Pamiers (occitan : Pàmias) est une commune française, la plus peuplée du département de l'Ariège, dans la région Midi-Pyrénées. La ville n'est en revanche qu'une des deux sous-préfectures du département (avec Saint-Girons), la préfecture étant Foix.
Ses habitants sont les Appaméens.
Pamiers est située dans la plaine de Basse-Ariège, à environ 64 kilomètres au sud de Toulouse, 20 kilomètres au nord de Foix, 70 kilomètres à l'ouest de Carcassonne et 93 kilomètres à l'Est de Saint-Gaudens. Desservie par le réseau SNCF (ligne Toulouse/Latour-de-Carol) Gare de Pamiers, par l'autoroute A66 (Villefranche-de-Lauragais/Pamiers) et la route nationale RN20 (Paris/Espagne), la ville est un important carrefour de communications entre le bas pays toulousain et la vallée de la Haute-Ariège.
La ville longe le cours de la rivière Ariège, dont dérivent les canaux qui enserrent le centre ancien (inscrits depuis juillet 1999 à la liste des Monuments historiques).
L'origine du nom de Pamiers est sujet à controverses.
D'aucuns pensent que ce nom viendrait de pam, unité de mesure usitée en ces contrées. Les nouveaux habitants de la cité bénéficiaient en effet de terres gratuites mesurées en pams, ou a pamez.
Néanmoins, l'explication la plus répandue fait intervenir Roger II de Foix, revenant de la première croisade, plus précisément de la région d'Apamée en Syrie. Comme il est parfois coutume à l'époque pour un chevalier rentrant de croisade, il nomme le château et ses dépendances du nom de ses faits d'armes : Castrum Appamiae. Progressivement, ce nom aurait été donné à la ville. Cette hypothèse paraît appuyée par le gentilé des habitants de la ville (Appaméens).
Blasonnement : Coupé d'un et parti de deux : au premier de gueules au lion d'or, au deuxième d'azur à la fleur de lys d'or, au troisième d'or aux trois fasces de gueules, au quatrième de gueules à l'aigle bicéphale d'or surmontée d'une couronne du même, au cinquième de gueules à la tour crénelée de cinq pièces d'argent, ouverte, ajourée et maçonnée de sable, au sixième d'or à l'ormeau arraché de sinople
La présence romaine est attestée notamment par la découverte de monnaies (sur la place du Mercadal où se situe la cathédrale) et d’une statuette en bronze de Mercure remarquablement conservée sur le site du cimetière Saint-Jean. Ainsi on peut, de source sûre, faire remonter la présence romaine au IIIe siècle av. J.-C.. Le 2 mai 1963 on découvre, sur la butte du calvaire, un puits funéraire daté de -50 à -30 ans av. J.-C..
Certains pensent à une fondation beaucoup plus ancienne. La situation géographique, idéale pour la surveillance (le site est facile à défendre), les communications (point de passage entre l'Atlantique et la Méditerranée) et la culture agraire (terre fertile et eau disponible en quantité), semble conforter ces assertions.
La découverte d'un sarcophage paléochrétien daté du Ve siècle, au lieu-dit du Mas Saint-Antonin, permet de voir que le christianisme s'est d'ores et déjà implanté dans la région. Celle-ci est alors sous le contrôle des Wisigoths , et plus précisément de Frédéric, fils du roi Wisigoth de Toulouse Théodoric Ier. Le premier nom de l'agglomération, Frédélas, viendrai d'ailleurs de son dirigeant d'alors.
Saint Antonin, fils de Frédéric et converti au catholicisme, évangélise la région. Il est martyrisé en 506 par les Wisigoths restés ariens.
Un sanctuaire est élevé pour abriter les reliques du saint. Ce lieu est antérieur à 961, date du premier document écrit dont nous disposons sur l'histoire de la ville. Il est remplacé peu à peu par une abbaye construite sur l'autre rive et qui prit le vocable de Saint-Antonin après la translation des reliques en 987, à cause du danger d'inondations, comme l'indique un document.
En 1111, la ville est officiellement fondée par le comte Roger II de Foix et Isarn, l'abbé de Saint-Antonin : on fait construire un château (aujourd'hui rasé) sur la butte du castella : le Castrum Appamiae. Le comte l'aurait nommé ainsi en souvenir de ses faits d'armes pendant la première croisade, du nom de la ville syrienne, Apamée. Une église est également construite au pied de ce château (Notre-Dame du Mercadal) où se dresse aujourd'hui la cathédrale.
Au XIIe siècle, la ville se développe fortement, malgré la crise du catharisme. Pamiers est alors un fief de l’orthodoxie. En 1207, au château de Pamiers (aujourd'hui rasé), se déroule le Colloque de Pamiers, dernière rencontre entre les cathares et l'Église catholique avant la Croisade des Albigeois.
Le pape Boniface VIII récompense la fidélité de la ville en érigeant Pamiers en évêché en 1295. Il nomme Bernard Saisset, alors abbé de Saint-Antonin, évêque. Celui-ci devient son principal intermédiaire auprès de Philippe IV le Bel lors du conflit de 1296, et l'abbatiale est élevée au rang de cathédrale.
Dès lors, la ville s’enrichit et rayonne grâce à la religion. De nombreux ordres (on en comptera jusqu'à quinze différents) s’implantent à Pamiers. Ces ordres religieux, outre leur mission évangélique, développent aussi l'enseignement, en particulier les Dominicains, mais aussi les Franciscains et les Carmélites.
Par le nombre de ses couvents, Pamiers fut au même rang que Toulouse, Bordeaux, ou même Paris… En voici les plus significatifs :
La première mention des Dominicains, ou Frères prêcheurs date du 16 décembre 1269. Leur couvent était situé sur l'emplacement de l'actuelle maison des œuvres du diocèse, rue des Jacobins, anciennement appelée « carrera dels predicadores » (rue des prêcheurs), signe de leur présence.
Les Franciscains, (aussi appelé Frères mineurs ou Cordeliers), s'installèrent en 1269 au quartier de Lestang. La Tour des Cordeliers en atteste.
Les Carmes s'établirent en 1311 sur les bords du canal, rue des Escoussières. On pourra noter que l’ordre des Carmélites est encore présent dans la ville. Pour combien de temps, on l’ignore…
On retrouve les Augustins en 1315 au quartier de Loumet. Il reste de leur bâtiment la tour des Augustins, très ruinée, trace sans doute du mur d’enceinte du couvent.
Les Clarisses (Minorettes), placées sous l'obédience de Saint-François, habitaient dès 1328 rue Major (actuellement rue Gabriel Péri), à côté de la rue Sainte-Claire.
On relève à Pamiers la présence d'autres ordres religieux comme les Béguins (1358) et les Béguines (1327), les Hospitaliers, les Jésuites, etc.
Au cours du XVe siècle, malgré le relatif éloignement de la zone de production, c'est à Pamiers que l'on évalue chaque année la dose de pastel nécessaire pour teindre correctement les draps. La ville est un peu le centre d'essai du pastel méridional.
Au XVIe siècle, la ville de Pamiers doit faire face aux maladies et aux guerres.
En 1521, une épidémie de peste s'abat sur la ville. Elle perdurera trois ans. Les deux tiers des habitants quittent Pamiers, et la population qui demeure se cloître en fermant les barrières de chaque quartier. On abandonne aux pestiférés les églises placées hors de la ville et l'économie est au point mort. En 1527 et en 1528, les pluies continuelles détruisent les récoltes de blé, et une épidémie se développe à nouveau. Une nouvelle épidémie de peste fait plus de 3000 morts en 1563.
Mais le plus grand fléau du ce siècle fut sans aucun doute les guerres de religion. Elles furent dévastatrices, et la ville en souffrit beaucoup. En juin 1576, les différentes églises sont rasées (hormis les clochers qui servent de tour de défense), et l'abbaye ne s'en relèvera pas. Les reliques de saint Antonin restées à Pamiers sont également brûlées. En 1629, le prince de Condé prend et ravage la ville, suite à la prise d’armes des Protestants, qui avaient appelé en renfort Henri II de Rohan. Les habitants de la cité sont envoyés aux galères.
Néanmoins, les lueurs de la Renaissance parviennent jusqu'à Pamiers, notamment grâce à ses évêques. Bernard de Lordat (ca 1453-1547) fait imprimer un livre à Pamiers en 1522, réunion de deux textes dus à Baptiste de Mantoue. De plus, 1526 voit l'institution de l'Université de Pamiers par Henri II de Navarre.
Henri de Sponde, grand humaniste, tente malgré le peu de moyens dont il dispose de rehausser la qualité culturelle de son diocèse. Il fait reconstruire les édifices religieux et favorise le retour des congrégations religieuses. Puis, sous la direction des grands évêques que sont François de Caulet au XVIIe siècle ou Jean-Baptiste de Verthamon au XVIIIe siècle, d’importants chantiers sont ouverts (églises, palais épiscopal (actuelle mairie), présidial (actuel palais de justice), séminaires (actuels lycées du Castella et des Jacobins).
Lors de la Révolution, Pamiers est un lieu de tensions extrêmes. En effet, l'ardeur révolutionnaire des Appaméens ne va pas de plein accord avec le siège épiscopal de la ville. Elle va perdre ce siège, tout comme son présidial. Du reste, ce présidial, l'actuel palais de justice, verra les fleurs de lys de son fronton effacées. La Révolution met également fin au culte voué à Saint Antonin.
Au XIXe siècle, l’effort de religion est reporté sur l’industrie naissante. On crée en 1817 l’usine métallurgique de Pamiers, qui devient alors le moteur de la ville. Encore aujourd'hui, l'entreprise fait vivre nombre d'Appaméens et d'Ariégeois.
La ville, "porte d'entrée de l'Ariège", est aujourd'hui en pleine expansion. Cette "renaissance" est due notamment par l'ouverture en 2002 de l'A66, la croissance économique (zones industrielles et commerciales en construction), la proximité relative de Toulouse et le cadre de vie : campagne et montagne proche, mais également, proximité des services.
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes
Aire urbaine de Pamiers
L’architecture, de style toulousain, fait la part belle à la brique rouge, en incluant parfois la moraine, matériau charrié par l’Ariège. La plupart des bâtiments historiques datent des XVIIe et XVIIIe siècles.
Elle fut reconstruite au XVIIe siècle. Portail et sculptures du XIIe siècle. Le buffet de l'orgue date du XVIIIe siècle.
Article détaillé : Cathédrale Saint-Antonin de Pamiers.L’église Notre-Dame-du-Camp tient son nom (« Notre Dame des Champs ») de sa situation géographique, hors les murs de la ville. Si la construction de l’église date du XIIe siècle, un agrandissement important incluant la construction de la puissante façade en brique, fut effectué au XIVe siècle. Cette façade est la seule partie qui subsistera après la destruction de l’église par les Huguenots en 1577. L’église que nous connaissons aujourd’hui date donc du XVIIe siècle.
Le portail, classé, fut reconstruit à l’identique en 1870. Plusieurs toiles, des XVIIe et XVIIIe siècles, sont classées.
L’Église abrite un orgue construit en 1860 par Emile Poirier et Nicolas Lieberknecht, classé monument historique pour sa partie instrumentale. Il a été restauré en 2004.
On y trouve également un carillon de vingt-et-une cloches.
Le Carmel fut fondé en 1648 par les sœurs de l'ordre de Sainte Thérèse d'Avila qui, anciennement établies à Auch, vinrent s'installer à Pamiers en 1648, et les bâtiments claustraux datent de la fin de ce siècle. Le couvent restant propriété des religieuses, il est rare de pouvoir y admirer les magnifiques charpentes et les belles boiseries datant du XVIIIe siècle, dont le bois nécessaire à la construction fut acheminé par flottaison grâce au marquis de Gudanes dont la fille était religieuse dans le couvent de Pamiers de 1707 à 1784.
La construction de la chapelle débuta en 1704 et s'étala sur plus d'un siècle faute de moyens. Elle est admirablement bien entretenue par les sœurs carmélites. L’aménagement y est original, reprenant l’idée d’une ascension mystique, de l’entrée vers l’autel, situé en haut d’un escalier de marbre, à hauteur des cellules.
À l'extérieur, s'élève une tour carrée appelée "tour de l'évêque", construite en 1285 sur les ordres du comte de Foix Roger-Bernard III, après qu'il se fut établi dans la ville par la force. Il s'agissait pour lui de marquer son pouvoir à la suite du paréage entre le Roi Philippe IV de France et Bernard Saisset (alors évêque de Pamiers). Comme sentence, Guy III de Lévis, Seigneur de Mirepoix, attribue cette tour à l'évêque, d'où son nom, décision confirmée par le Pape Boniface VIII le 17 février 1299. À la fin du XVIIe siècle, la tour est cédée au Carmel. De cette tour, on ne peut plus admirer les trois fenêtres romanes qui furent obstruées par une construction en 1967, ni les murs anciens qui disparurent sous le crépi.
Les bâtiments du Carmel furent utilisés comme prison sous l’Inquisition et pendant la Révolution
Après 360 ans d'occupation (mis à part lors de la Révolution et de 1901 à 1917), les dernières carmélites vont quitter Pamiers pour Luçon en automne 2008. Il ne restera dès lors plus aucun des nombreux ordres religieux que comptait la ville.
Son érection date de 1512. Elle reproduit à l'identique celle des Cordeliers de Toulouse, clocher octogonal à deux étages. Il existait bien une église avant le XIVe siècle, mais elle fut détruite par les Réformés au printemps 1562. Malgré une reconstruction modeste, elle n'échappa pas à la Révolution. La tour seule, gardée comme tour de guet, témoigne de cet ancien édifice.
L’Hôtel de ville de Pamiers demande un grand retour dans le passé pour pouvoir faire son histoire. Faisons un retour 200 ans avant.
L’état et l’église dans les années 1800, était étroitement corrélé. Les immeubles dans lesquels, le Grand séminaire de l’Evêché était établi, autrefois, ont été confisqués à cause de la révolution et donc ces immeubles devinrent propriété de l’état jusqu’en 1811.Un décret à voulu transformer ces immeubles en des bâtiments administratifs pour divers services.
En 1822, la communauté de Pamiers à cédé à l’Evêché, ses anciens immeubles. En 1843, les bâtiments du grand séminaire étaient tellement délabrés que le ministre des cultes à donné l’ordre de reconstruire le bâtiment et de l’agrandir. Cette opération fit l’objet de transaction de maisons et de parcelles de terrains assez compliqués. Par la suite la Cathédrale a profité également de cette opération d’urbanisme.
Ensuite, avançons un peu, avançons de 60 ans. En 1907, peu après la séparation de l’église de l’état, l’immeuble qui servait de palais épiscopal à l’Evêque, et qui était affecté au service des cultes fut vendu au département de l’Ariège (l’administration des domaines).
En 1913, la ville de Pamiers devient propriétaire de l’ancien séminaire. Puis en 1920, la banque de France fut propriétaire, de ces immeubles rachetés 7 fois plus chers que quand la ville acquiert l’ancien séminaire. L’acte de vente fut signé par Docteur Rambaud, Maire de Pamiers à cette époque.
En 1975, Pamiers racheta à la banque de France l’immeuble à environ 1,25 Millions de Francs, la banque de France voulait vendre l’hôtel car il ne s’adaptait plus au besoin de la cité. Pamiers transforma cet hôtel à un hôtel fonctionnel. Le nouvel hôtel de ville, fut inauguré en 1980, à la place de Mercadal, l’hôtel de ville d’avant était situé à la place Eugène Soula.
L’Abbaye de Cailloup (dite aussi « Mas-Vieux ») est une chapelle romane construite dans la première moitié du XIIe siècle siècle. Maintenant restauré, le bâtiment a été classé monument historique en 1992.
Commencé en 1665, le Tribunal de Première Instance devint rapidement exigu. On le reconstruisit alors, et il fut terminé en 1777.
Aujourd'hui Lycée, il s’agit à l'origine d’un ancien séminaire datant du XVIIIe siècle, construit sous les ordres de François de Caulet, alors évêque de la ville. En 1998, on ajoute un troisième étage à l'édifice.
Il s’agit de la tour de garde d’un atelier monétaire créé en 1419 par Jean Ier. Cet atelier cessa son activité en 1422, conformément à la décision de Charles VII. Il la reprit au siècle suivant, grâce à la translation de l’atelier monétaire de Toulouse vers Pamiers. Mais en 1596, l’Hôtel des Monnaies de Toulouse rouvre.
Il s’agit du seul témoignage de l’enceinte fortifiée qui séparait les quartiers du Couserans et du Mercadal. Le dernier remaniement de ce bâtiment date du XVe siècle .
Les canaux ceinturant la vieille ville sont inscrits à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1999. Dès le XIe siècle, ils faisaient tourner les nombreux moulins.
La ville, irriguée par des canaux, abrite une population de canards relativement importante. Pamiers possède également un parc fort bien entretenu, avec des arbres multi-centenaires.
Dans la vallée de l’Ariège, est produit un haricot particulier, nommé « coco de Pamiers ». Il s’agit d’un petit haricot rond qui, bien que présent depuis bien longtemps, avait été supplanté par le lingot. Remis au goût du jour par quelques passionnés (qui ont par la suite créé une confrérie), on peut à nouveau apprécier sa saveur délicate dans la mounjetado, le cassoulet local.
On peut noter deux devises : l'une en latin, l’autre en langue d’oc. On n'en connaît pas l’origine.
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