47° 52′ N 3° 33′ W / 47.87, -3.55
Quimperlé (Kemperle en breton, prononcé localement ˈkɛ̃pɛːʁle en français, kɛmˈpɛːʁle en breton) est une commune française du département du Finistère, dans la région Bretagne.
Quimperlé est situé dans le sud-est du Finistère, à 19,7 km au nord-ouest de Lorient et à 44 km à l'est de Quimper. D'un point de vue historique, la ville appartient à la Cornouaille. Cependant une petite partie de son territoire, correspondant à l'ancienne trève de Saint David, qui dépendait de la paroisse de Rédéné, se rattache au Broerec.
Le nom Quimperlé vient de kemper, « confluent » en breton, et de Ellé une des rivières qui traversent la ville. La ville se situe en effet au point de confluence de l'Ellé et de l'Isole. Celles-ci se rejoignent pour donner naissance à la Laïta, une ria longue d'une quinzaine de km soumise à la marée, qui fut navigale et permis à Quimperlé d'être un port de mer. Un autre cours d'eau de moindre importance traverse la cité, le Dourdu (eau noire en breton), qui se jette directement dans la Laïta en aval des deux autres. Quimperlé était à la limite des deux évêchés de Cornouaille (dont elle faisait partie) et de Vannes, séparés par l'Ellé.
On distingue traditionnellement une "ville haute" et une "ville basse". La "ville basse" (centre aristocratique et religieux) s'est développée autour de l'église Saint-Colomban dont il ne subsiste plus qu'une façade et de l'abbaye bénédictine Sainte-Croix de Quimperlé tandis que la "ville haute" s'est développée autour de l'église Saint-Michel et de sa place (centre d'origine commerçant).
La "ville basse" occupe la zone de terrain de la presqu'île de confluence enserrée entre les cours de l'Ellé et de l'Isole, transformée en île artificielle par la création de douves joignant les deux cours d'eau peu avant leur confluence, ainsi que les rives de la Laïta. L'abbaye Sainte-Croix est à l'origine du noyau urbain initial en raison des fortifications entourant et protégeant l'abbaye à partir du XIIIème siècle, et de l'attractivité du minihy (sauveté de Clos Gurthiern. L'essor démographique nécessite d'autres extensions urbaines extra-muros: le faubourg du Gorrequer (route de Carhaix), celui de Lovigon (route de Vannes). Pour contrebalancer la puissance de Sainte-Croix, le duc Jean Ier de Bretagne fonda en 1264 sur la rive gauche, donc dans l'évêché de Vannes, le monastère des Dominicains ("abbaye blanche", surnom probablement donné à cette abbaye en hommage à Blanche de Navarre, épouse du duc fondateur Jean Ier de Bretagne, à moins que ce ne soit une allusion à la couleur de la robe des moines), à l'origine du développement du faubourg du Bourg Neuf, longtemps mal relié à la ville jusqu'à la construction tardive (car refusée jusqu'alors par l'abbaye Sainte-Croix) du Pont fleuri enjambant l'Ellé en 1643. La diminution des troubles, l'essor de l'artisanat et du commerce, facilités par l'existence d'un port d'importance notable, la Laïta étant alors remontée par des bateaux de mer de 10 à 60 tonneaux pourvus d'équipages pouvant aller jusqu'à 15 hommes, obtenant le "droit de franche loire" pour Saint-Michel, qui devient paroisse dès le XIème siècle, et le Bourg Neuf en 1434. Selon le géographe arabe Al Idrisi, "Kimberlik" était déjà en 1154 "une ville bien située, petite et animée, qui possède des marchés actifs et beaucoup d'industries".
La cité dépendait entièrement de l'abbé de Sainte-Croix, véritable seigneur féodal, à la fois administrateur, juge et représentant de la force publique. Sous l'autorité de l'abbé, un chambrier assurait la gestion financière, un avoué aux décisions sans appel assurait la justice, y compris le droit de haute justice (peine de mort), un voyer assurait la perception des impôts. D'autre part l'abbé disposait du "droit épiscopal" sur toutes les églises possédées par l'abbaye dans le diocèse.
Une bonne partie de la "ville basse" est facilement inondable. D'ailleurs les quais Brizeux et Surcouf sont régulièrement noyés sous les eaux de la Laïta. L'hôtel Brizeux est un indicateur visuel très pratique pour mesurer la hauteur d'eau lors d'une crue.
La "ville haute" occupe au contraire les parties hautes avec la montagne Saint-Michel.
Une agglomération de moindre importance s'est également développée sur la rive opposée à celle abritant la montagne Saint-Michel autour de l'abbaye blanche. Celle-ci a pris le nom de Bourgneuf.
La zone urbanisée s'est par la suite étendue notamment en direction de l'ouest suite la construction de la gare ferroviaire. Aujourd'hui, cette zone urbanisée déborde en direction du nord sur la commune voisine de Mellac, Stang Veil et la cité de Ty Lann constituant des faubourgs de la ville.
Le territoire communal s'étend sur 3 173 hectares et englobe en plus de la ville des zones non urbanisées qui appartenaient avant leur rattachement à Quimperlé en 1790 à la paroisse de Lothéa et à la trève de Trélivalaire. Cet espace est occupé en partie par la forêt domaniale de Carnoët qui s'étend sur 750 ha. Cette belle futaie de chênes et de hêtres a été partiellement dévasté lors de l'ouragan de 1987. Un programme de reboisement fut alors entrepris. La voie express RN165 traverse la commune d'est en ouest. Elle franchit la vallée de la Laïta à environ 1 km au sud de la ville.
Au Paléolithique, l'homme de Néanderthal a selon toute vraisemblance fréquenté les abords de Quimperlé comme en atteste un lieu de taille de l'époque Moustérienne situé à la limite même de la commune de Clohars-Carnoet, dans la forêt, avec une très belle roche locale, entre calcédoine et jaspe. En des temps plus proches de nous, correspondant à la période allant du néolithique à l'époque gallo-romaine, des traces d'un habitat épars existent dans la région mais aucune trace d'une quelconque agglomération n' a été trouvé sur le site actuel de Quimperlé. À Quimperlé même se trouve le dolmen de Keransquer, rue de Lorient et dans le voisinage des dizaines de menhirs et des allées couvertes. Un tumulus à Lothéa livra en 1843 des pointes en silex, des armes en bronze et trois chaînes de cou, l'une en bronze, l'autre en argent et la troisième en or. Des tuiles près du cimetière de la chapelle Saint-David attestent d'une présence romaine.
Une première agglomération vit le jour sur le site actuel de la basse ville. Elle s'appelait villa Anaurot du nom d'un prince originaire de Grande-Bretagne ayant vécu au Ve siècle. Un de ses compatriotes, saint Gurthiern, y aurait fondé un ermitage, mais celui-ci aurait été détruit par les Normands en même temps que la ville en 868. La ville fut reconstruite et elle prit le nom que lui nous connaissons aujourd'hui. Le 14 septembre 1029 fut fondé l'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé par le comte de Cornouaille Alain Canhiart. Celle-ci s'enrichit rapidement grâce à de nombreuses donations. Cette richesse ne tarda pas à susciter la convoitise des ducs de Bretagne qui réclamèrent qu'une partie des revenus leur soient reversés. Le duc Jean Ier le Roux fit édifier des remparts autour de la basse ville pour la protéger. Une douve reliant l'Ellé et l'Isole fut creusée pour la ceinturer d'eau. En 1347, durant la guerre de succession de Bretagne, le roi Édouard III d'Angleterre afferma plusieurs places fortes bretonnes à ses capitaines. Il donna Quimperlé et la région de l'Ellé à Roger Davidson, plus connu sous le nom de Davy. Celui-ci mis en coupe réglée Quimperlé et sa région jusqu'à sa mort en 1364 à la bataille d'Auray. En 1373, Du Guesclin vint assiéger en personne la place forte qui était aux mains des Anglais. Il fit passer au fil de l'épée la garnison. En 1590, durant la guerre de la ligue, la ville était aux mains des ligueurs. Le prince de Dombes s'empara de celle-ci par surprise. En août 1594, la ville abrita une garnison espagnole conduite par Don Juan d'Aguila qui peu de temps après s'en alla incendier Rosporden.
Article détaillé : Abbaye Sainte-Croix de Quimperlé.En 1680, la plus grande partie des murailles furent abattues. En 1746, une crue catastrophique endommagea sérieusement les ponts de la ville et deux d'entre eux durent être entièrement reconstruits. Quimperlé était à l'époque un important lieu de marché et de foire. On y comptait aussi de nombreux moulins. En 1785, le papetier Georget installa un moulin à papier fabricant notamment du papier timbré. Il y avait aussi une pêcherie aux Gorrets. On y pêchait des saumons en grande quantité car ce poisson venait frayer en grand nombre dans l'Ellé et ses affluents (en 1750 le nombre de prise était de 8000/an contre 20 en 1979). En 1670, la ville comptait également treize tanneurs. Par contre, l'activité portuaire restait réduite à cause de l'ensablement de la Laïta limitant le tonnage des navires. Le port exportait essentiellement du blé en direction de Nantes et de Bordeaux. Des billes abattues dans la forêt de Carnoët étaient acheminées via la Laïta à Lorient.
Quimperlé fut érigé en commune en 1790. Le territoire communal nouvellement constitué engloba les paroisses de Saint-Michel, de Saint-Colomban et de Lothéa et la trève de Trélivalaire qui dépendaient de l'évêché de Quimper ainsi que la trève de Saint-David qui dépendait de l'évêché de Vannes.
Plusieurs communes appartenant historiquement au Vannétais (Arzano, Rédéné, Guilligomarc'h) furent rattachées au département du Finistère nouvellement créé pour fournir un hinterland à l'est à la ville promue au rang de chef lieu de district.
La ville fut très vite acquise aux idées révolutionnaires comme la plupart des villes de l'Ouest alors que la campagne environnante devenait hostile aux nouvelles réformes.
La ville devint le siège d'une sous-préfecture en 1801 jusqu'à sa suppression en 1926.
La ville connu au XIXe siècle un important essor industriel avec notamment des tanneries, des minoteries, une scierie mécanique qui compta jusqu'à 80 ouvriers. De nombreuses conserveries virent le jour au début du XXe siècle ainsi qu'une fonderie. Aujourd'hui la ville abrite les papeteries de Mauduit, le principal site agroalimentaire Bigard (abattoirs, viande hachée, produits élaborés traiteur), une usine de fabrication d'aliments pour chiens et chats (Nestlé ayant racheté Friskies et Whiskas).
La ville fut épargnée par les bombardements et les destructions durant la Seconde Guerre mondiale, à la différence de ses voisines Lorient et Hennebont. La ville sera libérée le 9 août 1944 par les F.F.I et les allemands seront ensuite tenu en respect à bonne distance de Quimperlé dans ce qui deviendra la poche de Lorient.
Quimperlé est aussi réputée pour son bagad qui a obtenu notamment deux titres de champion de Bretagne des bagadoù.
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes
La ville possède une antenne de la Chambre de commerce et d'industrie de Quimper Cornouaille.
Quimperlé est une ville de tourisme et d'industries florissantes encore aujourd'hui.
La ville est le siège du groupe Bigard qui y a implanté son principal établissement qui emploie plus de 1200 personnes ainsi que des papeteries de Mauduit.
À noter que la ville dispose de nombreuses zones d'activités commerciales et/ou industrielles en périphérie des deux centre-ville (Kervidanou, Kergoaler, Kerisole, Kergostiou, La Villeneuve Braouic, etc.). La ville, dont l'industrie est en souffrance, se tourne aujourd'hui vers une économie de plus en plus orientée vers les services, ainsi de nombreux investissements sont en cours pour créer/agrandir la zone commerciale de Kergoaler en direction de Mellac (Kervidanou). De nouveaux magasins y sont déjà ouverts : Gifi, Intersport, Picard, Gamm'Vert, La Halle, Distri-center, etc.).
Le poids économique de la ville lui permet de se situer au 4e rang du département du Finistère.
La ville est également pourvu d'un centre hospitalier général. Cet établissement subit au cours du second semestre 2007 une profonde restructuration. En effet la fermeture de la Maternité fut décidé ainsi que l'arrêt des interventions de chirurgie viscérale en juillet puis en novembre le bloc opératoire fut définitivement fermé. Suite à des négociations menées par le Directeur Etienne Morel, le Centre Hospitalier obtenu le maintien d'une envelopppe budgétaire permettant l'ouverture de nouvelles activités pour maintenir un niveau de performance élevé pour ce secteur du territoire de santé. En février 2008 six lits d'unité d'hospitalisation de courte durée ont ouvert, suite par un service de géronto-psychiatrie de 20 lits et 5 places. Au printemps 2009 une première partie de l'unité de Soins de Suite pneumologique fut également ouverte.
Le secteur Hébergement qui représente plus de la moitié de la capacité de l'établissement connait également de profonds changements avec l'ouverture de la Maison de Retraite de Moelan sur Mer en 2005, la signature de la convention tripartite en décembre 2007 et le démarrage des travaux de reconstruction de la résidence de Bois Joly (vaste chantier qui durera jusqu'en 2015).
Quimperlé est largement desservie au niveau des transports et équipée en voies de communication. La gare de Quimperlé est un arrêt du TGV Atlantique. Ce dernier met la ville de Quimperlé à seulement 4 heures de Paris avec 3 allers-retours quotidiens. Deux échangeurs routiers (trois dans le sens Paris-Quimper) situés aux issues de la ville permettent de rejoindre rapidement la RN 165, un axe rapide à 2×2 voies qui relie les grandes villes du littoral atlantique breton.