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Mirecourt est une ville du nord-est de la France, chef-lieu de canton du département des Vosges, dans l'arrondissement de Neufchâteau.

Ses habitants sont appelés les Mirecurtiens.

Géographie

Mirecourt est située au coeur de la plaine des Vosges, au confluent du Madon et du Val d'Arol. Mirecourt est le chef-lieu de canton d'un territoire situé au coeur de la Plaine des Vosges : le Xaintois. La ville s'organise principalement sur le versant ouest du vallon du Madon. Elle se développe en paliers successifs pour atteindre au final les rives sinueuses de la rivière. De ce point bas, Mirecourt offre aux visiteurs un spectacle des plus pittoresques qui laisse apercevoir un bâti remarquable tant par sa richesse architecturale que par le contexte environnemental du site.

C'est aussi un carrefour routier, à 24 km de Vittel, 35 km d'Épinal et de son lac de Bouzey, 40 km de Neufchâteau et 48 km de Nancy. L'accès à l'autoroute A31 est à 15 km.

Climat

Source : Données climatiques Mirecourt ( 1965-1980) [1]

Histoire

Mirecourt fut fondée au premier millénaire, carrefour de routes menant de Toul à Épinal et de Neufchâteau à Châtel-sur-Moselle au franchissement du Madon.

La première mention écrite de Mirecourt apparaît en 960 dans un acte d'Othon II stipulant qu'un dénommé Urson a fait don d'un important domaine situé « in Murici Curte », curtis signifiant domaine rural et Muricus étant le nom de son propriétaire.

Dans le courant du XIIIe siècle, elle était propriété du duc de Lorraine qui lui accorda des lettres de franchise en 1234. Un acte de 1284 constate l'annexion de Mirecourt et de son territoire au duché de Lorraine (Ferry III). Mirecourt, chef-lieu de l'important « Bailliage de Vôge » fut avant tout une cité de grand négoce. Dès le XVIe siècle, les ducs de Lorraine y introduisent le savoir-faire des maîtres italiens dans la fabrication des violons, savoir-faire qui se perpétue jusqu'à nos jours. Mais parallèlement à cette activité de lutherie, Mirecourt devint et est toujours un haut lieu de la facture d'orgues. En 1766, Mirecourt fut annexée à la France. En 1776, Nicolas-Louis François de Neufchâteau achète l'office de lieutenant-général de bailliage.

Mirecourt fut érigée en chef-lieu de district puis en chef-lieu d'arrondissement, distinction qu'elle abandonna en 1926.

On y fabrique encore de la dentelle notamment à la maison de la dentelle. C'est également un grand centre de lutherie depuis le XVIIe siècle. Une école de lutherie y a été créée en 1970 par Étienne Vatelot.

On y fabriquait aussi des instruments mécaniques (orgues de manège, serinettes...).La ville de Mirecourt a connu une renommée mondiale par sa production d'instruments du quatuor et surtout par sa production d'archets. Soixante maisons de luthiers et d'archetiers, de petites entreprises et d'usines de décolletage sont recensées à travers trois siècles. La majeure partie était en activité au XIXe siècle.

Mirecourt accueillit l'une des toutes premières écoles normales de garçons de France, fondée en 1828.

Blasonnement
  1. De sinople, à la fasce d'or. (Malte-Brun, la France illustrée, tome V, 1884)
  2. Depuis le 2 août 1811 : D'azur, à la bande d'or ; au franc-quartier senestre de gueules chargé d'un N d'argent surmonté d'une étoile rayonnante du même.

Tradition et spécialités

La lutherie

Lutherie à la fête du patrimoine.

L'origine de la lutherie lorraine semble remonter aux voyages des ducs de Lorraine en Italie, d'où ils ramenèrent d'excellents musiciens et luthiers à la fin du XVIe siècle.

On fabrique des violons en Lorraine depuis le XVIe siècle. Si l'existence du luthier Tywersus, cité par le luthier Nicolas Lupot, est douteuse, les premiers luthiers attestés en Lorraine, désignés comme " faiseurs de violons ", sont contemporains de Girolamo Amati (1556-1630) et de Niccolo Amati (1596-1684). Il s'agit de Nicolas Renauld et de Nicolas Médard, ayant travaillé tous deux pour la Cour de Lorraine. Le premier, qui n'a pas laissé d'instruments, aurait exercé son activité dans la seconde moitié du XVIe siècle, le second, dont on connaît plusieurs instruments, a travaillé à Nancy un siècle plus tard. Nicolas Renauld aurait travaillé à Paris vers 1570, pour Charles IX de France, avec Andrea Amati à la fabrication des instruments destinés à la Chapelle du roi de France. Nicolas Médard a travaillé sur les instruments de la Chapelle ducale de Charles IV (1625-1675). Un violon de cette époque, armorié aux armes du duc de Lorraine et marqué au feu " Nicolas Médard, à Nancy, 1665 ", témoigne du talent de ce luthier. Plus tard, il aurait également fabriqué des instruments pour la Chapelle royale de Louis XIV, armoriés aux armes de France.

C'est tout particulièrement à Mirecourt que la lutherie prend son essor. Dès le début du XVIIe siècle, des luthiers s'installent à Mirecourt. Ainsi, en 1602, Dieudonné Montfort est déjà déclaré comme exerçant le métier de " faiseur de violon ". On compte déjà 43 luthiers en 1635. Au milieu du XVIIe siècle, la famille de luthiers Lupot, dont descend le grand Nicolas Lupot, exerce déjà son art à Mirecourt.

Au XVIIIe siècle, la production artisanale se développe à Mirecourt, profitant des ressources inépuisables de la forêt vosgienne. En 1732, afin de réglementer cette profession florissante, la duchesse douairière de Lorraine, Élisabeth Charlotte d'Orléans, promulgue à la demande de ces derniers une charte visant à protéger les " luthiers et faiseurs de violons " de Mirecourt et de Mattaincourt. Ce sont en effet de véritables dynasties de luthiers et archetiers qui font la renommée de cet art parmi lesquels on note les Aldric, Lupot, Gand, Bernard, Jacquot, Nicolas, Mougenot, Vuillaume, dont Jean-Baptiste, surnommé le Stradivarius français, Charotte, Apparut, Hilaire, Collin, Laberte, Magnié, Peccate, Bazin, Ouchard.

Le commerce et la fabrication de violons continue se développer au XIXe siècle, faisant de Mirecourt le principal centre de production d'instruments à cordes de France. En 1925, la lutherie à Mirecourt se composait ainsi de 18 ateliers et de 4 fabriques employant 680 ouvriers. Par après, on voit disparaître bon nombre de ces prestigieux ateliers. Toutefois, dans les années 1970 apparaît un renouveau grâce à la création de l'École nationale de lutherie à Mirecourt.

De nos jours, la lutherie fait toujours partie des traditions de la ville, qui se perpétuent grâce à l'École nationale de lutherie [2] et aux luthiers qui exercent encore dans la commune. Luthier renommé, Jean-Jacques Pages crée et produit des instruments de grande qualité qu'il copie sur les modèles des grands anciens comme Amati et Stradivarius. Les frères Gérome ne sont que fabricants de guitares et de mandolines, mais la corporation des luthiers les a adoptés. La fierté de ces deux frères qui ont aujourd'hui pris leur retraite restera d'avoir reçu un jour la visite de Georges Brassens, venu leur acheter une guitare.

Un musée municipal de la lutherie permet d'approfondir sa connaissance de cet artisanat d'art. Comme oeuvres picturales on notera un Portrait d'un musicien peint par le peintre belge François-Joseph Navez, daté de 1836 et la reproduction photographique d'un Portrait du luthier Nicolas Lupot, par Henriette Lorimier, daté de 1805, l'original a été déposé par le musée municipal de la lutherie à la Cité de la musique de Paris.

La dentelle

L'art aux fuseaux remonterait à l'époque égyptienne. Les grandes invasions plongèrent cet art dans l'oubli et ce n'est qu'à partir du XVIe siècle, qu'il fut introduit en Lorraine et notamment à Mirecourt par les luthiers italiens, soutenus par les Ducs de Lorraine. Saint Pierre Fourier, curé de Mattaincourt, créa la confrérie des Soeurs de Notre-Dame et encouragea celles-ci à enseigner la dentelle dans leur école et à l'orphelinat. Les jeunes filles de grandes familles travaillaient à cet art d'agrément pour garnir leur trousseau. Les enfants de l'orphelinat, les femmes de familles ouvrières, les paysannes, s'y adonnaient pour le profit. En 1790, des milliers de dentellières travaillaient déjà pour des négociants de tous les pays voisins de nos frontières, la ville était mondialement connu, ainsi vers 1850, ce fut l'âge d'or de la dentelle de Mirecourt. Au milieu du XXe siècle, il ne reste à Mirecourt que quelques dentellières qui enseignèrent cet art, assurant ainsi le maintien de cette activité. Aujourd'hui, grâce à une association dynamique avec plus de 140 participants, Mirecourt a retrouvé sa renommée internationale avec sa dentelle aux fuseaux d'une finesse incomparable, jusqu'à la création de l'association Promotion et Renouveau de la dentelle. Grâce à celle-ci la dentelle renaît à Mirecourt, on y dispense des cours et organise des expositions permanentes, avec des dentellières au travail à la Maison de la Dentelle.

Administration

Le canton de Mirecourt compte 32 communes pour une population de 11 931 habitants : Ambacourt, Baudricourt, Biécourt, Blémerey, Boulaincourt, Chauffecourt, Chef-Haut, Dombasle-en-Xaintois, Domvallier, Frenelle-la-Grande, Frenelle-la-Petite, Hymont, Juvaincourt, Madecourt, Mattaincourt, Mazirot, Ménil-en-Xaintois, Mirecourt, Oëlleville, Poussay, Puzieux, Ramecourt, Remicourt, Repel, Rouvres-en-Xaintois, Saint-Menge, Saint-Prancher, Thiraucourt, Totainville, Valleroy-aux-Saules, Villers et Vroville.

La communauté de communes du Pays de Mirecourt regroupe 12 communes : Ambacourt, Domvallier, Juvaincourt, Mirecourt, Poussay, Puzieux, Ramecourt et Thiraucourt et depuis peu Chauffecourt, Villers, Mazirot et Hymont

Économie

Le centre hospitalier spécialisé.
  • CHS de Ravenel : le centre hospitalier psychiatrique départemental des Vosges est situé sur la commune de Mirecourt. Il est encore à ce jour le premier employeur de la commune (environ un millier de salariés).

Sur le territoire de la commune se trouve l'aérodrome de Mirecourt-Epinal. Il est géré par la Chambre de commerce et d'industrie des Vosges.

Démographie

Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes

Lieux et patrimoine historique

Vestige historique

  • Présence romaine : stèle funéraire

Architecture civile

  • Maisons de centre ville style Renaissance, avec cours intérieures.
  • Halle en pierre, 1617, classée monument historique.
  • Puits communal, rue Chanzy, classé monument historique.
  • Puits, rue du Docteur-Joyeux, inscrit monument historique.
  • Tour ronde de Ravenel, reste d'un ancien château fort, (XVIe au XVIIIe siècle).
  • Théâtre aménagé dans l'ancienne chapelle du couvent de la congrégation Notre-Dame, salle contiguë dite « du Club », classée monument historique.
  • Pont Stanislas, ou pont Saint-Vincent, construit en 1747 sur le Madon, inscrit monument historique.

Architecture religieuse

  • Église de la Nativité-de-Notre-Dame, classée monument historique.
  • Chapelle de La Oultre (XVe siècle), inscrit monument historique.
  • Statues de la Vierge sur des façades de maisons

Musées

  • Maison de la musique mécanique
  • Musée de la lutherie
  • Maison de la dentelle- Dentelle de Mirecourt

Personnalités liées à la commune

Personnalités nées à Mirecourt
  • Amédée-Dominique Dieudonné, luthier, le 6 août 1890
  • Jean-François Aldric (1765-1840), célèbre luthier.
  • Pierre Fourier, saint catholique, en 1565.
  • Jean Parisot, chirurgien anobli par Charles III en 1598
  • Jean-Baptiste Vuillaume, luthier, en 1768.
  • Jean-Baptiste Jacquot, dit Eugène de Mirecourt, homme de lettres, en 1812.
  • Louis Joseph Buffet, Président du Conseil, en 1818.
  • Alfred de Jancigny , sous-préfet et préfet, né à Mirecourt en 1824.
  • Hector France, militaire puis homme de lettres, en 1840.
  • Henri Parisot, homme politique, en 1895.
  • Jean-Marie Georgeot, exégète, en 1923.
  • Jack Lang, homme politique, en 1939.
  • Jean-Marie Cavada, journaliste et homme politique, en 1940.
  • Roger Viry-Babel, universitaire et cinéaste, en 1945.
  • Gérard Welzer, avocat et homme politique, en 1954.
  • Max Leognany, graveur-médailleur, en 1913.
Autres personnalités
  • M. Céran-Lebrun, sous-préfet en 1800.
  • Joseph-Emmanuel Aubry (1772-1812), colonel du Premier Empire

Bibliographie

  • Aimé Gauge, Mirecourt, Éditions S.A.E.P. Colmar-Ingersheim, 1971 (pas d'ISBN)
  • Roger Viry-Babel, Mirecourt et la lutherie, Éditions de l'Est. Nancy, 1993
  • Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du moyen âge en France, Editions Publitotal Strasbourg, Imprimé en Italie par Gruppo Editoriale Fabri, Milano, 3e trimestre 1987 Mirecourt, p. 760

Sources

  1. Source: Site ac-nancy-metz
  2. Jacquot, Albert : La lutherie lorraine et française depuis ses origines jusqu'à nos jours, 1912.
  3. Source:Site de Mirecourt Dentelle
  4. D'après FranceGenWeb
  5. Population par commune avant 1962 (résultats publiés au journal officiel ou conservés aux archives départementales)
  6. INSEE : Population depuis le recensement de 1962
  7. Notice no PA00107204, sur la base Mérimée, ministère de la Culture.
  8. Notice no PA00107206, sur la base Mérimée, ministère de la Culture.
  9. Notice no PA00107207, sur la base Mérimée, ministère de la Culture.
  10. Notice no PA00107326, sur la base Mérimée, ministère de la Culture.
  11. Notice no PA00107205, sur la base Mérimée, ministère de la Culture.
  12. Notice no PA00107203, sur la base Mérimée, ministère de la Culture.
  13. Notice no PA00107202, sur la base Mérimée, ministère de la Culture.
  • Le Grand Livre des Elus Vosgiens (1789-2003) de Bertrand Munier (éditions Gérard Louis)

Liens externes

  • (mul) Site officiel communal
  • (fr+en) infos tourisme}
  • (fr+en) Site officiel de la communauté de communes du Pays de Mirecourt
  • (fr) Site officiel du Musée de la Lutherie et de l'archèterie Françaises de Mirecourt
  • (fr) Recensement 2005
  • (mul) Présentation de Mirecourt depuis le site du Conseil Général des Vosges
  • (fr) Site associatif sur la dentelle à Mirecourt
  • (fr) Histoire des blasons
  • (fr) Site sur les orgues du Département des Vosges : Page sur l'orgue de Orgues de l'église Notre Dame de Mirecourt
  • Sites généralistes sur les communes :
    • (fr) Mirecourt sur le site de l'Institut géographique national
  • Portail des communes de France
  • Portail des Vosges

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