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Givors est une commune française située dans le département du Rhône et la région Rhône-Alpes.
Ses habitants sont appelés les Givordins et Givordines .
Au confluent du Rhône et du Gier, la commune est située à 25 km au sud de Lyon à mi-chemin sur la route menant à Saint-Étienne. Enserrée entre les monts du Lyonnais, au nord et à l'ouest, et les contreforts du Pilat, au sud et à l'ouest, elle est un carrefour faisant communiquer les régions stéphanoises, le Velay et le Forez, avec le Dauphiné, le sud lyonnais et la vallée du Rhône. L'autoroute A47 qui passe au coeur de l'agglomération relie la ville de Givors a 30 minutes de Saint-Étienne et 20 minutes de Lyon. Givors est, par ailleurs, ville porte Nord du Parc régional du Pilat.
Avant l'époque romaine, les Ségusiaves occupent le territoire correspondant à l'actuelle ville de Givors. Le premier itinéraire permettant, à partir de Vienne, de traverser Givors suivant cette direction : du hameau de Bans, le chemin longe le plateau vers l'ancienne centrale électrique et le cimetière de Givors. Il rejoint ensuite la partie la plus ancienne de la ville pour arriver au Château Saint-Gérald.
Le site, situé sur la Voie Narbonnaise, a rapidement été remarqué par les Romains qui y voyaient une position stratégique du fait que le site corresponde à un coude du fleuve Rhône. En effet, les romains et les gaulois avant eux, se sont attachés a valoriser certains lieux tels que :
En 1032, la province passe sous domination de l'empereur Conrad II le Salique et devient allemande jusqu'en 1157, date à laquelle Frédéric Barberousse reconnaît officiellement l'appartenance de cette province au Royaume de France.
Au XIIe siècle, la ville actuelle de Givors entre en possession de l'archevêque de Lyon (chef temporel et spirituel de Lyon) lié au chapitre de la cathédrale Saint-Jean.
En 1208, l'archevêque de Lyon, Renaud de Forez, décide d'ériger un château en pierres à mi-pente du coteau Saint-Gérald. Le château de Saint-Gérald demeure la résidence des chanoines, représentant des archevêques de la ville. Il est détruit en 1591 lorsque Givors est prise d'assaut par les troupes de Lesdiguières. Il ne sera jamais reconstruit.
Aujourd'hui, les ruines du château de Saint-Gérald sont encore visibles. Parallèlement, toujours en 1208, le roi de France Philippe Auguste permet la création d'un péage de Givors, que l'on appelle « le Carcabeau » (du nom de la pancarte sur laquelle étaient indiqués les tarifs du péage).
Du XVIIe au XIXe siècle, la ville est marquée par la présence de corporations des mariniers dont l'église Saint-Nicolas est le centre religieux. La seconde église Saint-Nicolas est construite en 1646 en remplacement de la chapelle que les mariniers avaient autrefois consacrée à Saint-Nicolas, protecteur de la batellerie.
Puis Givors, de par sa situation géographique privilégiée, se tourne vers l'extérieur en même temps qu'elle développe son industrie. L'extraction du charbon s'accroît significativement au XVIIIe siècle, tant et si bien qu'il est bientôt expédié vers Lyon et Vienne, à dos de mulets. On estime la quantité de minerai transportée quotidiennement à une moyenne de quatre tonnes.
Parallèlement, au XVIIIe siècle, Givors est également un centre de verrerie à travers l'installation d'une verrerie royale établie en 1749, par arrêté royal.
Avec la construction du canal et, par la suite, de la voie ferrée dans la vallée du Gier, La ville devient une véritable ville d'industrie métallurgique au milieu du XIXe siècle jusqu'en 1960. À l'exemple des Faïenceries nouvelles reconnues dans toute l'Europe, des briqueteries et tuileries route de Varissan, route de Rive de Gier sur le bords du canal, de la cristallerie (fabrique d'ampoules), du fabriquant de voiturettes à pédales pour enfants et de landaus, de la fabrique de produits réfractaires près de la gare de Givors-Ville, le canal de Givors permet à ces industries un déploiement géographique fort.
Dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, un horloger lyonnais du nom de Zacharie reprend un projet de canal entre la Loire et le Rhône. Le 28 octobre 1760, un arrêt du Conseil autorise la construction du Canal entre Givors et Rive-de-Gier. C'est le fils de Zacharie, Guillaume, qui fait achever les travaux de construction du Canal. Ceux-ci se terminent en mai 1780 et le canal est mis en circulation en décembre 1780. Ceci améliore considérablement les conditions d'exportation des productions givordines.
Dès 1824, on entend parler d'une éventuelle liaison ferroviaire entre Saint-Étienne et Lyon. Le 7 juin 1826, cette idée a largement fait chemin, puisque messieurs Seguin et Biot reçoivent l'autorisation de construire cette voie ferrée. Cette exploitation se fait en trois étapes :
Les entrepreneurs et industriels se tournent vers ce nouveau mode d'exportation et délaissent le canal, dont les tarifs ont parallèlement sensiblement augmenté.
Les deux premières révolutions industrielles prennent tout leur sens à Givors : la ville connaît un développement économique et industriel extrêmement significatif.
Le XIXe siècle français voit le réveil progressif de la classe ouvrière. Les ouvriers acceptent en effet de moins en moins la précarité de leur condition de vie.
Après avoir apporté son soutien direct à la Révolution de 1848, la ville de Givors voit très tôt, toujours conformément à son idéal de protection des droits des classes populaires, des mouvements grévistes se développer à la fin du Second Empire (1870). En effet, en deux années, 1869 et 1870, se produisent cinq grèves.
Les grèves de mars et avril 1870 sont historiques : elles touchent toutes les corporations de la ville. Les ouvriers de Prénat, de Fives-Lille, les chapeliers et les ouvriers des faïenceries se soulèvent. Cette protestation, relative à l'insuffisance des salaires des ouvriers, n'atteint cependant pas les verreries.
Les motifs de grève dans les usines givordines sont souvent liés à des revendications salariales, à la réduction du temps de travail, mais également au renvoi arbitraire d'ouvriers par la direction. Ainsi, en août 1910, le renvoi de trente terrassiers sur le chantier de la gare de Givors-canal, et ce avant la fin des travaux, entraîne la grève de tous les terrassiers.
Aux élections législatives françaises de 1936, la ville est dans la mouvance du Front populaire. Givors affirme son identité de « ville de gauche » : l'élection législative du 2 et 3 mai 1936, confirme la tendance avec la victoire de Jordery, candidat socialiste dans la circonscription. C'est à cette date historique que le Parti communiste français ouvre à Givors son premier siège.
C'est bien naturellement que Givors participe activement aux luttes sociales du Front populaire. Le 8 juin, les ouvriers de Fives-Lille, Prénat et Guy, décident d'ouvrir un cahier de doléances. Les verriers les rejoignent bientôt et exigent des salaires plus élevés, six jours de congés payés et un minimum de sécurité dans les ateliers. Devant ces cahiers de revendications, avec l'occupation des usines, les directions cèdent plus ou moins vite : Souchon – Neuvesel capitule très vite, contrairement à Fives-Lille.
Les événements français de Mai 68 trouvent un écho à Givors. Certaines usines, à l'instar de Fives, se mettent en grève. La municipalité aide concrètement les grévistes : près de 30 000 repas sont servis aux enfants des insurgés, des denrées sont également régulièrement distribuées.
Les années 1970 marquent également les débuts de la désindustrialisation : la ville doit en effet faire face à la crise économique qui frappe de plein fouet les domaines de la sidérurgie et de la métallurgie. À partir de cette période, Givors n'aura de cesse de travailler à la reconversion de ses friches industrielles.
La désindustrialisation de Givors et ses conséquences négatives sur l'emploi local entraînent de réels mécontentements : la population et les élus givordins luttent activement pour défendre l'industrie locale et le maintien des emplois.
En 1980, Fives-Babcock annonce sa volonté de cesser son activité à Givors. Les grèves se multiplient au sein de l'usine, le soutien des givordins se manifeste de diverses manières : le 13 mai 1980, Givors organise une opération « ville-morte ».
La lutte de la population givordine contre la fermeture de ses usines ne faiblit pas : ainsi, la briqueterie du Canal (1980) et le départ de l'usine Berthiez à Saint-Étienne (1982) engendrent plusieurs manifestations. Le 29 avril 1981, le conseil municipal décide même de sièger devant Berthiez.
L'élan givordin de lutte pour la sauvegarde de l'emploi s'illustre une fois de plus en 1995. En avril, l'entreprise FAMER, filiale du groupe SNECMA, spécialisée dans la réalisation de pièces tournantes pour les moteurs d'avion, annonce qu'elle dépose son bilan. S'ensuivent alors une occupation de l'usine par les employés, et plusieurs manifestations de soutien de la population givordine aux salariés de l'usine. Cette mobilisation réussit pleinement : la FAMER redémarre, les emplois sont pérennisés, une fête est organisée le 4 décembre 1996 à la salle Georges-Brassens pour couronner ce succès.
Cette victoire illustre la détermination des Givordins dans la lutte pour la sauvegarde de leurs emplois mais aussi le refus de toute une population de laisser mourir l'industrie locale.
Cependant, en avril 2001, le groupe BSN Glasspack annonce la fermeture de VMC (Verreries mécaniques champenoises). Avec elle, 468 emplois doivent disparaître. Les Givordins organisent leur résistance : les grèves et manifestations se succèdent. Dans un premier temps, en juillet 2001, donnant raison aux comités centraux des entreprises, la cour d'appel de Lyon confirme l'annulation des plans sociaux. La mobilisation de toute la ville de Givors n'empêche malheureusement pas la fermeture de l'usine en 2003.
En 1860, Édouard Glas, maire de Givors, présente au conseil municipal un projet d'armoiries pour la ville. Les trois abeilles représentaient l'activité et l'industrie. La rame et le marteau en croix (qui n'apparaissent pas sur ces blasons) symbolisent, quant à eux, les deux premières industries de la ville : la navigation et la métallurgie.
Par la suite, les armoiries ont été concédées à Napoléon III, par décrets du 2 février 1861 et du 14 avril 1866, qui les modifia. L'usage des armoiries, par la ville de Givors, était autorisée sous conditions de respect des couleurs et figures précisées:
De gueules, à trois abeilles d'or placées : deux et une ; franc quartier à dextre d'azur à l'N d'or, surmonté d'une étoile rayonnante du même, l'écu sommé d'une couronne murale à cinq créneaux, d'argent, pour cimier, traversée d'un caducé contourné, d'argent, auquel sont suspendues deux guirlandes, l'une à dextre, d'olivier, l'autre à sénestre, de chêne, aussi d'argent, nouées et attachées par des bandelettes d'azur.
À la chute de l'Empire, le quartier d'azur à l'N d'or est supprimé.
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Givors reçoit la croix de guerre, qui est ajoutée aux armoiries de la ville telles qu'elles se présentent aujourd'hui.
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes
La ville possède une antenne de la Chambre de commerce et d'industrie de Lyon. Givors abrite la zone Commerciale Givors 2 Vallées, au sud de de la ville, abritant notamment un hypermarché Carrefour.
La ville est desservie par l'autoroute A45 et la route nationale 86.
Givors est desservie par plusieurs lignes de car et de bus :
Située sur la ligne Saint-Étienne - Lyon, la ville de Givors est desservie par le chemin de fer et possède deux gares :
En novembre 2005, les communes de Givors et de Grigny ont soumis leur candidature à l'adhésion au Grand Lyon après consultation de la population. Le conseil communautaire a voté son accord à ces candidatures. Les deux villes ont rejoint le Grand Lyon au 1er janvier 2007.
Le règlement instituant le Grand Lyon imposait une continuité territoriale de la communauté urbaine. Or, entre Givors, Grigny et le reste du Grand Lyon, se trouvait la commune de Millery, peu désireuse de se joindre à l'EPCI. C'est suite à une révision du statut communautaire que la réunion des deux communes a pu devenir possible.
Les Lyonnais utilisent l'expression « être garé comme à Givors » , ou « être garé à la Givordine » pour exprimer l'idée d'un stationnement hâtif, sans respect des lignes d'emplacement, voire en un lieu interdit au stationnement. Aucune étude statistique ou sociologique ne vient toutefois confirmer ou infirmer une telle réputation.
La ville de Givors est aussi connue pour avoir donné son nom à une méthode national de joute nautique.
On dit également « fais comme à Givors » pour dire « fais comme tu veux ». Dans l'ouvrage de Gilbert-Lucien Salmon intitulé Dictionnaire du français régional du lyonnais, le verbe givorder signifie même « Aller de gauche à droite, aller et venir ».
Par ailleurs les communes de l'agglomération lyonnaise et notamment Givors développent un vocabulaire spécifique, notamment le mot pélo.
Côté football, la ville est tranchée entre OL et ASSE ce qui engendre des rivalités.
© Auteur(s) de Wikipédia / Source : Givors / Cet article est sous CC-BY-SA
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