Le Creusot est une commune française située dans le département de Saône-et-Loire, en région Bourgogne. Elle fait partie de la métropole Rhin-Rhône.
Le Creusot est une ville de la région Bourgogne, chef-lieu de cantons (Le Creusot-Est et Le Creusot-Ouest) du département de Saône-et-Loire. Avec 23 813 habitants, les Creusotins, elle est la troisième ville du département derrière Chalon-sur-Saône et Mâcon (préfecture). Son économie est dominée par la technologie de pointe dans le domaine des aciers spéciaux (Arcelor-Mittal), de l'énergie (Areva, General Electric Oil & Gas, Siag), des transports (Alstom, Safran-Snecma) etc. Le Creusot, forte de sa riche histoire industrielle, abrite un Écomusée ainsi que l'Académie François Bourdon, centre d'archives industrielles, qui retracent l'épopée de la dynastie Schneider, famille fondatrice de la ville. Depuis les années 1990, la ville développe ses atouts touristiques avec, comme principale vitrine, le Parc des Combes, où friands d'attractions et de balades en train touristique côtoient sportifs et amateurs de détente en pleine nature. Le Creusot est par ailleurs le deuxième centre universitaire de Bourgogne (derrière Dijon), avec son Institut universitaire de technologie [1] (4 départements, 6 licences professionnelles) et le centre universitaire Condorcet [2] (4 filières DEUG, DESS), antenne de l'Université de Bourgogne.
Le Creusot est une ville de Saône-et-Loire, au sud de la Bourgogne. La région environnante est marquée par l'élevage (avec un paysage de bocage très présent) mais également par la viticulture puisque les célèbres cépages bourguignons s'épanouissent à quelques 20 km au nord et à l'est du Creusot. On peut aussi noter la proximité du massif du Morvan (et notamment du Mont Beuvray). Bien qu'aucun cours d'eau ne la traverse, les plans d'eau ne sont pas rares tout autour de la ville (lac de Torcy, étang du Breuil, étang de Brandon et lac de Montaubry).
Jusqu'en 1782, Le Creusot n'est qu'un hameau sans industrie, situé au lieu-dit La Combe Denis, le village le plus important à proximité étant alors Montcenis. En 1782, une fonderie royale est construite au Creusot pour profiter des ressources en houille de la région, cette manufacture de canons est la première usine de la ville. Un ingénieur et industriel anglais, William Wilkinson participera au développement de la métallurgie. La famille royale décide également de construire au Creusot la cristallerie de la reine en 1786. Après la Révolution, en 1818, la fonderie et la cristallerie changent de propriétaire. Les forges sont rachetées en 1826 par Manby et Wilson, mais font faillite en 1833. C'est en 1836 qu'entre en scène une famille lorraine, la famille Schneider. Eugène et Adolphe Schneider, à la recherche d'un site permettant l'établissement d'aciéries, décident de racheter les forges du Creusot qui possédaient les réserves houillères indispensables à la réalisation de leur projet et dont la région ne manquait pas de minerai de fer (mines de Mazenay-Change). Les Schneider mettent en place un plan de développement industriel et urbain du Creusot.
Commence alors plus d'un siècle de domination Schneider sur la ville du Creusot. Eugène et Adolphe Schneider se tournent vers des productions résolument modernes, destinées notamment au chemin de fer (locomotives, rails en acier) ou à l'armée (canons, blindages) et dont la qualité est mondialement reconnue. La société se distingue par la production d'aciers spéciaux ainsi que par l'utilisation d'outils modernes comme, par exemple, le marteau-pilon à vapeur qui permet de forger des pièces avec une grande précision. Ainsi les aciers du Creusot se montrent souvent à leur avantage lors des concours (Exposition Universelle) par rapport à leurs concurrents (Vickers, Krupp AG, Škoda).
Le Creusot n'est plus une bourgade mais une ville-usine. C'est le fief des Schneider qui s'y font aménager en résidence la cristallerie royale (appelée château de la Verrerie). La mairie est à plusieurs reprises dirigée par des membres de la famille. Adolphe et Eugène se servent de la ville pour appuyer leurs ambitions politiques : Eugène Schneider est plusieurs fois député et même président du corps législatif de 1867 à 1870.
La ville et ses usines, qui comptent alors environ 10 000 ouvriers, sont aussi le foyer de mouvements sociaux dont le développement affronte une sévère répression. Autour de 1870, des figures du militantisme ouvrier tels qu'Eugène Varlin, Benoît Malon, Adolphe Assi ou Jean-Baptiste Dumay y sont impliquées.
En janvier 1870, la question du contrôle de la caisse de secours mutuel donne lieu à des arrêts de travail qui débouchent en mars sur une grève de 23 jours. Après la chute du Second Empire en septembre, Eugène Schneider se réfugie en Angleterre. Jean-Baptiste Dumay est nommé maire de la ville. Le 26 mars 1871, en écho à l'insurrection parisienne, Dumay et la garde nationale proclament la Commune du Creusot. Mais l’armée prend le contrôle de la ville et dès le 28 mars, le mouvement est étouffé.
La fin du XIXe siècle connaît un regain de tensions sociales qui culminent avec la grève générale de 1899, très dure. Eugène II Schneider fait appel à l'armée. La répression antisyndicale se traduit par des renvois en masse et marque durablement les esprits. Plus tard, en 1936, Le Creusot ne connaîtra pas un seul jour de grève.
La société Schneider diversifie son implantation industrielle avec la construction de nouvelles usines à Chalon-sur-Saône, à Montchanin ou plus tard au Breuil, mais Le Creusot reste le cœur de l'entreprise. Lors de la Première Guerre mondiale, celle-ci participe à la fabrication des premiers tanks français avec le char Schneider CA1. L'activité se diversifie également dans la production d'équipements électriques.
Durant la Seconde Guerre mondiale, la ville, grand centre industriel doté de capacités de production d'armes, est occupée le 18 juin 1940 par l'Allemagne nazie. Pour arrêter toute production, les aviations anglaise et américaine bombardent la ville à plusieurs reprises. Le bombardement du 17 octobre 1942, par la RAF, fait 63 morts et plus de 250 blessés. Le bilan est encore plus lourd dans la nuit du 20 au 21 juin 1943 : plus de 300 morts et 1000 blessés, destruction au moins partielle de l'hôtel-Dieu, de l'hôtel de ville, du château de la Verrerie et de trois églises. Ces bombardements ont laissé un souvenir très fort dans la mémoire des Creusotins car c'est essentiellement la population, plus que les usines, qui a été touchée.
De 1836 à 1960, au Creusot, tout tourne autour de la sidérurgie et de la dynastie Schneider. Celle-ci déploie un paternalisme qui tend à réguler tous les aspects de la vie des Creusotins. Les aciéries emploient au moins un membre de chaque famille creusotine. Des écoles sont créées (les dernières fermeront leurs portes au milieu du XXe siècle), un dispensaire puis un hôpital sont mis en place, des logements sont bâtis pour les ouvriers et les ingénieurs (on peut encore voir aujourd'hui au Creusot leurs quartiers respectifs). Tous ces aménagements permettent d'améliorer la vie des Creusotins qui travaillaient souvent dans des conditions difficiles (on cite en particulier les puddleurs dont l'espérance de vie était très limitée).
Les habitants entretiennent des relations passionnelles avec leurs patrons (les Schneider), tantôt s'engageant contre eux dans des luttes syndicales très dures (la grande grève de 1899), tantôt leur rendant de vigoureux hommages en se cotisant pour leur ériger des statues ou en se mobilisant à l'occasion des événements de la famille (mariages ou enterrements par exemple).
L'entreprise, au fil des ans, devient un immense conglomérat où se côtoient les activités sidérurgiques et électriques (développées à partir de la fin du XIX siècle). Mais cette belle mécanique se grippe en 1960 avec la mort de Charles Schneider. Orpheline, l'entreprise n'est plus la même. L'âge d'or est bien loin lorsqu'éclate le choc pétrolier de 1973. Les usines Schneider (appelées alors Creusot Loire Industrie) entrent dans une terrible période de difficultés financières qui aboutit au dépôt de bilan en 1984. Les mouvements sociaux se multiplient au Creusot en 1983-1984 mais sans succès et la plus grande partie de l'usine disparaît. Les activités sidérurgiques ayant survécu aux difficultés sont intégrées au groupe Usinor (désormais Arcelor, et maintenant Arcelor Mittal) tandis que l'entreprise se recentre sur ses activités électriques (Schneider Electric). La ville perd ici son plus grand pourvoyeur d'emplois.
Saigné à blanc par le dépôt de bilan de Creusot-Loire en 1984, le Creusot a réussi à dépasser cette période sombre de son histoire : la plupart des activités historiques ont été reprises par différents grands groupes mondiaux ; de plus, d'importants efforts ont été menés pour diversifier les activités.
De sorte qu'aujourd'hui le site industriel ne comporte aucune friche. Y sont notamment implantés :
D'autres entreprises encore ont fait le choix du Creusot comme BSE (électronique), Siag (mâts d'éoliennes), Pinguely Haulotte (nacelles élévatrices), NFM (tunneliers et grands systèmes mécaniques)…
Dans cette conjoncture, les Creusotins tentent de rénover leur ville afin de développer de nouvelles sources d'emplois notamment dans le secteur tertiaire qui se développe rapidement depuis quelques années.
La ville s'est, depuis 1984, beaucoup transformée. Les vastes étendues d'ateliers ont disparu pour laisser place à d'autres activités. La ville a ainsi développé une politique de loisirs en créant un parc d'attractions mettant en avant le thème, historique pour la cité, de la locomotive. L'ancienne cristallerie royale qui avait été transformée en château par la famille Schneider s'est muée en Écomusée. Les anciennes halles de construction de locomotives ont été transformées en bibliothèque universitaire. D'importants travaux sont toujours effectués pour redonner vie aux rues marchandes de la ville. Une association, l'académie Bourdon, s'est créée afin d'organiser les archives des usines qui sont mises à la disposition des chercheurs. L'association crée également des expositions. Pour se donner de plus grands moyens, Le Creusot a cofondé la Communauté urbaine Creusot-Montceau (CCM), qui regroupe 18 villes de la région.
Le Creusot dispose d'un réseau de transport en commun par bus assuré par une entreprise de la CCM, Creusot Montceau Transport (CMT). La gare du Creusot est desservie par les TER Bourgogne mais les Creusotins ont également accès au TGV grâce à la gare Le Creusot-TGV. La ville est proche de l'autoroute puisque la route nationale 80 relie Le Creusot à l'A6 en 25 minutes, André Jarrot est à l'origine de son tracé.
Le château de la Verrerie est en partie occupé par l'Écomusée chargé de mettre en valeur le patrimoine, notamment industriel, du Creusot et de sa région.
La Ville du Creusot s'est doté d'une Mediathèque fin 2007. Les locaux de l'ancienne Bibliothèque municipale (Quartier de la Molette) furent réhabilités pour accueillir de nouveaux documents (DVD notamment) et offrir de nouveaux services (Postes Multimédias). Le secteur Musique regroupe l'un des fonds les plus importants du Département.
Le Creusot possède une scène nationale, L'Arc, située au cœur de ville et qui accueille chaque année des artistes de renom (se sont notamment produits Julien Clerc, Bernard Lavilliers ou encore la troupe de théâtre Les Deschiens).
Au niveau musical une longue tradition existe dans la ville avec l'Harmonie des usines fondée au XIXe siècle par les Usines Schneider. Devenue aujourd'hui Harmonie municipale, elle continue à animer la vie de la cité.
Elle possède un très beau conservatoire, dans les locaux de l'Alto, où pas moins de trente disciplines sont enseignées de façon sérieuse.
L'orchestre symphonique de la communauté qui réunit une soixantaine de musiciens amateurs et professionnels [ http://orchestreccm.monsite.orange.fr ], né en 1977 d'un orchestre qui existe au Creusot depuis 1920, donne des concerts dans toute la Bourgogne et au-delà pour perpétuer le répertoire classique et faire connaître des compositeurs contemporains.
Le plus ancien festival de musique du Creusot est Blues en Bourgogne - Festival du Creusot [3], qui existe depuis 1991. Le Creusot accueille aussi le Festival des Giboulées, qui comme son nom l'indique a lieu fin mars - début avril. Ce festival mélange groupes locaux dans une scène off et stars nationales et internationales à la Halle des Sports. Ce festival est plus ouvert au niveau du style puisqu'on y trouve aussi bien des groupes de dub ou de chanson française que de musique électronique. Joey Starr, Thiefaine, Les Ogres de Barback, Ezekiel, Big Mama, la Ruda, Rachid Taha, les Wampas, No one is innocent, Mano Solo, Enhancer, N&SK, Mass Hysteria, The Skatalites, JMPZ, Kaophonic Tribu… se sont déjà succédé sur cette scène !
Les groupes de musique du Creusot reflètent ces influences, car outre le heavy metal, l'influence du blues et des musiques jamaicaïnes est importante. Quelques noms de groupes passés et présents : les Kaktus, les Battaglia (plutôt marqués blues), les Pilgrims, Kalimero Dub Nation, Royal Macadam Orchestra (plutôt influencés par le ska, le dub, et la chanson française « jazzy » pour les derniers), ainsi que les Monky Brass Band. Dans la scène de « metal - rock » creusotine, on peut retrouver de jeunes groupes prometteurs tels que Exortal ou The Sons Of Talion (ex-Talion). Ces groupes jouent régulièrement à la salle municipale de l'Escale, dans des concerts gratuits où les jeunes habitués se retrouvent dans la convivialité. La musique électronique, quant à elle, n'occupe qu'une infime partie de la culture creusotine, notamment avec Flex Blur.
Sur la scène Hip-Hop/Funk, c'est la Arthur Crew qui se fait remarquer, avec des lyrics incisives, un son tantôt sinueux et torturé tantôt cagoulé. Les membres, (Pernini, Pomoky, S.Dess, Tanga, Bagnoulz, Duplouy et Garçiouze) sont des amis proches de TTC ou encore Qhuit desquels ils s'inspirent. A noter certains titres : « Duployer, je m'appelle Duployer », « Le son des capuches », « On est plus forts que les Branleurs ». Un album est en préparation.
Le Creusot a longtemps vibré au rythme des performances de son équipe de rugby, jadis présente au plus haut niveau du championnat français (Club olympique Creusot Bourgogne).
Elle possède également l'équipe Creusot Cyclisme.
En football, plusieurs clubs évoluent au Creusot, avec notamment la JO Creusot, l'ANFE et Le Creusot portugais.
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes
(par ordre chronologique de naissance)
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