Pierrefitte-sur-Seine est une commune de la Seine-Saint-Denis, située entre Saint-Denis et le département du Val-d'Oise. Elle fait partie de la communauté d'agglomération Plaine Commune et est le chef-lieu du canton de Pierrefitte-sur-Seine.
Les habitants de Pierrefitte-sur-Seine sont les Pierrefittoises et les Pierrefittois.
Le territoire de Pierrefitte-sur-Seine se situe au nord de Saint-Denis, à une dizaine de kilomètres de Paris, sur la RN1. Il s'étend principalement sur la Plaine de France, mais ses limites nord-ouest sont constituées par les contreforts de la Butte-Pinson.
Un ensemble de petits ruisseaux sont discernables sur les anciennes cartes, mais ont ils ont été enterrés au fil de l'histoire afin de lutter contre les risques d'inondation tout en permettant le drainage des terrains.
Jusqu’à la loi du 10 juillet 1964, la commune faisait partie du département de la Seine. Le redécoupage des anciens départements de la Seine et de la Seine-et-Oise fait que la commune appartient désormais à la Seine-Saint-Denis après un transfert administratif effectif le 1er janvier 1968.
Pierrefitte tire son nom du latin Petra ficta (pierre figée au sol ou menhir), Petra frita ou Petra fixa, attestés dès le IXe siècle
Propriété de l’abbaye de Saint-Denis au IXe siècle, elle fut en partie détruite au XVe siècle, pendant la guerre de Cent Ans
Au XVIIIe siècle, Pierrefitte est un village d'agriculteurs et de carriers, qui exploite le gypse de la pierre à plâtre des contreforts de la Butte-Pinson.
En 1856, Pierrefitte est desservie par le chemin de fer de Paris à Creil, ce qui permet à la ville de devenir un lieu de petite villégiature pour des parisiens aisés. La ville est ravagée par les bombardements de la guerre franco-prussienne de 1870.
En 1896, Pierrefitte est un bourg de 2 468 habitants dont l’activité économique dépend principalement de deux entreprises, l’une de tentures murales, dite Lincrusta Walton avec 40 ouvriers, et l’autre de matériel de chemin de fer et avec 30 ouvriers, auxquelles s’ajoute une maison d’épicerie en gros. L'agriculture est consacrée à la culture maraîchère et à l’horticulture, qui ont remplacé la fabrication du vin, les plants de vigne ayant peu à peu disparu.
Le bourg compte 383 maisons (dont 51 de deux étages et cinq de trois étages et plus) constituant 717 logements, ainsi que 32 ateliers et 47 commerces.
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes
En 2000, la commune de Pierrefitte est membre fondateur de la communauté d'agglomération Plaine Commune.
Après avoir ravi le siège de conseiller général du canton de Pierrefitte-sur-Seine au maire PCF Catherine Hanriot lors des cantonales de 2004, Michel Fourcade a remporté les primaires organisées lors du premier tour des municipales 2008 à la tête d'une liste de rassemblement notamment du PS, des Verts et de représentants de la société civile contre le PCF.
Au second tour, la liste du PCF a fusionné avec celle conduite par le socialiste Michel Fourcade et cette liste d'union a remporté le second tour du 16 mars 2008 par 65,9 % des exprimés face à la liste Bazeli (UMP).
Pierrefitte est située près des autoroutes A 1, A 15 et A 86.
Elle est traversée par la RN 1 (plus de 50 000 véhicules/jour) et la RN 301.
L'urbanisation de Pierrefitte a été fortement développée par la création de la gare de Pierrefitte - Stains en 1859, sur la ligne Paris - Lille, permettant aux parisiens de se rendre à Pierrefitte, dans un premier temps comme lieu de villégiature, mais également comme lieu d'habitat.
Le 11b, l'une des deux lignes de tramways qui desservaient PierrefitteDe plus, la ville a été desservie par trois lignes de tramways au début du XXe siècle :
Les deux lignes de tramway ont été supprimées par la Société des transports en commun de la région parisienne le 18 mai 1936 : l'ensemble du secteur était désormais desservi par des autobus, alors considérés comme plus modernes…
La commune est desservie essentiellement par le RER D (Pierrefitte - Stains) ainsi que par la ligne 13 du métro de Paris, à l'extrême est de la commune.
En termes de bus, sa desserte est assurée par les lignes RATP 150 168 254 268 354 ainsi que, la nuit par le Noctilien N44
Le chantier du Tramway sur pneus, ligne 5 du tramway d'Île-de-France dit TCSP RN1 (pour « transport en commun sur site propre de la RN 1 »), a débuté en 2009 sur l'axe principal de la ville, entre Marché-de-Saint-Denis et Gare de Garges - Sarcelles. La pose des premiers rails de guidage devrait intervenir en novembre 2010, sur Pierrefitte à hauteur des Rougemonts, et la ligne devrait être mise en service fin 2011.
Selon le projet de SDRIF rendu public le 15 novembre 2006, il pourrait être prolongé à terme à Garges-lès-Gonesse.
La ligne de Grande Ceinture traverse la commune depuis 1882. Cette ligne de chemin de fer contourne Paris et relie entre elles toutes les voies ferrées qui aboutissent à la capitale, afin de faciliter le trafic de marchandises. Elle a d'ailleurs perdu son trafic voyageur en 1939, mais conserve un rôle fret majeur pour la SNCF.
La ligne sera doublée par deux voies de tram-train en 2014, afin de relier, dans une première étape, la gare d'Épinay-sur-Seine à celle du Bourget, puis Sartrouville à Noisy-le-Sec, offrant ainsi des correspondances aisées avec toutes les lignes du RER ainsi qu'avec les lignes du Transilien du nord de l'agglomération. Une gare sera créée à Pierrefitte, au nord de la zone des Tartres, et en correspondance avec la gare du RER D de Pierrefitte - Stains.
La commune a été moins marquée que les autres villes de Plaine Commune par la présence de la grande industrie depuis la fin du XIXe siècle jusqu'à la désindustrialisation de l'Île-de-France. D'importantes entreprises ont néanmoins eu un rôle économique à Pierrefitte.
En 2007-2008 on y dénombre 423 entreprises. Les principales sont les Cartonnages Guillaume (95 emplois, fabrication de coffrets pour l'industrie du luxe), Delage Aéro (90 salariés, construction de pièces pour moteurs d'avions) et le CDIF (80 salariés, éco-entreprise : centre de tri).
Elle dispose également de plusieurs équipements importants de santé, avec l'hôpital Victor Hugo (psychiatrie), dépendant du Centre hospitalier de Saint-Denis, la Maison de l'Alisier (foyer d’accueil pour les traumatisés crâniens), la clinique Clinalliance, qui a ouvert en 2008, ainsi que le centre municipal de santé Jean-Aimé Dolidier.
Plaine Commune aménage deux zones d'activité le long de la future RD 28 prolongée, la ZAE Jules-Valles et la ZAE de la Gare militaire, dont le promoteur est Icade.
La zone des Tartres est un secteur longtemps délaissé situé aux confins de Pierrefitte-sur-Seine, Stains et Saint-Denis, occupé notamment par des maraîchers et des jardins ouvriers. Elle est desservie par le Pavé d'Amiens qui sera restructuré prochainement par le Conseil Général dans le cadre du projet de prolongement de la RD 28.
Son aménagement était envisagé de longue date par le syndicat intercommunal des Tartres, qui a été dissout lorsque Stains a intégré Plaine Commune en 2004. Cet EPCI a désormais la compétence de l'aménagement de l'ensemble de ce territoire.
Les objectifs d'aménagement de cet espace de près de 110 hectares sont les suivants :
Les contreforts de la Butte-Pinson se trouvent au nord-ouest de la Commune.
Revenu la ville de son enfance, Maurice Utrillo y croqua le Café "le Chat sans Queue" (actuelle rue Lénine) ou La Guinguette. En 2010, son testamentaire Jean Fabris - qui a rompu avec le Musée Utrillo-Valadon de Sannois - y inaugurera l'Espace Utrillo, au sein du centre culturel, comprenant une quinzaine de tableaux, 15 000 photographies et de nombreux documents.
L’hôtel de Ville, agrandi durant l’Entre-deux-guerres puis à nouveau en 2009, a remplacé la mairie édifiée en 1849 sous l'administration de M. Lejeune, qui était édifiée à l’angle des rues de Paris et Briais
L’église Saint-Gervais-Saint-Protais, construite sur les plans de l'architecte Lequeux, a été consacrée le 21 octobre 1857. Toutefois, les fonts baptismaux des XIIe et XIIIe siècles proviennent de l’église précédente. La cloche a été offerte par l’impératrice Eugénie.L'église était décrite comme suit en 1879 :
L’église « est située dans la Grand’Rue du village, et sa façade, légèrement en retrait, se compose, au premier plan, d'un avant-corps accusant la grande nef et, au deuxième plan, des façades des bas-côtés qui sont moins élevées et ajourées, chacune, par une fenêtre plein-cintre.L’avant-corps présente, en son milieu, une grande tour carrée dont le soubassement est percé d'une porte plein-cintre, décorée de moulures et surmontée d'une croix. Elle est encadrée de deux pilastres composites, supportant un entablement dont l'architrave est interrompue par un tableau qui porte cette inscription : « NON EST HIC ALIUD NISI DOMUS DEI ET PORTA COELI. GEN., XXVIII, XVII ».Au-dessus de cet entablement s'élève la tour proprement dite, décorée de refends et de bossages, interrompus par un cadran d'horloge. Elle est flanquée de contreforts peu saillants sur lesquels s'appuie le beffroi ajouré de fenêtres géminées garnies d'abat-sons et surmonté d'une flèche octogonale dont les pans, aux angles de la tour, sont flanqués de pyramidions. […] À l'intérieur l'église présente une nef s'ouvrant sur les bas-côtés par cinq travées séparées par des colonnes qui supportent la retombée de voûtes plein-cintre. Au-dessus, des antes très plats, terminés par des consoles, reçoivent les poutres ornées de culs-de-lampe qui soutiennent le plafond à compartiments. Cette nef se termine, en avant de l'hémicycle du maître-autel, par un arc triomphal décoré de fresques et de sculptures. Cet hémicycle est lui-même recouvert par une demi-coupole.Une frise peinte contourne la nef et sépare l'étage des arcades du rez-de-chaussée de celui des fenêtres circulaires placées au-dessus de chacune d'elles.Les bas-côtés sont ajourés de cinq fenêtres plein-cintre, munies également de verrières. Ils se terminent par deux chapelles dédiées, celle de gauche à Sainte Geneviève, celle de droite à la Vierge »
L’église Sainte-Thérèse des Joncherolles a été construite en 1960 par l'architecte Paul-Marie Vilmont
Le quartier des Poètes regroupe environ 900 logements sociaux réalisés entre 1973 et 1994 en au moyen de la ZAC du Barrage dont les premières études remontent à 1963. La partie ouest de l’opération, l’ensemble Georges-Brassens d’Yves et Luc Euvremer (1978–1983 en collaboration avec Jean Renaudie) et l’ensemble Robert-Desnos de Mila et Geronimo Padron-Lopez (dont la construction subit de multiples atermoiements et voit sa livraison reportée en 1994) constituent 440 logements. Leur conception, aux antipodes des archétypes des grands ensembles bâtis depuis la Reconstruction (tours et immeubles répétitifs selon un plan de chemin de grue, zoning, etc.) présente une architecture novatrice qui s’inscrit dans la lignée de l’« école gradins-jardins ». Les logements en duplex et triplex étagés à l’intérieur d’une structure pyramidale disposent chacun d’une terrasse cultivable avec un traitement naturel de l’eau de pluie, restituant ainsi le sol naturel aux habitants. L’espace se veut propice à la convivialité, au niveau de la desserte des logements, avec une grande halle couverte par une verrière ; l’aménagement extérieur s’effectue autour de deux cours piétonnes où sont installés quelques commerces ou des équipements de proximité — les habitants disposant d’un accès direct vers le garage souterrain. Les bâtiments prennent le parti de tourner le dos à la route nationale 1 dont les nuisances sonores ont fait l’objet d’un traitement acoustique approprié. L’esthétique brutaliste du béton polychrome contraste avec la présence végétale — bien que partiellement développée.
La mixité sociale particulièrement faible dès l’attribution des logements, s’est encore amoindrie au cours des deux décennies suivantes, Les Poètes concentrant une population de plus en plus pauvre, très touchée par le chômage avec une composante d’immigration très forte. Tandis que l’état des bâtiments se dégrade, l’entretien est très insuffisant. Le quartier fait l'objet de plusieurs études de requalification urbaines, en vain.
Finalement, une convention PRU (programme de rénovation urbaine) est signée le 3 juillet 2007, en partenariat entre la Ville de Pierrefitte-sur-Seine, l’ANRU, l’État, la communauté d'agglomération Plaine Commune et les quatre bailleurs sociaux, : la décision est prise de démolir 442 logements sociaux (saccagés et abandonnés) et d’en réhabiliter quelque 420 logements. Ce projet prévoit aussi la destruction-reconstruction et la réhabilitation d’équipements publics (gymnase, groupe scolaire Varlin). Quatre cent cinquante nouveaux logements sociaux sont programmés pour assurer le relogement des habitants conformément à la règle appliquée par l’ANRU qui impose la création d’autant de logements neufs que de logements détruits. Pour la diversification du site, seuls 133 logements sociaux sont reconstruits sur place (les 317 restants devant l’être au centre-ville, ou dans le secteur des Tartres, etc.). Le coût global du projet, c’est-à-dire qui comprend non seulement toutes les démolitions (logements équipements publics, etc.) mais aussi les constructions neuves (équipements, logements sociaux sur et hors site), la réalisation de tous les aménagements (espaces publics, espaces verts, etc.) est estimé à 156 millions d’euros. En novembre 2009, environ 220 ménages de l’ensemble Desnos sont ainsi relogés conformément à la charte de relogement (laquelle porte notamment sur le nombre de propositions, la surface du logement, le niveau de loyer, le taux d'effort, la localisation, etc.) permettant l’ouverture des travaux de démolition.
Cependant, les habitants expriment leur contestation face à cette démolition annoncée à travers une pétition qui recueille 800 signatures, soit la quasi-totalité des locataires encore présents en 2004 avant leur expulsion-relogement. Par ailleurs de nombreux architectes, émus par le sort de cet habitat social des années 1980 qu’ils considèrent comme une œuvre architecturale et urbaine majeure, prennent publiquement position contre, par le biais d’une pétition (environ 200 signataires), à travers l’action de l’association Docomomo France qui saisit la Justice et soutient la procédure de protection auprès de la direction de l’Architecture et du Patrimoine,. Cette association estime la réhabilitation complète des 440 logements à moins de 40 millions d’euros. Le 30 novembre 2009, le juge des référés du tribunal administratif de Montreuil rend une décision qui suspend en urgence le permis de démolir, reconnaissant aux bâtiments « leur intérêt architectural et leurs qualités techniques qui constituent un témoignage important du patrimoine bâti »,.
L’ordonnance de référé est aussitôt contestée devant le Conseil d'État par la ville et le bailleur OPH Plaine Commune Habitat tandis que la Ville lance également une campagne de pétition en faveur de la reprise immédiate du chantier sur son site internet et dans les quartiers. Dans un communiqué daté du 4 décembre 2009, le bailleur social déclare que « la démolition du programme immobilier Desnos a été décidée pour ouvrir le quartier sur la ville, mettre fin à des problèmes récurrents sur le bâti et elle a été engagée après le relogement, avec leur consentement, de toutes les familles. Elle est la résultante d’un programme immobilier mal conçu, mal construit et dont de nombreux logements se sont révélés inhabitables dès le début ».
En mars 2004, le président de la République Jacques Chirac a annoncé que le nouveau complexe des centre des archives nationales françaises serait construit dans la zone des Tartres, marquant ainsi la volonté de l’État de construire au cœur de la cité un grand établissement culturel, dans un territoire en devenir, aux portes de Paris.
Cet emplacement a été retenu en raison de sa proximité immédiate de la station de métro de Saint-Denis - Université sur la Ligne 13 du métro de Paris, de l’université de Paris VIII à Saint-Denis et de l’université de Paris XIII à Villetaneuse, ainsi que de la disponibilité foncière du secteur des Tartres.
Le bâtiment, conçu par l'architecte Massimiliano Fuksas, d'une superficie de 84 293 m2, d'une capacité de stockage de 320 kilomètres linéaires, haut de 42 m et long de 180 mètres, accueillera 400 personnes environ (chercheurs, enseignants, étudiants, généalogistes…). Il est destiné aux archives postérieures à 1790.
La coût de ce centre est estimée à 194 millions d’euros, et le chantier, devrait débuter en juin 2009 et durer 31 mois sera normalement livré, par l'entreprise Bouygues Bâtiment Île-de-France Ouvrages publics, en 2012.
Pierrefitte-sur-Seine a reçu une fleur au concours des villes et villages fleuris en 2007.
La ville a également conclu deux conventions de coopération décentralisée avec
Pierrefitte accueillit d'illustres personnages comme le Général Baron d'Empire Moulin ou le peintre Maurice Utrillo. La ville inspira d'ailleurs l'artiste qui immortalisa, dans ses premières œuvres les vignes, l'église et les rues de Pierrefitte.
La course cycliste Paris-Roubaix eut longtemps son départ devant un café de la RN1, à l'entrée de Pierrefitte.
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