Digne-les-Bains (en occitan vivaro-alpin: [ˈdiɲɔ], écrit Dinha selon la norme classique ou Digno selon la norme mistralienne) est une commune française, préfecture du département des Alpes-de-Haute-Provence et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Située en bordure des Préalpes de Digne, de part et d'autre de la Bléone, Digne-les-Bains est le chef-lieu du département des Alpes de Haute-Provence. Placée au centre géographique du département, cette ville abrite 17 600 habitants, ce qui en fait l'une des plus petites préfectures de France par sa population. Le centre-ville est à 608 m d’altitude.
Digne est une ville essentiellement étendue dans la plaine formée par la vallée de la Bléone, étant donné que le relief qui l'entoure est très accidenté. La vieille ville est construite sur une colline située entre la Bléone et le torrent des Eaux-Chaudes, mais la ville s'est progressivement étendue dans les trois directions des vallées, en particulier vers l'aval. Sa situation géographique est assez remarquable, étant donné qu'elle se trouve au bord des Préalpes, sur le chevauchement qui porte son nom. Une partie de la ville est complètement enserrée dans la vallée de la Bléone, tandis que la ville s'étend largement sur les reliefs plus doux en aval. Avec l'annexion de communes voisines, surtout en aval, la ville s'étend sur plus de 8 km de longueur.
La ville est desservie par les Chemins de fer de Provence via la ligne ferroviaire Nice-Digne.
Courbons (Corbo, cité au XIIIe siècle) est rattaché à Digne en 1862. Les Juifs installés ici y sont massacrés en 1335. Ses fortifications sont abattues par Lesdiguières au cours des guerres de religion (1590). Elle comptait 80 feux en 1315, 90 en 1471 et 507 habitants en 1765.
Les Dourbes (De Dorbas, citées en 1035) sont rattachées à Digne en 1974, sous forme de commune associée. Le village est situé sur une barre et une motte castrale est élevée au XIe siècle. Elle comptait 48 feux en 1315, 12 en 1471 et 249 habitants en 1765, 296 habitants en 1851, 62 en 1982.
Gaubert (Galbertum, cité au XIIe siècle) est rattaché à Digne en 1862. La place, ligueuse et défendue par Sautaire, est prise par Lavalette en 1591. Elle comptait 63 feux en 1315, 41 en 1471 et 456 habitants en 1765.
Les Sieyès, ou Sieyès tout court (Lascieias, cité au XIIIe siècle) est rattaché à Digne en 1862. Elle comptait 10 feux en 1315, 13 en 1471 et 307 habitants en 1765.
Durant la Révolution, ces quatre communes comptent chacune une société patriotique, toutes créées après la fin de 1792.
Le toponyme Dinia est connu depuis le Ier siècle de notre ère (Ptolémée, Pline l'Ancien). Diverses hypothèses ont été avancées. Selon Papon, le nom est formé de l’hydronyme Din (eau en gaulois), avec le suffixe -ia. Selon d’autres spécialistes, le nom est dérivé d’un nom propre romain, Din(n)ius,.
La dénomination actuelle a été officialisée le 25 juin 1988, à la suite du décret du 21 juin 1988 paru le 24 juin 1988 au Journal officiel. Auparavant, la commune était appelée Digne, appellation toujours fréquente dans le langage courant.
Dans la vallée des Eaux-Chaudes, se trouvent huit sources chaudes et une froide utilisées pour le thermalisme : certaines sont radioactives, sulfydrurées, chlorobromoiodurées, arsenicales.
La ville est également traversée par la Bléone et le Mardaric.
La principale montagne au-dessus de la ville s'appelle le Cousson.
Dès la préhistoire, les hommes se sont installés à l'emplacement actuel de Digne.
La présence de trois rivières (la Bléone, le Mardaric, et les Eaux-Chaudes), en a fait un endroit idéal pour l’implantation humaine. Nommée Dinia au Ier siècle, puis Digna en 780, la ville devient une cité romaine, appréciée pour ses eaux thermales. Elle est alors la capitale des Bodiontici (ou Brodiontii).
Au VIe siècle, des fortifications sont élevées sur deux hauteurs de la ville afin de résister aux invasions barbares.
Le Bourg était distinct de la Cité : jusqu’au XVe siècle, les deux villes ont leurs propres magistrats. La Cité est une coseigneurie des évêques de Digne et des comtes de Provence, alors que le Bourg dépendait du prévôt de l’église de Digne. Un consulat est accordé en 1385. Déjà chef-lieu de viguerie, Digne reçoit une sénéchaussée en 1535.
Une épidémie de peste touche la ville de septembre 1451 à juillet 1452.
Au cours des siècles suivants, Digne eut à souffrir des guerres de religion (quatre fois) : elle est attaquée par les protestants en 1574. Digne est touchée par une épidémie de peste (1629), qui fait tomber la population de la ville de dix mille à mille cinq cent habitants ; l’épidémie revient en 1631. La ville est le siège d’une viguerie jusqu’à la Révolution.
La ville est érigée en chef-lieu des Basses-Alpes et de district dès la Révolution française. La société patriotique de Digne est créée en septembre 1790 (deuxième du département par son ancienneté) ; elle s’affilie aux Jacobins en juin 1791, et devient un relais de ce club dans le département, en acceptant les affiliations de nombreux clubs des Basses-Alpes ; elle reçoit aussi la demande d’affiliation de celui de Carpentras. D’abord appelée chambrette bourgeoise, elle prend ensuite le nom de Club patriotique, puis le 9 octobre 1792, de Société des amis de la Constitution, de la Liberté, de l'Égalité. Elle établit un comité de correspondance chargé des relations avec les autres sociétés populaires qui lui sont affiliées le 14 novembre 1792. Les 10 et 11 janvier 1793, le général Peyron effectue une descente depuis Marseille, soutenu par des clubistes marseillais en armes. Il se venge car il n’a pu obtenir le poste de procureur général syndic, deux administrateurs départementaux sont destitués et une amende de 13 000 livres versée au club marseillais. Le 5 frimaire an III, le représentant en mission Gauthier épure la société.
Digne accueille la préfecture sous le Consulat. Le préfet Lameth, très populaire (1802-1805), crée une promenade ombragée entre le pré de Foire et les rives de la Bléone, plante des platanes sur le boulevard Gassendi.
En 1851, l’annonce du coup d’État du 2 décembre provoque un soulèvement dans les campagnes, et les paysans installent un gouvernement provisoire à Digne.
210 Dignois sont " Morts pour la France " durant la Première Guerre Mondiale. Une quarantaine de corps de soldats ont été rapatriés à Digne les bains et sont inhumés au carré militaire du cimetière du bourg. Ce carré comporte aussi le corps de deux soldats décédés durant le deuxième conflit mondial.
Durant la Seconde Guerre mondiale, elle est occupée par l'armée allemande, suite à l'invasion de la zone libre, après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord le 8 novembre 1942.
Le 17 août 1944, la ville est bombardée par des P-47 Thunderboldt, qui ont décollé d’un terrain proche de Bastia en Corse. Leur objectif est le grand pont de Digne, traversant la Bléone, mais une seule bombe atteint le pont, n’entravant que pour quelques heures le passage des véhicules. Plusieurs immeubles sont endommagés. La ville est libérée le 19 août 1944 par la Task Force Butler, détachement motorisé composé d'éléments blindés, d'infanterie et d'artillerie provenant des 36e division d’infanterie du Texas et 45e division d’infanterie US, aidée des forces de la Résistance. La libération de Digne les Bains s'inscrit dans un mouvement de contournement de la vallée du Rhône, à travers les Alpes, par la route Napoléon, confié à la Task Force Butler et qui vise à couper la retraite à l’armée allemande stationnée en Provence. À Aspres-sur-Buech, la colonne fait mouvement vers l'ouest, en direction du Rhône et de Crest (bataille de Montélimar).
Le 20, un défilé a lieu et replace solennellement l’effigie de la République au rond-point du colonel Payan. Le camp de prisonniers de guerre allemands compte jusqu’à 2700 prisonniers. L’un d’eux participe au sauvetage après la double catastrophe aérienne de la montagne du Cheval Blanc en 1948.
A partir du début de l'année 1945, de nouveaux convois de troupes passent par la ville en direction de la poche de résistance allemande de l'Ubaye.
De nos jours, la ville de Digne-les-Bains continue de s'étendre, principalement le long des rives de la Bléone. Elle forme avec Entrages, Marcoux, La Robine-sur-Galabre, et Mézel, la communauté de communes des Trois-Vallées (CC3V).
Les cités du Pigeonnier et de Barbejas sont classées Zone urbaine sensible.
La cité était copropriété des comtes de Provence et des évêques de Digne. D'où les armes : la croix symbolise l'évêché, la fleur de lys Charles d'Anjou, comte de Provence. La lettre D est l'initiale de la ville. Les lettres L ont été ajoutées sous Louis XIV, roi de France et comte de Provence et de Forcalquier.
En 2006, la commune lance un projet de construction de logements visant à terme à augmenter au-delà de 20 000 le nombre d'habitants (seuil inférieur d'obtention de certaines aides publiques). Début 2009 la municipalité annonce les nouveaux chiffres du recensement de l'INSEE, portant la population de la commune de Digne à 19 190 habitants.
Digne-les-Bains est le siège de la Chambre de commerce et d'industrie des Alpes de Haute-Provence. Elle gère les aérodromes de Sisteron-Thèze et le centre J. Gage.
Elle tire son activité principalement du tourisme :
Parmi les structures sportives de la ville, on trouve de nombreux gymnases, un stade, un centre équestre, un golf, et une piscine publique.
Les églises des communes rattachées sont Notre-Dame-des-Anges à Courbons (XIIIe-XIVe siècles), dans un village pittoresque ; Saint-Genest (parties les plus anciennes des XIIe et XIIIe siècles) aux Dourbes ; Saint-Étienne à Gaubert (construite en style roman à la fin du XVIe et au XVIIe siècle) ; et l’église Sainte-Marie-Madeleine à Sieyès.
La ville a été récompensée par trois fleurs au palmarès 2007 du concours des villes et villages fleuris.
Chaque premier week-end du mois d’août depuis 1946, Digne célèbre le corso de la lavande, en hommage à cette fleur cultivée dans les champs environnant du sud et l'ouest du département. À ce titre la ville est appelée la capitale de la lavande.
Le Corso, fête chère aux Dignois, s'étale sur cinq jours et cinq nuits de fêtes dans tout le centre ville. Le vendredi soir, un feu d'artifice tiré depuis le lit de la Bléone, lance les festivités. Le samedi, des groupes musicaux venus de toute la France et d'Europe animent les rues de la ville, et le soir, sur la place général de Gaulle, est élue miss Corso.
Le dimanche, le grand jour, a lieu le défilé des chars, fleuris et parfumés à la lavande et groupes musicaux tout le long du boulevard Gassendi.
Le lundi soir, le défilé dans l'obscurité, chars illuminés, qui arpentent à nouveau la ligne droite du boulevard Gassendi. Enfin le mardi soir, les chars du corso sont exposés sur la place, jusqu'au toro de feu et le feu d'artifice de clôture, offert chaque année, par les nombreux forains, qui animent chaque nuit l'entrée de ville.
Les unités suivantes ont tenu garnison à Digne :
Services de mobilité locale :