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49°30′N 2°50′E / 49.5, 2.833
La Picardie est une région française qui regroupe trois départements : l'Aisne, l'Oise et la Somme. Son chef-lieu est Amiens.
L’étymologie du mot Picardie n'est ni géographique, ni historique. Le mot apparaît en 1248, dérivée du mot « picard », qui cité lui pour la première fois en 1229, c’est-à-dire « piocheur » (à préciser). Les Parisiens appelaient « piocheurs » tous les agriculteurs vivant au nord des zones forestières du Senlisis et du Valois (où les paysans étaient bûcherons), et dans le Nord on appelait « Picards » tous ceux qui ne parlaient pas le flamand : Arras, Boulogne, Calais, Tournai étaient des villes « picardes » . Les étudiants des diocèses de Beauvais, Noyon, Amiens, Laon, Arras, Thérouanne, Cambrai, Tournai, ainsi qu'une partie des diocèses de Liège et d'Utrecht formaient à Paris, Orléans et Bologne la « Nation Picarde ». Celle-ci représentait, à peu de choses près, le domaine linguistique picard.
Les délimitations de l'ancienne Picardie ne correspondent pas à celles des trois départements composant l'actuelle Picardie. Seuls la totalité de la Somme, le nord de l'Oise et le nord de l'Aisne constituaient l'ancienne Picardie (qui intégrait aussi la partie côtière du Pas-de-Calais, le Boulonnais). En effet, la majorité de l'Oise faisait partie du domaine royal du roi de France, c'est-à-dire l'Ile-de-France. On y trouvait alors le Vexin français au sud-ouest (en opposition au Vexin normand), le Valois (au sud-est) et le comté de Clermont (au centre). Dans l'Aisne, le Soissonnais appartenait aussi à la couronne. Le reste était mouvant du duché de Champagne. Reste le nord-est de l'Oise qui était l'évêché de Noyon.
Sur ce territoire, vivaient des peuples belges de premier plan pendant la guerre des Gaules (Beauvais et Soissons).
Au traité de Verdun de 843, la Picardie est placée dans le royaume de France. Plus tard, le Nord est occupé par la Bourgogne (entrevue de Péronne) puis, avec le Comté de Flandre, par l'Espagne.
Le premier témoignage du XIII siècle sur les Picards nous vient de Mathieu Paris. Celui-ci semble avoir toujours vécu au monastère de Saint-Albans, en Angleterre, où il termina sa chronique en 1235. À propos de l’année 1229, il rappelle les actes de violence impliquant des étudiants, qui ont conduit à la première grève de l’université [de Paris]. Il en désigne les responsables comme étant : « de partibus conterminis Flandriae, quos vulgariter Picardos appellamus ». Nous devons à Barthélemy l’Anglais qui étudia à Paris vers 1220-1230, la première description un peu précise de la Picardie dans son De proprietatibus rerum qu’il termina vers 1240. Le livre XV de son ouvrage, consacré à la géographie, décrit une grande diversité de régions selon l’ordre alphabétique des toponymes. Il présente la Picardie comme une province de la Gaule belge. Elle comprend les villes de Beauvais, Amiens, Arras, Thérouanne et Tournai, et elle s’étend depuis le Rhin jusqu’à la mer. Elle se subdivise en deux : la haute Picardie qui jouxte la France, et la basse qui touche la Flandre et le Brabant. Il note comme dernière caractéristique que ses habitants parlent un « idiomatis grossi magis aliarum Galliae nationum », une langue plus rude que celle des autres nations de France.
Au moment du massacre de la Saint-Barthélemy (août-octobre 1572), le gouverneur Longueville y empêche le massacre des protestants. Au début de la guerre de la Ligue, l’exemple de Montmorency-Thoré qui prend Senlis (1589), pousse les nobles picards à s’engager dans l’armée royale, alors que le roi Henri III n’a pratiquement plus de soutiens.
La fidélité des Picards à la famille régnante sera notamment récompensée dans le cadre des défilés militaires où le régiment Royal Picardie est en première place.
Jusque sous Louis XIV, la Picardie constitue les limites nord du Royaume de France. Le Roi Soleil étendra jusqu'à Lille les nouvelles frontières avec la prise de Lille en 1667.
La Picardie, de par sa situation géographique, fut souvent une terre de champs de bataille et le chemin des invasions.
Les deux guerres mondiales de 1914-1918 et de 1939-1945 y laissèrent de nombreuses traces qui constituent désormais un patrimoine historique parcouru par les touristes du monde entier (notamment : australiens et anglais pour la Grande Guerre de 1914-1918).
En 2009, les travaux du Comité pour la réforme des collectivités locales, proposent de réduire le nombre de régions françaises. La Picardie serait impactée par la réforme et disparaitrait au profil des régions Île-de-France (qui s'agrandirait de l'Oise), Nord-Pas-de-Calais (qui intégrerait la Somme et peut être l'Aisne) et/ou de Champagne-Ardenne (pour l'Aisne).
La région Picardie regroupe administrativement trois départements : Aisne, Oise, Somme. Elle a pour régions limitrophes le Nord-Pas-de-Calais au nord, la Haute-Normandie à l'ouest, l'Île-de-France au sud et la Champagne-Ardennes à l'est. La préfecture est Amiens.
La Picardie s'étend aussi en Belgique aux villes de Tournai et Mouscron où l'on parle le picard tournaisien et non le ch'ti même si ces deux dialectes sont très proches car voisins.
La Picardie bénéficie d'un riche environnement littoral (dont estuaire de la Somme), de quelques grandes forêts, mais - probablement en raison d'une agriculture parmi les plus intensives du monde, elle est la région où le rythme de disparition des espèces végétales, enregistré par les conservatoires botaniques nationaux a été la plus rapide dans les 30 dernières années (au moins une espèce de plante supérieure y disparait en moyenne tous les deux ans). Un réseau de réserves naturelles et de sites protégés est mis en place pour la gestion, restauration et protection de la biodiversité, objectifs confirmés par le Grenelle de l'Environnement. Une aire marine protégée (parc marin) est également en projet dit " Parc marin des trois estuaires" piloté par l'Agence des aires marines protégées.
Cette région, bien ventée, fait partie de celles qui ont le plus développé leur parc éolien, avec des retombées fiscales (impôts fonciers, taxe professionnelle) intéresant pour les communes rurales. un investissement éolien de 2,8 millions d’euros génère un produit de 18 800 euros/an pour la commune qui a fait cet investissement .
Sur la place Georges Tainturier de Compiègne, on trouve un figuier étrangleur, arbre tropical, exceptionnel en France, planté en 1970 pour la construction de la salle de sport.
On y parlait, sauf dans sa partie sud, une langue régionale : le picard. Cette langue, différente du « francien » d'Île-de-France qui s'imposa comme langue nationale, connaît son apogée au XIII siècle : elle est parlée alors dans toute la Picardie actuelle (sauf dans les franges sud-est et sud-ouest de l'Oise ainsi que le sud de l'Aisne), dans les départements actuels du Pas-de-Calais, du Nord (sauf le Westhoek), une partie du Hainaut belge (région de Mouscron et de Tournai).
À partir du début du XIX siècle, le picard n'est plus parlé dans les régions du sud de Beauvais, Noyon, Vervins. Il demeura cependant encore très vivace jusque dans les années 1970-1980, même en ville. Aujourd'hui ne subsistent vraiment, dans l'usage et en pratique, que des mots et quelques expressions, pour les raisons suivantes :
Les sports issus du jeu de paume sont encore très présents sur les places de Picardie. On peut citer la balle à la main, le ballon au poing, la longue paume et la balle au tamis. Le grand rassemblement de ces sports picards a lieu depuis 200 ans à Amiens au parc de la Hotoie, tous les 15 août.
