48°42′07″N 02°08′02″E / 48.70194, 2.13389
Pour les articles homonymes, voir GIF.Gif-sur-Yvette (prononcé [ʒif syʁ ivɛt̪] ) est une commune française située à vingt-trois kilomètres au sud-ouest de Paris dans le département de l'Essonne et la région Île-de-France. Elle est le chef-lieu du canton de Gif-sur-Yvette.
Du village celte installé sur le plateau du Moulon au VIe siècle av. J.-C. à l'abbaye bénédictine fondée au XIIe siècle, Gif fut très tôt un site agricole et spirituel important du Hurepoix. Implantée dans une Vallée de Chevreuse verdoyante et reliée dès le milieu du XIXe siècle à la capitale par le chemin de fer, la commune devint un lieu de villégiature pour les bourgeois et les artistes, tels Juliette Adam, Fernand Léger ou le duc de Windsor. La seconde moitié du XXe siècle vit l'évolution rapide de la commune avec l'implantation d'importants centres de recherche et de formation scientifique, au nombre desquels le CNRS ou Supélec, et le lotissement « à l'américaine » du plateau sud avec la création du nouveau quartier de Chevry, multipliant par trois sa population.
Ses habitants sont appelés les Giffois.
Gif-sur-Yvette est située dans la région Île-de-France, au nord-ouest du département de l'Essonne, totalement intégré à l'agglomération parisienne, dans ce qui était autrefois le pays et aujourd'hui la région naturelle du Hurepoix. La commune un territoire approximativement rectangulaire augmenté de deux excroissances au nord-est et au sud, totalisant mille cent soixante hectares. L'institut géographique national attribue les coordonnées géographiques 48°42'13" Nord et 02°07'44" Est au point central de ce territoire. Relativement vaste, le territoire a conservé un caractère rural sur près de 40 % de sa superficie, avec plus de trois cent hectares boisés formant une ceinture sur les coteaux et plus de cent dix hectare de grande culture concentrée sur le plateau de Saclay au nord-est. Au fond de la vallée, le domaine communal est traversé d'ouest en est par la rivière l'Yvette, augmentée par deux affluents coulant des versants nord pour la Mérantaise et sud pour le Vaugondran. Sur le plateau de Saclay au nord ont été aménagée des rigoles et dans le lit de la rivière, deux bassins de rétention des crues régulent son cours. Cette implantation entraîne un relief contrasté entre une vallée encaissée où se loge le centre-ville, des coteaux fortement pentus et boisés et des plateau agricole au nord et pavillonnaire au sud, avec un point culminant à 172 mètres d'altitude et un point bas à seulement 57 mètres au bord de la rivière. Cet encaissement implique une relative pauvreté d'axes de communication sur le territoire avec le passage de quelques routes départementales de desserte locale, la RD 306 au nord-ouest, la RD 95 en centre-ville, la RD 128 sur le plateau de Saclay et la RD 40 sur le plateau de Courtabœuf. Ce déficit en voies routières d'importance est heureusement compensé par la présence sur le versant sud de la vallée de l'ancienne ligne de Sceaux aujourd'hui empruntée par la ligne B du RER d'Île-de-France avec deux gares réparties sur le territoire. L'urbanisation rapide et importante de la commune au cours du XXe siècle a entraîné la constitution de plusieurs quartiers bien distincts, pour certains excentrés du centre-ville ancien, mêlant grand ensemble comme à la Mérantaise ou à l'Abbaye, secteurs pavillonnaires comme à Chevry ou la Févrie et centre étudiant et scientifique au Moulon.
Limitrophe du département des Yvelines avec Saint-Rémy-lès-Chevreuse à l'ouest, Gif-sur-Yvette est ainsi relativement excentrée dans le département de l'Essonne, située à vingt-trois kilomètres au sud-ouest de Paris-Notre-Dame, point zéro des routes de France, à vingt-trois kilomètres au nord-est de la préfecture Évry, à huit kilomètres au sud-ouest de la sous-préfecture Palaiseau, à vingt-sept kilomètres au nord-est de Corbeil-Essonnes, trente kilomètres au nord d'Étampes, douze kilomètres au nord-ouest de Montlhéry, quinze kilomètres au nord-ouest d'Arpajon, vingt-et-un kilomètres au nord-est de Dourdan, vingt-neuf kilomètres au nord-ouest de La Ferté-Alais, quarante-et-un kilomètres au nord-ouest de Milly-la-Forêt et seulement onze kilomètres au sud de Versailles.
La commune est implantée sur les deux versants de la vallée de l'Yvette qui traverse son territoire d'ouest en est sur une distance de trois kilomètres quatre cent mètres depuis Saint-Rémy-lès-Chevreuse vers Bures-sur-Yvette. Dans le hameau de Courcelles-sur-Yvette, elle est rejointe par un affluent de rive droite, le Vaugondran ou Ruisseau des Fonds, puis enserre une petite île et alimente plusieurs petits étangs du parc de la Maison blanche. À proximité du Clos rose, un vaste bassin de retenue des crues a été aménagé, obligeant la rivière à se séparer en trois bras distincts avant de se regrouper au niveau du Moulin de l'Abbaye. Avant son entrée dans le centre-ville, la rivière est rejointe par son affluent de rive gauche la Mérantaise, les deux cours d'eau coulant ensuite vers un second bassin de rétention à Grignon, partagé sur le territoire de la commune voisine de Bures-sur-Yvette. Plusieurs mares sont disséminées sur le territoire, formant des réservoirs naturels. Au nord, sur le plateau de Saclay ont été aménagées des rigoles, dont la rigole de Saint-Aubin qui se jette pour partie dans la Mérantaise et la rigole de Corbeville qui coule à l'extrême nord-est du territoire.
Gif-sur-Yvette a la particularité d'être implantée à la fois dans le talweg de la vallée de l'Yvette pour son centre-ville, sur les versants nord et sud et sur le plateau de Saclay au nord et le plateau de Courtabœuf au sud. Il en résulte une importante variation d'altitude sur le territoire, le point le plus bas étant situé à cinquante-sept mètres en centre-ville au bord de la rivière et le point le plus élevé à cent soixante-douze mètres d'altitude dans le hameau de Chevry sur le plateau sud de Courtabœuf. Au sud, la déclivité du vallon est importante, avec une variation d'altitude de trente mètres entre le centre-ville et le quartier de l'Abbaye, distants d'un kilomètre et une variation de soixante-six mètres entre l'Abbaye et le plateau de Belleville, distants de seulement quatre cent mètres. Au nord, elle est relativement plus mesurée, la variation entre le cours de la rivière et l'église, distants de quatre cent mètres atteint vingt mètres d'altitude en sus, puis quatre-vingt mètres en plus sur le plateau de Saclay, dont la borne de référence est distante de près de quatre kilomètres. Caractéristique de l'Île-de-France et du bassin parisien dans son ensemble, le sous-sol est composé de couches successives de sable de Fontainebleau mêlé à la meulière, puis de marne et gypse, de calcaire et au fond de la vallée érodée, d'argile.
Le territoire de Gif-sur-Yvette, relativement étendu et découpé est limitrophe de plusieurs communes. Au nord se trouve le village de Saint-Aubin dont la frontière est en partie matérialisée par la route de Belle-Image et le chemin du Fond Fanet, au nord-est, la rigole de Corbeville sépare la commune de Saclay, à l'est, les rues Noetzlin et Joliot-Curie sépare en deux le pôle universitaire commun avec Orsay. Au sud-est se trouve Bures-sur-Yvette avec une longue frontière courant à travers le bois de le Guyonnerie, le bassin de Grignon et remontant jusqu'au plateau de Limours en longeant la forêt communale de Gif pour atteindre la frontière commune avec Gometz-le-Châtel au sud, matérialisée par les rues et chemins de Frileuse jusqu'au quartier pavillonnaire de Chevry 2. Ce même quartier est limitrophe au sud-ouest de Gometz-la-Ville, en partie séparée par la rue des Molières et la rue de la Vacheresse jusqu'au bois de Vaugondran. De ce bois démarre la frontière avec Saint-Rémy-lès-Chevreuse qui forme aussi la frontière avec le département voisin des Yvelines à l'ouest, et qui remonte vers le nord dans le bois d'Aigrefoin. Dans ce bois coule le ruisseau de la Cure qui matérialise la frontière avec le village de Villiers-le-Bâcle au nord-ouest.
Gif-sur-Yvette est située en Île-de-France et bénéficie d'un climat océanique. En moyenne annuelle, la température relevée s'établit à 10,8 °C avec des moyennes maximales de 15,2 °C et une minimales de 6,4 °C. La température réelle maximale intervient en août avec 24,5 °C et la minimale en janvier avec 0,7 °C. Elles se distinguent de celles relevées Paris par un écart constant négatif de deux degrés Celsius, qui s'explique notamment par la différence de densité urbaine entre la capitale et sa banlieue. L'influence du climat continental engendre des records extrêmes avec -19,5 °C relevés le 17 janvier 1985 et 38,2 °C le 1er juillet 1952. L'ensoleillement est comparable aux régions du nord de la Loire avec 1 798 heures en moyenne sur l'année, et les précipitations sont également réparties sur les saisons avec une moyenne mensuelle de cinquante millimètres et un total de 598,3 millimètres de pluie par an. Le record de précipitations a été établi le 17 juin 1970 avec 78,9 millimètres tombés en vingt-quatre heures.
Source : Climatologie mensuelle à la station départementale de Brétigny-sur-Orge de 1948 à 2002,.Commune fortement résidentielle et pavillonnaire, Gif-sur-Yvette est cependant restée relativement à l'écart des grands axes de circulation. Ainsi, aucun axe routier d'importance ne passe sur son territoire, la route nationale 118 l'évite en formant une légère boucle à l'extrême nord-est avant sa descente vers Orsay. L'axe routier le plus important est donc la route départementale 306, ancienne route de Paris à Rambouillet qui entre par le nord depuis Saint-Aubin et rejoint la vallée de la rivière vers Saint-Rémy-lès-Chevreuse. Elle est coupée à mi-chemin par la route départementale 95 d'importance strictement locale puisqu'elle permet de relier l'ancienne route de Chartres à Bures-sur-Yvette et l'ancienne route de Versailles à Châteaufort en irriguant le centre-ville. Au nord-est passe la route départementale 128, sorte de rocade sud du plateau de Saclay et à l'extrême sud du quartier de Chevry passe la route départementale 40 ceinturant par le nord le plateau de Limours.
Ces axes routiers permettent cependant à la commune d'être relativement bien desservie par les réseaux d'autobus avec sur le plateau de Saclay des stations de la ligne 06.07 du réseau de bus Les Cars d'Orsay, des lignes 91.06 et 91.08 du réseau de bus Albatrans et pour les quartiers de Chevry et centre-ville, des arrêts de la ligne 26902 du réseau intercommunal, et des lignes 039-002, 039-004, 039-008, 039-019, 039-030, 039-032 et 039-035 du réseau de bus SAVAC. S'ajoute la ligne de bus Noctilien N122 qui assure la continuité de service nocturne du réseau express régional d'Île-de-France.
La ligne B du dit RER passe par la commune en empruntant les voies de l'ancienne ligne de Sceaux qui suivent le cours de la vallée, la commune disposant ainsi de deux gares, la gare de Gif-sur-Yvette à proximité du centre-ville et la gare de Courcelle-sur-Yvette dans le quartier du même nom. À noter que peu avant cette gare se trouve l'un des derniers passages à niveau de la ligne pour permettre le passage du chemin de Jaumeron. La commune est en outre située à dix-sept kilomètres au sud-ouest de l'aéroport Paris-Orly et quarante-six kilomètres au sud-ouest de l'aéroport Paris-Charles-de-Gaulle, l'aéroport de Toussus-le-Noble, situé à six kilomètres au nord est lui utilisé pour l'aviation générale et d'affaires.
La commune est composée de différents quartiers bien signalés par des panneaux indicateurs. Dans la vallée se trouve à l'est le quartier de la Mairie, correspondant au centre-ville, le bassin de Bures occupé par des petites copropriétés, la Févrie, pavillonnaire. Vers l'ouest se trouvent les Coupières et les Sablons et à la frontière avec Saint-Rémy-lès-Chevreuse, Rougemonts. Le versant nord est occupé par les Quinconces et la Tuilerie, à dominante pavillonnaire et les Roches et la Mérantaise, composés de plusieurs grands ensembles. À l'extrême nord-est, sur le plateau de Saclay se trouve le quartier du Moulon qui accueille le pôle étudiant et scientifique. Le versant sud de la vallée, séparé par la voie ferrée, est occupé à l'est par les Coudraies et la Hacquinière, partagés avec la commune voisine de Bures-sur-Yvette, le grand ensemble de l'Abbaye, le lotissement de Damiette et vers Saint-Rémy, le hameau de Courcelle-sur-Yvette. Plus au sud, au-delà du massif forestier, commence le plateau de Courtabœuf, urbanisé par de vastes lotissements pavillonnaires suivant le concept nord-américains de « grande copropriété horizontale » sur le modèle des maisons Levitt, avec le quartier de Belleville, la Plaine de Frileuse, Chevry 1 et 2 et la Vacheresse, regroupant toutes les infrastructures éducatives, commerciales et de loisirs.
Le nom de la commune a une origine controversée qui expliquerait le mot « Gif » comme une évolution du mot gaulois ædificia signifiant ferme. Le nom de la rivière l'Yvette proviendrait du mot awa signifiant l'eau augmenté du diminutif icos. La mention du nom de la rivière fut ajoutée en 1932.
La présence humaines est attestée sur le plateau de Moulon dès le néolithique grâce à une fouille archéologique préventive au cours de laquelle les restes d'un village celtique datant de la fin du VIe siècle av. J.-C. au début du Ve siècle av. J.-C. furent découverts sur le territoire communal en février 2006. Il s'agissait d'un assez gros village composé d'une quinzaine de bâtiments construits en bois, sur pilotis, avec des murs en torchis. Des bâtiments secondaires à vocation agricoles (grange, étable, grenier) et peut-être artisanales ont été découverts à proximité de ces maisons. Ce village s'inscrivait dans un paléo paysage agricole et possédait peut-être une capacité défensive grâce à son implantation en rebord de plateau. Après l'invasion romaine, la commune se trouva sur le passage de la voie romaine entre Lutèce et Autricum.
Au VIIe siècle fut entreprise la construction d'une église qui ne fut achevée qu'à la fin du IXe siècle. Au XIIe siècle fut mentionnée l'existence de l'abbaye Notre-Dame-du-Val-de-Gif, tenue par des bénédictines qui disposait alors d'un domaine de dix hectares. L'abbaye bénéficia d'une restauration commandée par l'évêque de Paris Maurice de Sully. Durant la Guerre de Cent Ans, le territoire et l'abbaye furent dévastés.
Au XVIIe siècle, l'abbaye proche du Jansénisme fut disgraciée et le domaine partagé. Deux familles se succédèrent à la tête de la seigneurie, les Mérault puis les Débonnaire. À cette époque, le bourgeois parisien Gilles de Trapu fit construire le château de Belleville. En 1754, Claude Mérault commanda la construction du château de Button, qu'il ne vit jamais fini puisqu'il en fut achevé qu'en 1771 alors que la famille Débonnaire avait pris possession du domaine.
Lors de la Révolution, l'abbaye fut dissoute et vendue le 29 janvier 1791 à un bourgeois versaillais qui démantela les bâtiments pour en vendre les pierres.
Au XIXe siècle, Gif restait un village agricole cultivant en particulier la fraise dans la vallée et les céréales sur les plateaux. Des équipements importants furent ajoutés, des lavoirs, une école, un marché. En 1859, Napoléon III offrit à la paroisse un tableau de Louis Dauberon représentant un Ecce Homo. En 1867, Gif fut reliée à la Ligne de Sceaux et sa Gare de Gif-sur-Yvette fut inaugurée le 26 août 1867. En 1831, le baron Claude François de Méneval, secrétaire de Napoléon Ier fit construire le château de l'Ermitage.
En 1882, l'écrivain et salonnière Juliette Adam s'installa dans l'ancien domaine de l'abbaye et y organisa des fêtes littéraires. Elle participa ainsi à la mode des résidences secondaires, construites par les bourgeois parisiens dans la Vallée de Chevreuse.
En 1912, Édouard Noëtzlin, directeur de la Banque de Paris et des Pays-Bas acquit le château de Button. Après la Première Guerre mondiale qui vit la perte de quarante-cinq Giffois, la commune de Gif connût une importante croissance démographique. La ville prit le nom de Gif-sur-Yvette en 1932. Le 24 juillet 1921 fut inauguré le monument aux morts communal. En 1922, le château de Belleville fut transformé en école agricole et ménagère par sa propriétaire Léontine Thome. En 1938, la commune acheta le château de l'Ermitage pour y installer la mairie.
Juste après la Seconde Guerre mondiale, Gif-sur-Yvette acquit une dimension scientifique internationale, avec l'implantation du Centre national de la recherche scientifique dans la propriété de Button achetée en 1946 pour y construire le Phytotron et des logements de fonction du commissariat à l'énergie atomique dans la propriété du Val Fleury acquise en 1947. En 1952, Fernand Léger acheta l'ancienne guinguette du Gros Tilleul pour y installer son atelier. À la même époque s'installèrent au moulin de la Tuilerie le duc de Windsor et Wallis Simpson.
En 1972, l'ancienne demeure de Fernand Léger accueilli les diplomates Henry Kissinger et Lê Đức Thọ pour négocier les Accords de paix de Paris. En 1975 la ville s'étendit, avec la création du quartier de Chevry, à partir de terrains cédés par les communes voisines de Gometz-la-Ville et Gometz-le-Châtel. En 1974 s'installa sur le plateau du Moulon l'École supérieure d'électricité, confirmant encore la vocation de la vallée dans les domaines scientifiques et éducatifs. En 1976, elle compléta cette acquisition en achetant à la commune de Gometz-la-Ville le château de Belleville pour y installer une maison des associations.
En 1985, l'église Saint-Rémi bénéficia d'une campagne de restauration.
En 2003, la commune racheta le château du Val Fleury. Le 29 avril 2007, la ville subit un très fort orage entraînant une crue imprévue des cours d'eau, nécessitant l'évacuation de deux cent personnes. Le quartier du centre-ville, où coule la Mérantaise fut inondé, l'eau y atteignant deux mètres par endroits.
D'un bourg, Gif-sur-Yvette est devenue une commune importante, se classant en 2006 au dix-neuvième rang départemental. Lors du premier recensement des personnes intervenu en 1793, huit cent quinze personnes vivaient dans la commune. Une tendance à la baisse s'ensuivit jusqu'à atteindre sept cent douze résidents en 1836, pour augmenter à nouveau jusqu'à huit cent dix-huit habitants dix ans plus tard avant une nouvelle période de déclin entraînant un nombre de résidents minimal de six cent quatre-vingt douze personnes en 1872, au sortir de l'occupation prussienne durant la guerre de 1870. Après une période d'instabilité démographique, l'année 1901 marqua le début d'une période de croissance continue, démarrant à huit cent quatorze giffois puis neuf cent quatre-vingt onze en 1911, progression ralentie par la première guerre mondiale mais qui permit quand même d'atteindre mille deux cent quarante personnes en 1926 et de dépasser les mille cinq cent résidents en 1936. Le contexte de croissance économique et d'attraction de la région parisienne suivant la seconde guerre mondiale entraîna une rapide évolution, la commune passant de mille six cent quarante-neuf habitants en 1946 à quatre mille cinquante-huit en 1962 puis douze mille neuf cent quarante-cinq en 1975, à la faveur de l'implantation sur son territoire d'importants centres de recherche et d'enseignement. Cette forte croissance se poursuivie pour atteindre vingt-et-un mille trois cent soixante-quatre habitants, stagnant depuis comme le confirme le recensement de 2006 avec vingt-et-un mille huit cent seize résidents. L'immigration ne compte que pour une faible part dans cette croissance, puisque seulement 5,3 % de la population était étrangère en 1999, répartis entre 1,0 % de Portugais, 0,5 % d'Algériens, 0,4 % d'Italiens, 0,3 % d'Espagnols et 0,2 % de Marocains et Tunisiens.
L'analyse de la pyramide des âges établie à Gif-sur-Yvette en 2006 montre une relative similarité avec celle du département concernant les trois classes d'âges supérieures, au-delà de cinquante-neuf ans. Les deux classes d'âges comprises entre trente et soixante ans laissent apparaître une inversion de la représentation, les résidents de quarante-cinq à cinquante-neuf ans sont plus représentés à Gif-sur-Yvette que dans le reste du département, et inversement pour la tranche inférieure. On note aussi une très forte surreprésentation d'homme âge de quinze à vingt-neuf ans, correspondant à la population étudiante importante dans les écoles d'ingénieurs du territoire. Par voie de conséquence, cette population masculine est statistiquement moins représentée chez les résidents de moins de quatorze ans. En 1999, 35,7 % de la population de Gif-sur-Yvette était âgée de moins de vingt-cinq ans.
La commune de Gif-sur-Yvette compose à elle seule le canton de Gif-sur-Yvette, tous deux représentés par le maire et conseiller général Michel Bournat (UMP). Le canton est intégré à la cinquième circonscription de l’Essonne représentée par le député Pierre Lasbordes (UMP). Le maire actuel Michel Bournat préside le conseil municipal composé de trente-cinq élus dont vingt-huit pour la majorité du mouvement populaire, six pour l'opposition socialiste et une pour l'opposition Verts. Il est assisté par dix adjoints au maire et cinq conseillers municipaux délégués. La municipalité a en outre mis en place cinq conseils de quartier Abbaye-Coudraies-Hacquinière, Belleville, Centre-Mérantaise-Vatonne, Chevry et Courcelle-Damiette, un conseil des jeunes et deux comités consultatifs, l'un sur le logement social et l'autre sur l'urbanisme et l'environnement. L'Insee attribue à la commune le code 91 3 30 272.
En 2008, la commune disposait d'un budget de 48 852 000 euros dont 25 695 000 euros de fonctionnement et 23 157 000 euros d'investissement, financés pour 43,75 % par les impôts locaux avec des taux de taxes fixés à 14,31 % pour la taxe d'habitation, 16,58 % et 51,27 % pour la taxe foncière sur le bâti et le non bâti et 15,69 % pour la taxe professionnelle fixée par l'intercommunalité. Cette même année, l'endettement municipal s'élevait à 22 451 000 euros. Toujours en 2008, la commune disposait sur son territoire de 966 habitations à loyer modéré répartis entre six bailleurs sociaux soit 11,75 % du parc total de logement, elle ne respectait ainsi pas les préconisations de la Loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains.
La commune est membre fondateur de la communauté d’agglomération du plateau de Saclay qui rassemble dix communes. Elle lui a transféré les compétences de développement économique, d'aménagement du territoire, d'équilibre social de l'habitat, de politique de la ville, de gestion de la voirie et des équipements à caractères culturels et sportifs. Gif-sur-Yvette adhère en outre au syndicat mixte d'aménagement hydraulique de la Vallée de l'Yvette, au syndicat intercommunal pour l'équipement des communes des vallées de l'Yvette et de la Bièvre, au syndicat intercommunal pour la création et la gestion d'établissements de personnes âgées, et au syndicat intercommunal pour l'enfance inadaptée. Elle adhère à l'office de tourisme de la vallée de Chevreuse. En 2006, Gif-sur-Yvette a reçu le label « Ville Internet @@ ». L'organisation juridictionnelle rattache les justiciables de Gif-sur-Yvette au tribunal d'instance de Palaiseau, au conseil de prud'hommes de Longjumeau, aux tribunaux de grande instance et de commerce d'Évry et à la cour d'appel de Paris.
Gif-sur-Yvette est une commune politiquement ancrée à droite, comme en témoignent les résultats des dernières élections nationales et locales. Au niveau local, la commune et le canton correspondant son représenté par Michel Bournat (RPR puis UMP), élu dès le premier tour aux derniers scrutins de 2004 et 2008. En 2004 se déroulèrent aussi les élections régionales où, exception notable dans la circonscription d'Île-de-France, le candidat UMP Jean-François Copé est arrivé en tête dans la commune. Cette exception ne se renouvela cependant pas lors de l'élection européenne où comme ailleurs c'est le candidat du parti socialiste Harlem Désir qui prit la tête du scrutin. Cette ancrage à droite ne signifie pour autant pas une tendance au vote d'extrême-droite puisque le candidat Jean-Marie Le Pen (FN) n'y obtint que 7,06 % des suffrages au deuxième tour de l'élection présidentielle de 2002 alors que la même année, les électeurs giffois comptaient pour beaucoup dans la réélection du député sortant UMP Pierre Lasbordes, situation reconduite en 2007. En 2007 aussi, le candidat Nicolas Sarkozy fut comme dans le reste du territoire placé en tête, dans des proportions de vote égales à celles obtenues par le député. Les électeurs Giffois apparaissent aussi comme attachés à la démocratie, avec des taux de participation toujours supérieurs à 50 %, exception faite du référendum sur le quinquennat présidentiel qui ne mobilisa que 39,11 % des citoyens inscrits. Cette participation importante se retrouve aussi lors des scrutins supra-nationaux, avec plus de 50 % lors des élections européennes de 2004 et 2009 et une participation importante de 77,19 % lors du référendum de 2005 qui vit la victoire du « Oui », confirmant ainsi le résultats du référendum sur le traité de Maastricht où le « Oui » l'emportait avec 72,08 % des voix. Une section du MoDem est présente dans la commune.
Élections présidentielles, résultats des deuxièmes tours :
Élections législatives, résultats des deuxièmes tours :
Élections européennes, résultats des deux meilleurs scores :
Élections régionales, résultats des deux meilleurs scores :
Élections cantonales, résultats des deuxièmes tours :
Élections municipales, résultats des deuxièmes tours :
Élections référendaires :
Les établissements scolaires de Gif-sur-Yvette sont rattachés à l'académie de Versailles. La commune dispose sur son territoire de plusieurs écoles publiques, les écoles maternelles de Belleville et de la Plaine, les écoles élémentaires du hameau de Belleville et les écoles primaires du Centre, du hameau de Courcelle, de l'Abbaye, des Neuveries, de la Feuillarde et des Sablons. S'ajoutent pour la poursuite d'études les collèges Juliette Adam et des Goussons et le lycée de la Vallée de Chevreuse. Pour accueillir les jeunes enfants, la commune a mis en place la crèche Belle-Image, les multi-accueils Gribouille et Aquarelle et la halte-garderie de l'Abbaye. Les deux centres de loisirs de la Maison du Petit pont et de la Feuillarde sont disponible pour les enfants hors périodes scolaires, la Maison de la vallée est dédiée au même office pour les adolescents. Des référents de la Peep, de la Fcpe et une association communale indépendante, l'Apeig sont présents dans les établissements scolaires.
La commune accueille depuis 1975 dans le quartier du Moulon les locaux principaux de l'École supérieure d'électricité et une partie de l'université Paris-Sud 11 avec les locaux de l'institut universitaire de technologie et de l'institut de formation d'ingénieurs de l'université Paris-Sud 11, ainsi que le centre national d'études et de formation de la police nationale.
Aucun établissement de santé n'est installé à Gif-sur-Yvette. La commune accueille cependant une maison de retraite dans la résidence des Chênes verts et le foyer l'Arc-en-ciel dédié aux personnes handicapées. Les urgences et les pathologies graves sont gérées par le centre hospitalier d'Orsay. Quarante-cinq médecins et vingt chirurgiens-dentistes exercent dans la commune, sept pharmacies y sont implantés. Deux centres de la protection maternelle et infantile sont situés dans les quartiers de l'Abbaye et de Chevry.
Deux agences postales sont présentes en centre-ville et à Chevry, une étude de notaire est implantée dans la commune. La sécurité est assurée par un centre de secours mixte et deux brigades de gendarmerie en centre-ville et à Chevry.
La commune de Gif-sur-Yvette dispose de divers lieux de pratique et d'accès à la culture. Outre la bibliothèque municipale répartie sur les sites de Courcelle, du Centre, de l'Abbaye et de Chevry, elle a mis en place une ludothèque dans l'Espace du Val de Gif et participe au financement d'une salle de cinéma Le Central et de la maison des jeunes et de la culture Cyrano. Plusieurs salles polyvalentes sont réparties sur le territoire, la Terrasse pour les spectacles, le café-concert de la Maison du Mail à Chevry, la salle polyvalente du Val de Gif et le château de Belleville qui sert de salle de conférence et d'exposition. En partenariat avec les associations, elle a mis en place l'UniverCité Ouverte, une université du temps libre qui organise des conférences de vulgarisation culturelle. S'ajoute les conférences des Jeudis de la Recherche organisés par les personnels des établissements scientifiques présents sur le territoire communal. Une école d'arts et de musiques pour tous permet l'apprentissage des activités artistiques.
Gif-sur-Yvette dispose d'équipements sportifs relativement nombreux et variés, répartis sur le territoire, gérés par la commune ou des organismes privés. À proximité du centre-ville se trouve le parc des sports Michel Pelchat équipé de terrains d'honneur et deux terrains annexes pour le football et le rugby, de dix courts de tennis dont quatre couverts et d'une piste d'athlétisme, il est complété à proximité par le gymnase doté d'un plateau d'évolution et l'espace sportif du Centre polyvalent. À Courcelle se trouve deux courts de tennis couverts, un plateau d'évolution, un terrain polyvalent synthétique, un gymnase équipé d'une salle d'agrès, d'un mur d'escalade et d'un dojo et aux Sablons un autre gymnase est à disposition des habitants. Au sud du territoire, le complexe sportif des Goussons équipé pour la gymnastique, la danse et les sports de combats, le gymnase de la Plaine complété par un terrain de rugby, le gymnase des Neuveries, le gymnase de la Feuillarde, le terrain de football de la Folie-Rigault, le terrain de baseball de Frileuse et les quatorze courts de tennis de Chevry agrémentent les quartiers. Au nord, le plateau du Moulon accueille un important complexe sportif doté d'un gymnase, d'une salle omnisports, de neuf courts de tennis dont trois couverts, d'un terrain d'honneur et de deux terrains d'entraînement, d'un terrain de baseball, d'un boulodrome, d'un stand de tir et d'un jardin de tir à l'arc. À proximité de Saint-Rémy-lès-Chevreuse se trouve aussi le centre équestre de la Grange Martin, installé sur un terrain d'un hectare équipé de deux manèges et deux carrières et à Chevry a été aménagé un golf neuf trous. Le club de baseball des Gothics de Gif-sur-Yvette fondé en 1982 évolue depuis 2006 en championnat de France de baseball Nationale 1.
La paroisse catholique de Gif-sur-Yvette est rattachée au secteur pastoral de l'Yvette-Gif-Orsay et au diocèse d'Évry-Corbeil-Essonnes. Elle dispose des églises Saint-Rémi en centre-ville, Saint-Paul à Chevry. S'ajoute la chapelle Notre-Dame-des-Champs, située dans la commune voisine de Saint-Rémy-lès-Chevreuse mais fréquentée par les habitants du quartier de Courcelle. L'église Saint-Paul est aussi fréquentée par la communauté Baptiste et par la communauté Anglicane.
L'hebdomadaire Le Républicain relate les informations locales. La commune est en outre dans le bassin d'émission des chaînes de télévision France 3 Paris Île-de-France Centre, IDF1 et Téléssonne intégré à Télif.
Gif-sur-Yvette est intégrée par l'Insee dans le bassin d'emploi d'Orsay, qui regroupait en 2006 vingt-cinq communes et 128 704 habitants, les Giffois représentant 17 % du total. Dans cette zone, plus de 75 % de l'activité relève du secteur tertiaire et 18,2 % de l'industrie mais les taux dans la commune s'élevaient à 92,3 % d'employés dans le secteur tertiaire. De fait, Gif-sur-Yvette est aujourd'hui implantée au cœur de la vallée scientifique de l'Yvette et du futur cluster du plateau de Saclay. La majeure partie de l'activité est tournée vers l'enseignement, la recherche et le développement avec la présence sur le territoire de l'École supérieure d'électricité et du Laboratoire de génie électrique de Paris associé, du centre national d'études et de formation de la Police nationale et du centre national de la recherche scientifique avec les services partenaires de l'institut national de la recherche agronomique et de l'institut de biotechnologie des plantes. Ces grands établissements de recherche publics ont attiré auprès d'eux un nombre importants de sous-traitants, pour la plupart implantés dans le quartier du Moulon. En outre, la Confédération générale du travail dispose depuis 1950 d'une école centrale permanente dans le centre Benoît Frachon au quartier de Courcelle. À proximité directe de la commune, le centre du commissariat à l'énergie atomique de Saclay est répertorié au titre des émissions polluantes pour ses rejets en dioxyde de carbone dans l'air, sa consommation importante en eau potable et eaux de surface, ses rejets d'acide cyanhydrique, d'arsenic, de fluor et de zinc dans les eaux usées et sa production de déchets dangereux. Au total, sept cent quarante entreprises avaient leur siège social à Gif-sur-Yvette et quatre-vingt cinq s'étaient créées en 2007. En 1988, il subsistait encore trois exploitations agricole occupant vingt-cinq hectares de terrain employant au total neuf personnes. Depuis novembre 2005, la commune est au cœur de l'opération d'Intérêt National de Massy Palaiseau Saclay Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. Deux marchés se tiennent dans la commune, les jeudis et dimanches en centre-ville et les mercredis et samedis à Chevry.
En 2006, les entreprises présentes sur la commune employaient sept mille sept cent cinquante-cinq personnes alors que la population active communale était évaluée à dix mille soixante-treize personnes, créant ainsi une situation favorable de l'emploi avec un taux de chômage bas à seulement 6,7 %. De plus, avec 45,8 % des emplois relevant du statut cadre et 78,3 % de la population disposant d'un emploi fixe, le revenu net imposable moyen des foyers s'élevait en 2006 à 45 085 euros et 79,5 % de la population était assujettie à l'impôt sur le revenu et quatre cent seize personnes était assujettie à l'impôt de solidarité sur la fortune avec une imposition moyenne de 4 890 euros. Trois hôtels sont installés dans la commune totalisant cent neuf chambres. Le revenu fiscal médian par ménage était en 2006 de 30 647 euros, ce qui plaçait Gif-sur-Yvette au soixante-et-unième rang parmi les 30 687 communes de plus de cinquante ménages en métropole et au sixième rang départemental.
Le territoire de Gif-sur-Yvette bénéficie d'un cadre naturel relativement préservé et mis en valeur avec près de 20 %, soit près de deux cent trente hectares de la superficie couverte par des espaces boisés répartis entre les bois de la Hacquinère, d'Aigrefoin, des Coudraies et de la Fèvrie. Quatorze kilomètres de piste cyclable et quarante kilomètres de voies piétonnes quadrillent la commune, six promenades balisées ont été aménagées dans la commune pour parcourir les espaces verts, auxquels s'ajoute le tracé du sentier GR 655, correspondant à l'actuel chemin de pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle qui traverse la commune en suivant la vallée de l'Yvette. Le bassin des Coupières, le parc de la Mairie et le Belvédère complètent l'offre d'espaces verts. En 2009, la candidature de Gif-sur-Yvette pour intégrer le parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse à l'horizon 2010 a été validée par la préfecture d'Île-de-France, elle devrait être effective dès la révision de la charte du parc. Les bois communaux et les bassins des Coupières et de Grignon ont fait l'objet d'un classement par le département au titre des espaces naturels sensibles, octroyant à la commune une zone de préemption. Le parc du château de Button, propriété du CNRS est équipé de serres pour la recherche biologique et bénéficie du classement de refuge pour les espèces d'oiseaux depuis 1991.
Le patrimoine architectural de la commune est constitué de divers bâtiments. Le plus remarquable est l'église Saint-Rémi, construite au XIIe siècle dans un style roman et remaniée au XVe siècle dans un style gothique, inscrite aux monuments historiques depuis le 21 décembre 1938. il subsiste encore des bâtiments de l'ancienne abbaye Notre-Dame-du-Val-de-Gif fondée par les bénédictines au XIIe siècle, dont la ferme et du moulin. La mairie occupe actuellement l'ancien château de l'Ermitage, de style Empire et le Centre national de la recherche scientifique occupe le château de Button, du XVIIIe siècle, construit par l'architecte de Louis XV, Pierre Desmaisons pour Claude Merault, vicomte de Gif et Châteaufort dans un style classique. Commandé en 1754, le château ne fut achevé qu'en 1777, dans un parc inspiré des réalisations d'André Le Nôtre réalisé par Pillet. Revenu à Pierre-Charles Débonnaire entre-temps, il passe entre les mains de son fils cadet en 1788 puis devient la propriété de diverses personnes qui agrandissent le domaine pour atteindre soixante-sept hectares lors de la cession au CNRS en 1946,. Les lavoirs de Courcelle construit en 1876 et des Gibeciaux en 1805 complètent ce patrimoine.
Différents personnages publics sont nés, décédés ou ont vécu à Gif-sur-Yvette :
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