Pontcharra sur Bréda est une commune française, située dans le département de l'Isère et la région Rhône-Alpes.
Ses habitants sont les Charrapontaines et les Charrapontains.
Pontcharra est communément appelée « Pontch' » par ses habitants.
Pontcharra est une des villes les plus importantes de la Vallée du Grésivaudan (vallée située entre le massif de la Chartreuse et le massif de Belledonne). Elle occupe la partie la plus septentrionale de la vallée (le Haut-Grésivaudan), à la frontière avec la Savoie.
Pontcharra se trouve au carrefour de trois vallées: la cluse de Chambéry, la vallée du Grésivaudan et la Combe de Savoie.
Contrairement à la plupart des autres communes des environs (qui se sont bâties sur les coteaux), Pontcharra est principalement construite dans la plaine. La ville s'étale en effet entre la montagne de Bramefarine (massif de Belledonne), et la rivière Isère. Située dans un environnement exceptionnel, la commune offre un panorama époustouflant sur le massif des Bauges et le mont Granier (Massif de la Chartreuse). Par temps clair, il est possible de voir les massifs qui entourent la vallée du Grésivaudan jusqu'à Crolles.
Villard-Noir, Villard-Didier, Villard-Benoit (les toponymes en "villards" sont issus de la période gallo-romaine, ils désignent l'implantation de fermes agricoles), Grignon, Les Gayets, Les Epineys, La Perrière, Rochemorte, Malbourget, Le Caraillou, Le Plan et le Papillard.
Saint-Maximin, Barraux, Le Cheylas, Laissaud et La Rochette.
Cette dénomination daterait de la période gallo-romaine, période à laquelle, la "villa" de Pontcharra était la plus importante de la vallée après celle de Meylan. Du fait de sa situation géographique (à l'extrémité nord de la vallée du Grésivaudan) et de sa proximité avec le ruisseau du Bréda, Pontcharra était à l'époque un espace stratégique pour gagner les vallées savoyardes. Le nom de Pontcharra est d'ailleurs issu du mariage gallo-latin de "pons" et de "carrum" qui signifie littéralement "Pont à char".
Après les grandes invasions (burgondes notamment), le lieu-dit de "Pontcharra" entre dans une période de décadence. La place est stratégique mais le milieu particulièrement inhospitalier (marécages, invasions,...) et les hommes préfèrent s'installer sur les coteaux (d'où la multitude de hameaux). L'emplacement actuel du centre ville est donc à l'époque peuplé de marginaux (notamment de lépreux).
Le nom de "Pontcharra" apparaît pour la première fois dans les textes vers le milieu du XIVe siècle mais il faudra attendre le XIX siècle pour que Pontcharra ait une existence officielle. Ce qui ne fut qu'un pauvre "lieu dit" va en effet se développer et s'agrandir grâce au commerce et à l'industrie (essentiellement papetière) pour finir par absorber les paroisses voisines de Grignon et de Villard Benoit. C'est donc à partir de ces deux villages que nait en 1832 la commune de Pontcharra sur Bréda.
Il est très probable qu'en -218 les armées du général Hannibal Barca soient passées par Pontcharra pour atteindre l'Italie, cela quel que soit le col emprunté.
Pierre du Terrail de Bayard, le Chevalier Bayard, (1476-1524) est né au Château de Bayard à Pontcharra. Surnommé le « chevalier sans peur et sans reproche », il fut un noble et un héros du Dauphiné, qui fit l'admiration des Dauphinois.
Le ruisseau du Breda qui traverse la ville a pendant longtemps fait office de frontière entre le royaume de France et le duché de Savoie. La rue des Mettanies, qui longe le Bréda côté Villard-Benoit, doit d'ailleurs son nom au latin meta, qui indique la limite d'un territoire. Il n'est donc pas étonnant que cette zone stratégique et frontalière ait été le théâtre d'affrontements entre puissances rivales. Ainsi, la bataille de Pontcharra opposa le 17 septembre 1591, l'armée royale française commandée par Lesdiguières, aux troupes hispano-savoyardes.
Cet événement est à remettre dans un contexte beaucoup plus large. En effet, depuis le traité de Cateau-Cambrésis (1559), l'Italie est placée sous la domination espagnole (Pax Hispanica). Dans le même temps, ce traité met fin, pour un temps, aux ambitions italiennes de la France.
Le Duché de Savoie est un état situé entre la France et l'Italie. Sous la Pax Hispanica, ce petit duché va faire office de zone tampon entre les deux puissances rivales que sont la France et l'Espagne. Le duché de Savoie se trouve au milieu de deux grandes aires culturelles : côté savoyard une zone culturellement française et côté piémontais une zone culturellement italienne. En 1563, la capitale est déplacée de Chambéry vers Turin. Le duché espère ainsi prendre ses distances vis à vis de la France en devenant davantage italien.
La politique ducale du XIVe siècle se caractérise donc par des alliances fragiles et éphémères avec la France et l'Espagne en fonction des intérêts de l'État et du souverain. Ce jeu d'alliances est une nécessité pour ce petit état, car entre ces deux grandes puissances, son indépendance peut à tout moment être remise en question. Mais il sert aussi ses intérêts puisque le duché va à plusieurs reprises tenter d'accroitre son territoire aux dépens de ses voisins.
Le duc Charles-Emmanuel (1580-1630) choisit quant à lui l'alliance espagnole, symbolisée par son mariage avec la fille de Philippe II, roi d'Espagne. A l'époque, la France est déchirée par les guerres de religion. Le duc savoyard va donc tenter de profiter de la situation pour agrandir son territoire par des incursions en Provence et dans le Dauphiné. En 1591, la bataille de Pontcharra va mettre un terme aux aspirations du duché.
Malgré sa supériorité numérique, l’armée du duc de Savoie Charles-Emmanuel, commandée par son frère don Amédée — renforcée de contingents espagnols, milanais et napolitains commandés par d'Olivares — est mise en déroute par les troupes françaises commandées par Lesdiguières.
En 1832, la commune de Pontcharra est créée suite à la réunion de deux villages : Grignon (rive sud du Bréda) et Villard-Benoit (rive nord du Bréda). Mais le lieu-dit de Pontcharra existait déjà avant la fusion. C'était un simple groupement de maison bâties autour d'un pont (l'actuelle place Bayard). Ne possédant ni église ni paroisse, Pontcharra n'eut aucune reconnaissance officielle jusqu'à sa naissance en tant que commune au XIXe siècle. Ce qui n'était à la base qu'un petit hameau sans importance s'est donc finalement développé pour absorber les paroisses limitrophes. La place de l'ancien village de Grignon se trouve à côté de la papeterie Moulin-Vieux (il subsiste une église et des vieilles bâtisses).
Avant 1832, le territoire de l'actuelle commune est occupé par deux bourgs sans réelle importance (Grignon et Villard-Benoit). C'est seulement à partir du XIXe siècle, grâce à l'essor industriel de la rive gauche de la vallée (papeterie, Viscamine, etc.) que Pontcharra devient une ville. Le centre-ville actuel, la cité Bergès et la cité Olivetti témoignent de cette époque. L'arrivée de familles issues de l'immigration espagnole et italienne contribue grandement à la croissance démographique de Pontcharra.
L'essor se poursuit au XXe siècle avec l'arrivée de nouvelles industries sur le territoire de la commune (métallurgie, etc.). Les immeubles ( tours Bayard, le Plan, le Coisetan) et les lotissements de la rive nord du Bréda sont en effet construits au cours des années 1950 à 1970. Une nouvelle fois, la commune doit une partie de son essor démographique à l'immigration (essentiellement portugaise et maghrébine).
L'histoire de la ville est donc principalement liée à son passé industriel. Aujourd'hui, beaucoup de ces entreprises ont fermé, mais la ville continue à gagner des habitants grâce au dynamisme économique de la vallée (ZI de Crolles-Bernin, l'Inovallée de Meylan). La population de Pontcharra qui était très majoritairement ouvrière il y a encore une dizaine d'années est ainsi en train de se diversifier avec l'arrivée de couples de jeunes cadres sur la commune.
Rovasenda (Italie), où est supposé être mort le chevalier Bayard, figure emblématique de la ville.
La plupart des trains de voyageurs, les TER, circulant sur cette ligne (Axe Valence-Ville - Grenoble - Annecy - Genève) s'y arrêtent. Tous les TER desservant Pontcharra desservent la gare de Grenoble-Universités-Gières pour l'accès au campus universitaire grenoblois et au centre hospitalier régional de La Tronche. Avec la mise en place du cadencement, la gare de Pontcharra devrait prendre plus d'importance.
Jean-Pierre Borgis : Moulin-Vieux , histoire d'une papeterie dauphinoise (1869-1989)ISBN 2706104066
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