Givet (en Wallon, Djivet) est une commune française, située dans le département des Ardennes et la région Champagne-Ardenne. Givet est connue pour sa Foire aux Oignons le 11 novembre pendant laquelle les rues sont animées par des marchands et la fête foraine sur les deux places.
Givet constitue le point septentrional ultime de la vallée de la Meuse française. La vallée de la Meuse française se remarque, en effet, sur la carte, par une pointe qui s'avance profondément dans l'Ardenne belge, formant ce que l'on appelle communément la "Pointe de Givet" en France et la "Botte de Givet" en Belgique. Il s'y se trouve une réserve naturelle de 354 hectares (Réserve naturelle Pointe de Givet, seconde plus grande réserve de la région Champagne-Ardenne).
Cette situation résulte des conquêtes et des traités de Louis XIV contre les Pays-bas espagnols et la Principauté de Liège : son ambition était de conserver à tout prix la vallée de la Meuse.
Givet se retrouve ainsi en plein milieu de la Calestienne belge.
C'est à Givet que se trouve le confluent de la Houille avec la Meuse.
En géologie, elle constitue le stratotype d'un étage du dévonien moyen, le givétien. Ce niveau fournit un calcaire bleu typique dans l'architecture des maisons de l'Avesnois, de la Thiérache belge et de la Fagne.
Givet est située sur les deux rives de la Meuse dont la large vallée est dominée sur la rive gauche en amont de la ville, par un promontoire escarpé qui porte l'imposante citadelle de Charlemont. En face, sur la rive droite, le Mont d'Haurs est couronné par une vieille tour et des restes de fortifications. Le quartier principal, appelé le Grand-Givet ou Givet Saint-Hilaire est la vieille ville qui s'étend sur la rive gauche de la Meuse, entre le fleuve et le chemin de fer. Sur la rive droite, au confluent d'une petite rivière ardennaise, la Houille, se trouve le Petit-Givet ou Givet Notre-Dame.
Givet appartenait à la fin du Moyen Âge aux évêques de Liège. Charles Quint, en ayant obtenu la cession au XVIe siècle, fit construire la forteresse qu'il appela de son nom, Charlemont. En 1680, la place de Charlemont fut remise à Louis XIV en exécution de la paix de Nimègue ; en 1699 le traité de Lille complétant la paix de Ryswick, confirma à la France la possession des deux Givet. Le roi de France fit alors compléter les fortifications de Charlemont et celles du Grand-Givet sous la direction de Vauban.
En 1914, le bombardement de la ville commença le 29 août et dura trois jours. La ville a reçu la croix de guerre en 1923. Givet eut de nouveau à souffrir de l'invasion de 1940. Occupée par les Allemands le 12 mai 1940, elle fut libérée le 7 septembre 1944. En décembre 1944, Charlemont abrita 11 000 soldats américains. Le 24 décembre, dans un suprême effort, l'offensive allemande à travers les Ardennes, tentant de renouveler la percée de mai 1940, atteint les portes de Givet. Mais l'héroïque défense de Bastogne (Belgique) et les contre-attaques des troupes alliées anéantissent le dernier espoir d'Hitler.
Aujourd'hui, Givet conjugue histoire et modernité. L'importance considérable de son patrimoine architectural, riche en sites et monuments, complété par de nombreuses réalisations récentes, lui permet de développer une activité touristique intéressante. Ainsi, son histoire se découvre en flânant dans les rues « en demi-cercle » du « Vieux Givet », en admirant par exemple :
Dans les armoiries de Givet, trois tours sont mises en exergue, la tour Victoire, la tour Grégoire et la tour Maugis.
Ville frontière à l'extrêmité du couloir de la botte de Givet, la ville est reliée au reste de la France par la D8051 vers le sud. Par le nord l'itinéraire traverse la frontière et se poursuit jusque Namur. La D949 traverse la ville d'est en ouest, joignant les deux bouts de la RN 40 belge.
La gare de Givet est le terminus d'une ligne SNCF des TER Champagne-Ardenne reliant la ville à Charleville-Mézières.
La commune de Givet est un chef-lieu de canton composé de 12 communes :
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes
La ville possède un port fluvial de commerce géré par la Chambre de commerce et d'industrie des Ardennes.
A la fin du XVIIIème siècle et durant presque 150 ans, la cité fût reconnue pour la qualité des pipes et têtes de pipe en céramique qu'on y produisait. Au milieu du XIXème siècle, une demi-douzaine de fabricants (comme Blanc-Garin ou Gambier) se partageaient le travail. On estime qu'entre 1850 et 1926, deux milliards de pipes en terre furent fabriquées à Givet. Autrefois cité industrielle, Givet connait aujourd'hui un fort taux de chômage. Un des symboles de cette déprise fut la fermeture retentissante de l'usine Cellatex en 2000.
« C’est une jolie ville que Givet, propre, gracieuse, hospitalière, située sur les deux rives de la Meuse, qui la divise en grand et petit Givet, au pied d’une haute et belle muraille de rochers dont les lignes géométriques du fort de Charlemont gâtent un peu le sommet. L’auberge qu’on appelle l’hôtel du Mont-dOr, y est fort bonne, quoiqu’elle soit unique et qu’elle puisse par conséquent loger les passants n’importe comment, et leur faire manger n’importe quoi.
Le clocher du petit Givet est une simple aiguille d’ardoise ; quant au clocher du grand Givet, il est d’une architecture plus compliquée et plus savante. Voici évidemment comment l’inventeur l’a composé. Le brave architecte a pris un bonnet carré de prêtre ou d'avocat. Sur ce bonnet carré, il a échafaudé un saladier renversé; sur le fond de ce saladier devenu plate-forme, il a posé un sucrier, sur le sucrier, une bouteille, sur la bouteille, un soleil emmanché dans le goulot par le rayon inférieur vertical ; et, enfin, sur le soleil, un coq embroché dans le rayon vertical supérieur. En supposant qu'il ait mis un jour à trouver chacune de ces idées, il se sera reposé le septième jour.
Cet artiste devait être flamand.
Depuis deux siècles environ, les architectes flamands se sont imaginés que rien n’était plus beau que des pièces de vaisselles et des ustensiles de cuisine élevés à des proportions gigantesques et titaniques. Aussi quand on leur a donné des clochers à bâtir, ils ont vaillamment saisi l’occasion et se sont mis à coiffer leurs villes d’une foule de cruches colossales.
La vue de Givet n’en est pas moins charmante, surtout quand on s’arrête, vers le soir, comme je l’ai fait, au milieu du pont, et qu’on regarde au midi. La nuit, qui est le plus grand des caches-sottises, commençait à voiler le contour absurde du clocher. Des fumées suintaient de tous les toits. À ma gauche, j’entendais frémir avec une douceur infinie de grands ormes au-dessus desquels la clarté vespérale faisait vivement saillir une grosse tour du onzième siècle qui domine à mi-côte le petit Givet. À ma droite, une autre vieille tour, à faîtage conique, mi-partie de pierres et de briques, se reflétait tout entière dans la Meuse, miroir éclatant et métallique qui traversait tout ce sombre paysage. Plus loin, au pied de la redoutable roche de Charlemont, je distinguais, comme une ligne blanchâtre, ce long édifice que j’avais vu la veille en entrant et qui est tout simplement une caserne inhabitée. Au-dessus du clocher, surgissant à pic une immense paroi de rochers qui se prolongeait à perte de vue jusqu’aux montagnes de l’horizon et enfermait le regard comme dans un cirque. Tout au fond, dans un ciel d’un vert clair, le croissant de lune descendait lentement vers la terre, si fin, si pur et si délié, qu’on eût dit que Dieu nous laissait entrevoir la moitié de son anneau d’or. […] »
« Quelle folle terreur ont donc su nous inspirer les Belges, que Givet soit une telle forteresse ? La ville disparaît presque sous l'accumulation des défenses militaires... Forts tapis au haut des pics, terrasses armées, enceintes bastionnées, casemates blindées, fossés remplis d'eau, pont-levis, mâchicoulis, échauguettes, demi-lunes, chemins de ronde, tout ce qu'inventa, pour la sécurité des frontières, la science ancienne et moderne de la fortification, Givet en est pourvu... Par les poternes et les chemins couverts, on s'attend à voir, tout d'un coup, débusquer des hommes d'armes, bardés de fer... Ah ! les Belges doivent être fiers d'être Belges, en regardant Givet... Ils savent ainsi tout ce que leur puissance militaire a de redoutable... J'imagine aisément que Givet soit, pour eux, la meilleure école où se fortifie leur arrogance nationale. Le dimanche, les pères doivent conduire leurs enfants à Givet, et je les entends qui leur disent :
— Voyez, comme nous faisons trembler le monde !
De son côté, un officier français, devant qui je m'étonnais de ce luxe guerrier, m'a expliqué ceci :
— Il ne faut plus, au cours des luttes futures, qu'on puisse encore s'écrier : “Ah! voici les Belges. Nous sommes foutus !”
Et que de casernes !... Quelles immenses esplanades pour l'évolution des troupes!... Que de soldats !
J'ai vu défiler des bataillons et des bataillons d'infanterie. En tenue de campagne et clairon sonnant, sans doute ils revenaient d'une reconnaissance, peut-être d'un combat. Et j'ai admiré leur allure martiale, leur souple entraînement... Nous sommes bien gardés, allez !... Tout me fait croire aujourd'hui que, devant un tel déploiement de forces, un tel hérissement de défenses, l'armée belge nous laissera tranquilles, désormais... »
Givet a constitué avant 1914 l'un des trois territoires « wallons » (de langue wallonne) hors de la Wallonie « belge », avec Doncols et Sonlez (la Wallonie Grand-Ducale qui s'est presque éteinte), et la Wallonie prussienne (ou Wallonie malmédienne). Même si les habitants de la Botte de Givet ne parlent plus beaucoup le wallon, des traces en demeurent à Dinant on dit "Vive Djivet pol'peket" et à Givet on dit de soi-même "Bramin d'pîres min pon d'kaûres" (beaucoup de pierres mais pas d'argent), allusion aux rocs et versants abrupts de la vallée où se nichent toujours les garnisons militaires. Jules Michelet a écrit dans son Histoire de France qu'il était de ce pays par sa mère (de Revin exactement), et qu'il a mis dans la description de la Wallonie qu'il insère dans cette histoire un « intérêt de famille. » Dans la préface à cette Histoire écrite après coup, en 1871, il écrit à propos de Dinant et de Liège : « Ces pauvres Frances perdues dans les Ardennes entre des peuples hostiles et des langues opposées, m'émouvaient fort ».
Le journal L'Ardennais doit toujours publier sur la locale de Vireux le petit entrefilet « Kè disse à Vireux ».
On est ici dans le pays d'André Dhôtel, de Rimbaud et également, d'Arthur Masson, de Jean-Claude Pirotte, des Quatre fils Aymon, de Michelet déjà cité, de Méhul (que Michelet considère comme wallon, en raison de son obstination à définir la Wallonie par la musique).
Le couvent des Récollectines, entièrement rénové constitue un magnifique ensemble culturel. Depuis 1988, y sont ainsi accueillies en permanence la bibliothèque et la médiathèque. Ponctuellement, des expositions ou manifestations diverses y sont organisées.
Dominant la Ville, cette forteresse créée en 1555 et refaite par Vauban en 1696, doit son nom à l'empereur Charles Quint. Sa construction nécessitera 3 000 ouvriers auxquels s'ajouteront 20 000 fantassins et 3 000 cavaliers.
Elle protégeait jadis l'accès de la ville, au sud, sur la rive gauche de la Meuse, en direction de Charleville et de Rocroi. En 1862 elle fut aménagée pour le passage du chemin de fer, puis pour celui de la route (RN 51).
Un barrage à aiguilles a été construit en 1875, au moment de la canalisation de la Meuse, pour réguler le niveau de la Meuse.
À la suite de l'inondation de 1995 qui, après la rupture de la digue sur 2,5 km de long, a vu les quartiers de la ville envahis, décision a été prise de reconstruire le barrage. Le 26 octobre 2006 est posé la première pierre du nouveau barrage à vannes-clapets. L'ouvrage a été terminé en 2008.
L'ancien barrage à aiguilles des Quatre-cheminées. Aiguille en cours de dépose Barrage des Quatre-cheminées en cours de constructionServices de mobilité locale :