place de Nevers a brûlé pendant plusieurs jours sans que les pompiers interviennent (il en est de même de la synagogue du XVIIIe siècle "bombardée").
À chaque conflit mondial, la ville et sa région étaient déclarées "zone de peuplement" (1er conflit), littéralement colonie, ou "zone interdite" (2e conflit), ce qui ne facilita pas le ravitaillement et la circulation des biens et des personnes. Les Ardennes ont été, avec le Bas-Rhin, le seul département de France à appliquer l'ordre d'évacuation (chaque commune du département avait un "jumelage" avec une commune des Deux-Sèvres), durant laquelle le train transportant la plupart des archives départementales a été bombardé.
Ce tableau présente l'évolution démographique de la ville de Charleville-Mézières. Il faut toutefois prendre en compte le fait que jusqu'en 1966, les chiffres présentés ne concernent que la ville de Charleville, puis après 1966, les villes de Charleville et Mézières alors réunies (ainsi que les trois autres communes incorporées).
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes
La commune de Charleville-Mézières a été créée en 1966 par regroupement de cinq communes qui formaient une même agglomération : Charleville, Étion, Mézières (chef-lieu du département), Mohon et Montcy-Saint-Pierre. Une autre commune, Le Theux, avait déjà été rattachée à Mézières en 1965.
Depuis le 1er janvier 2005, la communauté d’agglomération de Charleville-Mézières est lancée. Elle regroupe le chef-lieu et sept communes voisines pour un ensemble de plus de 75 000 habitants. Disposant de compétences propres et d’une autonomie budgétaire, la communauté d'agglomération a pour but le développement économique du bassin de vie et une plus grande cohérence dans l’aménagement du territoire. Le président de la communauté d’agglomération a été élu le 8 janvier de la même année par le conseil communautaire de cette nouvelle collectivité territoriale.
Charleville-Mézières est divisée en cinq cantons, mais n'est le chef-lieu que de quatre d'entre eux :
La cinquième partie de Charleville-Mézières appartient au canton de Villers-Semeuse.
Charleville-Mézières dispose d'un réseau de bus urbains TAC de sept lignes desservant l'ensemble de la ville et une grande partie des communes limitrophes.
Charleville-Mézières est le siège de l'Agence nationale des titres sécurisés.
La ville possède une antenne de la Chambre de commerce et d'industrie des Ardennes qui gère l'aérodrome de la ville (à Belval).
Parmi les autres personnalités liées à Charleville-Mézières, on peut citer :
La ville dispose de 23 écoles primaires, 12 groupes scolaires (maternelle et primaire confondues), ainsi que de 3 écoles privées (maternelles et primaire confondues).
En ce qui concerne les collèges, ils sont au nombre de 8 pour les collèges publics et de 2 pour les collèges privés.
Charleville-Mézières compte plusieurs lycées :
Pendant la première guerre mondiale, les bâtiments ont été utilisés à des fins d’infirmerie et de prison par les troupes d’occupation. Pendant toute la durée de la seconde guerre mondiale le lycée a été occupé par les soldats allemands, puis par les prisonniers français. La moyenne de réussite au bac en 2006 toutes sections confondues s'élève à 91,6%.
L'Institut international de la marionnette est également très important. Il est situé derrière le musée de l'Ardenne, place Winston Churchill. C'est dans la capitale mondiale de la marionnette qu'est Charleville-Mézières, que cet institut créé en 1981 accueille chaque année à travers son Ecole Supérieure Nationale des Arts de la Marionnette des élèves venus du monde entier afin de les former au diplôme des Métiers des Arts de la Marionnette. Festival en 2009.
Charleville-Mézières dispose également d'une antenne IUFM, d'un Centre régional pour l'innovation et le transfert de technologie (CRITT), d'un IUT et d'un institut de formation technique supérieure (IFTS).
Charleville-Mézières dispose d'une équipe de basket dynamique : l'Étoile de Charleville-Mézières, équipe de PRO B; celle-ci atteint les play-off lors de la saison 2008-2009. Il y a également une équipe féminine : Les Flammes Carolos qui évoluent depuis 2006 en Nationale 1 féminine et tiennent les premiers rôles de ce championnat depuis sa montée dansl'antichambre de l'élite du basket féminin national.
En football le Olympique football club de Charleville eut aussi son heure de gloire: elle atteint en 1936 la finale de la Coupe de France alors qu'elle évoluait en division 2. Elle fut battue par le RC Paris sur le score de 1-0. L'Olympique était encore en division 2 dans les années 90, avant d'être rétrogradé en National. Après sa liquidation judiciaire,un nouveau club fut fondé, portant le même nom; il évolue en Division d'honneur lors de la saison 2008-09.
Charleville-Mézières compte aussi 2 équipes en tennis de table,la première est en nationale 2 qui est le fruit d'une entente entre Charleville-Mézières et Sedan, et la seconde équipe évolue en nationale 3 ; évoluant au niveau national issu du CMATT (Charleville-Mézières Ardennes Tennis de Table).
La ville compte plusieurs piscines dont le centre aquatique du Mont-Olympe. Charleville fut élue ville la plus sportive de France par le journal L'Équipe en 2004.
Depuis 2001, la ville accueille le critérium international.
Charleville est jumelée avec de nombreuses villes comme par exemple Nevers dans la Nièvre et Mantoue en Italie, deux villes dont Charles Gonzague était duc.
Dans le cadre des activités culturelles sur le thème de Rimbaud, des liens forts ont été tissés avec Harar en Éthiopie.
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