Cormeilles-en-Parisis est une commune française, située dans le département du Val-d'Oise et la région Île-de-France.
Ses habitants sont appelés les Cormeillais(es).
Cormeilles est chef-lieu du canton de Cormeilles-en-Parisis et dépend de l'arrondissement d'Argenteuil.
Cormeilles est, malgré sa proximité d'avec Paris, une commune plutôt verte, située sur la butte de Cormeilles tout comme Montigny-lès-Cormeilles, Herblay, Franconville, Sannois et Argenteuil.
Le nom « Cormeilles » tire vraisemblablement sa racine de l'arbre nommé cormier, une espèce de poirier. Le nom « Parisis » vient, lui, de la tribu gauloise des Parisii.
Les premières traces d'habitation remontent à 4000 av. J.-C. Des vestiges de villa romaine ont été découverts à Cormeilles-en-Parisis (IIIe siècle), ainsi que des cercueils en plâtre (VIIIe siècle).
La ville de Cormeilles est mentionnée pour la première fois en 697, dans une charte du roi Mérovingien Childebert IV qui offre aux religieuses du monastère d'Argenteuil la forêt royale de Cornioletus (on peut lire aussi Cormioletus) sur la rivière Seine, au pays Parisis.
En l'an 832, le nom de Cormeilles apparaît dans une charte de l'abbaye de Saint-Denis. Jusqu'à la Révolution (1789), Cormeilles sera un chef-lieu de châtellenie avec pour seigneur l'abbaye de Saint-Denis. Certains historiens de l'architecture considèrent que l'église de Cormeilles, ou plutôt sa crypte, construite par Suger au XIIe siècle, est un laboratoire de l'architecture gothique, antérieur à l'édification de la basilique de Saint-Denis.
Cormeilles est à l'époque un village agricole où l'on produit du vin (les armes de la ville sont la vigne et le blé). On sait que le vignoble médiéval cormeillais était de qualité honorable puisque c'est celui que les rois envoyaient comme présent.
Pendant les états généraux, les viticulteurs de la ville réclament que leur production ne soit plus taxée à son entrée dans Paris… eu égard à sa médiocrité. À cette époque, le vignoble de Cormeilles/La Frette couvre 538 ha.
Monument élevé à Daguerre à Cormeilles-en-ParisisEn 1791, Daguerre (enfant) quitte Cormeilles pour Orléans où son père a trouvé un nouvel emploi. Cauchoix encore adolescent le quitte également.
Pour faire face aux disettes qui sévissent à Paris, le vignoble est pour bonne part remplacé par des cultures céréalières ou maraîchères.
Le filon de gypse de la butte de Cormeilles ainsi que le moyen de transformer le gypse en plâtre étaient connus depuis l'époque gallo-romaine, de petites carrières ouvertes servaient à extraire le minéral dont l'exploitation n'a jamais cessé. Au début des années 1830, Pierre-Étienne Lambert crée à Cormeilles une carrière dont la production ne sera réellement industrialisée qu'à partir de 1882 par son petit-fils Jules-Hilaire Lambert. Le « plâtre de Paris » acquiert une grande renommée et en 1908 « Lambert Frères et Compagnie » devient une société industrielle de premier plan dont le nom restera longtemps associé à Cormeilles.
Pendant la guerre de 1870, le vin est temporairement interdit à Paris par les Allemands, victorieux, au profit de la bière. Chaque dimanche, les Parisiens se ruent sur la banlieue, notamment à l'ouest : Chatou, Argenteuil… Et Cormeilles qui, du coup, produira plus de vin que jamais. La qualité est si basse (le vin est mélangé à des figues et autres colorants !) que dans une nouvelle de Maupassant on peut lire : « Il se comparaît lui-même à un homme qui goûterait coup sur coup, les échantillons de tous les vins et ne distinguerait bientôt plus le Château Margaux de l'Argenteuil » (le vin « d'Argenteuil » étant autant celui de Cormeilles).
Le réseau ferré français se construit, permettant le transports de vins venus du sud : le vin d'Île de France perd peu à peu de son importance (alors qu'il fut de loin le premier vignoble du territoire) et ne survit pas à l'arrivée, à cette époque, du Phylloxéra. C'est la fin de l'histoire du vin sur la butte de Cormeilles.
Entre 1874 et 1877 est construit le fort de Cormeilles, un des plus grands forts militaires de Paris. Il servira de décor à plusieurs films dont La Nuit des généraux (1967) d'Anatol Litvak, avec Peter O'Toole et Omar Sharif.
Le chemin de fer atteint Cormeilles en 1892, impliquant un relatif décalage du centre de la ville et la construction de villas bourgeoises, de « folies » comme on disait alors.
À la fin du XIXe et début XXe siècle, grâce à l'arrivé du chemin de fer, la ville se développe fortement. De nombreuses familles bourgeoises s'installent dans cette campagne devenue si près de Paris. Ils commandent à des architectes locaux de belles villas imprégnées du gout de l'époque pour l'éclectisme et l'Art nouveau. Architecte d'Henri Lecoeur : - au 9 rue Aristide-Briand. Il évite la platitude en jouant sur deux travées. Celle de droite en léger retrait est mise en valeur par la porte surmontée d'une grande marquise. Celle de gauche par une grande fenêtre en toiture surmontée d'un fronton particulièrement élégant. Cette demeure a gardé sa cheminée et sa décoration intérieure d'origine (mosaïque, moulure et boiserie) - au 25 rue Boieldieu. Début XXe siècle, elle est de style normand. Sur l'arrière les belles rambardes sont de style Art nouveau. Architecte Henri Valette : - Le Clos Fleuri au 50 rue Carnot. Architecte Jacques Defresne : - Les Ravenelles rue de Saint-Germain.
Fabriquant du plâtre mais aussi des briques, de la chaux, du ciment, etc. la carrière Lambert fut l'une des plus grandes carrières à ciel ouvert d'Europe, avec un front de taille de 100 m de hauteur et 1 kilomètre de longueur. Au cours des années 1930 et ensuite, une importante main d'oeuvre exogène est importée : Bretons, Chinois, Polonais, Serbes, Tchèques, Portugais, Maghrébins. Cette immigration précoce et diverse fait encore aujourd'hui partie de la personnalité de la ville. Au début des années 1980, l'exploitation de la carrière est appelée à cesser et le site manque, de justesse, de devenir une décharge de produits industriels et dangereux. Une courageuse mobilisation des citoyens, habitants et associations permettra aux pouvoirs publics (élus locaux et ministères) de prendre conscience du danger et fera échouer ce projet. Depuis 1987, la carrière s'est agrandie vers le nord, et les parties ouest et est de 100 hectares sont peu à peu remblayées et reboisées à l'état naturel. L'ensemble est destiné à devenir un espace vert naturel de 130 ha au coeur de la Région parisienne, définitivement aménagé à l'horizon 2030.
Encore plus qu'ailleurs les prix de l'immobilier à Cormeilles s'envolent, faisant perdre peu à peu ses quartiers populaires à la ville (notamment le quartier des ouvriers de la carrière, démoli en 1994 et remplacé par des lotissements pavillonnaires) et, paradoxalement, une partie de son cachet.
L'État, propriétaire des terrains, impose à la ville de construire dans sa zone Sud, dite les Bois Rochefort. La municipalité a négocié pour préserver le caractère essentiellement pavillonnaire de Cormeilles et obtenir une coulée verte qui séparera une zone dédiée à l'activité industrielle et artisanale. Des équipements municipaux et infrastructures collectives sont prévus dont une école, une crèche, une supérette… L'urbanisation prévoit 1350 logements sur 60 ha, soit 100 logements par an (au lieu de 300/an depuis plus de 25 ans). Des projets sont lancés aussi pour rénover et dynamiser le haut de la ville (quartier de l'église) déserté par la vie commerçante malgré une densification de l'habitat : des espaces sont achetés par la ville pour créer des places de stationnement. Le cadre de l'OPAH permet aux propriétaires d'être soutenus dans leurs projets de rénovation. Un bâtiment est en cours de réhabilitation par la ville pour permettre l'installation d'un musée. Un projet de galerie d'art articulé avec un local destiné à l'étude des arts plastiques est en voie de réalisation. Cormeilles, malgré ses 20 000 habitants (à terme 25 000), conserve le charme d'une petite ville-village aux portes de Paris. Le nouveau SDRIF - Schéma directeur d'Île-de-France - de février 2007 vise aujourd'hui 40 ha restés en zone agricole.
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes
La commune fait partie de la juridiction d'instance de Sannois, et de grande instance ainsi que de commerce de Pontoise,.
Cormeilles dépend de la 3e circonscription du Val-d'Oise. L'actuel député est Jean Bardet.
Le taux de criminalité de la circonscription de police d'Argenteuil (incluant Sannois et Cormeilles-en-Parisis) est de 186,43 actes pour 1000 habitants (crimes et délits, chiffres 2008) ce qui en fait le plus élevé du Val d'Oise, très largement au-dessus moyennes nationale (83/1000) et départementale (88,15/1000). Le taux de résolution des affaires par les services de police n'est que de 24,07%, l'un des plus faible du département assez nettement sous la moyenne du département de 28,83%. On peut cependant noter que la situation à Cormeilles-en-Parisis contraste avec ce constat avec un taux de délinquance à 60 actes pour 1000 habitants ( préfecture du val d'oise - lutte contre la délinquance bilan pour 2008). La police municipale de Cormeilles-en-Parisis s'est vue renforcée en 2008 par une brigade équestre et fin 2009 par la mise en place d'un système de vidéo-protection.
Fort de Cormeilles 1er dimanche du mois . entree gratuite
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