Jeumont est une commune frontalière française, située dans le canton de Maubeuge-Nord, à 10 km ENE du chef-lieu de canton. Elle appartient au département du Nord (59) et à la région Nord-Pas-de-Calais. Elle comptait 10 090 habitants au recensement de 2006 (Jeumontois).
L'étymologie de Jeumont viendrait de Jovis Mons, le "Mont de Jupiter" en latin.
Géographie
Jeumont est la dernière commune française située sur le cours de la Sambre, qui pénètre ensuite en Belgique (première commune belge sur la Sambre : Erquelinnes). Le territoire communal est de 1 021 hectares dont 153 de bois.
Jeumont est la ville française la plus proche de Bruxelles, la capitale politique de l'Union européenne, dont elle est distante de seulement 63,88 km par calcul orthodromique (= "à vol d'oiseau").
Jeumont constitue aujourd'hui une agglomération d'un seul tenant avec les communes limitrophes de Marpent, à l'ouest, et d'Erquelinnes, à l'est, côté belge, et dont Jeumont est la principale ville. Si le tissu urbain de cet ensemble de plus de 20 000 habitants est continu, l'effet frontière est fortement marqué. Nombre de marchandises moins taxées (bières, tabac, boissons énergétiques...) sont vendues massivement du côté belge, où ont proliféré des commerces transfrontaliers. Le contraste en termes d'activité commerciale entre la rue d'Erquelinnes, à Jeumont, et son pendant belge la rue Albert Ier, à Erquelinnes, est ainsi frappante.
Jeumont est desservi par l'ancienne Nationale 49 devenue D649, qui le relie à Maubeuge par 2 x 2 voies. Cette route devait initialement rejoindre Anderlues puis Charleroi et le nord de l'Europe par la N54 belge, mais le projet n'a pas abouti de ce côté de la frontière. Il en résulte que la 2 x 2 voies prend fin en sa jonction avec la N40 belge, à Erquelinnes, et que Jeumont, malgré sa position privilégiée à 20 km de Mons et 27,5 km de Charleroi, se trouve déconnecté, ainsi que la Sambre française, d'un bassin de plus d'un million d'habitants.
De fait, les échanges entre la France et l'Europe du nord transitent plus à l'ouest par la vallée de l'Escaut et l'autoroute E19/A2, bien que la vallée de la Sambre offre théoriquement un trajet plus direct vers Paris.
D'un point de vue touristique, Jeumont bénéficie de plusieurs atouts :
- De par sa situation frontalière, Jeumont est directement connecté au réseau touristique belge RAVel qui relie, par la Sambre, la ville aux grandes agglomérations wallonnes et à Bruxelles. Cet itinéraire touristique sécurisé, le plus souvent goudronné, est réservé à tous les randonneurs, cyclistes ou piétons.
- La Sambre a été un important théâtre d'opérations lors des deux guerres mondiales. Les abords de Jeumont et de Maubeuge sont parsemés de casemates de la Ligne Maginot et d'anciennes constructions de l'époque de Serré de Rivières. La majorité, intacts, sont visibles aux abords des routes le long des crêtes de la vallée de la Sambre, ou cachés dans des bois. On peut visiter certains forts, comme celui de la Salmagne, près de Boussois.
- Jeumont se situe à la limite nord du Parc naturel régional de l'Avesnois, à proximité immédiate de villages et de vallées pittoresques, comme Solre-le-Château ou la Thure, ainsi que du parc du Val Joly, avec son lac artificiel, le plus vaste au nord de Paris. Au-delà de la frontière, les Lacs de l'Eau d'Heure sont à 22 km.
Communes limitrophes
Histoire
Jeumont était traversé au temps de l'Empire romain par la voie militaire qui reliait Bavay à Trèves, en Allemagne. Cette voie, disparue dans le paysage jeumontois, trouve des vestiges à Boussois, Montignies-Saint-Christophe ou encore Strée. C'est de cette époque que le nom de Jovis mons, "le mont de Jupiter", prit sa source à partir d'un temple élevé en l'honneur du Dieu du ciel. Cette référence étymologique est reprise par Marcel Proust au début de Sodome et Gomorrhe.
Au XIIème siècle, les seigneurs de Barbençon firent construire un château à Jeumont, dont il reste quelques vestiges.
Jeumont connaît au XVIIIe siècle un premier développement industriel. On y trouve une fonderie et une platinerie qui seront détruites à la Révolution. Des carrières de marbre et de grès seront exploitées à la fin du XVIIIème siècle. L'église du village, qui s'impose dans le paysage de la ville, date du XVIIIème siècle. Elle s'ajoute aux sept autres chapelles élevées dans la commune. Jeumont et Marpent sont représentés sur l'atlas de Trudaine (réalisé entre 1745 et 1780), ce ne sont alors que deux villages "en limite du Hainaut impérial"
Le paysage urbain jeumontois est surtout marqué par son essor économique des XIXème et XXème siècles :
- D'une part, le site du Watissart, composé d'une ancienne carrière de quartzite et de marbre devenue plan d'eau, surplombée par un bois du même nom, est devenu un lieu de promenade, de pêche et d'animations à deux pas du centre-ville.
- D'autre part, les activités ferroviaires et métallurgiques ont légué à Jeumont de grands ensembles industriels le long de la Sambre, qui tendent cependant à scinder la ville en deux, entre une "zone nord" et la zone du centre ville, au sud. Une impression de scission renforcée par la présence d'une voie ferroviaire surdimensionnée héritée des postes douaniers de la gare frontalière, qui longe la Sambre.
Héraldique
Administration
Bernard Lebas (UDR), ancien député du Nord (1968-1973),ingénieur-conseil, fut maire de Jeumont de 1971 à 1982. Il est né le 9 septembre 1929 à Valence d'Agen (Tarn et Garonne) et est décédé le 19 septembre 2006. Sources : journal Le Monde 25 septembre 2006
Démographie
Évolution de la popultion
L'évolution du nombre d'habitants depuis 1793 est connue à travers les recensements de la population effectués à Jeumont depuis cette date :
Évolution démographique'
Évolution démographique de 1793 à 2006 Economie
L'activité est dominée par l'usine de moteurs et de construction électrique de Jeumont (JSPM, 900 salariés) qui appartenait à Areva-NP (coentreprise Areva-Siemens); mais, si Areva conserve les activités de l'usine qui se rapportent au nucléaire et le nom de JSPM (Jeumont Systèmes de Pompes et de Mécanismes), les activités électromécaniques (350 personnes) ont été cédées à la fin de 2006 à Altawest (groupe nantais formé à partir de Leroux et Lotz) sous le nom de Jeumont Electric. L'ensemble est issu d'une usine Électricité et Hydraulique fondée en 1898 et qui produisit notamment des moteurs de tramway; passée dans le groupe Empain, elle prit en 1906 le nom d'Acene (Ateliers de constructions électriques du Nord et de l'Est), en 1924 celui de Facej (Forges et ateliers de construction électrique de Jeumont), puis Jeumont-Schneider en 1964 après sa fusion avec Schneider-Westinghouse; elle est entrée dans le groupe Framatome en 1993.
La commune accueille également l'atelier d'articles métalliques Cognet Escanord (40 sal.), les cartonnages Seyfert Transwell (35 sal.), la taille de pierres Granit Industrie (35 sal.) ; magasins Champion (40 sal.) et Intermarché (30 sal.), négoce de métaux Laminoirs Jeumont (70 sal.).
Lieux et monuments
- La Gare de Jeumont dont l'essentiel des bâtiments date de 1920 partage son site depuis 2007 avec un centre culturel orienté vers les technologies et les arts numériques, une salle de spectacle et de conférence, une école de musique et une médiathèque.
- Du château de Jeumont, appartenant au Moyen-Âge aux seigneurs de Barbençon, il ne reste que les sous-sol et les vestiges de la tour inscrits aux Monuments Historiques au 1er décembre 1997.
- L'Eglise Saint-Martin abrite des Fonts baptismaux en marbre noir datant du début du XVIe siècle ainsi que des dalles funéraires en pierre bleue datant du XVe au XVIIIe siècles.
- Le Watissart Le site du Watissart est une base de loisirs située au sud-ouest du centre-ville de Jeumont. Elle est constituée d'un bois, d'un parc, d'une plaine de jeu et d'un plan d'eau. Elle accueille chaque année des animations diverses, dont La fête de l'Eau. La réouverture du site interdit à la baignade depuis quelques années est un objectif de la nouvelle municipalité.
Ville et Architecture
- Adolphe Danis, (architecte français, né le 27 décembre 1886 à Jeumont et mort le 6 novembre 1969 à Maubeuge) a construit de nombreux édifices dans la région de Maubeuge au cours des années 1920 à 1950, dont notamment à Jeumont les édifices suivants, inscrits à "l'Inventaire général du patrimoine culturel" :
- L'institution Riche L'institution Albert-Riche, située au coeur de la ville, est un ancien hôpital de style Art déco construit en 1931 grâce au legs d'Albert Riche, décédé en 1916. Il s'agissait à l'origine d'un ensemble comprenant une crèche, une infirmerie et un dispensaire ; l'ensemble fut transformé en hôpital en 1935. Longtemps désaffecté, le bâtiment, actuellement propriété de la ville de Jeumont, est en cours de réhabilitation en maison de santé.
- Attenant à l'hôpital, les anciens "Bains-douches & Piscine" de Jeumont, du même architecte (1927), sont eux aussi d'un intérêt architectural certain. L'ensemble réhabilité devrait ouvrir ses portes avant la fin de l'année 2009 .
- Maison, 67 rue Gambetta (1927-1934).
- Adolphe Danis avait également réalisé un projet de "salle de spectacle & établissement de danse" qui a été approuvé et validé en 1952. Le "centre culturel" actuel est cependant le résultat d'un autre projet, ni daté ni signé, réalisé de 1952 à 1955. (A noter que la salle de fêtes de Marpent, toute proche, est également due à A. Danis.)
- La Gare de Jeumont a été construite en 1881 par le père d'Adolphe Danis, architecte également. Endommagée pendant la Première Guerre Mondiale, elle a été reconstruite en 1920. Elle a en partie été reconvertie en "plateforme d’art et de technologie numérique" en 2007.
Sont également inscrits à "l'Inventaire général du patrimoine culturel" :
- le "lotissement concerté" de 12 maisons de l'avenue Henri-Fournier construites en 1932.
- la maison à loggia décorée d'un carrelage mural (1918), sise au 149 rue Léon-Blum.
- la maison dite "villa Sarrat" (1925), sise au 432 avenue du Général-de-Gaulle.
- l'usine sise au 27 rue de l'Industrie (de la fin du XIXe siècle au milieu du XXe)
- 2 immeubles à logements (1952), dits "le Clapier", rue Salengro.
Jumelage
- Erquelinnes (Belgique)
- Wadern (Allemagne) Jeumont y est jumelée aux villages de Lockweiler et Krettnich
Personnalités liées à la commune
- Adolphe Danis, architecte français, né le 27 décembre 1886 à Jeumont et mort le 6 novembre 1969 à Maubeuge
- Jean-Pierre Papin, célèbre footballer français, a grandi à Jeumont, et a joué au club municipal de 1970 à 1978.
- Benjamin Saint-Huile, le maire de la ville, est actuellement le plus jeune maire de France ( catégorie villes de plus de 10 000 habitants).
Voir aussi
- Liste des communes du Nord
- Gare de Jeumont
Galerie photos
Notes et références
- ↑ Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur site de l'École des hautes études en sciences sociales. Consulté le 14 février 2010
- ↑ Recensement de la population en 2006 sur INSEE. Consulté le 14 février 2010
- ↑ http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_4=AUTR&VALUE_4=DANIS%20ADOLPHE
- ↑ [1]
- ↑ http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=RETROUVER_TITLE&LEVEL=1&GRP=0&REQ=((jeumont)%20:LOCA,PLOC,INSEE%20)&USRNAME=nobody&USRPWD=4$%2534P&SPEC=9&FIELD_1=cmer1&VALUE_1=jeumont&FIELD_2=cmer4&VALUE_2=&FIELD_3=cmer5&VALUE_3=&FIELD_4=AUTR&VALUE_4=&FIELD_5=cmer2&VALUE_5=&FIELD_6=titre&VALUE_6=&FIELD_7=date%20protection&VALUE_7=&FIELD_8=DOSURLP&VALUE_8=%20&SYN=1&IMAGE_ONLY=&MAX1=1&MAX2=1&MAX3=100&DOM=Tous
Liens externes
- Site officiel de la ville de Jeumont
- Office de tourisme
- Jeumont sur le site de l'Institut géographique national
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Services de mobilité locale :