Hettange-Grande est une commune française située dans le département de la Moselle, à 5 km de la frontière franco-luxembourgeoise, et célèbre dans le monde scientifique pour avoir donné son nom à une période du Jurassique. Son nom allemand est Grosshettingen.
Géographie
Nichée au cœur du Pays des Trois Frontières (Luxembourg, Allemagne, France), la commune de Hettange-Grande bénéficie depuis plus d’un siècle d’une réputation mondiale au sein de la communauté scientifique. C’est en effet en 1864 que le géologue suisse Eugène Renevier proposa de retenir la carrière Gries, située sur le ban de la commune, comme référence internationale d’un étage géologique datant de 199,6 à 196,5 millions d’années avant notre ère. Le stratotype Hettangien venait de voir le jour.
Quartiers
- Quartier Michelet, datant de l'époque allemande, avec l'École Primaire Claude Michelet. Plus récemment, une cité HLM s'est installée en bordure du quartier. C'est la seule de la ville.
- Quartier des Provinces, construit à l'époque de l'immigration italienne et des Pays de l'Est durant les Trente Glorieuses. Il est situé le long de l'ancienne voie romaine. On y a découvert des objets datant de l'Antiquité. C'est là que se trouvent la Cité Scolaire Pasteur et le Collège.
- Quartier du Faubourg Rastenne, le plus vieux quartier d'Hettange-Grande. C'est là que se trouvent l'ancienne demeure seigneuriale et un des rares colombiers de la région. Le quartier est traversé par la rivière Kiesel.
- Le centre-ville, s'étendant du Rocher jusqu'au quartier des Provinces. C'est là que se trouvent les commerces de la localité.
- Quartier de la Gare, comprenant la gare d'Hettange-Grande. Cette dernière, datant des années 1900, ferme en 1981 pour ré-ouvrir, totalement rénovée, en 2000. Le quartier abrite également le Centre Socio-culturel, ouvert en 1988, ainsi que la bibliothèque municipale. Enfin, le quartier est composé du stade de la ville, installé à l'emplacement même où l'on extrayait la pierre des carrières de grès d'Hettange (pierres qui servirent à paver les rues de Metz et Nancy dans les années 1850 ! ).
- Quartier Sainte-Barbe, il porte le nom de la sainte patronne des mineurs. Construit entre 1955 et 1965, il est reconnaissable par ses maisons aux toits pointus. C'est là que se trouve la maternelle Sainte-Barbe, une des trois écoles maternelles de la ville, construite lors du baby-boom des années 1950.
- Soetrich, ancien village annexé par Hettange-Grande en 1817, aujourd'hui le quartier le plus peuplé de la ville avec près de 2000 habitants.
- La Cité de Soetrich, ancien quartier minier de par sa proximité avec la mine Charles-Ferdinand. Maisons des années 1930 et la place du Klump, un hommage au passé minier de la ville.
- La Zone Artisanale "Les Balken", zone industrielle et commerciale située au nord-ouest de la ville où se sont implantés de nombreux services dont une déchetterie, un magasin vert, un centre commercial ou encore un supermarché discount.
- Quartier Chambourg-Bellevue, quartier résidentiel s'étendant au sud-ouest de la ville, vers la commune de Thionville-Elange.
- Quartier des Tilleuls, au sud de la ville. Quartier résidentiel. Maisons des années 2000 et immeubles.
Communes limitrophes
Histoire
Les prospections menées sur les bans de Soetrich et de Hettange ont permis de recueillir de nombreux artefacts préhistoriques attribuables à diverses périodes s’échelonnant du Paléolithique ancien à l’Âge du bronze. Par ailleurs, la découverte de fosses « danubiennes » témoigne de l’implantation locale des premiers agriculteurs dès le Néolithique ancien.
Des fouilles archéologiques ont mis au jour les vestiges d’un important relais routier gallo-romain, point de passage obligé sur la voie romaine menant de Metz à Trèves (actuelle Rue de Rome de la commune). Traces d’un autel, découverte de grands bassins et d’une tête de Jupiter en bronze, datant du IIIe siècle, à l'époque où Hettange-Grande s'appelait encore Caranusca. La plupart des pièces exhumées sont conservées au musée de la Tour aux Puces de Thionville. Entièrement détruit lors des invasions du IVe siècle, le bourg connut tout au long du Moyen Âge une histoire mouvementée, successivement razzié par les Messins, donné plusieurs fois en gage, rattaché au duché du Luxembourg, puis enfin à la France en 1659, par le Traité des Pyrénées. Seul vestige de ces époques troublées, la chapelle de Soetrich conserve aujourd’hui de nombreux éléments du XVe siècle qui survécurent à la guerre de Trente Ans.
Centre-ville en 1905 La Rue du Luxembourg en 1910
Le faubourg Rastenne, le plus ancien quartier d'Hettange-Grande, est occupé depuis le Moyen-Age. Dirigé par des seigneurs, le village situé sur la rivière Kiesel perd son indépendance à la Révolution Française et devient un quartier de la nouvelle Hettange. On peut encore aujourd'hui y admirer une superbe demeure seigneuriale du XVIIe siècle, la maison Jolivalt, dernière résidence des seigneurs de Rastenne. En 1811, Hettange-Grande, alors village de 500 habitants, annexe la ferme et le moulin d’Immerhof, et le moulin de Lagrange, soit 585 habitants répartis dans 94 maisons, ainsi que le village de Soetrich, qui perd son indépendance. Soertrich comptait alors 332 habitants répartis dans 53 maisons ; aujourd'hui, Soetrich s'est considérablement agrandie et totalise près de 2 000 âmes. Mais la véritable (re)naissance de Hettange-Grande remonte en fait à la période contemporaine. Les carrières furent exploitées dès 1809. Mais c’est l’industrie minière qui fut à l’origine de l’explosion démographique de la ville. La mine Charles-Ferdinand ouvrit en effet ses portes en 1904 et permit alors une activité florissante pendant 75 ans. Entre 1870 et 1914, Hettange-Grande est annexée, ainsi que le reste de l'Alsace-Moselle, à l'Empire allemand. Elle est pour l'occasion rebaptisée Gross Hettingen.
La guerre marqua également Hettange-Grande de son empreinte. Sept ouvrages à vocation défensive édifiés pendant l’entre-deux-guerres au sein de la Ligne Maginot couvrent le territoire de la commune : le gros ouvrage de Soetrich, le petit ouvrage de l’Immerhof, quatre abris d’intervalle (Stressling, Hettange-Grande, Route de Luxembourg et de Helmreich) ainsi que deux observatoires.
Entrée du quartier Guyon-Gellin
Le petit ouvrage de l’Immerhof, en parfait état de conservation, comprend quatre blocs, dont le bloc d’entrée et trois blocs de combat sous tourelles à éclipse. Trois cent mètres de galeries relient les différents blocs et les installations intérieures.
Après la guerre, la période des Trente Glorieuses (1945-1973) est synonyme d'embellissement et d'extension pour Hettange-Grande. Entre 1945 et 1975, la commune passe de 3 300 à près de 5 600 habitants, en grande partie des immigrés d'Italie et des pays de l'Est, venus chercher un emploi dans les florissantes entreprises de la région. Le quartier des Provinces se crée et s'agrandit d'année en année. En 1964, face à l'afflux toujours croissant de familles, la commune engage alors la construction d'une cité scolaire moderne pour accueillir les désormais nombreux enfants. Sur d'anciennes terres agricoles, apparaissent ainsi un gymnase, un cours de tennis, une salle omnisport, une école primaire et une école maternelle flambant neuves, puis plus tard (en 1970) le collège François Truffaut.
Quant au quartier Guyon-Gellin, construit dans les années trente pour abriter les troupes de forteresse, il est aujourd’hui occupé par le 40e régiment de transmissions.
Rattachements géographiques
- XIe siècle : Saint-Empire romain germanique
- 1185-1296 : Seigneurerie d'Hettange
- 1296-1443 : Luxembourg
- 1443-1506 : Royaume de Bourgogne
- 1506-1659 : Protectorat Espagnol
- 1659-1791 : Royaume de France (Traité des Pyrénées)
- 1791-1871 : France
- 1871-1918 : Empire allemand
- 1918-1939 : France (Traité de Versailles)
- 1940-1945 : annexion par l’Allemagne nazie
- Depuis 1945 : France
Armoiries
D'azur aux forces de tondeur renversées accompagnées de trois roses du même pointées du sinople.
Annexes
L'annexe de Suzange est rattaché à Hettange dès le Moyen Âge. L’ancienne commune de Soetrich est réunie avec celle d’Hettange-Grande en 1811.
Administration
Liste des maires de 1789 à la Libération
Démographie
La ville d'Hettange-Grande est la 23e ville la plus peuplée de Moselle, selon le recensement de l'Insee de 2007
Lieux et monuments
- Évocation du nom antique de Caranusca. Passage d’une voie romaine; traces d’un autel, découverte de grands bassins, d’une tête de Jupiter en bronze et d'une statue de Mercure. Ces pièces sont actuellement conservées au Musée de la Tour aux Puces de Thionville.
- Château fort construit en 1296, détruit par les Messins en 1387, ruiné en 1662. Il n'en reste malheureusement que peu de vestiges (une tour et un puits).
- La Mairie, construite en 1908, sous l'ère allemande, est située de l'autre côté du Rocher par rapport à l'église. Elle a été rénovée en 1987.
Édifices religieux
- Église Saint-Étienne : construite au XVIIIe siècle à l’emplacement du château détruit au siècle précédent. La nef et chœur ont été reconstruits entre 1834 et 1838, et le clocher a été surélevé en 1839 (date portée sur la façade antérieure). La très belle église de Hettange-Grande se dresse sur « le Rocher », une butte surplombée autrefois par le Château, située en plein cœur du centre-ville. L’autel, l’orgue et une grande partie de l’église ont été rénovés après avoir été gravement endommagés par un incendie en 1990.
- Chapelle Notre-Dame-de-la-Nativité : située à Soetrich, rue de la Chapelle, elle fut construite au XVe siècle ; le nef et le campanile ont été reconstruits au XVIIe siècle, sans doute en 1660, date inscrite dans l’enduit sur le chevet ; la sacristie fut construite entre 1900 et 1906 ; la flèche polygonale couverte d’ardoise est transformée en flèche carrée en 1976 ; l'armoire eucharistique et l'oculus datent du 15e, l'autel de 1703, la Vierge à l’Enfant assise du XIVe siècle.
- Les Terrasses du Presbytère : autour de l’église, toujours sur « le Rocher », a été mise en place une promenade, parmi les plus belles de la ville. Elle permet aux visiteurs de découvrir les tombes de l’ancien cimetière de la ville et une série de sculptures, réalisées par des artistes français et internationaux, ainsi que l'ancien puits du Château, un des seuls vestiges de l'époque médiévale. On peut également admirer une tour conservée de l'édifice avec deux fenêtres de style gothique. Elle est située sur la Place Mathias Loes, ancien maire de la ville.
- Vestiges de l'ancien Monument aux Morts : placé devant l'église entre 1923 et 1940, il fut détruit. On peut en voir les derniers vestiges, les statues de l'ange et du lion, au cimetière communal.
Réserve naturelle
La réserve naturelle géologique de Hettange-Grande est l’une des onze réserves géologiques de France et la seule Lorraine. C’est à Hettange-Grande que l’on a pu observer pour la première fois une couche géologique particulière le hettangien.
Ce site présente un caractère pédagogique évident. L’illustration des points géologiques les plus intéressants (grès fossilifères du Luxembourg et de Hettange-Grande, prairie sèche sur éboulis, etc.) se fait grâce à un circuit balisé avec, en saison, des visites guidées.
Un des emblèmes de la ville de Hettange-Grande est l’ammonite. En effet, on a remarqué qu’une grande proportion de ces « escargots marins » de la Préhistoire avaient élu domicile sur le site de la future Hettange-Grande, à l’époque sous la mer. D’ailleurs, des commerces portent le nom de cet animal aujourd’hui disparu et la sculpture indiquant l’entrée de la Réserve géologique en représente une.
La commune est située au sein d’un massif forestier de plus de 1 000 ha, traversé par l’antique voie romaine et de nombreux sentiers de randonnée pédestre. Ceux-ci lui offriront d’agréables promenades à la découverte des ouvrages de la Ligne Maginot, de l’ancienne mine de fer d’autrefois ou encore d’un magnifique Bildstock en grès rose, discret témoin des usages religieux d’autrefois et d’une piété populaire dont le souvenir s’est estompé.
Sculptures
Hettange-Grande n’est pas seulement célèbre dans le monde de la science. Elle est également connue dans le monde de la sculpture. Chaque année, vers avril-mai, se tient la « Rencontre internationale de la Sculpture ». Ce festival permet aux sculpteurs du monde entier d’exposer leurs nouvelles œuvres et il arrive souvent que l’un d’entre-eux en fasse cadeau d’une à la commune. En effet, depuis quelques années déjà, l’opération « Sculpture dans la ville » à considérablement embelli les rues et places en y installent des sculptures diverses, réalisés par de nombreux artistes. Parmi ces sculptures, on retiendra Envol de l’artiste Olivier-Cyr Noël, placée à l’entrée sud de la ville ; Les Joueurs de boules, placée à l’entrée de la rue menant au boulodrome Christian-Marin (l’acteur était d’ailleurs venu en personne à Hettange-Grande l’inaugurer) ; ou encore une statue de Saint Étienne (saint patron de Hettange-Grande), placée sur « le Rocher », juste devant l’église du même nom.
Galerie photographique
Ligne Maginot
Hettange-Grande était le centre du sous-secteur du même nom du secteur fortifié de Thionville de la Ligne Maginot. Le territoire de la commune est très riche en vestiges de la Ligne :
Article détaillé : Ouvrage de l'Immerhof.
Jumelages
La ville de Hettange-Grande est jumelée avec :
- Sinzig (Allemagne) depuis juin 1966
- Pederobba (Italie) depuis 1977
Personnalités liées à la commune
- Charles Bertin Gaston Chapuis de Tourville (1740-1809), général de division
- Carole Gaessler (née en 1968), journaliste
- Frédérique Lorient (née en 1967), écrivaine
Bibliographie
- Philippe Stachowski, Une station routière méconnue sur la voie Metz-Trèves, dans : Les agglomérations secondaires en Lorraine romaine, Annales littéraires de l'Université de Franche Comté, N° 647, 1997
- Philippe Stachowski, Hettange et le Bassin de la Kiesel, éditions Gérard Klopp, 1996
- Philippe Stachowski (photographies de Michel Poinsignon), Hettange-Grande, hier et aujourd’hui, éditions Serge Domini, 2002
- Norbert Hebbert & Alain Simmer & Romain Wagner, Tombes du Bas-Empire à caractère militaire de la Région de Thionville (Moselle), revue archéologique de l'Est, n° 50, Éditions Université de Bourgogne-CNRS, 1999-2000. ISBN 2-9510239-2-8 / ISSN 0035-0745
- Patrice Peiffer & Romain Wagner, « Pré et Protohistoire dans le bassin de la Kieselbach », Publications de la Société Nord-Mosellane de Pré et Protohistoire, 1997 (ISBN 2-9507118-1-2)
- Albert-Louis Piernet & Romain Wagner, « Grouss Hettengen bei de Steekaulen », HAS 9, Éditions Hemechtsland a Sproch, 1986 (ISSN 0762-7440)
Notes et références
- ↑ http://www.roelly.org/~genealogie/entraide/villageseh.htm
- ↑ http://www.hettange-grande.com/carriere.html
- ↑ http://www.archeographe.net/Le-musee-de-la-Tour-aux-Puces-a?artpage=4-17
- ↑ http://www.imagesdelorraine.org/affichagerechercher.asp?objet=10&motcle=Hettange-Grande&rech=&zoom=5869&posrec=2&iptc22=&iptc32=
- ↑ http://fork57.free.fr/maginot/images/bunker/Stresslingabri/stresslingabri.html
- ↑ http://www.hettange-grande.fr/portail/modules.php?name=Hettange&navigation=histoire
- ↑ http://www.newgaso.fr/homepag2.php3
- ↑ http://www.francegenweb.org/mairesgenweb/
- ↑ http://cassini.ehess.fr/ Population par commune avant 1962 (résultats publiés au journal officiel ou conservés aux archives départementales)
- ↑ INSEE : population depuis le recensement de 1962
- ↑ http://www.insee.fr/fr/ppp/bases-de-donnees/recensement/populations-legales/commune.asp?depcom=57323&annee=2007
- ↑ http://www.insee.fr/fr/ppp/bases-de-donnees/recensement/populations-legales/departement.asp?dep=57&annee=2007
- ↑ http://www.communes-francaises.com/57/hettange-grande/
- ↑ http://www.ac-nancy-metz.fr/enseign/svt/ressourc/regional/hettange/hettange4.htm
- ↑ http://www.acryom.com/article-10359-Sculpture-l-martine-fey.html
- ↑ http://www.ville-hettange-grande.com/index.php?option=com_content&view=article&id=224:xviie-rencontre-internationale&catid=38:fp-rokstories
- ↑ Site d’Olivier-Cyr Noël
- ↑ http://www.sinzig.de/kultur-und-bildung/hettange-grande-partnerstadt/
- ↑ http://www.comuni-italiani.it/026/056/index.html
Liens internes
- Hettangien
- Soetrich
- Abri d'Hettange-Grande
- Gare d'Hettange-Grande
- Église Saint-Étienne d'Hettange-Grande
Liens externes
- Site officiel de la commune de Hettange-Grande
- Réserve naturelle géologique de Hettange-Grande
- Quartier Guyon Gellin
- Ligne Maginot : observatoire de Hettange-Grande
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