Ploërmel (Pieurmè ou Pleurmaèu en gallo, Ploermael en breton), est une commune française, située dans le département du Morbihan et la région Bretagne.
Géographie
Situation
localisation de Ploërmel au nord-est du Morbihan
Ploërmel est située au nord-est du Morbihan, à proximité de la forêt de Brocéliande, à 50 km au sud-ouest de Rennes, 35 km au nord-est de Vannes et 47 km au nord-est de Redon, appoximativement au centre géographique de l'ancienne province de Bretagne.
Les communes limitrophes sont Loyat, Campénéac, Augan, Monterrein, La Chapelle-Caro, Montertelot, Le Roc-Saint-André, Guillac et Taupont.
Selon le classement établi par l'INSEE, Ploërmel est une ville isolée, c'est-à-dire une unité urbaine d'une seule commune. Elle forme le pôle de l'aire urbaine de Ploërmel, qui est aussi l'espace urbain de Ploërmel.
Géographie physique
La commune est située au cœur du Massif armoricain.
Voies de communication
Ploërmel se trouve au croisement de l'axe Rennes-Lorient (voie express N 24) et de l'axe Vannes-Saint-Malo (voie express N 166 puis D 766).
Histoire
Les états de Bretagne à Ploërmel
Les réunions des états de Bretagne n'avaient pas de lieu fixe et ont été tenues à plusieurs reprises à Ploërmel, qui apparaît donc comme une ville importante du duché de Bretagne. D'après un document de la D.R.A.C. (de provenance inconnue) les états de Bretagne siégèrent au moins treize fois à Ploërmel, en 1240, 1309, 1315, 1394, 1408, 1411, 1428, 1442, 1498, 1521, 1523, 1580, 1587 et 1606.
Ploërmel au XIVe siècle
Le combat des Trente : durant la Guerre de Succession de Bretagne (1341-1381), le fameux Combat des Trente se déroula le 26 mars 1351 au lieu-dit le Chêne de Mi-voie, à mi-chemin entre Ploërmel et Josselin. Un obélisque inauguré en 1828 par la duchesse de Berry commémore cet événement. Par la suite, Ploërmel est occupée par les Anglais de 1350 à 1370.
Par ailleurs, de 1348 à 1350, la ville subit comme presque toute l'Europe, les ravages de la peste noire.
Ploërmel au XIXe siècle
Elle fut chef-lieu de district de 1790 à 1795 et d'arrondissement de 1800 à 1926. Le chemin de fer arrive sur la commune en 1881, la gare va se développer en lien avec plusieurs lignes, l'histoire ferroviaire de la ville prend fin avec l'ouverture de la voie verte, qui remplace la voie ferrée en 1994.
Article détaillé : Gare de Ploërmel.
Loi de séparation des Églises et de l’État
La loi du 9 décembre 1905 est mal vécue à Ploërmel dont la population est conservatrice comme la plus grande partie de celle de la Bretagne. Des habitants manifestent place La Mennais lors de l'arrivée de l'armée (500 hommes) venue déloger les Frères de l'école La Mennais. L'école est cernée mais des officiers refusent d'ordonner l'assaut, désobéissant aux ordres reçus. Des Frères sont contraints de s'exiler au Canada.
La seconde guerre mondiale
Pendant l'Occupation, l'école La Mennais est transformée en caserne allemande.
Dans la nuit du 21 au 22 décembre 1942, la mission Cokle fut parachutée près de l'étang au Duc. Elle était composée de 2 Français libres : le lieutenant Guy Lenfant et le radio André Rapin, ils furent réceptionnés par les résistants ploërmelais. Pendant le 1er semestre 1943, ils organisèrent la réception de plusieurs parachutages d'armes et d'explosifs qui furent cachés dans des fermes de confiance à Ploërmel, Loyat, Taupont et Campénéac. Les 2 parachutistes repartirent en Angleterre par un petit avion, venu les récupérer le 15 juillet 1943, ils emportèrent avec eux, le plan des défenses allemandes dans le Morbihan que leur remit le chef des gendarmes du département, le commandant Maurice Guillaudot, résistant.
La ville fut bombardée par l'aviation américaine le 12 juin 1944 : le bombardement fit 31 morts, 125 blessés et 490 habitations furent détruites ou endommagées. Une partie des bombes tombèrent dans des zones inhabitées du côté de l'étang. La gare était l'objectif visé pour retarder l'envoi de renforts allemands vers le front de Normandie.
Les Allemands quittèrent la ville les 4 et 5 août en direction de Vannes. Ploërmel fêta sa Libération le dimanche 6 août lorsque des véhicules américains arrivant de Guer traversèrent la ville en direction de Vannes ou de Lorient. Le maire, le docteur Louis Guillois, reçut une délégation de militaires américains devant la mairie en présence de Ploërmelais qui se rendaient à la messe.
Un certain nombre de Ploërmelais avait participé à la Résistance. Les résistants Henri Calindre (dit Mystringue), 37 ans, Louis Chérel, 24 ans, Lionel Dorléans, 20 ans et Paul Hervy, 18 ans, ont été fusillés le 30 juin 1944 à La Maltière sur la commune de Saint-Jacques-de-la-Lande près de Rennes (35). Leur nom a été attribué à des rues de la ville. Julien Quatreville, 18 ans, Pierre Sassier 23 ans, ont été fusillés le 14 juin 1944 à Ploërmel, un monument porte leur nom, Gustave Le Meur, 18 ans, fusillé le 20 juin 1944 à Ploërmel, une rue porte son nom. René Dejean, parachutiste de la France libre, parachuté en Bretagne le 10 juin 1944, blessé et fait prisonnier près de Plumelec, fut fusillé par les Allemands le 24 juin 1944, une rue porte son nom. Ange Mounier, 39 ans, transporteur à Ploërmel, fut tué au combat le 4 août 1944 près du village de Lézonnet à Loyat, son nom figure sur un monument sur la route de Ploërmel à Loyat. D'autres furent déportés, Robert Turpin, 33 ans, est mort en déportation, une rue porte son nom.
Le commandant de la gendarmerie, le lieutenant Théophile Guillo, également chef de la Résistance à Ploërmel, fut arrêté, torturé et déporté (ainsi que son fils Joseph), le 31 mars 1944. Il sera décoré de la Légion d'Honneur par le général De Gaulle, en 1947.
Administration
Vie locale
En 2006, Paul Anselin a reçu le prix Orwell Localités des Big Brother Awards, pour avoir installé 63 caméras de vidéosurveillance dans une commune de 8600 habitants malgré une délinquance zéro et, accessoirement, avoir mis en place un numéro vert pour dénoncer les voisins bruyants. Ce sujet provoque une polémique.
Association sportive
- Savate, boxe française : Club Gant Ploërmelais
- Handball : Ploërmel Handball Club
Démographie
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes
Langues
- A la rentrée 2007, 2,6% des enfants de la commune étaient inscrits dans le primaire bilingue français-breton.
Si on a parlé localement breton au moyen âge, depuis on y parle gallo, langue romane et non celtique. Le Conseil général a néanmons installé des panneaux bilingues français-breton.
Économie
- La ville dispose d'une délégation de la Chambre de commerce et d'industrie du Morbihan ;
- Site de production, spécialisé dans les cordages en boyau naturel, de l'entreprise française Babolat.
Lieux et monuments
Dans la vieille ville :
- les vestiges des fortifications de la ville érigées en 1175 (source: Marquis de Bellevue, Résumé de l'histoire de Ploërmel, M.A.B., t28, 1909, 5);
- le cloître des Carmes (XIIIe siècle) ;
- la chapelle bleue Sainte-Marie-des-Carmes (XIXe siècle).
Dans l'ancienne ville close :
- maison des Marmousets - 1586 qui porte dans sa partie ouest une tour et un pan de mur, vestiges des anciennes fortifications;
- ancien hôtel des ducs de Bretagne - 1150 ; porte lui aussi des traces des anciennes fortifications
- maison Bigarré - 1669 ;
Église Saint-Armel.
- église Saint-Armel de Ploërmel (XVe siècle). À l'intérieur, on trouve une voûte en bois ornée de sablières richement sculptées, des verrières (dont l'Arbre de Jessé, 1552), des ornementations, les gisants des ducs Jean II et Jean III ainsi que celui de Philippe de Montauban, chancelier d'Anne de Bretagne. Elle a été classée monument historique en 1840 ;
- l'horloge astronomique (1850-1855) qui est classée Monument historique en 1982 ;
- musée des Sciences naturelles ;
- musée Jean-Marie de La Mennais.
- Statue en bronze du pape Jean-Paul II de 9 mètres de haut, située au centre de la ville. Elle a été inaugurée le 10 décembre 2006, en présence de 2000 personnes, malgré l'opposition d'un collectif anti-statue qui dénonce l'utilisation des deniers publics pour le transport et l'installation de celle-ci. Ce collectif demande l'application de la loi sur la laïcité du 9 décembre 1905 : « Il est interdit à l'avenir, d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou quelque emplacement public que ce soit. » La statue a été offerte par l'artiste Zurab Tsereteli, qui a été nommé citoyen d'honneur de la ville. Début 2010, le tribunal administratif de Vannes a jugé illégale et contraire à la liberté de conscience la subvention du conseil général du Morbihan à la communauté de communes pour l’érection de cette statue, et ordonné son remboursement.
Personnalités liées à la commune
- Jean-Marie de La Mennais, né en 1780 à Saint-Malo, mort en 1860 à Ploërmel, fondateur de la congrégation des Frères de l'instruction chrétienne de Ploërmel en 1819.
- Stendhal est passé à Ploërmel au cours de son voyage en Bretagne : "... Ploërmel, dont j'ai admiré la charmante église. Ses formes, quoique gothiques, écartent l'idée du minutieux ; mais il faudrait deux pages pour expliquer suffisamment mon idée ou plutôt ma sensation, et rien ne serait plus difficile à écrire (...) Eh bien! l'église de Ploërmel, comparée aux autres édifices gothiques, n'a l'air ni pauvre, ni laid."
Anecdotes
- Dans Un taxi pour Tobrouk, film réalisé en 1960 par Denys de la Patellière, dont l’action se passe en 1942 dans le désert de Libye où des commandos des Forces françaises libres attaquent les arrières de l’armée allemande, le personnage joué par Lino Ventura informe ses trois camarades dont Charles Aznavour, que le vœu du lieutenant qui vient d’être tué au combat, était de retourner à… Ploërmel ! Il ajoute : - on n'y est pas encore !
Un hommage peut-être au parachutage en juin 1944, d'un bataillon de Français Libres sur le maquis de Saint-Marcel près de Ploërmel, dans le cadre du débarquement en Normandie.
- Dans Vipère au poing, le personnage joué par Catherine Frot s'arrête dans la gare de Ploërmel.
Sources
Notes et références
- ↑ données officielles 2006 sur le site de l’INSEE
- ↑ Page INSEE [1] ; cheminement : sur la petite carte de France, onglet Départements, puis choisir le département, puis menu déroulant Couches d'aide à la sélection
- ↑ Jean-Pierre Nennig, « 11 Questembert - Ploërmel », Le chemin de fer de Bretagne sud, JPN, Guérande, 2008, pp. 163-168 (ISBN 2-9519898-5-7).
- ↑ Jean-Charles Guimard, « de la voie ferrée à la voie verte », La voie verte Mauron-Questembert (Morbihan) ..., CESA Magistère d'Aménagement, 1ère année, 2009, p. 11 lire (consulté le 26/09/2009).
- ↑ Photo des 5 officiers exposée dans le musée de l'école et cartes postales d'époque
- ↑ http://www.istorhabreiz.fr/spip.php?article24
- ↑ Polémique sur l'installation des caméras de surveillance lire.
- ↑ http://cassini.ehess.fr/ Population par commune avant 1962 (résultats publiés au journal officiel ou conservés aux archives départementales)
- ↑ INSEE : Population depuis le recensement de 1962
- ↑ () Ofis ar Brezhoneg: Enseignement bilingue
- ↑ Notice IA00010266 et Notice PA00091506, sur la base Mérimée, ministère de la Culture.
- ↑ Polémique autour de la venue possible d'une statue géante de Jean Paul II à Ploërmel lire.
- ↑ Chantal Terrieux, « Du nouveau à Ploermël », Familles laïques en Finistère, Riposte laïque, consulté le 15 janvier 2010
Bibliographie
- Messire Beaudeville, La légende de Saint Armel, L. Prud-homme, Saint-Brieuc, 1855.
- Marquis de Bellevue, Résumé de l'histoire de Ploërmel, M.A.B., t.28, 1909, 3-9.
- Marquis de Bellevue, Tuault de la Bouvrie, dernier sénéchal de la Sénéchaussée de Ploërmel, Député aux états généraux, M.A.B., tome 28, 1909, 10-19
- Marquis de Bellevue, Monographie de l'église Saint Armel de Ploërmel, M.A.B., t.28, 1909, 26.
- Marquis de Bellevue, Ploërmel et sénéchaussée, Campion, Paris, 1915.
- Marquis de Bellevue, L'assemblée de Saint-Armel à Beaucé, M.A.B., t.28, 1909, 135-220
- Comte de Berthou, Notes d'un vieux Ploërmelais, M.A.B., t.28, 1909, 177-182.
- Du Halgouët, Ploërmel, gouverneurs, syndics et sénéchaux, M.A.B., t.28, 1909, 56-68.
- J. Ealet, Ploërmel, Mémoire en image, A.Sutton, 1995, 18.
- E. Gilles, Au cœur de la Bretagne, de Pontivy à Locminé, Josselin à Ploërmel, première série, lettre de préf. De J.M. Bellec, Pontivy, C. Anger, 1912
- A. Hede, « Ploërmel, au palmarès de la croissance économique », Ploërmel Brocéliande, Maguil et Bressy, LMC Mosaïque, Paris, 1993, 45-48
- JF. Lagneau, Maison des Marmousets, Ploërmel, Morbihan, Ministère de la culture et de la francophonie, D.R.A.C., S.D.
- Le Bouteiller, L'assemblée de Saint-Armel à Beaucé, M.A.B., t.28, 1909, 135-140
- Abbé Marmagnant, Histoire de Ploërmel, Ploërmel, t.I-II, S.D.
- M. de Mauny, De Josselin à Ploërmel, Ouest-France, Rennes, 1977.
- Y. Renard, Ploërmel et son église Saint-Armel, Lyon, 1968.
- Hélène Roinel, Ploërmel cité ducale et sa région, Le Ploërmelais, Ploërmel, 1987.
- S. Ropartz, Histoire de Ploërmel, Monographies des villes et villages de France, Rasserts-Lorisse, Office d'édition du livre d'histoire, 1988.
Voir aussi
Liens internes
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Liens externes
- Site officiel
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