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Eu est une commune française, située dans le département de la Seine-Maritime et la région Haute-Normandie.

Ses habitants sont les Eudois. Le nom de la ville d'Eu se prête à quelques jeux de mots. Ainsi, la bienséance veut qu'on dise et écrive : « le maire de la ville d'Eu ». Les Eudois peuvent ainsi prendre le train à la gare d'Eu-la Mouillette. Les cruciverbistes reconnaissent Eu comme étant le « trou normand » en deux lettres.

Géographie

Situation

Située tout au nord du département, et avec un territoire formant une protubérance sur la rive droite, Eu est un chef-lieu de canton bordé par la forêt d'Eu et traversé par la Bresle, fleuve côtier dont l'embouchure dans la Manche est à 4 km, au Tréport.

Eu est située à 4 km du Tréport, à 5 km de Mers-les-Bains, à 7 km d'Ault, à 12 km de Friville-Escarbotin, à 13 km de Gamaches, à 22 km de Blangy-sur-Bresle, à 24 km de Saint-Valery-sur-Somme, à 25 km d'Envermeu, à 28 km de Londinières, à 31 km d'Abbeville, à 32 km de Dieppe et à 42 km de Neufchâtel-en-Bray.

Le port vers 1900.

L'habitat et les activités s'étant concentrés au fond de la vallée, autour du château d'Eu et du port, Eu fait partie, avec Le Tréport et Mers-les-Bains, d'une même agglomération, les « trois villes soeurs » empiétant sur deux départements.

Voies de communication et transports

Le tramway devant la Collégiale

Eu est desservie par les gares d'Eu et d'Eu-la Mouillette (trains TER Haute-Normandie et TER Picardie des lignes du Tréport-Mers à Beauvais et à Abbeville). En haute saison, elle est également desservie par des trains Corail reliant Paris-Nord au Tréport-Mers. Eu était autrefois également reliée à Dieppe. La ligne Eu-Dieppe a été coordonnée le 2 octobre 1938 et partiellement transformée en sentier de randonnée : le chemin vert du Petit-Caux. De même, le tramway d'Eu-Le Tréport-Mers reliait de 1902 à 1934 la ville aux deux stations balnéaires.

Environnement

La Basse forêt d'Eu présente une caractéristique particulière. C'est une des très rares zones qui au nord de la France ait été conservée enforestée depuis la préhistoire, tout en étant sise sur une zone de limons riches. Ailleurs, hormis trois massifs du Nord-Pas-de-Calais (Forêt de Mormal, Forêt de Nieppe, Forêt d'Hesdin), les forêts de sols riches ont toutes été déboisées au profit de l'agriculture au Moyen Âge ou pendant l'Antiquité. Il est possible et probable qu'elle contienne des arbres qui sont des descendants directs de la forêt préhistorique.

Eu est classée 4 fleurs avec la distinction Grand Prix au Concours des villes et villages fleuris.

Héraldique

Histoire

Origine du nom

Le nom de la commune est lié à celui du fleuve qui la traverse : avant de s'appeler la Bresle, ce petit cours d'eau était connu au Moyen Âge sous le nom d'Ou, puis Eu. La forme Eu qui a prévalu est plutôt picarde, la forme Ou plutôt caractéristique des dialectes de l'ouest. Un texte du XIIe siècle écrit par le chroniqueur Orderic Vital ne laisse pas le moindre doute : « Aucum flumen quod vulgo dicitur Ou ». On trouve, toujours pour désigner le fleuve, diverses formes du XIe siècle présentant des variations de la consonne intervocalique : Auvae (à lire peut-être Awae), la plus ancienne IXe siècle, Aucia ou encore Auga, plus tard au Xe siècle, qui est peut-être liée à une confusion avec le terme Auga, à l'origine, lui, du nom du Pays d'Auge. Cette consonne s'est rapidement amuïe dans la prononciation courante. L'origine devrait être le germanique *awa (= eau, cf. allemand Au/Aue = pré inondable), à rapprocher du latin aqua, ou plus directement le thème indo-européen av dont les termes précédents sont issus et qui a servi à dénommer l'Aff en Bretagne, anciennement Ava et le fleuve Ava en Ukraine.

La ville d'Eu n'a par contre rien à voir avec l'agglomération romaine appelée Augusta, située un peu plus au sud-est, qui a laissé son nom à la commune voisine d'Oust-Marest, dans la Somme. Les archéologues y ont retrouvé les traces d'un théâtre et d'un temple gallo-romains.

Chronologie

En 996, le comté d'Eu est créé par Richard, petit-fils de Rollon, dans le but de protéger la Normandie. En 1050, Guillaume (futur Guillaume le Conquérant), épouse sa cousine Mathilde, la fille du Comte de Flandres au château d'Eu.

En 1180, Laurent O'Toole, archevêque de Dublin et légat du pape, tente de rencontrer Henri II Plantagenêt (roi d'Angleterre et duc de Normandie) à Rouen. Il tombe malade à Eu, où il décède. Il a été béatifié en 1186 et canonisé en 1225. La collégiale, dont les travaux débutent en 1186, porte le nom Notre-Dame-et-Saint-Laurent. Saint Laurent est le saint patron de la ville d'Eu. Une partie de ses reliques sont encore conservées dans la collégiale. Richard Coeur de Lion fit construire des remparts autour de la ville.

En 1430, Jeanne d'Arc, faite prisonnière à Compiègne par les Anglais, est conduite à Rouen en passant par Eu ; elle y passe une nuit.

Le 10 juillet 1475, le roi de France Louis XI fait incendier la ville de peur que ses habitants ne la livrent aux Anglais. Ce jour restera dans les mémoires sous le nom de « Mardi Piteux ». Seuls les établissements religieux furent épargnés.

En 1578, Henri le Balafré, duc de Guise, mari de Catherine de Clèves, 26e comtesse d'Eu, fait construire l'actuel château et fonde le collège des Jésuites (1580). Mais son assassinat à Blois, le 23 décembre 1588, contrarie l'évolution des travaux.

Au XVIIe siècle, les épidémies font des ravages réguliers. La peste de 1636 est si dévastatrice que la ville commande à l'orfèvre eudois Avril une Vierge votive en argent et fait le voeu, à perpétuité, d'une procession annuelle pour mettre un terme à l'épidémie (cette procession existe encore de nos jours).

Conséquence directe de la peste de 1636, l'Hôtel-Dieu sera construit en 1658. Les soeurs hospitalières de la Miséricorde de Jésus s'en occupèrent jusqu'en 1967.

En 1660, la duchesse de Montpensier (1627-1693), dite la Grande Mademoiselle, cousine germaine de Louis XIV et plus riche héritière de France, achète le comté d'Eu. Elle s'installe au château d'Eu en 1677, le transforme, aménage un jardin à la française, fait construire un petit château dans le parc et dote la ville d'un hôpital. Pour tenter d'obtenir la libération de son bien-aimé (Monsieur de Lauzun), prisonnier de Louis XIV à Pignerol, la Grande Mademoiselle fait don du comté d'Eu au duc du Maine, fils légitimé du roi et de Madame de Montespan. Les fils du duc du Maine mourant sans postérité, le comté revient ensuite au duc de Penthièvre (1725-1793), fils du comte de Toulouse (frère aîné du duc du Maine). Le futur roi Louis-Philippe, alors duc d'Orléans et petit-fils du duc de Penthièvre par sa mère, hérite du château en 1821. Eu devient résidence royale en 1830 et se réjouit des séjours réguliers de Louis-Philippe, roi des Français (1830-1848) et de sa famille.

Arrivée de la Reine Victoria au château en 1843

À deux reprises, en 1843 et 1845, la Reine Victoria d'Angleterre est reçue au château d'Eu, posant ainsi les bases de la future Entente cordiale franco-britannique.

À partir de 1873, Eugène Viollet-le-Duc le remania pour le Philippe d'Orléans (1838-1894) comte de Paris, prétendant au trône. Un incendie détruisit l'aile sud en 1902. L'ancienne famille impériale du Brésil (les Orléans-Bragance) le posséda de 1905 à 1954.

En 1914, l'hôpital temporaire n° 20 est installé dans le château. Grâce au travail ingénieux et persévérant de Denis Sauzéat, pharmacien aide major de 1ère classe et au précieux concours qu'il a su s'assurer avec notamment l'aide de Marie Curie et l'utilisation de la voiture du Prince Pierre d'Orléans-Bragance, un poste de radiologie est installé dans l'une des salles du château. Ce poste, commencé avec les ressources les plus minimes, était muni des plus utiles perfectionnements au départ pour le front du major Sauzéat, début septembre 1915. Cet équipement rendra les plus grands services pour la guérison des blessés.

Depuis 1973, le château d'Eu est devenu Musée Louis-Philippe. L'Association des Amis du Musée Louis-Philippe du château d'Eu fut créée en 1985 par Madame, comtesse de Paris, née Isabelle d'Orléans et Bragance (1911-2003), pour promouvoir l'enrichissement de cet édifice qui est classé Musée de France. Une partie de l'ancien domaine royal appartient toujours aux Orléans, héritiers d'Isabelle d'Orléans et Bragance.

Administration

Le château d'Eu

Liste des maires successifs

Jumelages

La ville d'Eu est jumelée avec :

  • Haan (Allemagne) depuis 1967
  • Zouk Mikael (Liban) depuis 2003

Elle entretient des relations d'amitié avec :

  • Dublin (Irlande) depuis 1995
  • Castledermot (Irlande) depuis 1995
  • Ay (France) depuis 1996
  • Is-sur-Tille (France) depuis 1996
  • Ålesund (Norvège) depuis 1996
  • Bad Lauchstädt (Allemagne) depuis 1998

Démographie

Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes

Graphique de l'évolution de la population 1794-1999

Monuments et lieux

Le château : Grand salon du rez-de-chaussée.
  • Château : De type Renaissance, avec son parc, il accueille la mairie et le musée :
    • Catherine de Clèves et Henri de Lorraine (Duc de Guise) ont fait construire le château d'Eu à la fin du XVIe siècle. La Grande Mademoiselle le fit agrandir.
    • Musée Louis-Philippe créé en 1973 : décors des XVIIe et XIXe siècles, plafonds du XVIIe siècle, parquets d'époque Louis-Philippe parmi les plus beaux de France et aménagements de l'architecte Viollet-le-Duc sous la IIIe République, collections de La Grande Mademoiselle, du roi Louis-Philippe, de la famille d'Orléans et de la famille impériale du Brésil, les princes d'Orléans-Bragance.
  • Collégiale Notre-Dame-et-Saint-Laurent, ses orgues et sa crypte (XIIe siècle - XIXe siècle)
  • Chapelle du collège des Jésuites :
    • Érigée par Catherine de Clèves pour les Jésuites, elle est dédiée à saint Ignace de Loyola.
    • Tombeaux de Catherine de Clèves et d'Henri de Guise.
  • Chapelle Notre-Dame-de-l'Hôpital.
Place Carnot, vers 1910.
  • Chapelle Saint-Laurent.
  • Hôtel-Dieu.
  • Ancien hôtel des Évêques d'Amiens (du XVIIIe siècle).
  • Théâtre Louis-Philippe (de la 1re moitié du XIXe siècle).
  • Musée des traditions verrières : machines anciennes, histoire du verre.
  • Enceinte du Bois des Combles : fortifications carolingiennes.
  • Forêt domaniale :
    • La forêt d'Eu s'étend sur 9 300 ha sur le plateau qui sépare les vallées de l'Yères et de la Bresle.
    • Le site gallo-romain de Bois-l'Abbé : temples, théâtre et thermes.

Personnalités liées à Eu

  • Henri d'Eu
  • François Anguier (1604-1669), sculpteur. Il fut marqué par son séjour en Italie et l'influence du Bernin et a été sculpteur ordinaire de Louis XIII.
  • Michel Anguier (1613-1686), sculpteur. Comme son frère, il fut fortement influencé par l'école italienne (il a rencontré et travaillé avec Le Bernin), il participa à la décoration du Val de Grâce et du château de Versailles.
  • Louis-Philippe d'Orléans (1773-1850), roi des Français, qui y passa ses vacances étant enfant puis en fit sa résidence de campagne favorite de 1821 à 1848.
  • Louis-François Rabion, maire de la ville et aimé du roi Louis-Philippe. Celui-ci, aidé de son bibliothécaire Vatou composa en son honneur la célèbre chanson du maire d'Eu.
  • Le Comte de Paris (1838-1894), petit-fils de Louis-Philippe et prétendant orléaniste au trône de France, entreprit après la guerre de 1870 la rénovation du château, qu'il avait reçu de son oncle le duc d'Aumale, sous la direction de Viollet-le-Duc puis de Louis Sauvageot après la mort de celui-ci.
  • Paul Bignon (1858-1932), maire de la ville d'Eu (1892-1929), Ministre plénipotentiaire de la France pendant la Première Guerre mondiale, sous-secrétaire d'État aux ports, à la Marine Marchande et aux Pêches du gouvernement d'Alexandre Millerand en 1920, Sénateur du département de Seine-Inférieure (1927-1932).
  • Isabelle d'Orléans et Bragance (1911-2003), qui porta le titre de « comtesse de Paris », épouse du prétendant orléaniste au trône de France, Henri d'Orléans (1908-1999).
  • Anthony Dallongeville Sageot, écrivain et photographe.
  • Gaston Leroux (1868-1927), a fréquenté le collège d'Eu, tout comme son personnage Rouletabille, le célèbre reporter, jusqu'à l'âge de 9 ans.
  • Michel Gaudry (1928-), jazzman.

Économie

La teinturerie au pied du château.
  • Téléphonie
  • Mobilier métallique
  • La vallée de la Bresle est le premier centre de verrerie (flaconnage) au monde.

Notes et références

  1. Dubois Jean-Jacques, 1989, Espaces et milieux forestiers dans le Nord de la France. Étude de biogéographie historique. Thèse d'Etat, Université Paris -I Panthéon-Sorbonne, 2 vol., 1 023 pages
  2. Source : Villes et Villages Fleuris
  3. Marianne Mulon, Dictionnaire des noms de lieux, éditions Le Robert
  4. François de Beaurepaire, Les noms des communes et anciennes paroisses de la Seine-Maritime, éditions Picard 1979, ouvrage publié avec le soutien du CNRS
  5. Présentation - Jumelages et partenariats
  6. http://www.la-glass-vallee.com/index.php/fr/La-Glass-Vallee/

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimédia :

  • Eu sur Wikimedia Commons (ressources multimédia)
  • Liste des comtes d'Eu

Bibliographie

  • Alain Minard, La Ville d'Eu à la Belle Époque, Aquadec, 2005.
  • Michel Hébert, Mon cadavre se met en boîte à Eu, éd. Charles Corlet, 2009, 218 p. Roman policier.

Liens internes

  • Bresle
  • Tramway d'Eu-Le Tréport-Mers
  • Ligne Eu - Dieppe

Liens externes

  • Site officiel
  • Site de l'Association des Amis du Musée Louis-Philippe du château d'Eu
  • Site de l'Association des Amys du Vieil EU
  • Infos Le Tréport - Eu - Mers
  • Eu sur le site de l'Institut géographique national
  • Eu sur le site de l'Insee
  • Eu sur GenCom
  • Eu sur la carte de Cassini (GenCom)
  • Eu sur Viamichelin
  • Site reprenant les activités et découvertes du sanctuaire Gallo-romain de Bois l'Abbé
  • Portail de la Seine-Maritime
  • Portail de la Normandie

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