Hayange est une commune du nord-est de la France, chef-lieu de canton du département de la Moselle, en région Lorraine. Ses habitants sont appelés les Hayangeois.
La commune est traversée par la Fensch.
L’histoire de Hayange remonte à l’époque des Mérovingiens. En effet, un cimetière mérovingien a été découvert par des mineurs de fer dans la vallée d’Hamévillers, à la sortie de la ville. La voie romaine entre Metz et Reims épousait d’ailleurs le tracé de la vallée. À l’époque franque, Hayange s’appelait Heiyingen Villa. Hei signifiant « bois enclos », donc Heiyingen est le village situé dans le bois enclos, ou à ses abords. Le fer était déjà exploité puisque des « loupes de fer » datant des temps romains ont été retrouvées.
D’après des études plus récentes et rigoureuses, l’interprétation de Hayange en « village situé dans le bois enclos » est sujette à caution. A. Dauzat et Ch. Rostaing dans le « Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France » (librairie Larousse, 1963) font remonter le nom de Hayange à celui d’un homme franc Hago ou Hayo et du suffixe germanique –ing. Ingen (latinisé en ange), à l’instar de -heim –weiller ou -villa, signifiait « le domaine de… », « la ferme de… », « le village de… » Dans le Bade-Wurtemberg (Jura Souabe), près de Stuttgart, existe également une localité du nom de Hayingen.
Le premier acte officiel connu portant le nom de la ville est daté de 821, sous le règne de Louis Ier le Pieux, fils de Charlemagne, empereur d’Occident et roi des Francs.
Domaine royal jusqu’à la Révolution de 1789, Hayange est partagée, au Moyen Âge, entre le duché de Bar et le duché de Luxembourg. L’exploitation des mines de fer remonte à cette époque, puisqu’au XIIIe siècle, Thierry, seigneur de Hayange autorise Thiébaut Ier, comte de Bar à extraire du minerai de fer sur ses terres. Le développement de Hayange est dès lors lié à l’extraction du minerai de fer et à la création de petites forges pour la traiter. Mais, les ravages de la guerre de Trente Ans sont particulièrement néfastes à Hayange et empêchent son développement.
À l’aube du XVIIIe siècle, apparaît la famille Wendel qui a marqué profondément l’histoire de la ville comme en témoignent dans l’église Saint-Martin, des vitraux représentant l’épouse de Henry de Wendel avec ses trois fils, l’épouse de Robert de Wendel et ses deux enfants. Cette église de style Renaissance italienne, construite en 1884 pendant la période allemande, sur le modèle de la Trinité à Paris comporte également d’intéressants vitraux de sainte Barbe (protectrice des mineurs), et de saint Éloi (patron des ouvriers d’usine). La plupart de ces vitraux sont l’œuvre de Laurent-Charles Maréchal, un des peintres verriers les plus importants de France dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Deux peintures ornent le transept, dont l’une est l’œuvre du peintre-verrier Casimir de Balthazar, originaire de Hayange.
Hayange compte d’autres témoins de cette époque faste, notamment la statue de la Vierge qui surplombe la ville, la chapelle, ou encore le plus grand des orgues de Moselle.
Avec l’arrivée massive des émigrants italiens, polonais, espagnols, cette communauté humaine du fer a vu tout à la fois son identité particulière se transformer et perdurer à travers une communauté de valeurs : l’espoir, la solidarité, le travail, le respect. Après la Seconde Guerre mondiale, ce sont les Maghrébins qui ont intégré notre communauté. En 1954, Hayange comptait douze mille habitants dont près du quart d’origine étrangère, ce qui a fait de notre ville l’une des plus cosmopolites de Moselle.
Hayange, ville active et en expansion, s’est enrichie dans les années 1970, de plusieurs quartiers : Marspich, Le Konacker et Saint-Nicolas-en-Forêt. Grâce aux efforts de la commune pour créer des passerelles entre les quartiers existants et le centre historique, Hayange forme aujourd’hui une ville à part entière, riche d’une population variée et solidaire, et de quartiers qui mettent à profit leur spécificité pour faire ensemble de leur ville, une ville unie.
Mentionné Marxbach en 821, Marspich au XVIIIe siècle, — en patois Maaspich — étymologiquement de bach / bich, « ruisseau » et merich / mersch, « marécage » changé en mass.
En 1817, Marspich, village de l’ancienne province des Trois-Évêchés avait pour annexes les fermes de Leyrange et Konacker. À cette époque il y avait 285 habitants répartis dans 45 maisons. En 1960, on compte 2 924 habitants. Le dernier maire avant la fusion avec la commune d’Hayange en 1971 a été Maurice Cometto. Le blason représente un lion emblème des seigneurs de Florange, qui possédaient Marspich. La bordure, symbole de Sainte-Glossinde, rappelle le patronage qu’exerçait sur l’église l’abbaye messine. L’église paroissiale de 1892 a été construite par la famille de Wendel.
Depuis 1971, Saint-Nicolas-en-Forêt est un quartier de la commune d'Hayange.
La cité de Saint-Nicolas-en-Forêt a été construite sur le plateau de Morlange, à 290 mètres d'altitude, parcelles de Fameck et de Ranguevaux. C'est en 1952 que la première famille s'est installée dans un des 475 logements commandés. Au commencement, les habitants étaient d'ailleurs dépendants de ces deux communes, sur 475 logements, 25 étaient à Fameck et 450 à Ranguevaux. Très vite, les autorités se sont rendu compte que la situation était trop compliquée, les gens ayant peu de véhicules, ils étaient trop éloignés des deux villages. C'est ainsi que l'idée de créer la commune est née, en 1953-1954, à la suite de nombreuses pétitions créées par les habitants. En effet, à cette époque, il y avait plus d'habitants à Saint-Nicolas qu'à Fameck et Ranguevaux. La création de Saint-Nicolas-en-Forêt s'est faite le 1er janvier 1958 sur une superficie de 104 ha. La commune était alors peuplée de 1999 habitants. Le 27 février 1958, le premier conseil municipal de Saint-Nicolas-en-Forêt était mis en place. Une première année marquée par un drame ; le 2 juillet un avion F100 américain s'écrase près de la place Sainte-Rita, tuant deux enfants qui faisaient des courses à proximité et blessant plusieurs personnes. Le drame aurait pu se transformer en catastrophe car une école maternelle était à proximité.
Saint-Nicolas-en-Forêt a été créé pour loger les ouvriers des usines Sollac de la vallée de la Fensch. Durant l'urbanisation de la cité, entre 1954 et 1962, des personnes de tous horizons ont emménagé à Saint-Nicolas-en-Forêt, ce qui offre une richesse interculturelle très importante. Au début des années 1960, sur 450 familles, 128 venaient du Nord, 87 de l'est de la France, 39 de l'Île-de-France, 29 du Midi, 18 du Centre et 33 de pays étrangers, notamment l'Italie, la Pologne, l'Algérie et le Maroc. En 1964, des familles espagnoles sont arrivées. Cette année là, 7 % des familles Nicoforestière étaient étrangères et 5 % naturalisées françaises.
En 1957, l'Immobilière Thionvilloise (I.T.) qui avait en charge une partie des logements de Saint-Nicolas-en-Forêt, avec une société de H.L.M., constitua la Société civile immobilière de construction de la place Sainte-Rita en collaboration avec des commerçants qui disposent chacun d'une part de la société. L'établissement comporte huit commerces, tenus par les commerçants actionnaires et d'autres venus par la suite. La société Les Trois Vallées fit construire d'autres commerces. Saint Nicolas avait sa pharmacie, sa banque, son épicerie, ses magasins d'alimentation, sa papeterie, son débit de tabac, son marchand de journaux, son salon de coiffure, son café-restaurant, son dépôt de pain, sa mercerie, etc.
Aujourd'hui, il reste la pharmacie et le dépôt de pain (qui fait également office de point poste). Un médecin et une infirmière sont également actifs sur le quartier de Saint-Nicolas-en-Forêt.
Au printemps 1956, la construction des « Domofers », des immeubles collectifs dont le matériau principal est l'acier, débute. Elle s'étend jusqu’à l'automne 1957. Vingt Domofers sont construits. Ils forment la rue du Plateau (devenue rue Pablo-Picasso), le boulevard de la Tour-Neuve, la rue Charles-Gambier et on en trouve également sur le boulevard du Jura.
Cet ensemble de Domofers permet à 288 familles supplémentaires de venir s'installer à Saint-Nicolas-en-Forêt. Les logements comportaient trois, quatre ou cinq pièces. Le dernier Domofer a été détruit en novembre 2006.
Afin de célébrer les cinquante ans de la naissance officielle de Saint-Nicolas-en-Forêt, en 1958, une exposition rétrospective a été présentée les 7 et 8 juin 2008 à l'annexe-mairie du quartier avec un historique complet, des photographies d'archives, etc.
Les usines de Hayange ont disposé de deux divisions de hauts-fourneaux. La plus ancienne, dénommée Fourneau Hayange, a connu au cours de la période moderne quatre hauts-fourneaux désignés F1 à F4 et respectivement mis à feu en 1898, 1899, 1923 et 1924. En 1971, cette division est constituée de quatre hauts-fourneaux : les hauts-fourneaux 3 et 4, à chargement manuel par cambuses qui sont alors en réserve, et les hauts-fourneaux 1 et 2 reconstruits en 1967 et 1968. Ce même site disposait de huit hauts-fourneaux XIXe siècle.
La division Patural, située à un kilomètre de la division Fourneau, vers l'aval de la Fensch, et sensiblement plus vaste, a connu six hauts-fourneaux (P1 à P6) construits au début de ce siècle entre 1907 et 1913. Trois d'entre eux l'ont été sur le modèle américain. Ces hauts-fourneaux sont reconstruits entre 1952 et 1960. En 1975, la division compte quatre hauts-fourneaux (P4 à P6), les trois plus gros faisant l'objet dans les années suivantes d'une mutation profonde avec, en particulier, l'installation d'un gueulard Paul Wurth.
En 1993, l'abandon de la minette lorraine au profit de minerais plus riches amène la « mise sous cocon » du P4. Mais en l'absence de perspective de redémarrage, ce haut-fourneau est aujourd'hui promis à la démolition.
Hayange a fusionné avec les communes de Saint-Nicolas-en-Forêt en 1970, de Konacker, et de Marspich en 1971. La commune de Ranguevaux lui fut aussi rattachée en 1972, mais se sépara à nouveau en 1987.
Hayange est le centre d'une communauté d'agglomération qui associe 10 communes de l'ouest de l'agglomération de Thionville. Créée en 2000 sous le nom de Val de Fensch, cette communauté est composée de : Algrange, Fameck, Florange, Hayange, Knutange, Neufchef, Nilvange, Ranguevaux, Serémange-Erzange, Uckange.
Le canton d'Hayange compte trois communes : Hayange, Ranguevaux et Serémange-Erzange.
Léon Wonner est nommé par le préfet président de la « commission muncipale » après la libération de la ville par les troupes américaines au mois de septembre 1944.
Nombre retenu à partir de 1968 : population sans doubles comptes
Placée sous le signe de la fraternité et de la construction européenne alors en cours, la charte de jumelage entre Hayange, Diekirch, Arlon et Bitburg, a été signée officiellement le 24 juin 1962, à Diekirch, en présence des différentes délégations communales et de représentants d’associations locales. Les 4 villes tenaient ainsi à souligner leur appartenance (au Moyen-âge) à la juridiction comtale du Luxembourg et leur long passé commun jusqu’au traité des Pyrénées (1659). Source : plaquette bilingue, illustrée de nombreuses photos, éditée à l’occasion de la cérémonie de jumelage.
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