Langres est une commune française située dans le département de la Haute-Marne dont elle est l'une des deux sous-préfecture, et la région Champagne-Ardenne. Possédant une histoire d'envergure nationale et une citadelle qui n'a cessé d'être occupée depuis l'Antiquité gauloise puis romaine, elle est actuellement classée ville d'art et d'histoire, et membre des associations ville fleurie et ville internet.
Ses habitants sont appelés les Langrois et les Langroises, ou toujours les Lingons.
La ville est située sur le plateau de Langres qui permet le passage du Bassin parisien à la vallée de la Saône, près de la source de la Marne. Elle est donc sur la ligne du partage des eaux des bassins de la Seine, du Rhône et de la Meuse.
Les quatre lacs réservoirs : lac de la Liez, lac de la Vingeanne, lac de la Mouche et lac de Charmes ont été construits afin d’alimenter en eaux le Canal de la Marne à la Saône.
Les armes de la cité sont en réalité les armoiries du siège épiscopal, dont le titulaire était également duc de Langres et pair de France. Ces armoiries sont très anciennes puisqu'on les retrouve déjà dans le sceau de Saint Hérulphe, 32e évêque de Langres, de 755 à 774.
L'écu est placé dans un cartouche et timbré d'une couronne murale. On rencontre toutefois encore fréquemment une anomalie héraldique dans le blason officiel de Langres : c'est la couronne ducale, conservée de l'ancien duché-pairie qui, à la place de la couronne murale, timbre les armoiries.
Quant à l'inscription du cartouche Civitas antigua Lingonum (l'antique cité des Lingons), elle rappelle les origines celtes et le fait qu'elle fut une des première des Gaules à se voir accorder la qualité de peuple allié, puis la citoyenneté romaine.
Les Lingons sont un des peuples importants de la Gaule. Très tôt ils s'étaient alliés aux Romains, et le restèrent lors de la conquête des Gaules par César . À l'époque gallo-romaine, Langres est la capitale des Lingons et s'appelle alors Andemantunnum.
Le Testament du Lingon fait partie des documents les plus célèbres du Bas Empire.
Article détaillé : Andemantunnum. Article détaillé : Voie romaine Langres-Metz.Après le déclin lié aux invasions, la ville retrouve une prospérité au Moyen Âge grâce au rôle politique grandissant de ses évêques.
Au Moyen Âge, Langres était le centre d'un diocèse immense s'étendant à l'origine sur trois provinces - Champagne, Bourgogne et Franche-Comté - siège d'un comté dès les premiers temps de la monarchie. Certains de ses évêques furent des commissaires impériaux (missi dominici) sous Charlemagne. Les évêques obtinrent le droit de battre monnaie au IXe siècle et l'autorisation de nommer le gouverneur militaire de la ville en 927. L'évêché de Langres devint un duché pairie vers le XIIe siècle: les évêques étaient à la fois ducs et pairs de France.
Les troubles des XIVe et XVe siècles amènent la ville à renforcer ses fortifications. Langres passe sous tutelle royale.
La Renaissance redonne prospérité à la ville qui voit construire les plus beaux édifices civils, religieux et militaires qui subsistent aujourd'hui.
Charles IX passe dans la ville lors de son tour de France royal (1564-1566), accompagné de la Cour et des Grands du royaume : son frère le duc d’Anjou, Henri de Navarre, les cardinaux de Bourbon et de Lorraine.
Les fonctions importantes de la ville sont celle d'un évêché et le commerce en gros, entre Lille et Lyon. Un artisanat spécialisé s'est développé dans la ville puis hors les murs vers Nogent, la coutellerie. Mais la ville n'a jamais eu un grand développement, sa population a culminé à 8-9000 habitants, si bien qu'elle n'a pas pu s'imposer comme chef lieu, lors de la formation des départements. Chaumont, la ville proche et rivale, bien plus centrale dans la géographie des départements qui avait été adoptée, devint le chef-lieu de la Haute-Marne et dépassa Langres en population sans pouvoir s'imposer comme métropole.
Au XIXe siècle, une citadelle à la Vauban vient étendre le domaine fortifié. Elle est contournée par les Prussiens lors de la guerre de 1870.
En 1884, la ville décide de marquer le centième anniversaire du décès de Denis Diderot. Dans ce cadre, la place Chambeau est renommée place Diderot et une statue en bronze du philosophe, œuvre de Bartholdi, est érigée en son centre. Cet honneur rendu à un farouche représentant de l'athéisme fut l'occasion de nombreuses contestations dans une ville de province, reculée et très conservatrice dont la religion avait fait historiquement la puissance.
En 1887, la ville inaugure le premier train à crémaillère de France.
Au cours de la Seconde Guerre mondiale, est libérée le 13 septembre par les troupes débarquées en Provence.
La ville a engagé dès 1970 une procédure de création de secteur sauvegardé (délibération municipale du 23 novembre 1970 et arrêté ministériel du 26 mars 1985). Le plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur délimite un périmètre protégé de 68 ha comprenant les remparts et leurs glacis, la ville intra-muros et le faubourg de Sous-murs. Son caractère fortifié lui donne le surnom de Carcassonne du Nord.
En 1972 Langres absorbe la commune de Corlée.
Depuis 2006, la mise en lumière des principaux monuments permet de créer une atmosphère charmante dès le coucher du soleil.
Les remparts de Langres ont été construits sur 2000 ans. Les fortifications, dont une partie de type bastionné, ont été remaniées par le génie militaire. Elles couvrent 3,6 km, faisant le tour de l’ancienne ville avec ses sept tours fortifiées, ses six portes et la porte gallo-romaine rappelant que Langres fut, au IIe siècle, la capitale du peuple des Lingons. Au XIXème siècle, le système des fortifications de la ville s'est étendu à des forts bâtis à des 10 et 15 kilomètres de la ville, et qu'on peut encore découvrir enfouis dans les forêts (par exemple du côté de Chauffour).
architecture bastionnée construite fin XIXe siècle. Siège de la caserne Turenne ; « 3 000 hommes en 1870 » ; 21e RI ; 711e CME.
Ensemble défensif de 20 mètres de haut et pour un diamètre de 30 mètres, au sud-ouest de la ville, inaugurée par François . La tour Navarre a des murs de 7 mètres d'épaisseur et comprend deux étages. Elle fut couverte dès le XIXe siècle d'une imposante charpente en chêne (visible de l'intérieur) et d'un toit conique. La tour d'Orval loge une rampe tournante afin de desservir la tour Navarre.
Construite sur ordre de Louis XI, elle protégeait le sud-est de la ville. C’est la première tour d’artillerie permettant le tir sur 360 °. Elle comporte deux étages de casemates destinées à l'origine à recevoir des couleuvrines, avec soutes à poudre et munitions. Elle fut restaurée en 1842.
Elle fut construite pour protéger les accès Ouest de la ville. Entourée de murs de 8 mètres d'épaisseur, elle est conçue pour recevoir des canons à différents niveaux. Un escalier large de 5 mètres, s'amorce sur un gros pilier central cylindrique soutenant les quatre voûtes sur croisée d'ogives de la première salle.
L'intérieur, en partie comblée, ne présente plus qu'une basse salle voûtée, tandis que la partie supérieure forme un logis de deux étages. Autrefois, la terrasse pouvait recevoir des canons protégeant la ville du côté nord. Elle a été transformée en colombier militaire après la guerre de 1870.
elle fut pendant longtemps l'unique accès Sud de la ville. Elle était percée à l'origine de trois ouvertures (une porte charretière centrale et deux portes piétonnes latérales), avant de conserver que deux passages identiques. La toiture est composée de tuiles en bois.
Également appelée porte Neuve construite par le génie en 1848 pour faire jonction avec la porte des moulins (au Sud de la ville) également a deux porches à l'Ouest de la ville.
À l'Ouest de la ville : vraisemblablement ouverte à la fin du 14e siècle, elle servait de lieu de réunion des Capitaines à masse.
La plus ancienne porte ouverte. Elle est formée par le 2e Arc de Triomphe que l'on pense généralement avoir été élevé en l'honneur de Constance Chlore pour sa victoire sur les germains en l'an 301.
Nord-Ouest de la ville, fortifiée en 1592 et reconstruite en 1750, son poste de garde de la porte de l'Hôtel de Ville (1620).
Aujourd'hui inclus dans les remparts, il est l'unique partie visible des monuments ornementaux de l'époque gallo-romaine. Il fut élevé en l'honneur de l'empereur Marc-Aurèle Photos
Indépendamment des éléments remarquables signalés ci-dessous, le charme de Langres tient à la préservation générale de son cadre. Les bâtiments anciens en pierre, la faible circulation, l'éclairage des bâtiments, un tourisme contrôlé et une population similaire en nombre à celle du 18e siècle, donne l'impression que le temps s'est suspendu entre les murs de la ville.
Inspirée par l'école de Cluny et par l'architecture gallo-romaine, la cathédrale est une des œuvres les plus remarquables du XIIe siècle, à mi-chemin entre l'art roman et l'art gothique. La façade fut élevée de 1760 à 1768. À noter : les chapelles, les tapisseries, le buffet des grandes orgues,les boiseries, les grilles en fer forgé, ...).
Datée de 1676 et désaffectée à la Révolution, elle est reconvertie en théâtre depuis 1838 et entièrement rénovée en 2000. Le théâtre compte 250 places.
Originale et complexe, elle présente 5 nefs voûtées sur croisées d'ogives. À la suite d'un incendie, la façade et le clocher (campanile) furent reconstruits entre 1728 et 1745.
Chapelle de l'ancien monastère des religieuses de l’Annonciade. Cet édifice abrite des objets d’art sacré. Des expositions ponctuelles rappellent le rayonnement considérable du diocèse de Langres pendant de nombreux siècle.
Chapelle octogonale construite en 1873 sur la colline des Fourches, sur un plan de l'architecte langrois Girard.
Œuvre de Bartholdi de 1884. Elle a été restaurée en 2008.
Une discrète plaque en pierre signale la naissance de Diderot sur la façade du 6 (au niveau du premier étage) place Diderot (place Chambeau jusqu'à la fin du 19e siècle). Selon Raymond Trousson, l'emplacement ainsi désigné est erroné : le lieu exact est le 9 de la place, au coin avec la rue du Grand-Cloître.
Don du roi Louis XV, construit à l'emplacement de l'ancienne maison de ville, il fut plusieurs fois ravagé par des incendies, dont le plus grave fut celui de 1892. Le fronton triangulaire supporté par quatre colonnes corinthiennes, dressées au-dessus d'un perron de l'escalier à double volée est sculpté d'un cartouche aux armes de la ville. Réfection en 1893.
L'actuel centre hospitalier de Langres est un établissement public de santé fondé au XIIe siècle, qui a connu au fil du temps de nombreuses restructurations architecturales. Les plus remarquables datent de la fin du XVIIIe siècle (portail, chapelle en 1770).
Construction civile la plus importante du Moyen Âge encore visible. Une tour orthogonale contient un escalier ; chaque pan est séparé par un contrefort et chaque étage souligné par une moulure et des gargouilles.
Façade à ordre et scandée sur trois étages par des colonnes successivement ioniennes, corinthiennes et composites, frises et gargouilles.
Hôtel particulier construit en 1576 composé de 2 ailes perpendiculaires derrière un grand portail. Le décors du corps de logis date du XVIe siècle. Actuellement en travaux de rénovation, il accueillera prochainement un musée à Denis Diderot.
Ancien collège des Jésuites où Denis Diderot fit ses études. Le bâtiment est achevé en 1767.
Créé en 1830 sur l'emplacement de l'église Saint-Pierre Saint-Paul, le square fut agrémenté d'un kiosque à musique (1890), d'une statue de Jeanne Mance par Cardot (1968).
Plantée sur l'ordre de Sully (ministre d'Henri IV), pour remercier les langrois de leur fidélité au roi pendant la Ligue, la grande allée de Blanchefontaine se compose de trois voies parallèles, de 800 m., bordées d'arbres, qui conduisent le promeneur jusqu'à la fontaine de la Grenouille. Ce cadre inspira Denis Diderot dans plusieurs de ses écrits, en particulier dans sa lettre à Sophie Volland du 3 août 1759.
Le chemin de fer à crémaillère de Langres fut la première ligne de chemin de fer à crémaillère construite en France ; elle avait vocation à desservir la place-forte de Langres, en Haute-Marne, depuis la gare des chemins de fer de l'Est située en contrebas, le long de la Marne.
Article détaillé : Train à crémaillière de Langres.Gare SNCF sur la ligne 4 (Paris-Mulhouse)
Article détaillé : Gare de Langres.Compte tenu de l'évolution des modes de déplacements et de la surabondance d'automobiles le funiculaire a été installé à un autre emplacement sur le rempart en 1995, par la municipalité de Guy Baillet, pour relier la ville dans ces remparts au parking Sous-Bie en contrebas et permet aux automobilistes de garer leurs véhicules hors les murs mais à proximité du centre. Il est basé sur le même principe que celui de Montmartre à Paris et a été construit par la société Skirail.,
Voir aussi la liste des personnalités nées à Langres.
La ville a donné son nom à un fromage.
Article détaillé : Langres (fromage).Plasturgie, Teflon, caoutchouc, disques compacts, coutellerie, métallurgie, mécanique, automobile, informatique.
Freudenberg, Fuesas, Plastic Omnium, 3P, Imprimerie de Champagne, Graglia, Horiot père et fils, Chaudières Miquée, Stramare, FMS, OgerDécoration, Entrin 52, Doras Elce matériaux, Fontana Top Sol, MGCA, Aluc, Morisot, La Mure, Petit, Dedome, Thirion, Déchèterie, OgerPropreté...
Le maire élu de Langres est, depuis mars 2008, Didier Loiseau de l'UMP (Gastroentérologue), qui succède à Christian Nolot, divers gauche, élu en 2001.
Conseiller général : Jean-Marie Voillemin.
Sous-préfet : Philippe Harang.[4]
Commune associée : Corlée.
Évêque de Langres : Philippe Gueneley.
Faubourg des Auges, faubourg des Franchises, faubourg de Brevoines, Saint Sauveur, L'Arbelotte, faubourg de Saint-Gilles, faubourg de Buzon, Ferme de Saint Anne, Ferme du Séminaire, faubourg du Moulin-Rouge, faubourg de Louot, faubourg des 3 rois, faubourg de la collinière, faubourg Saint Didier.
Balesmes-sur-Marne, Champigny-lès-Langres, Chatenay-Mâcheron, Humes-Jorquenay, Peigney, Perrancey-les-Vieux-Moulins, Saint-Ciergues, Saint-Vallier-sur-Marne et Saints-Geosmes.
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes
Cassini possède un historique des recensements de Langres depuis 1794.
Jumelage triangulaire entre les villes de Langres, Ellwangen et Abbiategrasso
Services de mobilité locale :