Montceau-les-Mines (En Bourguignon-morvandiau Montciau loo moignes ) est une commune française qui fait partie de la métropole Rhin-Rhône, elle est située dans le département de Saône-et-Loire et dans la région Bourgogne. C'est une ancienne ville minière du Bassin minier de Saône-et-Loire.
Montceau-les-Mines est installée sur la Bourbince et le canal du Centre à 19 km au SO du Creusot. Elle compte notamment une centrale thermique (Lucy) fonctionnant au charbon et produisant de l'énergie électrique. La vapeur pour le chauffage urbain est produite par une petite chaudière voisine de la centrale. Elle est l'une des principales villes du Bassin minier de Saône-et-Loire avec Le Creusot notamment (46° 39′ 59″ N 4° 21′ 02″ E / 46.666383, 4.35053346° 39′ 59″ N 4° 21′ 02″ E / 46.666383, 4.350533).
Le terme de Montceau apparaît pour la première fois en 1266 sur un titre des archives de la Côte-d'Or. En 1475, Montceau compte environ 25 âmes et il faut attendre 1645 pour trouver trace du nom actuel : Le Montceau.
Dès le XVIe siècle, on connaît la présence de charbon à Blanzy. Les siècles passant, les communes voisines se développent. Au départ, une auberge et quelques fermes forment un hameau. Un des domaines s'appelant Le Montceau, le nom de la commune est vite trouvé.
La construction du canal du centre entre 1783 et 1791 puis l'installation de la Compagnie des mines en 1833 sont les deux principaux événements entraînant la naissance de la ville. Date de naissance officielle : le 24 juin 1856.
Une loi instaure la commune de Montceau-les-Mines, communauté de 1300 habitants, sur un territoire ponctionné sur les communes de Blanzy, Saint-Vallier, Saint-Berain-sous-Sanvignes, et Sanvignes-les-Mines. En 1857, la Compagnie des mines fait construire une église puis réalise un cimetière. Un bureau de poste est mis en place en 1869, un nouvel hôpital en 1871 et l'hôtel de ville est achevé en 1876, la devise de la République ne venant s'y ajouter qu'en 1996. (Voir aussi l'article Houillères de Blanzy.)
L'exploitation du charbon fait prospérer la ville. Des mouvements sociaux intenses s'y déroulent à la fin du XIXe siècle et au début du XXe.
Véritable laboratoire social, Montceau vit une fin de XIXe siècle particulièrement agitée à son expansion économique et industrielle, la commune connaît une croissance exceptionnelle de sa population, atteignant près de 29 000 habitants en 1901, un peu moins de 20 000 en 2005.
19 maires se succèdent en 144 ans à la tête de la commune, de François Léonce Chagot en 1856 à Didier Mathus, maire depuis 1995.
En janvier 1878, les Montcelliens élisent un républicain à la tête de la commune, le Dr Jeannin. La pilule passa plutôt mal au sein de la Compagnie. Quinze mineurs de tendance républicaine furent licenciés en février. Aussitôt une grève vit le jour, à la grande surprise des autorités. Les gendarmes interviennent quelques jours plus tard.
Les bases d'un syndicat des mineurs étaient jetées. Ces syndicalistes devaient tenir réunion en plein air ou bien la nuit, d'où le surnom de bande noire. Les troubles et attentats anarchistes qui émaillèrent les années 1882-1884 à Montceau lui furent imputés.
Le mouvement a déjà commencé avec succès au Creusot, à la faïencerie de Digoin, aux forges de Gueugnon et dans la métallurgie de Chalon-sur-Saône. Le 6 juin 1899, un groupe de grévistes se rend au puits Saint-François et réussit à débaucher ses camarades. L'opération est réitérée avec succès au puits Sainte-Eugénie, puis Saint-Pierre et la Maugrand.
Une grève générale est en cours. Un comité de grève s'érige en bureau syndical et rallie 8 000 adhérents.
Le 1er juillet, les grévistes obtenaient gain de cause, renvoi de la police de la mine et reconnaissance du syndicat. Plus tard le patronat aida à la constitution de syndicats dissidents, constitués d'ouvriers acquis à leur cause. Ces syndicats jaunes virent le jour en 1899 au Creusot puis à Montceau. L'expression « Jaunes » pour désigner les non-grévistes est née à cette occasion. Elle vient de la couleur du papier huilé utilisé pour remplacer les vitres du café où ils se réunissaient, régulièrement cassées par les grévistes.
La dynastie Chagot cède la place à la Compagnie des mines de houille de Blanzy, société anonyme. En 1900, un polytechnicien, M. Coste, est nommé directeur de la mine. Jean Bouveri est élu maire le 20 mai 1900. C'est le premier maire issu d'une liste socialiste élu en France.
Un certain réveil libertaire voit le jour parmi les ouvriers. Le directeur avait décidé de réduire les effectifs afin d'augmenter production et productivité. Les ouvriers étaient payés selon la valeur du charbon extrait. Un travail identique ne rapportait pas, malheureusement, un salaire identique. Le 21 janvier 1901, le syndicat, qui avait entrepris des négociations le 19, est débordé par sa base. La grève est déclenchée. Des députés viennent soutenir les mineurs grévistes. La Soupe Populaire est mise en place le 10 février. La collecte des vivres et des victuailles s'organisaient dans l'arrière-pays. De janvier à mai 1901, une troupe qui compte jusqu'à 25 000 hommes est déployée à Montceau-les-Mines. Le discours du 8 mars à l'Assemblée Nationale n'eut pas le retentissement escompté par les montcelliens. La grève de 1901 aura été une des plus longues du mouvement ouvrier : 108 jours. Elle se termina le 10 mai.
Issue du premier syndicat des mineurs, le nom fut associé au groupe anarchiste qui agita la vie de Montceau de 1882 à 1885. Le premier fait anarchiste eut lieu au Bois du Verne pour la Fête-Dieu dans la nuit du 17 au 18 juin 1882. Des reposoirs préparés pour une procession furent jetés dans un étang. La Bande s'en prit ensuite aux différents symboles de la religion. Après les atteintes aux biens, le groupe exerça des représailles sur les personnes dès septembre 1882. En 1883 il y eut bien quelques manifestations. Les anarchistes avaient réussi à se faire connaître pendant ces deux années.
Les premiers travaux d'exploitation débutent à Blanzy en 1813 et se propagent ensuite à Montceau en 1820. Depuis 1833 le charbon a toujours été extrait en sous-sol. En 1884 on dénombre 6500 mineurs pour une population de 24000 individus. Une part importante de cette population dépend donc directement de la Compagnie, compte tenu que les enfants en fréquentent les écoles.
L'emploi des enfants est réglementé. L'entrée à la mine se fait à 12 ans. Une loi du 2 novembre 1892 interdit le travail de nuit aux enfants de moins de 16 ans de 9 heures du soir à 5 heures du matin. Le travail souterrain est interdit aux femmes et aux filles. Quant aux jeunes gens, certaines exceptions les amènent à travailler dans les galeries, où les conditions de travail sont particulièrement pénibles.
La journée est de 10 heures. Dans l'eau, la chaleur, la poussière, l'angoisse, l'obscurité, les cris. La maladie les guette tous, La Compagnie est très hiérarchisée. Les femmes travaillent aussi mais pas au fond. Les différentes explosions et accidents ont causé près de 400 décès du début de l'exploitation jusqu'à 1882 (voir Coup de grisou ). La Grande Guerre permet à la SA des Mines de Blanzy de battre des records de production (2 786 500 tonnes) en 1918. Les puits Darcy et Plichon voient le jour après la guerre.
L'agglomération de Montceau-les-Mines compte une importante communauté polonaise qui, 70 ans après l'arrivée des mineurs polonais, est toujours très active.
De plus en plus concurrencées par les productions étrangères, particulièrement par le charbon des pays de l'Europe de l'Est et d'autres sources d'énergie, la production passe sous les 2 millions de tonnes en 1965 puis sous le million en 1985. Le procédé d'exploitation en découverte apparaît dans les années 1980 comme le moyen de sauvegarder des emplois et de maintenir l'extraction du charbon dans la région. Le site d'exploitation de Darcy cesse toute activité le 30 avril 1992. Il n'y a dès lors plus d'exploitation du fond.
Le vendredi 22 décembre 2000, l'extraction du charbon dans le bassin minier montcellien se termine avec la fin de l'exploitation en découverte de Saint-Amédée à Sanvignes.
Depuis la fermeture de la dernière mine à Montceau en 2000, la ville a su se transformer: la zone minière entre le centre-ville et la route express est devenue un ensemble de deux parcs, le Parc Maugrand, au sud, et le Parc St-Louis, au nord. De nombreux quartiers ont été réhabilités, et la vie culturelle a été entretenue (notamment a travers le centre culturel créé en 1979 et récemment rebaptisé « l'Embarcadère »).
La ville maintient donc une dynamique de modernisation et continue sa transformation. Parmi les grands projet en cours de réalisation on trouve :
En 2009 fait son apparition un syndicat étudiant proche des idées régionalistes et syndicalistes minières, Aga ! - Mouvement de la jeunesse montcellienne.
En 1881, est construit au centre de Montceau une sorte de palais scolaire, remarquable bâtiment destiné à affirmer fortement la présence des services publics de la République et l'importance de l'instruction laïque dans une région contrôlée jusque-là par la famille Chagot propriétaire des Houillères.
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes
Mosquée
Le rugby, sport majeur dans les années 1960 et 1970, a vu le Rugby Club Montcellien (RCM) évoluer en 1re division nationale et 2e division nationale.
Champion de Bourgogne en 2009, le club refuse néanmoins de monter en Fédérale 3 faute de moyens.
Le football est une activité sportive majeure à Montceau-les-Mines. L'Entente de Montceau, devenue le FC Montceau Bourgogne, a évolué pendant sept saisons en Division 2 dans les années 1980, dont cinq de professionnalisme. Son meilleur résultat fut la 4e place du groupe A en 1987-1988.
En 2007, le FC Montceau Bourgogne, évoluant en bas de la quatrième division (CFA), a accédé aux demi-finales de la coupe de France de football après avoir éliminé les Girondins de Bordeaux aux tirs aux buts en huitièmes de finale. En quart de finale, ils éliminèrent le deuxième du championnat de France de Ligue 1, le RC Lens (1-0). Ce fut une grande surprise et l'équipe fut considérée de ce fait comme le « Petit Poucet » de la compétition. Son parcours s'arrêta en demi-finale face au Sochaux !FC Sochaux (0-2 après prolongations).
L'équipe féminine de Basket de la Gerbe Montceau-les-Mines fût Championne de France deux années de suite en 1966 et 1967. Le club a disparu en 1982.
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