Elne (en catalan Elna) est une commune française située dans le département des Pyrénées-Orientales et la région Languedoc-Roussillon. Ses habitants sont appelés les Illibériens, en référence au nom antique de la ville, Illiberis.
Trois noms ayant des origines différentes sont attribués à Elne : Pyrène éventuellement, Illiberis et Castrum Helenae devenu Elne progressivement.
Cette hypothèse de Pyrène comme plus ancien nom connu d'Elne est encore affichée dans le musée archéologique d'Elne. Elle est considérée par beaucoup d'auteurs comme périmée.
Quatre textes antiques sont à l'origine de l'idée que "Pyrène" était peut-être le nom qui avait précédé les deux autres.
- Un texte du savant grec Hérodote situe une cité ("polis" dans le texte en grec) de "Pyrène" vers les sources du Danube; mais la carte d'Europe qu'imaginait Hérodote a fait l'objet d'une reconstitution moderne; celle-ci montre l'hypothèse d'un Danube continu entre les Pyrénées où il naîtrait au milieu de sommets coulant ensuite vers le Nord comme le font l'Aude, l'Ariège et la Garonne, et comme le font certains affluents majeurs du Danube à partir de hauts sommets des Alpes. Un tel Pyrène serait par exemple vers Foix et non vers Elne.
- Un texte du poète latin Rufus Festus Avienus vivant au IVe siècle , mais parlant du milieu du millénaire avant J.C.. Il parle d'une "cité à la riche destinée" aux confins du pays des Sordes et commerçant avec les grecs de Marseille. Le mot cité est la traduction habituelle pour "civitas" dans le texte en latin. N.B. Dans son poème il ne cite jamais Illiberis, alors qu'il cite Ruscino.
- Deux textes des auteurs romains Pline l'Ancien et Pomponius Mela citent Illiberis, au Ier siècle , comme une ville n'ayant plus sa splendeur passée. Ils ne font pas explicitement le lien avec une ville du nom de Pyrène.
Sur ces seules bases, certains auteurs du milieu du 20e siècle 1950-1960 ont pu faire l'hypothèse que le nom de Pyrène avait précédé celui d'Illiberis. Mais certains autres auteurs ne les suivirent pas; car Avienus mentionne, immédiatement après la riche cité, les échanges par mer avec Massilia. Ils ont préféré lui faire correspondre un port. De nombreux ports furent proposés avec aucun argument convainquant puisque le mystère demeure.
La moins contestée de ces localisations est Collioure qui était incontestablement un port antique, où le commerce du fer a pu se faire. Mais Collioure qui reste très peu connu sur le plan archéologique pour qu'un lien certain soit attesté. Alors le lien a été tenté par l'onomastique : on a fait de la mentions la plus ancienne de Collioure "Caucho Liberi" datant du 5e siècle mais sur un document du 7e siècle, un "Cauko Liberis" interprété comme le reste d'un nom qui aurait signifié les "coques d'Illiberis"; il y a eu aussi une proposition "kauk" = "baie" en ibero-basque; dans les 2 cas le nom "Collioure" est présenté comme signifiant le "port d'Illiberis".
La preuve du caractère erroné de cette interprétation existe aujourd'hui; en effet "Caucho liberi" venait de l'expression latine "cautio liberi", qu'on peut traduire en français actuel par "les droits de l'homme libre" (opposé à celui d'esclave)( voir la suite dans l'article Collioure.
De plus l'existence même d'une cité nommée Pyrène peut être contestée de plusieurs façons : le nom grec des Pyrénées dans l'œuvre du géographe grec antique Strabon est aussi transcriptible en Pyrène; pour témoin de ce point, on a aussi la légende de la princesse Pyrène ayant donné son nom à la montagne faite de quelques gros rochers déplacés par Hercule pour faire une tombe à la princesse qu'il avait aimée.
À cela s'ajoute que le mot grec "polis" et le mot latin "civitas" désignent aussi bien une "cité" qu'une "organisation territoriale locale" beaucoup plus grande qu'une ville. Ainsi dans le 2 textes il peut s'agir des "Pyrenées". D'ailleurs dans certaines versions du texte d'Avienus il y avait le mot "latera" à côté du mot "Pyrenae". Tout ceci pousse à penser que la bonne traduction d'Avienus aurait dû être
"le flanc des Pyrénées était un pays à la riche destinée".
De plus cette "riche destinée" pourrait être liée à l'exploitation antique du fer des flancs du Canigou dont Avienus devait connaître l'histoire du grand développement pendant l'époque romaine, attesté par les archéologues.
On comprend ainsi comment une mauvaise interprétation des textes sur Pyrène a pu être faite jusqu'à présent.
Ainsi si on pense qu'Avienus parlait en fait d'un territoire habité des flancs des Pyrénées, plutôt qu'à une ville, les 2 textes citant soit-disant une ville de Pyrène, deviennent cohérents:
Les flancs des Pyrénées sont aussi bien près d'une source du Danube, au moins vus à la façon d'Hérodote, que près des ports de commerce antique sur la côte, que ce soit Collioure, Emporion ( Ampurias actuelle), Salses ou un éventuel port d'Illiberis qui ne serait pas encore découvert parce qu'il serait encore aujourd'hui recouvert des plus de 2 mètres de terres dont on a la preuve qu'ils ont été apportés par le Tech depuis l'Antiquité.
Cette hypothèse de la cité de Pyrène qui pourrait même n'avoir jamais existé a été développée par Michel Sauvant. Il propose que le pays riche soit celui où il y a du fer, situé sur les flancs du Canigou, donc des Pyrénées. [2]</ref>.
Ce nom est attesté à partir du IIe siècle ; il est cité par Tite-Live, qui indique qu'Hannibal y a établi son campement en 218 avant J.C. Illiberis semble alors un important oppidum. On a évoqué plus haut les deux autres citations antiques principales.
L'orthographe change selon les auteurs : le I initial peut aussi être un E, et la finale -is peut-être un a. Cette incertitude orthographique a permis de rapprocher ce nom d'autres noms latins de cités, très distantes les unes des autres. Il y a les anciens noms d'Auch, Elne, Grenade (Espagne), Ilumberri (Espagne), Lumbers; pour certains un m s'ajoute devant le b.
Le nom Illiberis lui-même pourrait signifier en ibéro-basque "ville nouvelle" de "iri" et "berri". Cette interprétation faite par des linguistes réputés depuis la 2e moitié du 19e siècle a eu des défenseurs pendant tout le 20e siècle. L'existence d'au moins 3 cités très distantes nommées "Illiberis" en latin était l'un de leurs arguments .
Une autre étude suppose que le nom pouvait signifier en langue celtique "colline allongée au milieu des limons" ". Ceci correspond parfaitement à la géologie des lieux dans l'Antiquité selon des études reprises dans l'Atlas de Catalogne du Nord du professeur J.Becat. De plus il se trouve qu'Auch, Grenade, Ilumberri, Lumbers sont aussi des sites à collines en longueur avec des limons à leur pied. Les archéologues ont aussi prouvé qu'à la fin de l'âge du fer (VIIIe ‑ IIe siècle avant J.-C.), le site d'Illiberris constitue l'un des principaux oppida de la Celtique méditerranéenne. Enfin la syllabe lim ou lum de 3 des noms cités les rapproche du nom de nombreux sites de Gaule où il y a des limons.
L'interprétation de ces noms similaires pour des cités aux trois coins de la péninsule ibérique est un enjeu important pour les chercheurs (linguistes et historiens). Ce grand débat sur l'origine du nom d'Illiberis est encore en cours et dépasse le cadre du présent site.
Aujourd'hui l'hypothèse de l'existence d'une langue substrat commun à l'ibère et au basque est très contestée; un des arguments est qu'on n'a jamais pu interpréter les mentions connues en langue ibère à l'aide de la langue basque.
La seconde hypothèse a pour elle une idée admise aujourd'hui par divers auteurs : une population celtique ayant occupé toute l'aire concernée autour de la fin du IIe millénaire avant J.C., avant d'être repoussée sur son flanc Est par des Ibères, venus d'on ne sait pas encore où; on sait seulement que leur écriture est très proche de l'écriture phénicienne .
Entre 328 et 350, Illiberis changea de nom pour devenir Castrum Helenae. On sait qu'un changement de nom de cité en vue est en général un acte politique; il ne peut donc s'agir que d'un nom en l’honneur de la mère de l’empereur Contantin 1er (mort en 337), l’impératrice Hélène. Ce lien n'a jamais été attesté par un document d'origine. C'est une hypothèse qui apparaît dans des ouvrages du haut Moyen-Age. Il y a de bons arguments pour cette hypothèse :
La présence hypothétique à Elne d'Anastasia, une demi-sœur de l'empereur Constantin 1er peut y avoir aidé . Sans mention du nom de la ville entre la mort d'Hélène (328) et la première mention en 350, il n'est pas possible de dire quel empereur a pris une telle décision; serait-ce Constantin1er qui a voulu honorer sa mère, qu'il a très bien honorée par ailleurs, ou serait-ce l'un de ses 3 fils qui voulut faire cela vis à vis de sa grand-mère? De toute façon il y a, simultanément à cet honneur, une cause politique possible. On sait par des historiens que la relation faite par les chrétiens entre cette Hélène et un morceau de la Sainte-Croix, retrouvé à Jérusalem, trouve son origine dans les années 327-328 quand Hélène était honorée comme une sorte d'impératrice-mère; cette relation a participé à la sanctification d'Hélène plus tard. Hélène est devenue la source symbolique de l'évolution des empereurs vers la foi chrétienne. Il était donc normal que des communautés chrétiennes l'honore à l'époque des empereurs de la famille de Constantin.
Et pourtant jusqu'à récemment ce changement de nom de la cité en hommage à cette célèbre Hélène ne semble pas avoir été interprété comme le témoignage d'une puissante présence locale de chrétiens dès avant 350. C'est une hypothèse avancée par Michel Sauvant [Code de Stevus: http://www.acg66.org/stevi_codex.4.html] qui démontre que de nombreux noms de villages ont été changés entre 300 et 360 par un certain Stevus, un important personnage chrétien, qui a laissé son nom à Baillestavy et Corsavy.
Ce lien entre Stevus et l'attribution du nom de Castrum Helenae en l'honneur de la mère de Constantin reste marqué aujourd'hui par l'alignement précis et remarquable de 4 sites :
Cet alignement apporte aussi un nouvel argument pour :
Elne est située dans la plaine du Roussillon, à 12 km au sud-est de Perpignan. La ville est à cinq kilomètres de la mer, juste au nord du Tech. Le territoire communal a aussi un accès à la mer. Il comporte en effet une étroite bande de terre, rurale et faiblement peuplée, le long de la rive gauche de la rivière d'abord, puis s'en éloignant un peu, pour atteindre le bord de mer, au lieu-dit Bocal du Tech, qui était autrefois l'embouchure de la rivière avant que celle-ci ne dévie.
La ville en elle-même est construite sur et autour d'une petite colline (haute de 65 mètres, siège de la cathédrale).
Cette colline est aujourd'hui au nord du Tech, elle fait partie d'une ligne de collines sur laquelle est aussi le vieux village de Saint-Cyprien. Dans l'Antiquité un bras du Tech (lieu-dit "Tec Vell") contournait ces collines par le Nord. Il y avait encore un pont au Moyen Âge comme l'atteste le lieu "Notre Dame du Pont" qui était situé près de là où aujourd'hui il y a le pont du chemin de fer sur la route de Bages.
Elne est entourée de paysages champêtres, vignes et cultures maraîchères. Ces cultures sont dans une plaine d'alluvions drainés dont on a prouvé qu'en certains endroits 2 ou 3 m d'épaisseur datent de moins de 2000 ans.
Elne a pour communes limitrophes : Palau-del-Vidre, Argelès-sur-Mer, Latour-Bas-Elne, Saint-Cyprien, Alénya, Corneilla-del-Vercol, Montescot, Bages et Ortaffa.
Elne est une étape dans l'axe routier et ferroviaire entre Perpignan et la côte Vermeille, et au-delà l'Espagne. La ville est ainsi desservie par la RD 914, et par la ligne de chemin de fer Perpignan - Portbou. Cet axe croise à Elne l'axe Thuir - Saint-Cyprien (RD 612). La commune est desservie par le chemin de fer (ligne de Port-Bou) : un service de TER la relie à Perpignan et à la côte Vermeille. De plus, une voie express (la RD114) assure le lien entre la ville et Perpignan, et le littoral au sud vers Argelès-sur-Mer et Collioure.
Des traces d'habitation remontent à la fin de l'âge du bronze. Des habitats antiques ont été identifiés par les archéologues .
Cependant au moment du passage d'Hannibal en -218, on ne sait pas si la ville est peuplée d'Ibères, ou des descendants des Sordes cités par "Avienus", qui étaient un des peuples celtiques. On sait seulement qu'Hannibal doit aller à Ruscino pour négocier avec les chefs gaulois son passage vers le Nord afin d'aller d'abord jusqu'au Rhône. Mais cela ne préjuge en rien d'une hiérarchie entre cités. Il était normal de négocier de proche en proche près des limites des territoires où on rentrait avec une armée ( 80000 hommes, 20000 chevaux, 37 éléphants) qui traversait sans combattre. D'ailleurs le fait qu'il ait installé le campement de son armée à côté d'Illiberis fait supposer que probablement il avait déjà négocié ce campement avant de descendre des Pyrénées avec une autorité d'Illiberis.
On peut aussi penser que, vue la taille de son armée, il a dû l'installer le long du Tech en amont d'Illiberis et/ou le long de la Massane. Une partie des territoires actuel d'Ortaffa, de Brouilla, de Palau-del-Vidre, de Saint-André, et d'Argelès-sur-mer peut avoir été concernés, là où il n'y avait pas de marécages. Il y avait là la place de campement au bord des rivières pour l'eau nécessaire aux hommes et aux animaux, et de ce fait il y avait aussi des populations agricoles pouvant fournir de la nourriture, ainsi la présence de gibier dans les 3 grandes vallées des Albères toutes proches, et bien desservies probablement en prolongation de l'axe Salses-Ruscino-Illiberis .
Toujours est-il que cette ville est devenue un important centre romain de la Narbonnaise, dont on peut trouver de nombreux vestiges suite à des fouilles archéologiques, une des deux principales villes du Roussillon avec Ruscino, (aujourd'hui lieu-dit Château-Roussillon).
Dès lors qu'on rejette l'hypothèse de la "riche citée de Pyrène" qui précéderait l'époque d'une Illiberis aux revers de fortune telle que mentionnée par Pline l'Ancien et Pomponius Mela, on peut voir une explication de ces revers dans la seule présence romaine en Roussillon après -118; cette présence pourrait avoir suffit à favoriser Ruscino comme les caractéristiques des vestiges romains de cette ville le montrent d'ailleurs très bien. Mais ces mêmes vestiges ont aussi montré que la suprématie de Ruscino ne dure que jusqu'aux environs de l'an 75, moment où Ruscino semble subir un revers à son tour, celui là très soudain. Cependant il n'y a pas d'évidence à ce que ce revers de Ruscino ait été immédiatement favorable à Illiberis au IIe et IIIe siècle.
Par contre la ville connait une période faste au IVe siècle, sous le règne de l'empereur Constantin Ier; sa famille y possède probablement une propriété.
D'ailleurs c'est à "Castrum Helenae" qu'alla se réfugier, et que fut tué en 350, un fils de Constantin 1er, l’empereur romain Constant, rattrapé dans sa fuite par les assassins envoyés par l’usurpateur Magnence. Le rapporteur de cet évènement dit qu'il fut sorti de force du temple chrétien où il s'était réfugié.
L'existence d'un temple chrétien en 350 et le changement antérieur du nom de la ville pour un nom célébrant une femme, sanctifiée plus tard par l' Église catholique peuvent être analysés comme deux indices importants d'une propagation du christianisme, au moins dans la cité d'Elne, dès la première moitié du IVe siècle. Il pourrait y avoir un lien entre le martyre d'Eulalie en 304 qui a eu lieu non loin à Barcelone, et la dédicace de la cathédrale qui pourrait venir de l'église paléo-chrétienne; que celle-ci ait été au même emplacement ou non.
Après la chute de l’Empire romain en 476, les Wisigoths, maîtres de la région depuis les environs de 414, érigent la ville en siège épiscopal qui n'est attesté qu'en 571. La ville s'appelle alors Helenae. Le seigneur de la ville est l’évêque, sous la suzeraineté du Roussillon. Au XIe siècle, on édifia l’actuelle cathédrale Sainte-Eulalie-et-Sainte-Julie (les saintes patronnes de la ville) en remplacement d’une église plus ancienne. Entre le XIIe et le XIIIe siècle, les chanoines firent construire le cloître, tandis que la ville renforçait ses murailles, devenant ainsi une importante place forte. De nombreux vestiges de murailles subsistent encore de nos jours.
L'évêché d'Elne a été le lieu d'une série de conciles, réunis dans la plaine de Toulouges, dits "conciles de paix", car il prenaient place dans le mouvement de la Paix de Dieu. Ces conciles sont également désignés comme "conciles d'Elne / Toulouges" ou tout simplement "conciles de Toulouges". Le premier de ces conciles a été réuni par l'archevêque de Narbonne Guifred de Cerdagne en 1027 et c'est le premier à évoquer le concept de Trêve de Dieu, qui complète celui de Paix de Dieu. Des conciles se sont par la suite tenus dans la plaine de Toulouges en décembre 1041 et en 1065.
Ville du royaume d'Aragon, Elne subit au cours de son histoire de nombreux assauts. En 1284, lors de la croisade d'Aragon, la ville tomba lors d'un siège mené par Philippe le Hardi, roi de France, qui força les portes de la cathédrale et massacra les habitants. Elle fut également assiégée au XIVe siècle par Pierre III d'Aragon.
Après l'annexion du Roussillon par Louis XI, Elne se souleva contre les Français et fut à nouveau assiégée et prise en décembre 1474 , et son capitaine Bernat d'Oms décapité. Cependant, comme le reste du Roussillon, la ville fut restituée à l'Aragon en 1493.
L’importance grandissante de la ville voisine de Perpignan, à partir du XIIIe siècle, commença à faire de l’ombre à Elne. Les évêques se mirent à résider plus souvent à Perpignan qu’à Elne, et en 1602 le transfert de résidence fut officialisé par le pape Clément VIII, bien qu'à l'heure actuelle encore, l'évêque résidant à Perpignan se nomme évêque d'Elne et de Perpignan.
Après le traité des Pyrénées de 1659 qui fixait la frontière aux Pyrénées, les murailles de la ville furent détruites, ce qui ne fit qu’accentuer son déclin. Il reste à l'heure actuelle quelques pans des murailles médiévales, ainsi que trois portes qui étaient par le passé des entrées de la ville. Elne est devenue par la suite un modeste bourg à prédominance agricole (vigne en particulier), qui garde néanmoins des traces de sa gloire passée au travers de vestiges tant romains que médiévaux.
Au XXe siècle, comme de nombreuses villes de la région (Collioure notamment), Elne fut un centre artistique important. Aristide Maillol y séjourna : son Pomone sert de mémorial de la Seconde Guerre mondiale. Étienne Terrus y avait un atelier où, avec Henri Matisse et André Derain, il lança le mouvement du fauvisme.
En 1939, en raison de la guerre civile espagnole, fut fondée la Maternité Suisse d'Elne dans le château d'En Bardou, initialement pour accueillir des jeunes mères espagnoles fuyant le franquisme. Fondée par l'infirmière de la Croix-Rouge suisse Élisabeth Eidenbenz, elle resta en activité pendant la Seconde Guerre mondiale, accueillant également des mères juives et tziganes. Plus de 600 enfants y sont nés avant d'être cachés, jusqu'à la fermeture du site par la Gestapo en 1944. La maternité est maintenant un musée et des livres (Les Enfants d’Elisabeth de Hélène Legrais, et en catalan La maternitat d’Elna d’Assumpta Montella) et bientôt un film (Las Madres de Elna de Manuel Huerga) relatent ces faits.
Aujourd'hui, la ville est un centre touristique relativement important (70 000 visiteurs par an), du fait de sa gloire passée. Très récemment, après la création d'un contournement de la ville par la route nationale qui la traversait auparavant, Elne a commencé à s'étendre de manière notable vers le nord, selon un plan d'urbanisation ambitieux. C'est le nouveau quartier « Las Trilles », de 40 hectares. Cela laisse augurer une augmentation notable de la population.
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes
Récemment, et de manière accélérée depuis la construction du contournement d'Elne de la route nationale allant de Perpignan vers Argelès-sur-Mer, Collioure et l'Espagne (RD914), la ville a commencé à s'étendre vers le nord au travers de nouveaux quartiers principalement résidentiels, ce qui laisse augurer à la fois une augmentation de la population et un rajeunissement de celle-ci, les nouvelles maisons étant souvent habitées par de jeunes couples. Une nouvelle école primaire a donc été construite, le groupe scolaire Françoise-Dolto.
La ville a été agréablement restaurée ces dernières années : les places et la voirie ont été refaites, et de nombreuses maisons ravalées.Historiquement elle était divisée en ville haute et ville basse. Chacune avait leur enceinte fortifiée, dont les vestiges actuels (tours, portes et courtines sur lesquelles se sont appuyées les maisons) remontent aux XIIIe et XIVe siècles. La ville basse fut probablement la première à être occupée, et son sol a livré de nombreuses traces d'occupation (époques préhistorique, romaine, haut Moyen Âge). La ville haute est occupée par la cathédrale Sainte-Eulalie-et-Sainte-Julie et son cloître qui forment un remarquable ensemble médiéval.Sites à visiter
Club de rugby à XV : la Jeunesse Sportive Illibérienne, évoluant dans le Championnat de France de 3e division fédérale
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