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Loudun est une commune française, située dans le département de la Vienne et la région Poitou-Charentes. Ses habitants sont appelés les Loudunaises et les Loudunais.
C'est une petite ville avec les ruines de l'ancien château détruit par Richelieu et dont le centre historique est entouré de vieux remparts. Cette ville possède un grand patrimoine culturel avec, entre autres, sa Tour Carrée, ses ruelles qui ont gardé l'esprit du Moyen Âge, toutes les caves à champignons et à vins, sans oublier le musée Renaudot.
Le mot gaulois dunon, qui désigne une forteresse, et parfois un lieu en hauteur, a laissé sa trace dans le nom de beaucoup de villes françaises même lorsque ceux-ci ont été latinisés par la suite. Le plus souvent, il est associé au nom d'un chef gaulois comme à Loudun justement, mais aussi à Verdun ou Meudon. Ou encore au nom de dieu gaulois le plus vénéré Lug par exemple. C'est le cas à Laon et à Lyon dont les deux noms dérivent de Lugduno.
Tout au nord du département de la Vienne, la commune de Loudun est bordée à l'ouest par le Martiel, un sous-affluent de la Dive.
La ville est située au croisement de la route nationale 147 et des routes départementales 14, 61, 63, 147 et 759, soit en distances orthodromiques, 20 km à l'est de Thouars, 22 km au sud-ouest de Chinon et une quarantaine de km au sud-sud-est de Saumur.
Au nord, la départementale 47 dessert le village de Véniers.
Loudun et le Loudunais sont situés dans un territoire à la croisée des marches de trois grandes régions historiques : l'Anjou, la Touraine et le Poitou.
Contrairement au découpage actuel, où la région Poitou-Charentes présente au nord du département de la Vienne une excroissance pour englober Loudun, au Moyen-Âge et jusqu'à la Révolution française, c'est le Saumurois qui s'enfonce dans le Poitou actuel englobant Loudun jusqu'à Mirebeau au Sud.
En 986, Guillaume III de Poitiers et Geoffroy Ier d'Anjou s'affrontent au lieu-dit Les Roches Saint-Paul, alors rattaché à la paroisse de Coussay. Geoffroy obtient le fief de Loudun mais est vassal de Guillaume. Loudun dépend des comtes d'Anjou jusqu'en 1206, date à laquelle Philippe Auguste la rattache à la Couronne de France. Cependant, Philippe Auguste donne Loudun en garde à Guillaume des Roches, sénéchal d'Anjou et du Maine, car le roi de France considère Loudun comme une place stratégique et décide de remplacer l'ancien château par une nouvelle forteresse pour contrer les puissants Plantagenêt.
En 1214, Jean sans Terre intrigue contre le roi Philippe Auguste, en achetant l'aide des barons poitevins : les Chauvigny, les Mauléon et les Thouars. Jean-sans-Terre occupe Angers. Louis, le fils de Philippe Auguste intervient à Moncontour dont il fait détruire le château. De son côté, Philippe-Auguste est vainqueur à Bouvines. Il vient aussitôt à Loudun pour imposer la paix de Chinon à Jean sans Terre qui doit renoncer à la plus grande partie de ses possessions en Poitou.
Sénéchaussées de l'Anjou au XVIIIesiècleEn 1476, le roi René, duc d'Anjou est contraint de conclure un accord avec Louis XI, étant accusé d'avoir négocié avec Charles le Téméraire. Loudun est à nouveau réunie à la couronne de France. Louis XI l'érige en bailliage. François Ier ordonne qu'on rédige la coutume de Loudun. Le Loudunais devient une sénéchaussée. La sénéchaussée de Loudun dépend du gouverneur de Saumur.
En 1542, lors de la création de la généralité de Tours, la sénéchaussée de Loudun intégre cet ensemble territorial constitué par les provinces d'Anjou, du Maine et de la Touraine.
Localisation de Loudun dans l'Anjou de l'Ancien régime.En 1568, les luttes entre protestants et catholiques reprennent. Henri, roi de Navarre, alors âgé de 16 ans se trouve à Loudun avec l'armée protestante. Les protestants brûlent la collégiale Sainte-Croix, le couvent de l'église des Carmes (Saint-Hilaire-du-Martray) et l'échevinage. Le duc d'Anjou (futur Henri III) fait le siège de Loudun pour récupérer la cité aux mains des protestants.
En 1569, Coligny assiège Poitiers, mais l'arrivée de l'armée royale le force à lever le siège. L'affrontement a lieu lors de la bataille de Moncontour : le duc d'Anjou inflige une défaite sanglante aux Huguenots.
En 1584, Henri III donne l'ordre de faire détruire la forteresse érigée par Philippe Auguste, le palais des ducs-rois d'Anjou-Sicile et de l'enceinte fortifiée de Loudun.
En 1587, Henri de Navarre s'empare de Loudun ainsi que de Vivonne, Mirebeau et Châtellerault.
En 1605 fut prévu un siège de présidial à Loudun, qui aurait compris le bailliage de Chinon, mais l'opposition de Tours et Poitiers empêcha le projet d'aboutir.
En 1628, la baronnie de Mirebeau fut acquise par le cardinal de Richelieu et unie en 1631 au duché-pairie de Richelieu, et dont le tribunal ducal relevait à la fois du Parlement de Paris et de la sénéchaussée de Saumur.
En 1630, la ville de Loudun fut le théâtre d'une traque lancée par le cardinal de Richelieu, avec pour objectif de faire taire le prêtre catholique Urbain Grandier qui le critiqua férocement.
En 1631, Louis XIII envoie à Loudun le conseiller d'État Jean Martin, baron de Laubardémont, afin de terminer la démolition de la forteresse construite par Philippe-Auguste, du palais des ducs-rois d'Anjou-Sicile, du donjon et de l'enceinte fortifiée de la ville.
En 1634 commença à proprement parler « l'affaire des démons de Loudun ».
En 1711, le 6 septembre, un tremblement de terre a mis à bas une partie des murailles, et provoqué l'effondrement d'une partie de l'église principale.
En 1790, lors de la création des départements français, le Sud-Saumurois (sénéchaussée de Loudun et pays de Mirebeau dépendants du gouverneur de Saumur et partie méridionale de l'Anjou) est rattaché au département de la Vienne.
Comme le reste de la France, Loudun accueille favorablement les avancées de la Révolution française. Elle plante ainsi son arbre de la liberté, symbole de la Révolution : et, en tant que symbole, il est coupé le 5 mai 1793, lorsque la nouvelle de la prise de Thouars par les armées vendéennes arrive, par crainte de représailles. Les membres du conseil municipal jugèrent également plus prudent de se replier sur Chinon, et le drapeau blanc fleurdelysé flotte un instant sur la bourgade. Dès l'alerte passée, il est replanté (le 8 mai), puis à nouveau le 18 (pour un spécimen de plus grande taille). Lorsque un détachement de cavalerie vendéenne pénètre dans la ville le 25 juillet, l'arbre est abattu une nouvelle fois. Il est à nouveau replanté, suivi de trois autres : un porte (Saint-)Nicolas, un autre place de la Boeufetterie, un troisième porte de Chinon, et le dernier dans le quartier du Martray. Ils deviennent des lieux de ralliement pour toutes les fêtes et les principaux événements révolutionnaires, comme la célébration des victoires des armées révolutionnaires, la lecture de lois, l'anniversaire de l'exécution de Louis XVI. Ces quatre arbres sont abattus de nuit en octobre 1799, au moment de la réaction royaliste, mais replantés immédiatement. Un autre arbre est abattu et replanté en janvier 1800.
Loudun est chef-lieu du district de Loudun de 1790 à 1795, puis de son arrondissement de 1800 à 1926.
En 1802, lors de la nomination des premiers préfets de France, c'est un Loudunais, Pierre Montault-Désilles qui devient premier préfet du département de Maine-et-Loire. La même année, son frère Charles Montault-Désilles, devient l'évêque d'Angers.
La Wehrmacht pénètre dans la ville le 20 juin 1940.
En 1948, pour célébrer le centenaire de la révolution de février 1848 et de la Deuxième République, un arbre de la liberté est planté dans le jardin de la mairie.
En 1964, l'ancienne commune de Veniers fusionne avec Loudun. En 1972, Rossay en fait autant.
Loudun est le siège de la communauté de communes du Pays Loudunais qui regroupe 52 communes, dont sept communes associées et quatre cantons : Loudun, Moncontour, Monts-sur-Guesnes, Les Trois-Moutiers.
En 1999, sa population était de 24 625 habitants, pour une superficie de 849 km².
Loudun est jumelée à six villes :
La commune de Loudun s'est agrandie à deux reprises, d'abord en 1964 avec l'intégration de Véniers, puis en 1972 avec la fusion-association de Rossay, qui reste commune associée.
La population de Véniers est toujours restée relativement stable, entre 400 et 500 habitants.
La population de Rossay a atteint son maximum en 1926 avec 233 habitants.
Longtemps cantonnée entre 4 500 et 5 500 habitants, la population de Loudun a brusquement augmenté dans les années 1960 et 1970 pour culminer à 8 120 habitants au recensement de 1982. Depuis, elle a perdu 900 habitants en 24 ans.
Le Loudunais est une région agricole et viticole. Le leader mondial des produits tubulaires destinés au bovins, la société Agritubel, est basée à Loudun.
La ville possède une antenne de la Chambre de commerce et d'industrie de la Vienne.
© Auteur(s) de Wikipédia / Source : Loudun / Cet article est sous CC-BY-SA
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