Luz-Saint-Sauveur en occitan Lus e Sant Sauvaire, est une commune du département des Hautes-Pyrénées, dans la région Midi-Pyrénées, en France. Longtemps dénommée simplement Luz, la ville a pris son nom actuel de Luz Saint Sauveur le 9 avril 1962 ; elle inclut les hameaux des Astès et de Villenave. Ses habitants se nomment les luzéens.
Commune située dans les Pyrénées sur le gave de Gavarnie et le gave du Bastan qui traversent Luz et se rejoignent à l'aval du village pour former le Gave de Pau. Luz s'est bâtie sur le cône de déjections morainiques du torrent de l'Yse, qui rejoint le gave du Bastan au niveau de la ville
De tous temps, l'histoire de la ville (et des villages environnants) a été marquée par des inondations destructrices mais sans perte humaine, qui grâce aux travaux successifs entrepris en amont (digue sur la rive gauche du Bastan décidée en 1905, barrages) sont aujourd'hui heureusement maîtrisées :
Toute la vallée de Luz (et plus largement l'ensemble des Pyrénées) se situe dans une zone fortement sensible aux tremblements de terre, dont le plus terrible (intensité MSK=VIII-IX) a été ressenti le 21 juin 1660 dans une zone comprise entre Saint-Savin, Bagnères de Bigorre et Luz et a occasionné de gros dégâts dans la région, une douzaine de victimes ainsi qu'un certain nombre de changements naturels (chaos, nouveaux lacs naturels) en montagne. D'une expansion de plus de quatre cents kilomètres, il a ainsi pu être perçu jusqu'en Vendée où Louis XIV et Marie-Thérèse d’Autriche dont l’union venait d’être célébrée ont été les témoins.
Plusieurs fois par an, de petits tremblements de terre dont l'épicentre est plus lointain se font sentir: leur magnitude est en général comprise entre 2 et 2,5 avec cependant quelques séismes plus rares approchant une magnitude de 5 sur l'échelle de Richter. Ainsi, un tremblement de terre de magnitude 4,9, dont l'épicentre était très proche de Luz (latitude 42°99 N et longitude 0°05 W) s'est produit sans dégât le 17 novembre 2006 à 19h19. Un tremblement de terre a été enregistré le 1er avril 2010, avec une magnitude de 4,3 sur l'échelle de Richter et un épicentre au SE de Tarbes (latitude 43,02N et latitude 0,29E).
Quelques données officielles permettent de mieux comprendre l'activité de la ville (commerces, services publics, pôle touristique, très peu d'agriculture)
La zone d'activités de Souscatets comprend :
Un casino présent historiquement dans la ville et récemment rénové proposait une Boule et 40 machines à sous et employait 18 personnes. Il a été fermé pour raison économique le 16 août 2006.
En raison de son activité touristique été comme hiver, la ville dispose au total d'un nombre élevé de services parmi lesquels : poste, perception, collège et écoles primaires, centre médical, gendarmerie, banques, supermarchés et 4 campings.
Une campagne de publicité dans le métro parisien sur le thème "Depuis Luz , vous embrassez les Pyrénées" a eu lieu en juillet 2006. Une nouvelle campagne d'affichage métro a eu lieu en mai 2010.
De 1901 à 1939, Luz-Saint-Sauveur a été reliée à Pierrefitte-Nestalas par le tramway Pierrefitte – Cauterets – Luz.
Elle a été imaginée en 1966 par les élus locaux de cinq communes: Luz-Saint Sauveur, Grust, Sazos, Sassis et Viscos. Les travaux ont commencé avec l’ouverture de la route depuis Grust en 1970. La première ouverture de la station a eu lieu le 16 janvier 1975 sur le site du Béderet avec deux téléskis ! Le secteur d’Aulian a été ouvert la saison suivante avec les téléskis Turon 1 et Pourtère 1 et 2
Située à 12 kilomètres du centre-ville, Luz-Ardiden (altitude 1700-2500 m) s'étend aujourd'hui sur un domaine de 110 hectares et propose 60 kilomètres de pistes balisées tous niveaux ainsi que les équipements les plus modernes (2 télésièges débrayables 6 places, 105 canons à neige, un tapis pour débutants de 135 mètres de long, un snowpark au label AFS). Un accident mortel viendra toutefois l'endeuiller (6 morts, 87 blessés) le 1er mars 1987. La rupture du massif d'ancrage du pylône d'arrivée de la gare du télésiège de la Caperette, inauguré en début de saison, avait projeté au sol une cinquantaine de nacelles. Cet accident ainsi que celui de Vaujany a fait évoluer la réglementation concernant la maîtrise d'oeuvre des remontées mécaniques (nouveau réglement du 17 mai 1989).
Un investissement de 6,3 millions d'euros sur 8 ans a été mis en place en 2005 afin de moderniser la station (réserve d'eau pour l'enneigement, piste de compétition et piste de promenade)
Cette station employait 110 personnes (en saison) en 2002. Elle s'est associée à 6 autres stations des Pyrénées pour créer N'Py et offrir ainsi un meilleur service aux skieurs.
Il fait régulièrement étape à Luz, et la longue montée à la station de ski (col hors catégorie) en fait une étape très convoitée depuis sa 1re apparition au programme du Tour en 1985 et la rude bataille qu'y mena Bernard Hinault pour conserver son maillot jaune . Richard Virenque y gagna en 1994 après une longue échappée solitaire. Le village est le point de départ de l'ascension du col du Tourmalet, le Tour de France passe donc par Luz pour escalader le col.
Le village de Luz Saint Sauveur est un formidable point de départ pour de nombreuses activités car il se trouve au carrefour de plusieurs vallées : la vallée de Luz, la vallée de Barèges et la vallée de Gavarnie. En voiture Barèges est à une vingtaine de minutes et Gavarnie à une demi heure environ. On peut aussi rejoindre Cauterets via Pierrefitte en moins d'une heure l'été.
On pourra donc visiter la zone du Néouvielle du côté de Barèges ou aller randonner dans les cirques de Gavarnie ou de Troumouse au choix.
Mais on trouve aussi de nombreuses randonnées intéressantes sans trop s'éloigner du village : Lac de Bastampe, Pic de Viscos, Lacs d'Ardiden, Pic d'Ardiden
De nombreux sports peuvent être pratiqués grâce aux installations de la ville :
Dite des Templiers, en fait des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, elle a été construite aux XIIe et XIIIe siècles . Au XIVe siècle, les Hospitaliers de St Jean de Jérusalem ont construit des remparts autour de l’église pour protéger les habitants de Luz des attaques des bandits espagnols appelés « les Miquelets ». A cette époque un grand fossé entourait l’église, un pont-levis permettait de le franchir. Quelques années plus tard, la chapelle Notre Dame de la Pitié a été édifiée à l’intérieur des remparts pour demander à Dieu de mettre fin à une épidémie de peste noire qui a ravagé le pays Toy vers 1650. En 1865, une nouvelle porte a été ouverte pour faciliter l’entrée. Plus récemment une nouvelle tribune a été construite
Perché au sommet d'un éperon rocheux, ce château a constitué au cours des siècles un véritable lieu stratégique pour la vallée mais aussi un lieu de refuge pour les populations. Sa construction date du Xe siècle par les Comtes de Bigorre. Au XIVe siècle, ce furent les Hospitaliers de Saint Jean puis plus tard les Chevaliers de Malte qui l'occupèrent. Ensuite les Anglais en prirent possession jusqu'au moment où le Comte de Clermont en 1404, aidé des habitants de la vallée commandés par Aougé de Coufitte les en chassa et mit ainsi un terme à l'occupation anglaise de la vallée. Le Château fut ensuite peu à peu abandonné. Sa restauration fut entreprise dans les années 80 sauvegardant ainsi un des vestiges les plus marquants de l'histoire de la vallée.
Les vestiges du château Sainte-Marie sont inscrits au titre des monuments historiques depuis le 16 octobre 1930.
Cette chapelle avec sa tour byzantine a été reconstruite en 1859 sur les ordres de l'Empereur Napoléon III, sur les ruines de l'antique chapelle Saint Pierre dont la construction remontait aux temps où St Jacques évangélisait le nord de l'Espagne. Pendant longtemps, son prêtre y bénissait les troupeaux au départ vers les hauts pâturages de la montagne.
Napoléon III s'éprît des Pyrénées et fit plusieurs séjours de cure en compagnie de l'impératrice Eugénie. Sa grande œuvre à St Sauveur sera la concrétisation d'une idée qui lui est chère : relier, grâce à un pont, les deux rives du Gave de Pau. D'abord "américain", puis en "fil de fer", on se décidera finalement pour un pont en pierre d'une seule arche. Commencés immédiatement, sous la houlette de M. Bruniquel, ingénieur des Ponts et Chaussées, les travaux dureront deux ans et seront terminés en juin 1861. Le tablier du pont a 68 mètres de longueur, et est situé à 63 m. au-dessus du Gave. L'arc qui le soutient a 42 m. de diamètre. La voûte repose directement sur les rochers à pic qui bordent le Gave. La hauteur du niveau de l'eau à la naissance de la voûte est de 40 m.; elle est de 63 m. à la clé de voûte et de 65 m. au niveau du pont.
Pour perpétuer le souvenir du séjour de l'Empereur et de ses bienfaits, la Commission Syndicale de la Vallée de Barèges fit élever une colonne de 12 m. de hauteur, surmontée d'un aigle colossal, à l'extrémité orientale du Pont. La colonne, formée de 14 anneaux, est en pierre de Lourdes. L'aigle fut fait à la marbrerie de Bagnères. La hauteur totale est de 14 m. La colonne porte l'inscription :
Le pont sera livré à la circulation en 1861 et Napoléon III reviendra le contempler en septembre 1863.
Ils ont été souvent détruits par les inondations mais systématiquement reconstruits ; le pont de la Hiélandière (fileuse) fut surmonté d'un petit obélisque en 1809 avec cette inscription " la vallée de Barège à la Reine Hortense"
Exploités depuis le XVIe siècle, très fréquentés par la haute société au XIXe siècle pour des séjours de cures (duchesse d'Angoulême et de Berry, Impératrice Eugénie, aristocrates anglais), ils sont recommandés encore aujourd'hui pour les affections gynécologiques, en phlébologie et ORL grâce à leur eau thermale à la température naturelle de 33° riche en gaz rares, sels minéraux et soufre. Ils ont été entièrement rénovés en 1995 et pourvus d'un espace de remise en forme ouvert été comme hiver. En 2004, celui-ci s’est étoffé d’un spa en balcon sur le gave de Gavarnie et d’un hammam en pierre au charme oriental.
Les thermes sont inscrits au titre des monuments historiques depuis le 9 octobre 1975.
La nouvelle Mairie, ancienne maison "Poque" a été inaugurée en novembre 2008. Quatre ouvriers travaillant à sa rénovation avaient découvert en juillet 2007 un trésor estimé à environ 80 000 euros: il daterait de Napoléon III ! La maison Poque-Gradet s'ouvrait par une porte cochère sur la place du marché. Le domaine lui même descendait jusqu'au gave. Un jardin et un immense potager entouraient la maison et les 17 mulets de la propriété transportaient alors vers l'Espagne le sel de Salies du Salat. En 1828, Pierre Gradet fit construire une nouvelle aile, parallèle à la rue de la poste, confiant les travaux qui dureront 2 ans a Jean Beylou, tailleur de pierres a Luz. Il y accueillera des pyrénéistes prestigieux: l'anglais Hamilton, Lady Chatterton, d'autres encore. Joseph le fils, prêtera son salon, le plus vaste de la vallée, à Napoléon III et à ses ministres pour des réunions concernant les grands travaux décidés par l'Empereur (Pont Napoléon, Chapelle Solférino ...) . Il s'y tiendra même un conseil des ministres. Suzanne Poque, la dernière héritière, fit don du domaine à l'Ordre des Chevaliers de Malte.
Cette maison a été récemment rachetée par la Mairie; entièrement rénovée, elle accueille en son sein, outre les services municipaux, six logements saisonniers, le centre de loisirs enfants, des locaux pour le 3ème âge ainsi que la salle du Patrimoine de la commune. Le parc de la propriété sera utilisé comme théâtre de verdure pour diverses animations, notamment le festival de jazz. Il porte aujourd'hui le nom de "parc Claude Massoure" en souvenir du précédent maire disparu en 2005 dans des circonstances tragiques.
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