Orthez (en gascon béarnais Ortès) est une commune française située dans le département des Pyrénées-Atlantiques, en région Aquitaine.
Le gentilé est Orthézien. Les habitants sont également appelés Suzannais sur la rive gauche aval (du nom de l'ancienne commune rattachée).
La commune est traversée par le gave de Pau et ses affluents, les ruisseaux le Laâ (et ses tributaires, les ruisseaux l'Ozenx et des Moulins), de Rontun et de Caséloupoup. Le Grècq est un petit ruisseau affluent de la rive droite du gave, ses crues soudaines ont été maîtrisées par l'établissement du lac de retenue du Grècq. On trouve parfois l'orthographe fantaisiste l'Y ou le lac de l'Y (« l'i grec »). Des affluents du Luy de Béarn, les ruisseaux de l'Oursau (11,5 km) et du Pas de Salles, sont également présents sur la commune.
Le toponyme Orthez apparaît sous les formes Ortez et Ortesium (respectivement 1193 et 1194, cartulaire de Sauvelade), Orthesium (1220, cartulaire d'Orthez), Ortes (1375, contrats de Luntz), Ortais (XIVe siècle, Jean Froissart), Sent-Per d'Ortes (1391, notaires de Navarrenx) et Hortes (1578, titres de la chambre des comptes de Pau).
La signification de ce nom n'est pas encore élucidée avec certitude. Toutefois, selon Michel Grosclaude le caractère inhabituel de la prononciation pour la phonétique gasconne indique que le nom pourrait dériver d'un nom de personne d'origine aquitanienne (protobasque), on pourrait y voir une prononciation locale du nom latin Fortis, « fort, forte », comme c'est le cas pour le nom ibérique Ortiz. En tout cas, un dérivé du gascon òrt, « jardin », du latin, hortus, est à exclure.
Il ne faut pas confondre la ville d'Orthez avec la vicomté d'Orthe qui recouvrait sous l'ancien régime le territoire de l'actuel canton de Peyrehorade.
Les plus anciens vestiges de la ville d'Orthez ne remontent pas au-delà du XIe siècle. Ce sont deux églises romanes qui se trouvent, l'une dans le bourg Vieux (nommé aussi autrefois Bourg du Pont), et l'autre encastrée dans l'église Saint-Pierre.
Autour de chacune de ces églises, un groupe de maisons en faisaient deux petits bourgs. Le premier, fortifié, commandait le passage du gave de Pau qui s'est fait, selon les époques, à gué, en bac ou par un pont fortifié. Le second, aux mains d'une famille de marchands, avait une vocation commerciale à l'abri de son église.
La ville résulte de la réunion, aux environs de 1260, de ces deux bourgs avec la création d'un conseil municipal. Cette association est symbolisée sur le blason de la ville par la présence d'un pont à tour et des clés de Saint-Pierre.
L'agglomération initiale a été agrandie du bourg Neuf et du faubourg Saint-Gilles dans les années suivantes. Cette rapide expansion de la ville s'explique par le choix du vicomte Gaston VII de Béarn, dans les années 1250, d'y construire un nouveau château où il établit sa résidence principale. C'est au même moment qu'il fit remplacer la palissade en bois défendant le bourg Vieux par un véritable rempart, et que fut construit le Pont-Vieux, véritable porte fortifiée par dessus la rivière.
En 1385, on comptait à Orthez 436 feux.
Du XIIIe au XVe siècle, Orthez fut la résidence des vicomtes de Béarn.
Bien qu'en 1460 cette résidence ait été transférée à Pau, plus centrale, Orthez reste durant tout l'ancien régime la ville la plus grande et la plus dynamique du Béarn. Elle reste le lieu du marché où sont acheminés tous les produits de la région destinés à être exportés vers le port de Bayonne. La ville subira peu de destructions en dehors de deux batailles en 1569 lors des guerres de religion.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, l'économie prospère grâce à la relance du commerce atlantique. Les commerçants font fortune et de nombreuses maisons auparavant en bois et torchis sont reconstruites en pierre. Les toits sont refaits avec des tuiles en terre cuite. Ce sont ces bâtiments que l'on voit encore aujourd'hui dans la partie ancienne de la ville.
La ville s'est peu étendue sous l'Ancien Régime. Le bourg Moncade, relevant du château, est resté longtemps institutionnellement à l'écart de la ville en raison de ses fonctions militaires. Le bourg de Départ, situé au-delà de la rivière, n'a été officiellement réuni à la ville que sous la Révolution.
Elle fut chef-lieu de district de 1790 à 1795 et d'arrondissement de 1800 à 1926.
Le 27 février 1814 vit la bataille d'Orthez avec la victoire des troupes anglo-hispaniques du duc de Wellington sur l'armée napoléonienne du maréchal Soult. Mais cet événement n'eut que peu d'influence sur la ville.
Ce n'est qu'à partir de 1957 et la découverte du gisement du gaz de Lacq que le nombre d'Orthéziens a explosé. Il est passé en quinze ans de 7 200 à 11 000 habitants entraînant la construction de plusieurs banlieues pavillonnaires et d'équipements publics.
Orthez s'est associé en 1973 avec l'ancienne commune de Sainte-Suzanne pour former Orthez-Sainte-Suzanne, puis cette commune a pris le nom d'Orthez.
La commune fait partie de six structures intercommunales :
Orthez constitue un espace urbain, ou espace urbain multipolaire, qui est, en France et selon la définition de l'INSEE, un ensemble continu d'aires urbaines et de communes dites multipolarisées, c'est-à-dire dont au moins 40% de la population résidente active travaille dans l'une ou l'autre de ces aires urbaines.
Orthez est jumelée avec les villes suivantes :
Tarazona (Espagne) depuis 1993
Miranda do Douro (Portugal) depuis 1999
Mirandela (Portugal) depuis 1985
Sans y être jumelée, la Ville d'Orthez est la "marraine" du village de Marcq dans le département des Ardennes. Ce marrainage date de la Première Guerre Mondiale et c'est poursuivi lors de la Seconde. Orthez a aidé Marcq durant ces conflits par divers dons en nature et en espèces (cf correspondances en les deux cités et comptes-rendus du Conseil Municipal)
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes
Bien que l'activité soit fortement tournée vers l'agriculture (élevage, viticulture), des ateliers de tissage et de fabrication de meubles participent à l'économie de la commune.
Orthez fait partie de la zone d'appellation d'origine contrôlée (AOC) du Béarn. Depuis 1991, l'AOC béarn-bellocq est attribuée aux vins récoltés sur les communes de Bellocq, Lahontan, Orthez et Salies-de-Béarn.
Orthez a été une ville-pont à la charnière du monde des Tarbelles et celui des Béarnais. De ce fait, un pôle de culture s'y est installé qui a rayonné bien au-delà des frontières de l'hexagone actuel.
Orthez est de langue occitane. Le premier témoignage de l'existence d'une culture forte est la publication en 1270 de la Charte des Boucheries d'Orthez, non en latin, mais dans un gascon dont les caractéristiques ont peu varié par rapport à aujourd'hui.
La cour d'Orthez, sous Gaston Fébus était réputée en Europe. Le chroniqueur Jean Froissart vint y séjourner. On considère Gaston Fébus comme un des derniers troubadours occitans.
Jeanne d'Albret fonda à Orthez une université qui se voulait l'égale de celle de Genève. Elle fit venir un des premiers imprimeurs à Orthez pour éditer ses livres, en particulier Les Psaumes traduits « en langue béarnaise » par Arnaut de Salette.
Par la suite, Orthez compta de nombreux penseurs, écrivains, poètes et artistes importants, dont la lignée des Reclus. L'inventeur de l'accumulateur au plomb est l'Orthézien Gaston Planté. On citera aussi le poète Francis Jammes et le pianiste Francis Planté.
La commune dispose de trois écoles élémentaires, trois écoles maternelles, de trois écoles primaires, un groupe scolaire catholique "Notre-Dame Saint-Joseph" et de deux collèges (Daniel Argote et Gaston Fébus). La commune possède une école Calandreta (calandreta d'Ortès).
L'Élan Béarnais Pau-Orthez est un club professionnel français de basket-ball appartenant à l'élite du championnat de France et basé à Pau. Il a été fondé en 1931 et évoluait dans la ville d'Orthez. Le club de basket-ball n'était alors qu'une section du club omnisports créé 23 ans auparavant. En fait il ne s'agissait pas d'un club au sens où on l'entend aujourd'hui, mais d'un patronage, créé par des ecclésiastiques pour permettre aux jeunes de la ville d'Orthez de faire du sport. Les « laïcs » de leur côté allant à l'U.S. Orthez.
L'Union sportive Orthez est un club de rugby à XV français évoluant en 2006-2007 en Fédérale 1.
Orthez nautique Canoë Kayak, club de canoë-kayak dont certains membres évoluent en 2006-2007 en Nationale I.
Orthez a été le point de départ le 25 juillet de la 16e étape du Tour de France 2007. Le parcours de 218 kilomètres a relié Orthez à Gourette - Col d'Aubisque.
Georges Perec y avait des amis tels que Henri Lefebvre et Lionel Benichou.
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