Chelles est une commune française, située dans le département de Seine-et-Marne et la région Île-de-France.
Les habitants sont appelés les Chellois.
Chelles est située à 18 km à l'est de Paris (Notre-Dame) et à 12 km de la Porte de Vincennes. Elle est la deuxième ville la plus peuplée du département de Seine-et-Marne, derrière Meaux. Son point culminant est situé au lieu-dit de la montagne de Chelles. Son fort est situé sur cette même montagne.
La partie Nord de la ville était couverte de marécages qui ont été asséchés et viabilisés pour permettre l'urbanisation. Au lieu dit, les cressonnières pour l'exploitation maraichère du cresson furent arrêtées dans les années 1974-1975. De nombreux rus et ruisseaux, dont le ru des « Pissottes », se situaient aussi dans le secteur nord de la ville. Ces rus se jetaient dans la rivière de Chelles qui allait elle-même se jeter dans la Marne ; tous ces petits cours d'eau furent busés pour des raison de salubrité, à l'instar de la rivière de Chelles et la rivière des Dames. Aussi le nom de la « rue des Sources » témoigne de l'abondance de sources souterraines dans certains secteurs de Chelles.
La Marne a laissé quelques traces dans la région de Chelles par l'un de ses affluents : le ru de Chantereine, appelé aussi le « ruisseau de Chelles », car il passait devant la ville. Avant sa canalisation, elle avait un débit variant de soixante-dix à cent cinquante litres par seconde. Le canal de Chelles a quant à lui une longueur de 2 810 mètres, s'étendant sur toute la commune.
C'est en 1849, que le premier tronçon Paris-Meaux fut inauguré. Avant, Chelles était relié à Paris par des voitures publiques, via Charonne-Montreuil-Rosny-Villemomble et Gagny. La gare de Chelles, d'abord construite en bois est réédifiée en pierre en 1857. En 1851, le train met seulement quelques minutes pour faire le trajet entre Paris et Chelles. En 1885, la gare devient « Chelles-Gournay ». En 1901, neuf cent personnes fréquentent quotidiennement la nouvelle gare « Chelles-Gournay », et en 1911, près de mille sept cent.
En 1865, le « canal de Chelles » est inauguré. Il facilite la navigation sur la Marne, notamment entre Vaires et Neuilly-sur-Marne.
En 1887, un nouveau moyen de transport reliant Chelles à Paris est inauguré : le tramway à traction mécanique. C'est la Compagnie des Chemins de fer nogentais qui exploite la ligne.
En 1928, est construit le centre de triage dénommé Vaires-Triage (car installé à cheval sur les communes de Chelles et de Vaires-sur-Marne), et le projet de la « Compagnie des chemins de fer de l'Est » est mis en place. Les travaux dureront jusqu'en 1933. De plus, la Société des transports en commun de la région parisienne, qui succède aux Nogentais, installe une ligne de tramways : « 113 » (Gournay-Château de Vincennes), qui deviendra en 1938, un autobus.
À l'intérieur de Chelles, deux services d'autobus privés relient la gare aux quartiers éloignés : « l'autobus des Coudreaux et l'autobus du Pin ».
Après la seconde guerre mondiale, la commune se préoccupe des transports entre le centre-ville et les quartiers périphériques. La « Société des transports urbains chellois » (TUC) exploite alors cinq lignes d'autobus, reliant la mairie à la gare du Chesnay, à la Noue-Brossard, aux Pissotes, à Bel-Air, à la Madeleine, aux Coudreaun au Rêve, à la Chantereine, la Villeneuve. En 1975, la municipalité inaugure la gratuité des transports pour certaines catégories de personnes (personnes âgées, chômeurs,...).
La commune est desservie par la gare de Chelles - Gournay, terminus d'une branche du RER E vers les gares Magenta (Gare du Nord) et Haussmann-Saint-Lazare, mais également par la ligne Transilien Paris-Meaux.
Le réseau de bus Apolo7 avec cinq lignes de bus dessert les différents quartiers de Chelles ainsi que les six autres communes du bassin (Vaires-sur-Marne, Brou-sur-Chantereine, Villevaudé, Le Pin, Courtry, Claye-Souilly).
Le réseau RATP dessert également la commune avec quatre lignes 113 211 213 312 ainsi que le noctilien Chelles-Paris Châtelet; également les réseaux TRA Veolia TRA 602 613 645, et CIF (ligne 13, ligne 10, ligne 19). Ce réseau transporte 12 000 voyageurs chaque jour.
La ville est située aux portes du pôle de Marne-la-Vallée et à 25 minutes de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. Les accès routiers principaux sont constitués par la Francilienne (Autoroute A104, qui mène aux autoroutes A4 et A1) et par la nationale N34 qui traverse le centre-ville et rejoint Vincennes.
Depuis le 15 avril 2009, l'allée des transports, qui est le nom donné à la nouvelle voirie réservée aux transports en commun, a été mis en service : elle accueille les terminus des lignes RATP 213 312 ainsi que l'arrêt Gare de Chelles-Gournay RER en direction de Mairie de Chelles / Chelles2 de la ligne RATP 113. Elle est aménagée en quais en dépose et de reprise des voyageurs et ce, au plus près des portes d'accès de la gare SNCF, pour faciliter la fluidité des échanges entre les différents modes de transport.
Depuis mars 2005, la commune propose des car-écoles, en partenariat avec l'Agence de développement et de promotion du covoiturage. Elle propose aux familles d'être conducteur pour emmener ou rechercher les enfants à l'école.
En 2006, ont débuté les travaux de reconstruction du bâtiment voyageurs de la gare de Chelles. Fin 2006, la ville a ouvert le bâtiment côté place Gasnier-Guy. Depuis le début de l'année 2007, le bâtiment voyageurs côté place du Grand-Jardin (gare routière) est ouvert. Cette nouvelle gare est traversée depuis le 10 juin 2007 par le TGV Est.
La galerie des transports, qui est la partie vitrée du nouveau bâtiment voyageurs de la gare SNCF de Chelles qui longe la nouvelle allée des transports et dont la fonction sera de permettre aux usagers d'effectuer leur correspondance train-bus dans des conditions optimum de confort car les usagers pourront surveiller l'arrivée de leur bus tout en restant abrités et en bénéficiant de commerces et services multiples, sera opérationnelle dans les semaines à venir, par rapport à l'allée des transports mise en service le 15 avril 2009.
Chelles compte 650 hectares d’espaces verts et naturels (superficie de la ville 1 630 ha), 160 000 plantations printanières et 190 000 plantations estivales par an.
En 2007, un parc de douze hectares sera aménagé en plein de la ville, offrant non seulement une vue panoramique mais aussi un espace de détente et de promenade.
La commune est une ville fleurie ayant obtenu deux fleurs au dernier concours national.
Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la croissance de la population oblige la commune à construire des logements. En 1962, la ville compte 8 860 logements, en 1968 11 190, en 1975 12 509,et en 1980 16 253, soit une augmentation de 75 %. En 1959, est créé l’« Office public municipal d'habitations à loyers modérés ». Il crée, de 1962 à 1980, plus de 1770 logements, dont la moitié du parc HLM de la ville. En 1965, Chelles détruit ses vieux quartiers, tandis que le « vieux-Chelles » est rénové par la construction de 2 230 logements modernes.
En 1999, le prix moyen de l'immobilier (à la vente) était de 2 761,44 € par m² et le prix moyen de l'immobilier (à la location) était de 12,7 € par m² et par mois.
La ville compte huit quartiers :
Les Arcades, Castermant, situés à l'est ; l’espace urbain est occupé par des logements, des équipements publics, des commerces, deux groupes scolaires et deux lycées, un grand complexe sportif, des studios de musique. Ce quartier est la cité ouvrière des Cheminots, créée en 1926 par la Compagnie des chemins de fer de l’est, car proche de la gare de triage (195 ha). La particularité du quartier tient dans son altitude de 50 m au lieu-dit « La Haute-Borne ».
Aulnoy (quartier le plus récent), Gambetta (Le plus ancien quartier, très actif dans les années 1900),Tournelles, Château Gaillard, situés au centre de la ville ; le secteur mélange un urbanisme « moderne » et le « Vieux Chelles » (l’ancienne mairie-école au style Troisième République et l’école privée Gasnier-Guy). Le Centre commercial Chelles 2 y a été implanté.
Centre-ville, gare, Abbesses, situés à l'ouest ; ils représentent le cœur de la commune, avec l’avenue de la Résistance, son artère principale, son marché, ses commerces, ses établissements et ses services publics. L’habitat pavillonnaire fait face aux ensembles collectifs récents. Non loin de la mairie, se trouve le parc du souvenir Émile-Fouchard, véritable poumon de la commune.
Chantereine, Madeleine, La Villeneuve, situés au nord-est ; le quartier, surnommé « quartier de Chantereine » est resté un village constitué de hameaux : Bois l’Evêque, Coudray, la Fontaine, Vallières, Vieux-Colombier...
Chelles sud, grande Prairie, Belle Ile, Bords de Marne, situés au sud ; ce quartier compte une vingtaine d’établissements et services publics. L'avenue du Maréchal-Foch (qui prolonge l'artère centrale qu'est l'avenue de la Résistance) offre de nombreux commerces, et une zone industrielle : « La Trentaine » (la plus ancienne à Chelles), située à la limite de Vaires-sur-Marne.
Les Coudreaux, situés au nord ; le quartier préalablement envahi par des bois, a été construit à partir des années 1900, puis durant « l’époque des lotissements à la campagne ». Quartier pavillonnaire par excellence, la plupart des rues porte le nom de savants renommés. Son artère principale a été baptisée « avenue des Sciences ». Le quartier possède un aérodrome de tourisme qui s’intègre au « croissant vert » (formé par les espaces naturels).
Monts-Chalats, colline du Fort, La tuilerie, situés au centre ; le quartier est pavillonnaire récent datant des années 1980. Au sommet de la « montagne de Chelles » (104 mètres), un ancien fort datant de 1878 surplombe la ville et ses alentours.
Noue-Brossard, Périchelles, Bel Air, Clos Roger, situés à l'ouest ; ce quartier a été totalement rénové dans les années 1960. Aujourd'hui encore, des lotissements se construisent, accompagnés par l’aménagement d’un grand complexe sportif (gymnase, piscine, stade), et chauffés par le réseau de géothermie. De plus, la ZAC du Plain - Champ est en pleine expansion.
En 580 Grégoire de Tours, historien, aurait utilisé le nom de « Cala » (désignant le mont Châlats) pour désigner le futur Chelles. Mais pour d’autres chercheurs, Chelles viendrait de Scala (mot latin signifiant « échelle », référence faite au rêve de Bathilde). Toujours est-il que ce nom a évolué avec le temps.
Vers 632, Chelles se nomme Kanlense, puis deux siècles plus tard, Calense et Calensis. Vers 811, apparaît le nom de Kala, puis, quarante ans plus tard, Cale. Le nom évolue en Kalas en 1026, en Chela et Cale, au siècle suivant. À la fin du XIIe siècle, apparaît Scalensis, qui évolue une trentaine d'années plus tard, en Cela, Scala ou Scalla et enfin Chiele en 1346. Ce n'est qu'à partir de 1388, que le nom actuel de la ville apparaît progressivement : Chielle, puis Chelles Sainte Bautour, en 1550, Chelles Sainte Bathilde en 1672 et Echelle Sainte Bandour en 1788. À partir de la Révolution de 1789, le nom actuel de Chelles est fixé.
Quelques vestiges préhistoriques (éponymes du Chelléen) attestent de la présence de l'homme en des temps très reculés sur le territoire de la commune ainsi que de ses environs. 300 000 ans avant Jésus-Christ, pendant la période paléolithique, les premiers habitants s'installent dans la ville, sans doute à cause du gibier et des fruits qui emplissent cette ancienne forêt, appelée alors Lauchonia sylva, mais aussi à cause d'une Marne poissonneuse et un climat tempéré. En effet, il a été découvert en 1874, des silex taillés, des bifaces, servant d'armes et d'outils. 4000 ans avant Jésus-Christ, pendant la période néolithique, un groupe d'humains vit sur l'emplacement actuel de la mairie. Des haches polies, des grattoirs en silex, des pointes de flèches sont retrouvés lors de ces recherches. Cette époque, en effet se caractérise par la poterie, le tissage, mais surtout l'élevage et l'agriculture.
En 1902, un ancien cimetière gaulois a été découvert au lieu-dit « La Chapelle de Souffrance ». On y a découvert des outils, des instruments, prouvant que ces humains pratiquaient l'élevage, cultivaient l'orge et le blé. Le commerce commença à s'étendre sur la Marne.
Des fouilles au début du XXIe siècle ont démontré l'existence de constructions romaines (au niveau de l'avenue de la Résistance, face à l'actuel parc du Souvenir) : des édifices publics ont été retrouvés (des thermes et un temple).
Au VIe siècle avant Jésus-Christ, la région fut tour à tour envahie par les Galls, par les Kymris, par les Belges, etc. et surtout par les Meldi et les Parisii, cités pour la première fois par Jules César dans Commentaires sur la Guerre des Gaules. Au IIe siècle, la romanisation culmine. Les hameaux et villages se multiplient. Chelles est alors une station principale avant d'atteindre les limites de la grande ville, la cité. Au début du Ve siècle, Chelles fait partie du dernier lambeau de pouvoir gallo-romain qui est contrôlé par Aetius, qui s’était violemment opposé à Attila, aux portes de Paris, en 451. En 2006, découverte d'un quai gaulois bâti entre le premier siècle avant J.-C. et le premier siècle après. Exceptionnellement bien conservé, il servait au chargement de marchandises sur des barques à fond plat circulant sur un bras de la Marne aujourd'hui disparu.
Au VIe siècle, le village devient une des villae royales de Clovis, roi des francs saliens et époux de Clothilde, qui créa l'église Saint-Georges. Chelles restera pendant longtemps dans le domaine de Neustrie (ou royaume de Paris) et la plus importante villa royale de l'Île-de-France. En 584, Chilpéric, petit-fils de Clovis et de Clothilde est assassiné à Chelles (l'emplacement est connu sous le nom de « pierre de Chilpéric », ou « Croix de Sainte-Bautheur » ou « borne de Chilpéric » dans le parc de la mairie). C'est à cette époque que saint Grégoire de Tours, évêque de Tours, parle pour la première fois de Chelles, dans son ouvrage Historiae Francorum (Histoire des Francs) et emploie le terme de Cala civitatis Parisiacae villae (la villa de Chelles), dans la cité de Paris. C'est à cette période que daterait la route de Meaux, qui franchissait le ru de Chantereine, et près duquel s'était établie une station gauloise, puis romaine.
Au milieu du VIIe siècle, la reine Bathilde, veuve de Clovis II, choisit Chelles pour se retirer du pouvoir après une régence de plusieurs années. Elle fonde en 656, une abbaye, supprimée en 1790. Elle fut enterrée dans la petite église de Sainte-Croix puis déposée sur le grand autel de l'abbaye de Chelles, et canonisée par Nicolas Ier. À la fin du VIIIe siècle, l'abbesse Gisèle, fille de Pépin le Bref et sœur de Charlemagne, fait construire un nouvel édifice et dote le monastère d'un scriptorium, où de nombreux ouvrages furent écrits par les religieuses. En 798, la ville devient un lieu de villégiature de Charlemagne et de ses enfants.
La ville bénéficie d’institutions communales à partir du règne de Louis le Gros.
Pendant la guerre de Cent Ans, la ville et l'abbaye sont pillées. La famine décime le territoire. Les religieuses fuient Chelles et se réfugient à Paris. À leur retour, elles obtiennent du roi Charles VI de faire fortifier la ville.
À partir du XIIIe siècle, l'essentiel du territoire de Chelles est sous la seigneurie des Dames, par l'acquisition en 1202, de la paroisse de Saint-André.
À deux reprises, en 1405 les Bourguignons et en 1411, les Armagnacs envahissent le territoire et obligent les religieuses à s'exiler. Agnès II de Neuville, abbesse, présente alors une requête au roi, demandant la fortification de Chelles. En 1411, Charles VI autorise à entourer la ville de fossés, de murs et de portes. Mais en 1430, trois cent Anglais pillent Chelles au Carême, et dans la plaine de Vaires, Jeanne d'Arc et les troupes françaises s'opposent aux Anglo-Bourguignons.
En 1543, c'est Renée de Bourbon, descendante de saint Louis et sœur du roi de Navarre, qui devient la quarante-huitième abbesse de Chelles. Puis en 1627, c'est Marie-Henriette de Bourbon, sœur naturelle de Louis XIII, qui à son tour, prend cette fonction.
Au XVIe siècle, le cartulaire de Notre-Dame-de-Paris ordonne la soumission de Chelles à l'archevêque de Paris. Mais l'abbaye tente d'échapper à cette autorité et y parvient.
Début du XVIIIe siècle, l'abbesse n'est autre que la fille du régent, Louise-Adélaïde d'Orléans. Chelles devient alors une véritable résidence royale. À cette période, les abbesses de la commune cumulent les droits de justice, et de nombreux attributs qui en découlent : elles perçoivent notamment des taxes sur les activités économiques des Chellois : vigne, boucherie, maçonnerie, etc..
En 1790, l'abbaye est supprimée. Elle est vendue comme bien national en 1796, puis pillée, et détruite pendant la période révolutionnaire.
À la fin du XVIIIe siècle, un procès-verbal établi par Lucien Dubray, ingénieur de son état, estime que le territoire de Chelles comprend une surface de « quatre mille neuf cents arpens et vingt et une perches et demie »; près de 18% du domaine appartient à l'abbaye.
À partir de 1787, de nombreuses réformes municipales sont mises en place : élection des membres de l'assemblée, élaboration du premier registre de délibérations de l'assemblée municipale, le cahier des doléances... stoppées par la Révolution de 1789. En février 1790, les départements sont créés, et Chelles est englobé dans celui de Seine-et-Marne et ne deviendra chef-lieu de canton (Brou, Chelles, Vaires) qu'au milieu des années 60 par la partition du canton de Lagny. Dans les années 80, ce même canton est partitionné en 2 : les quartiers Est de Chelles sont rattachés au Canton de Vaires-sur-Marne. En 1792, les dernières religieuses de l'abbaye quittent Chelles pour Chartres. Leur communauté est dissoute (un décret du 20 brumaire an II avait aboli le culte catholique). Les biens sont vendus à des particuliers.
Au XIXe siècle, quelques petites industries viennent s'installer profitant de l'activité économique traditionnelle de la ville : filature de coton, horlogerie, extraction de plâtre. En 1849, Chelles voit l'arrivée des chemins de fer et en 1865, la construction du canal allant de Vaires à Neuilly-sur-Marne.
En 1814, Napoléon Ier abdique et les Bourbon rentrent en France. Chelles se rallie de suite au nouveau régime.
Pendant la guerre franco-allemande de 1870, les Chellois s'exodent massivement à Paris. Au mois d'octobre, la population est estimée à trente-quatre citoyens. La ville a été « transplantée » à Paris, où le maire, Buignet a installé la mairie chelloise. Cette administration s'organise pour distribuer des secours aux Chellois réfugiés. Les Allemands font de Chelles un point d'appui de leurs lignes de défense lors du siège de Paris. Trois batteries d'artillerie sont installées sur les hauteurs, entre Chelles et Montfermeil et à Montguichet. Après l'armistice, les troupes allemandes quittent la ville le 20 septembre 1871, et laissent derrière elles une commune décimée.
Pendant la Première Guerre mondiale, Chelles se mobilise fortement. Dès la fin de l'année 1914, la commune crée un « magasin communal », qui met à la disposition des habitants des denrées alimentaires à bas prix. Puis ce magasin se transforme en « dépôt communal alimentation ».
En 1939, Chelles entre de suite en guerre. Émile Fouchard, maire de Chelles, est arrêté et emprisonné, car soupçonné de « reconstitution de la ligue dissoute » du communisme. Libéré, il entre de suite dans la Résistance. Chelles fait partie de la Zone occupée. Le 10 juillet 1940, il s’oppose, à l'instar des quatre-vingt autres députés et sénateurs, aux pleins pouvoirs du maréchal Pétain. Il est alors remplacé par la « délégation spéciale ». En 1941, le maire se nomme Henri Lavaud. En 1942, un service du travail obligatoire (STO) est instauré et oblige plus de soixante-dix Chellois à partir travailler en Allemagne, jusqu'en 1943.
À l'appel du 18 juin 1940, Chelles devient un centre important de la Résistance. En octobre 1940, les premiers résistants se réunissent au centre de triage de Chelles-Vaires. Les Francs-tireurs et les Partisans français utilisent leurs talents de sabotage jusqu'à la libération : sabotage du centre de triage de Vaires en 1941, attaque du bureau de placement allemand en 1943, des litres d'essence détruits en 1944, etc. En mars, juin, et juillet 1944, la gare de triage de Chelles-Vaires est une cible pour l'aviation alliée, qui l'attaque de nombreuses fois. Plus de trois cent dix bombes de cent à cinq cent kilos sont larguées, causant de nombreux dégâts et des victimes civiles.
Pendant le mois d'août 1944, des otages civils et des résistants sont fusillés près de la mairie et d'autres furent piégés par un Français « collaborateur » et livrés au nazis par camion de déménagement (cet épisode est relaté dans le film Paris brûle-t-il ? où Jean-Louis Trintignant joue le rôle du collaborateur). Les Américains n'arrivent que le 27 août 1944.
À la Libération, la résistance reprend la municipalité. Mais la liberté se paie chère. Beaucoup de jeunes Chellois sont fusillés, déportés dans les camps de concentration, ou disparus dans la lutte clandestine, dont Pierre Weczerka, après dénonciation. Pour commémorer le sacrifice, Chelles construisit la place des Martyrs-de-Chateaubriant. De nombreuses rues portent le nom de combattants et résistants. La commune reçut la Croix de Guerre.
Le 1er octobre 1944, le nouveau conseil municipal élit Charles Schlosser maire de la ville. Ce dernier organise de suite le ravitaillement des populations démunies. Il met en place le « Bureau de coordination des prisonniers de guerre et des déportés », puis un « Comité d'organisation et d'accueil des prisonniers et des déportés », en février 1945, afin de pouvoir faire face au retour de ces derniers. Parallèlement, une épuration des fonctionnaires vichyssois est organisée. Après la Libération, en 1946, Chelles organise un Kommando de prisonniers de guerre allemands, pour l'exécution de travaux de voirie…
Pendant près d'une dizaine d'années, Chelles voit les mandats de ses maires se succéder, entre élections et démissions. En 1958, quatre ans après le commencement de la guerre d'Algérie et l'envoi de Chellois, la commune s'engage : elle vote un crédit de cent mille francs pour l'envoi de colis aux Chellois mobilisés. En 1959, la commune devient UNR.
Un grand plan d'aménagement est entrepris à partir de 1960 afin de moderniser totalement le centre-ville. Sous la houlette de l'architecte Henri-Jean Calsat, un nouveau plan d'urbanisme est dessiné et un certain nombre de dites « insalubres » de l'ancien bourg sont détruites au profit d'un grand ensemble terminé au milieu de années 1970.
Depuis le milieu des années 1990, un programme d'urbanisation fait sortir de terre un nouveau quartier, situé sur des terrains de l'ancienne gare de triage SNCF : le quartier de l'Aulnoy...
La commune est la deuxième ville en population de Seine-et-Marne après Meaux, avec ses 48 616 habitants (recensement de 2006).
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes
Cette augmentation est le fruit d'une forte natalité, et une espérance de vie élevée. Elle est aussi la conséquence de la proximité entre la commune et Paris.
Répartition par âge en 1999 :
De 1990 à 1999, le solde naturel fut de + 2 710 habitants. Mais le solde migratoire pour la même période fut de - 2 676 habitants.
Le canton de Chelles ne comprend qu'une partie de la commune. L'autre partie appartient au canton de Vaires-sur-Marne.
Chelles dépend de la préfecture de Melun, et de la sous-préfecture de Torcy. La justice s'exécute au tribunal d'Instance de Meaux.
Depuis début 2009, la ville est engagée dans la communauté d'agglomération de Marne et Chantereine qui l'unit à Vaires-sur-Marne, Brou-sur-Chantereine et Courtry, et qui a été communauté de communes dès 2005.
En 2001, la commune a reçu le label « Ville Internet @@ ».
Le maire de Chelles actuel est Jean-Paul Planchou. Il a été élu à ce poste en 1995, réélu en 2001 et 2008. Il est aussi conseiller régional d'Île-de-France et préside le Groupe socialiste et apparentés du Conseil régional d'Île-de-France.
Aux élections municipales de mars 2008, la liste de Jean-Paul Planchou (PS), maire sortant, a été réélue au premier tour avec 51,4% des suffrages exprimés, face à celle d'Hubert Pipard (UMP) avec 38,6% et Alain Mamou (MoDem) avec 10,0%.
Le conseil municipal des jeunes a été créé en 1996. Il est composé d’enfants de 9 à 13 ans élus par d'autres enfants. Les élections sont organisées dans les classes de CE2, CM1, CM2 et 6e de la ville. Il a pour but de favoriser l’implication des jeunes dans la commune et leur permettre d'échanger des idées et de développer des projets. Ces derniers sont votés au cours de séances officielles présidées par le maire de Chelles. Les réalisations les plus marquantes ont été le mini-golf, le parcours de santé du bois des Coudreaux, la ludothèque, les feux sonores pour les non-voyants, la charte du civisme, le tarif spécial au cinéma Cosmos (pour les enfants de moins de onze ans le jour de leur anniversaire). D'autres projets sont en cours.
En 2005, la commune a lancé une consultation auprès des habitants afin de connaître leurs idées et leurs souhaits quant à l'avenir de Chelles. À la suite de diverses réunions, la ville s'est engagée sur certains points : maîtriser le développement, créer d'une ville à part entière (avec un centre-ville, des équipements adaptés à la population, un patrimoine « vert » préservé...), et instaurer une convivialité entre les Chellois.
En 2006, la commune a investi 53 201 000 euros pour son fonctionnement interne et la modernisation du service public, et 17 240 000 euros pour l'amélioration du cadre de vie, l'environnement, les équipements sportifs,...
En 1998, Chelles a été la première ville de Seine-et-Marne à signer le Contrat local de sécurité, contrat réactualisé en 2003 par le Contrat local de sécurité et de prévention délinquance. Ce contrat a pour but de mettre en œuvre des actions de prévention et de traitement de la délinquance. Il s'adresse tant aux jeunes qu'aux parents. Un partenariat actif a été mis en place entre la police nationale et municipale, l'Éducation nationale, les associations locales, la maison de la justice et du droit, les sapeurs pompiers, les transporteurs et les bailleurs sociaux.
Lors des dernières élections présidentielles de 2007, le premier tour a mis en ballotage Nicolas Sarkozy (32,32 %) et Ségolène Royal (26,76 %), suivis de François Bayrou (18,65 %), Jean-Marie Le Pen (10,52 %) et Olivier Besancenot (3,59 %). Au second tour, Nicolas Sarkozy a remporté les suffrages avec 53,62 % des votes, contre Ségolène Royal avec 46,38 %.
Lors des élections législatives, Yves Albarello, UMP, a été élu au second tour pour la septième circonscription.
Pendant plusieurs siècles, Chelles était réputé pour son vignoble, son agriculture (blé, orge, seigle, sarrasin, avoine)… À partir du XIXe siècle, des petites industries s'implantent. L'extraction de plâtre connaît un grand essor, grâce notamment au développement du chemin de fer, permettant le transport du plâtre vers différentes usines.
Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, Chelles doit reconstruire. L'essor démographique est constant, mais l'emploi ne calque en aucun cas cet essor. Il faut attendre 1959, avec l'ouverture de l'avenue Sylvie puis 1964, avec la création de la zone industrielle entre le triage de Chelles-Vaires et le canal de Chelles, pour créer des emplois. À cette époque, la particularité de la commune tient dans le fait qu'elle garde, au monts de Chalats, une zone agricole, de deux cent quatre-vingt dix hectares.
Aujourd'hui, la ville de Chelles est un site attractif, de par sa localisation entre Paris et Marne-la-Vallée, et à proximité de Roissy. Sur plus de 1 630 hectares que compte la ville, une centaine d'hectares sont aménagés pour les entreprises et répartis en deux zones d'activités : la zone industrielle de la Trentaine et l'Espace d'Activités de la Tuilerie. Ces dernières comptent 1 600 entreprises, 450 entreprises dans l'artisanat, 400 commerces, 350 entreprises de services, 250 professions libérales et 150 sociétés industrielles.
En 1996, a ouvert le Centre commercial Chelles 2. En 1999, a été créé un Club Ville Entreprises de Chelles qui est composé de 29 sociétés membres. Ce club permet aux participants de réfléchir, de construire des projets provoquant des actions homogènes et cohérentes, et promouvant une image qualitative des entreprises et de la ville.
La commune multiplie les initiatives pour aider les demandeurs d'emploi à trouver un travail. Ainsi, en décembre 2006, a été créée la maison de l'emploi, qui regroupe en un seul espace, les différentes structures : ANPE, Service de l'emploi, la mission locale pour l'emploi des jeunes, un espace d'information et d'orientation, un centre de formation. Ce lieu se situe en face des Assedic, et à 500 mètres de la gare.
La commune organise même des rendez-vous avec l'emploi : les vendredis de l'emploi (mini forums de recrutement deux à trois fois par an, à l'Hôtel de ville), le markethon (qui a pour objectif de recueillir des promesses d'emploi faites par les entreprises), les rencontres pour l'emploi à Marne-la-Vallée (créées en 1992, elles permettent de mettre en relation les chefs d'entreprises et les demandeurs d'emploi).
La population active est de 22 310 personnes. Les chômeurs sont au nombre de 2501. Le taux de chômage est de 11,2% (Chiffres de 1999). Les actifs représentent 49,2% :
La ville compte 1768 entreprises (Chiffres de 2004) : 26 industries agricoles et alimentaires (1,5%), 37 industries des biens de consommation (2,1%), 3 industries automobiles (0,2%), 40 industries des biens d'équipement (2,3%), 55 industries des biens intermédiaires (3,1%), 5 entreprises d'énergie (0,3%), 259 entreprises de construction (14,6%), 505 commerces (28,6%), 116 entreprises de transport (6,6%), 44 agences immobilières (2,5%), 250 entreprises de services aux entreprises (14,1%), et 196 entreprises de services aux particuliers (11,1%), 232 entreprises regroupant l'éducation, la santé, et l'action sociale (13,1%).
Les retraités représentent 15% des Chellois et les enfants scolarisés 26,4% de la population. 9,4% personnes sont sans activité.
Jusqu'à la Révolution, l'instruction était dispensée par un maître d'école, nommé et payé par l'abbaye, ou par les sœurs de Nevers, arrivées à Chelles en 1722. À partir de 1796, un instituteur est nommé par le conseil municipal. En 1833, l'école communale reçoit soixante-quatre élèves (soixante garçons et quatre filles). En 1848, l'école cesse d'être mixte. Une école des garçons est construite en 1861, pouvant accueillir cent trente élèves.
Entre les deux guerres mondiales, les écoles se sont multipliées. En 1936, deux mille cent cinquante élèves fréquentent six groupes scolaires.
Aujourd'hui, la ville compte quarante et un établissements scolaires, publics ou privés. L'événement majeur de l'année 2005 a été l'ouverture de la nouvelle école maternelle « Les Tournelles-Rabourdin » avec son centre de loisirs.
Lors de la rentrée scolaire 2005-2006, la ville comptait 12 177 élèves dans les écoles publiques et 1 076 dans les écoles privées, à raison de 2 219 enfants en maternelle, 3 439 en école primaire, 2 696 au collège et 3 823 au lycée.
Ecole maternelle CurieLes différentes écoles sont gérées par l'Inspection Académique de Chelles (Seine-et-Marne) située à l'école A. Bickart et par le Rectorat (Académie de Créteil).
Différentes associations sont présentes à Chelles : associations de quartiers, associations pour la jeunesse, associations de santé , associations pour l'emploi, associations culturelles, dont le collectif Toile Blanche, le collectif Killmeway, et associations sportives.
Chelles abrite une clinique, un institut médico-éducatif, un centre de protection maternelle et infantile, quatre laboratoires d'analyses médicales, deux centres de radiologie, et quatre cliniques vétérinaires. Elle est rattachée au centre hospitalier général de Lagny - Marne-la-Vallée (Lagny), au centre hospitalier intercommunal le Raincy-Montfermeil, et à l'hôpital privé Marne-Chantereine (Brou-sur-Chantereine). D'autre part, la commune compte trente médecins généralistes, soixante-neuf médecins spécialisés, cinquante-deux auxiliaires médicaux, et quinze pharmacies.
De nombreuses équipes sportives regroupées en club sont présentes à Chelles : le bicross club, l'arc club, le club d'athlétisme (un des meilleurs clubs français), l'aéro club, le club de badminton, le club de basket-ball, le club de cyclotourisme, le club de football, le club de moto, et le club de plongée. De même, de nombreuses associations sportives offrent des cours de aïkido, d' arts martiaux, d'athlétisme, de 4x4, de body-building, de bowling, de boxe, de canoë-kayak, de course à pied, de cyclisme, de danse, d'escalade, d'échecs, de gymnastique, de hockey, de judo, de karaté, de lutte, de natation, de pétanque, de roller, de rugby, de tennis de table, ou encore de yoga.la mi-temps equipement dedié à l'information des sports et des métiers du sport.
Il existe une radio locale de Marne-la-Vallée et de ses environs : Vallée FM; une radio web (Radio Recc), créée par les étudiants de l'université Marne-la-Vallée et une chaîne locale de proximité : Canal Coquelicot,créé en 1998.
Chelles reçoit plusieurs magazines : La République de Seine-et-Marne (hebdomadaire), Seine-et-Marne magazine (mensuel publié par le conseil général de Seine-et-Marne), et La Marne (journal) (édition de Lagny, Marne-la-Vallée, Chelles).
L'église catholique : l'église Saint-André (rue Jean-Veron), la paroisse Sainte-Balthilde (avenue de la Résistance), la salle la Roseraie Relais paroissial (rue Pérotin). La synagogue : la synagogue se situe rue des Anémones ; La mosquée : le lieu de prière musulman se situe à la plaine de jeux des Coudreaux ; L'église orthodoxe : la paroisse Saint-Seraphim de Sarov se trouve avenue de l'Etoile d'Or ; Le temple protestant : l'église réformée est situé avenue Albert-Caillou.
L'association Thar Deu Ling fondé en 1980 par Loungri Namgyél Rinpoché un grand maître de l'école Gelugpa du bouddhisme tibétain donne un enseignement Bouddhiste (Le Noirhard - rue du Bel Air). L'ancien et le nouveau cimetière se situent avenue de Claye.
Les armoiries de la ville représentent des échelles de couleur or, dirigées vers le haut ; l'origine de la présence de ces échelles viendrait du fait que sainte Bathilde (dont un des vêtements serait conservé au musée municipal) aurait rêvé d'aller au Ciel grâce à des échelles dorées.
Services de mobilité locale :