Monistrol-sur-Loire (en latin Monasteriolum, Monastrolium) est une ville française du Velay, en pays d'Oc, deuxième agglomération du département de la Haute-Loire.
Située sur l'axe de Lyon à Toulouse par le Massif central, dominant la vallée de la Loire, elle appartient à la communauté de communes Les Marches du Velay. Elle a connu une forte expansion depuis les dernières décennies du XXe siècle.
Ses habitants sont appelés Monistroliens et Monistroliennes.
Au rebord oriental du Massif central, sur les contreforts granitiques de la chaîne cévenole des Boutières, la région monistrolienne est une région de forêts résineuses. Le plateau, à plus de 700 mètres d'altitude, ne bénéficie pas de l'axe des gorges de la Loire trop encaissées et connaît un long isolement. Monistrol appartient dès l'origine au pays du Velay.
— Dr Jacques Boncompain
Monistrol s'affirme précocément comme place de sûreté pour les environs. Au confluent des ruisseaux de Saint-Marcellin et de Piat, un premier château s'implante et une ville se développe sous sa protection. Cité close dotée d'un mur de ville, dont quelques vestiges subsistent, Monistrol voit le développement de faubourgs industriels à l'est, le long de la route royale de Lyon à Toulouse nouvellement percée (XVIIIe siècle), et au sud, comme au Monteil. Le renouveau urbain des dernières décennies est pavillonnaire et s'oriente vers l'est (quartier du Mazel et zone de Chavanon) et surtout vers le sud (quartiers du Kersonnier et du Pêcher). La référence à la Loire est une nécessité administrative (la distinction avec Monistrol-d'Allier) et n'implique pas une quelconque influence du fleuve sur le développement urbain.
La ville bénéficie de sa place sur la route royale de Lyon à Toulouse, qui permet l'ouverture d'un bureau de poste dès 1755. Améliorée dans la perspective d'un désenclavement global du Velay, la route devenue nationale 88 est finalement aménagée progressivement en voie rapide à la fin du XXe siècle. Désormais à 20 minutes de Saint-Étienne, Monistrol est le point de départ de migrations pendulaires vers le bassin stéphanois. La gare de Bas-Monistrol place la ville à 3h29 de Paris-Gare-de-Lyon par TGV.
La région de Monistrol a toujours constitué une interface entre Velay et Forez, et a ainsi bénéficié d'influences contraires. La frontière nord de l'Occitanie est située au nord de la commune et les toits à génoise, caractéristiques des régions méridionales, sont nombreux dans la vieille ville. A l'opposé, le château abrite le seul plafond à la fougère, spécialité forézienne et lyonnaise, connu en Velay au XVIe siècle. L'influence du Lyonnais et du Forez s'est surtout manifestée par l'activité économique. Le développement proto-industriel du XIXe siècle (passementerie, métallurgie, etc.) tient à la proximité de Saint-Étienne et de Lyon. Bien que le département de la Haute-Loire soit rattaché à la région Auvergne, la ville appartient à la zone d'influence de Saint-Étienne et tire sa prospérité de l'aire urbaine stéphanoise. L'expansion démographique résulte d'un phénomène de périurbanisation en provenance de la région Rhône-Alpes. La région monistrolienne se définit dès lors comme la Marche-du-Velay, zone d'interface en développement rapide.
Toit à génoise dans le bourg médiéval.L'antique Monastrolium, déformation du mot savant Monasteriolum, petit monastère, se développe dès le haut Moyen-Âge. La ville abrite depuis le IXe siècle les reliques de saint Marcellin, pseudo-évangélisateur du Velay oriental, qui attirent de nombreux pèlerins. Seigneurs de la cité après la Huitième Croisade (1270), les évêques du Puy font du château leur résidence d'été. En 1309, Monistrol, dotée d'un chapitre de chanoines par l'évêque Bernard de Castanet, est la deuxième ville du diocèse. Ses consuls, administrateurs municipaux, siègent régulièrement aux États du Velay.
Pendant les Guerres de Religion, la ville d'Antoine de Sénecterre résiste aux assauts huguenots, avant d'être occupée par les troupes du gouverneur ligueur Saint-Vidal (1590). L'évêque Jacques de Serres ne peut rentrer dans ses droits, après arrêt du Parlement de Paris, que sur ordre exprès d'Henri IV, en 1597.
Les siècles classiques (XVIIe-XVIIIe) font figure d'âge d'or pour Monistrol. Humaniste, amoureux des lieux, l'évêque Armand de Béthune, neveu de Sully, enrichit alors le château et le parc adjacent, et attire des artistes comme le sculpteur Pierre Vaneau. Le chantier est poursuivi par ses successeurs comme Geoffroy-Maurice de Conflans ou Marie-Joseph de Galard. A la même époque, la ville se modernise et s'étend, de nouveaux axes sont tracés, hôpital et école sont reconstruits.
Loyale sous la Révolution, elle voit cependant la sous-préfecture lui échapper. L'industrie, en particulier textile et métallurgique, se développe largement au XIXe siècle. Après un long déclin, la population double dans les dernières décennies du XXe siècle.
La proximité de deux foyers industriels, Lyon et surtout Saint-Étienne, a déterminé le développement précoce de l'industrie sur les plateaux du Velay, sans doute dès la fin du XVIIIe siècle. Le textile et la métallurgie, spécialisations dominantes, sont en effet des secteurs caractéristiques de la première industrialisation.
Tout au long du XIXe siècle, l'activité industrielle s'est implantée dans les gros bourgs du nord-est de la Haute-Loire, comme Sainte-Sigolène ou Saint-Didier-en-Velay. Il est difficile de distinguer la part de l'initiative locale et des donneurs d'ordre extérieurs, lyonnais et stéphanois, mais il est certain que la proximité a joué un rôle décisif, notamment pour les débouchés commerciaux.
À Monistrol, le tissage, la passementerie et la rubannerie étaient très répandus. Il s'agissait d'une activité essentiellement masculine, pratiquée sur de hauts métiers à tisser. Selon Yves Lequin, les produits étaient ensuite revendus à Lyon, centre de cette activité. L'industrie mécanique est quant à elle liée à Saint-Étienne. Elles se pratiquait dans des entreprises locales (Martouret, Clémenson) ou dans des filiales d'entreprises stéphanoises (Limouzin). Au début du XXe siècle, la boulonnerie, la coutellerie et l'industrie du cycle dominaient. La polyactivité des ouvriers, qui conservaient une activité agricole, s'est maintenue très tardivement. Contrairement à la région stéphanoise, on ne peut pas parler de formation d'un prolétariat en Velay. Les comportements politiques témoignent d'ailleurs de la faible implantation du communisme en Haute-Loire, région très marquée par le catholicisme social et le syndicalisme chrétien.
La cité à la veille de la Révolution, d'après le lavis de Louis Menier conservé à la Bibliothèque nationale (1788)Cette industrie traditionnelle s'est maintenue jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle, avant de décliner progressivement, favorisant ainsi l'exode rural et un lent déclin démographique. Une étape importante a été la fermeture des usines Martouret, principal employeur de Monistrol, à la fin des années 1980. Cependant, aujourd'hui encore, des entreprises de mécanique de précision, en particulier de décolletage (Lisi, Deville), et de rubannerie spécialisée (le leader mondial a son siège sur la commune), sont implantées sur la commune.
Dans la seconde moitié du XXe siècle, le renouveau industriel est principalement le fait de la plasturgie. En 1955, Abel Barbier fonde à Sainte-Sigolène la première usine de plastiques. Cette commune proche de Monistrol est aujourd'hui le coeur d'un véritable système productif local, deuxième producteur de plastique français après Oyonnax. La plasturgie s'est implantée plus tardivement à Monistrol et elle est aujourd'hui critiquée pour son impact environnemental. Les Établissements Barbier n'en demeurent pas moins le principal employeur de la commune.
On ne peut parler à Monistrol, contrairement à Sainte-Sigolène, de mono-industrie. Le secteur des services domine en effet à Monistrol : commerce, éducation, banque et assurances, etc. L'importance de ces activités tertiaires est liée au développement démographique de la région, qui a imposé Monistrol comme capitale de la Marche-du-Velay. D'autre part, près du tiers des actifs monistroliens travaille dans la région stéphanoise avec la périurbanisation.
L'image de la montagne-atelier s'estompe ainsi progressivement.
Après un déclin continu dans la première moitié du XXe siècle, la population monistrolienne connaît une forte expansion depuis 30 ans. Le nombre d'habitants a progressé de plus de 41 % entre 1982 et 1999. L'évolution démographique repose essentiellement sur l'attractivité migratoire, avec 1 020 habitants supplémentaires durant la période intercensitaire. Un autre fait marquant est la surreprésentation des 0-19 ans (28,7 % à Monistrol contre 24,6 % au niveau national) et des familles (ménages de 4 personnes et plus) dans la population.
Plusieurs étapes jalonnent ce développement : la construction par le maire Joannès Laval du Domaine de La Rivoire, l'aménagement en voie rapide de la RN 88, qui place la ville à 20 minutes de Saint-Étienne, et l'ouverture en 1994 du Lycée Léonard-de-Vinci, unique lycée public de l'arrondissement. Cette croissance s'est accélérée sous la mandature de Guy Granger. Elle n'est pas sans nécessiter la création de nouveaux équipements, comme les écoles ou crèches ; surtout elle pose aujourd'hui des problèmes aigus de circulation dans le centre, réduit et contraint par les dénivellations. Une des solutions a été la déconcentration des activités commerciales dans des zones périphériques (zonage fonctionnel). L'expansion urbaine s'effectue principalement sur le mode pavillonnaire. La périurbanisation a profondément modifié l'aspect d'une commune autrefois rurale et industrielle. Aux fermes, aux quartiers d'artisanat et d'industrie ont succédé les lotissements. Certains n'hésitent pas à parler de mitage.
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes
Robert Valour, professeur des écoles, a succédé en 2008 au conseiller général Guy Granger. Ancien secrétaire de la section locale du Parti socialiste, il était à la tête d'une liste de large rassemblement face au maire sortant, à la tête de la ville depuis 1989.
Liste des maires avant 1971La commune est membre de la Communauté de communes Les Marches du Velay et appartient au Pays de la Jeune Loire et de ses rivières, qui regroupe le nord-est de la Haute-Loire.
Monistrol relève du Tribunal de grande instance, du Tribunal de commerce et du Conseil de prud'hommes du Puy, ainsi que du Tribunal administratif de Clermont-Ferrand. Il appartient à la première circonscription de la Haute-Loire pour l'élection des députés.
Monistrol est jumelée avec Monistrol de Montserrat (Espagne), en Catalogne, depuis 1994.
Avec l'ouverture du Lycée Léonard-de-Vinci en 1994, qui s'ajoute au Lycée Notre-Dame-du-Château, Monistrol est devenu un important centre scolaire, qui accueille plus de 4100 élèves, de la maternelle à bac +2.
Parmi les anciens élèves célèbres des établissements scolaires de Monistrol, il faut mentionner la figure d'Hubert Beuve-Méry, pensionnaire au lycée Notre-Dame-du-Château au début des années 1920 et futur fondateur du quotidien Le Monde à la Libération (1944).
Depuis 2003, une saison culturelle dédiée au spectacle vivant sous toutes ses formes est organisée par l'Office municipal de la culture, en partenariat avec la Comédie de Saint-Étienne. Des expositions et lectures, en particulier pour le jeune public, ont régulièrement lieu à la médiathèque municipale. Chaque année, les salons du Château des Évêques abritent les célèbres GastrÔleries, "fêtes du vin et du mangement", le PrinTemps de lire et les expositions d'été sur un thème historique. Parmi les associations qui agissent dans le secteur culturel, on citera notamment la Société d'histoire de Monistrol et l'Association des Amis du Château.
La presse locale comprend un seul quotidien, La Tribune - Le Progrès (édition stéphanoise du Progrès de Lyon), et trois hebdomadaires, La Gazette de la Haute-Loire, le Renouveau (proche de l'évêché) et L'Éveil hebdo (proche de la majorité départementale). Le quotidien départemental du soir, L'Éveil de la Haute-Loire, n'est pas diffusé à Monistrol.
Plus de 40 sports, de la natation à l'aïkido, peuvent être pratiqués dans les associations de la commune, regroupées au sein de l'Office municipal des sports (OMS), qui organise chaque année la Fête du sport (près de 4 000 participants en 2008).
L'Union sportive monistrolienne (USM), l'Amicale des pêcheurs de Monistrol-Gournier et la Société de chasse sont les plus vieilles associations de la commune.
Comme pour les autres enfants, adolescents et adultes, diverses structures associatives offrent une prise en charge aux personnes qui vivent une situation de handicap (renseignements en mairie).
Dominant la vieille ville et le ruisseau de Piat, le Château des Évêques-du-Puy est le principal monument de la commune. Construit du XIIIe siècle au XVIIIe siècle, il sert de résidence aux évêques du Puy jusqu'à la Révolution. Il abrite aujourd'hui l'Office de tourisme, l'association de Amis du Château et la Société d'histoire de Monistrol avec des salles d'exposition. De son parc classique, qui comprenait autrefois un vaste parc avec un jardin botanique, un temple et des statues, ne subsistent aujourd'hui que les allées.
La Collégiale Saint-Marcellin, au centre de la vieille ville, remonte au moins au XIIe siècle et servit d'église paroissiale jusqu'en 1309, date à laquelle elle fut transformée en collégiale par l'évêque du Puy pour honorer les cendres de saint Marcellin qui y avaient été transférées en 890. De l’église romane bâtie au milieu du XIIe siècle, il reste aujourd’hui la nef de quatre travées et le chœur doté d’une coupole octogonale sur trompes et de deux chapelles latérales ; le déambulatoire et autres piliers en effet furent démolis en 1777, sur demande des chanoines, et l'abside et les nefs latérales en 1793. Cependant, en 1806, l’église fut reconstruite sous sa forme actuelle et, abstraction faite des bas-côtés du choeur et de la partie centrale de la façade occidentale, tous les murs extérieurs de l’édifice visible aujourd’hui datent de l’Empire. Telle quelle, l’église est connue surtout, outre pour son chœur roman, pour son clocher classique de 1657 surmontant la coupole de ce choeur (mais dont le dôme bulbeux fut supprimé au début du XXe siècle), ainsi que pour le remarquable reliquaire doré de saint Marcellin, patron de la commune, réalisé au Moyen-Âge. Les vitraux, qui ont été créés en trois étapes (ceux de l’abside en 1864, ceux des bas-côtés de la nef en 1869, et ceux de la façade en 1871), sont l'oeuvre du maître lyonnais Barrelon et constituent un ensemble remarquable. Le mobilier comprend également des peintures (Saint François stigmatisé secouru par les anges, copie de 1845 par Juiton d’un tableau de Gerard Seghers, et l’Immaculée Conception, copie de 1849 par Cartelier de la célèbre toile de Murillo), des sculptures (un Christ en croix dans la coupole du choeur, une Vierge à l’enfant dans le collatéral sud, datant tous deux de la fin du XVIIIe siècle), des devants d’autel en marbre, etc. En 1984 et dans les années qui ont suivi, l’église fut soumise à une importante rénovation intérieure, tendant à mettre en évidence l’opposition entre la partie centrale romane et l’enveloppe de style classique.
D'autres monuments rappellent l'ancienne emprise des évêques sur la ville, comme le couvent des Ursulines, dont l'austère façade classique abrite le rétable en bois doré de La Mort de Saint-Joseph, chef d'œuvre du sculpteur Vaneau (XVIIe siècle), le couvent des Sœurs de Saint-Joseph, ou l'ancien couvent des Capucins, aujourd'hui lycée professionnel.
Le Donjon, ancien corps de garde de la porte de l'Arbret, est un des derniers vestiges du mur de ville, chargé de protéger certains quartiers comme celui du Château, aujourd'hui très dégradé. Malgré tout, de nombreux efforts sont entrepris pour mettre en valeur ce patrimoine : Monistrol a ainsi obtenu sa deuxième fleur au concours des villes et villages fleuris.
Le ruisseau du Piat s'écoule dans les Gorges de Bilhard, théâtre d'une légende confrontant un ermite au diable Billard, avant de se jeter dans la Loire. Le fleuve traverse une partie de la commune dans des Gorges très encaissées.
Plusieurs châteaux sont situés dans les villages de la commune : château du Chambon, ruiné (reste la tour), château du Flachat (possession des Béget, des Charbonnel, enfin de la famille Néron-Bancel depuis le XIXe siècle), château de Martinas (familles Bayle puis Néron-Bancel), château de Foletier (famille Jourda de Vaux), qui abrite chaque été un festival de piano, château du Betz (famille de Charbonnel) et château de Paulin, ruiné.
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