Saint-Genis-Pouilly est une commune française, située dans le département de l'Ain et la région Rhône-Alpes.
Elle se trouve dans le Pays de Gex, au pied du Jura. Bordant la frontière suisse, elle fait partie de l'agglomération transfrontalière de Genève. De par sa population, c'est l'une des dix villes les plus importantes du département de l'Ain
Ses habitants sont les Saint-Genésiens et les Saint-Genésiennes.
Saint-Genis-Pouilly accueille sur son territoire une grande partie des installations du CERN, le laboratoire européen de physique des particules, haut-lieu de la recherche fondamentale mondiale. C'est au CERN que la commune doit l'essentiel de son développement depuis le milieu des années 1960.
La commune se situe à la limite entre la plaine du Léman et les premières pentes du Jura. Les communes limitrophes de Saint-Genis-Pouilly sont: Thoiry, Sergy, Crozet, Prévessin-Moëns et Satigny (Suisse).
L'altitude de la commune varie de 419 m (à l'extrémité Sud de la commune, au confluent entre l'Allondon et le Nant de l'Ecra) à 502 m (à l'extrémité Nord de la commune, dans le hameau de Flies).
Les différents hameaux de la commune sont : Flies, Pouilly et Pregnin.
La station météorologique de Cointrin, située sur l'aéroport international de Genève, fournit des données pertinentes sur le temps qui règne à Saint-Genis-Pouilly. Cette station est en effet située à seulement 6,5 km du centre de la commune et à une altitude similaire (420 m) Les données fournies par cette station sont disponibles en temps réel sur le serveur de MétéoSuisse.
L'ensoleillement annuel est de 1 694 heures (à comparer avec 1 797 heures pour Paris, 2 899 heures pour Toulon, la ville la plus ensoleillée de France, et 2 181 heures pour Cimetta, la station la plus ensoleillée de Suisse). Il tombe en moyenne 970 mm de pluie par an (à comparer avec 1 797 mm pour Paris, 1 483 mm pour Biarritz, la ville la plus arrosée de France, et 2 701 mm pour Säntis, la station la plus arrosée de Suisse). MétéoSuisse
Saint-Genis-Pouilly connaît, comme tout le Pays de Gex et le Canton de Genève, des coups de Joran, le vent froid descendant du Haut Jura vers le lac Léman, où il provoque parfois des tempêtes.
Plusieurs cours d'eau traversent ou bordent Saint-Genis-Pouilly: Lion, Allondon, Nant de l'Ecra, Bief de la Janvoin, Ouaf, Grand Journans et Petit Journans. En 2005 et 2006, ces cours d'eau ont fait l'objet d'une interdiction de tout prélèvement pour cause de sècheresse. En 2004, seuls l'Allondon et le Lion l'avaient été. En juin 2009, l'ensemble des cours d'eau de Saint-Genis-Pouilly a fait l'objet de restrictions des prélèvements. Le débit de l'Allondon est surveillé à Saint-Genis-Pouilly par une station du réseau HYDRO dont les mesures sont télétransmises
Selon l'étude réalisée en 2002 par la Direction départementale de l'agriculture et de la forêt, Saint-Genis-Pouilly est classée en zone à risque d'inondation de plaine. Selon une autre publication officielle, la commune est classée en zone à risque de crues torrentielles ou de plaine de type rapide. Enfin, selon la fiche des risques majeurs de Saint-Genis-Pouilly publiée par le portail de la prévention des risques majeurs du Ministère de l’Ecologie, la commune est classée en zone à risque d'inondation avec enjeu humain. Cette triplement différente qualification du risque n'a pas d'explication.
Comme toutes les autres communes du canton de Gex, Saint-Genis-Pouilly est classée en zone de sismicité Ib, c'est-à-dire que le risque sismique y est faible Un nouveau zonage est en cours d'élaboration au Ministère de l’Ecologie, mais il semble ne pas devoir modifier significativement le classement des communes du Pays de Gex.
La partie de la vallée de l'Allondon qui se trouve sur le territoire de la commune constitue une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) de type I
La commune est peu boisée (son taux de boisement est entre 10 et 20%).
Saint-Genis-Pouilly se compose de deux bourgs (Saint-Genis et Pouilly) et deux hameaux (Pregnin et Flies). Les deux bourgs tendent, vu leur extension croissante, à ne plus former qu'un tandis que les deux hameaux restent encore séparés l'un de l'autre et des deux bourgs.
L'habitat de Saint-Genis-Pouilly est essentiellement composé de logements en immeubles collectifs (67,3 % du parc) et de résidences principales (91,0 % du parc) Les immeubles collectifs sont concentrés dans le bourg de Saint-Genis.
La commune compte une proportion significativement plus importante de résidences principales en immeubles collectifs que les autres communes de l'arrondissement: si près des deux tiers (65.5%) des Saint-genésiens habite en immeuble collectif, moins d'un Gessien sur deux (46.5%) y habite
Le Pays de Gex, l'Ain, la région Rhône-Alpes et la France métropolitaine comptent une majorité de propriétaires de leur résidence principale. Par contre, Saint-Genis-Pouilly compte une majorité de locataires (seulement 43,9 % des résidences principales sont occupées par leur propriétaire). Seule Ferney-Voltaire compte, dans le Pays de Gex, une plus faible proportion de propriétaires de leur résidence principale (33,5 %) Il est possible que le grand nombre de fonctionnaires internationaux habitant dans ces deux communes explique cette particularité.
C'est en 1887 que l'appellation actuelle, Saint-Genis-Pouilly, apparaît sur les registres de l'État civil. Auparavant, ce sont le noms de Pouilly-Saint-Genis ou Pouilly-Saint-Genix qui étaient utilisés Avant cela, les deux bourgs étaient identifiés séparément.Pouilly était une petite cité gallo-romaine dont le nom vient sans doute du latin Pauliacum. Dans son atlas historique, G. Debombourg situe Pulliacum à l'époque du second royaume de Bourgogne (879-1032) là où il situe sur ses cartes religieuses l'église de Pouilly-St-Genis Dans ses "Preuves" il cite un texte de 993 qui mentionne Pulliacum Un mémoire de 1698 mentionne un certain Balthazard comme noble de Prengin, dans le Pays de Gex (peut-être est-ce le nom donné à cette époque à l'actuel hameau de Pregnin). Entre 1601 et 1789 il est fait mention de la Baronnie de Saint-Genist. Nom de domaine d´origine gallo-romaine Polliacum, Pulliacum, dérivés avec le suffixe -acum du gentilice Paulius ou Pollius. Homonymie avec les nombreux Pauilhac, Paulac, Pouillac, Poillé, Pouilly, Pouilley, Pollieu, etc., recencés par Albert Dauzat.
Au fil du temps, Saint-Genis prit de l'importance. Son relais des Postes Royales (à côté de l'actuelle chapelle) fît croître le bourg et Pouilly-Saint-Genix devint Saint-Genis-Pouilly. Pregnin figure dans les Procès-verbaux du Directoire. Le nom de Saint-Genis provient sans doute, comme dans le cas de Saint-Genis-Laval, de Saint-Genest, comédien romain de la seconde moitié du IIIe siècle, martyrisé sous Dioclétien
Les origines de Saint-Genis-Pouilly remontent à l'époque gallo-romaine. La colonie romaine Colonia Iulia Equestris fondée par Jules César entre 50 et 45 av. J-C s'étendait jusqu'à Thoiry et englobait donc le territoire qui devait devenir Saint-Genis-Pouilly. La grande villa de Pouilly, construite au premier siècle et située aux alentours de l'actuelle église de Pouilly, était habitée par une famille riche, comme en témoignent les bijoux, bagues et bracelets qui y ont été retrouvés
À Saint-Genis, une tombe Franque, fouillée il y a quelques années, représente l'une des rares traces de la présence de cette ethnie dans le sud-est de la Gaule.
Des tombes en tuiles (dalles de molasse ?) découvertes à Pouilly au début du XIXe siècle (1821 ?) indiquent l'existence d'une population sur le territoire de la commune au VIIe siècle
Plusieurs trésors ont été enfouis à Pouilly entre 250 et 300 lors des invasions des Allamands et ensuite, vers 406, lors des invasions Burgondes.
Plusieurs tombes du VIe siècle ont été découvertes à Pregnin Prieuré établi par quelques moines à Pouilly, fin du Xe siècle Le lieu-dit les châtelets, situé au nord de Pregnin, doit sans doute son nom à la présence au IIIe siècle de petits forts situés sur la route romaine longeant le Jura
En 1301, Uldric, seigneur de Saint-Genis renouvelle son hommage au Dauphin
Au Moyen-Âge, les quatre villages de Saint Genis, Pouilly, Pregnin et Flies sont fortement peuplés (81 feux sont recensés). Les habitants possèdent un gros troupeau de bovins de 261 vaches laitières. L'activité principale est l'alpage qui permet de produire des fromages de gruyère qui sont commercialisés à Genève.
Pouilly-Saint-Genix prospère fortement à l'abri d'un monastère bénédictin. En 1536 cependant, les bernois détruisent complètement la ville et le monastère
La construction de la route royale transforme l'économie de Saint-Genis et des bourgs voisins. Maréchaux-ferrants, commerces, auberges, complètent l'agriculture.
La feuille Genève de la carte de Cassini, dont les levés ont été réalisés par Calon de Felcourt entre 1759 et 1761, permet d'identifier le bourg de Pouilly, les hameaux de Pregnin et Flies, ainsi que le Moulin St-Genis. La route de Lyon à Genève et sa bifurcation jusqu'à Gex y sont aussi clairement visibles. Ces routes, facilement identifiables car rectilignes sur la quasi totalité de leur tracé dans le Pays de Gex, existent encore aujourd'hui.
À partir de 1817, le marais de Pouilly (situé autour de l'ancien château) est drainé car il cause de nombreuses fièvres dans les villages de Pregnin et Pouilly. En 1820, des fontaines publiques, dans chaque hameau, remplacent les puits particuliers. La fontaine de la place de St-Genis est construite entre 1824 et 1826.
Entre les deux guerres mondiales, c'est la diamanterie Donnet qui est l'industrie principale de la commune.
Quelques événements dans l'histoire de la commune:
C'est l'extension sur France du CERN (Organisation européenne pour la recherche nucléaire), au milieu des années 1960, qui fit de Saint-Genis-Pouilly la petite ville coquette qu'elle est aujourd'hui. C'est aussi grâce à la présence du CERN que le tissu économique local s'est considérablement densifié et diversifié.
Le tunnel abritant la boucle de 27 kilomètres du Large Hadron Collider, l'accélérateur de particules du CERN passe à une centaine de mètres sous la commune.
Une liste assez complète des maires de la commune est disponible par ailleurs
Lors du vote concernant le Traité établissant une constitution pour l'Europe, le 29 mai 2005, 1 865 des 3 089 inscrits ont voté et les 1 838 suffrages exprimés à cette occasion se sont répartis de la manière suivante: 1 087 oui (59,14 %) et 751 non (40,86 %).
Lors du vote concernant le Traité de Maastricht, le 20 septembre 1992, 1 814 des 2 576 inscrits ont voté et les 1 774 suffrages exprimés à cette occasion se sont répartis de la manière suivante: 1 186 oui (66,85 %) et 588 non (33,15 %). Au niveau national, une faible une faible majorité s'était dégagé : seulement 51,04 %.
Voici ci-dessous le partage des sièges au sein du Conseil municipal de la commune :
La commune est actuellement administrée par M. H. Bertrand et son équipe. Aux élections municipales de 2008, deux listes se sont opposé lors d'un unique tour le 9 mars:
Les résultats complets de cette élection sont disponibles sur le site du Ministère de l'intérieur.
Les résultats du deuxième tour des élections municipales du 18 mars 2001 étaient les suivants:
Au total, sur les 3 023 inscrits, il y a eu 1 807 votants et 1 765 suffrages exprimés
La population de Saint-Genis-Pouilly est en rapide augmentation depuis le milieu des années soixante:
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes
Evolution de la population de Saint-Genis-Pouilly depuis 1936Note: Sur son site web la municipalité de Saint-Genis-Pouilly indique le chiffre de 8 683 habitants et le Ministère de l'Économie, des finances et de l'industrie indique le chiffre de 7 380 en 2005, mais il ne semble pas possible retrouver ces chiffres dans les données de l'INSEE ou celles publiées au Journal officiel.
Une des conséquences de cette augmentation rapide de la population (ainsi que de celle des communes voisines tant en France qu'en Suisse) est l'augmentation rapide du prix des logements. Ainsi, par exemple, le prix au mètre carré d'un appartement ancien dans le Pays de Gex a augmenté de 59% entre 2000 et 2004, selon l'INSEE
La proximité de la Suisse et des organisations internationales installées à Genève explique qu'une partie significative de la population de la commune soit étrangère. Ainsi, selon le recensement réalisé par l'INSEE en 1999, la commune comptait parmi ses 6 383 habitants 1 697 étrangers (soit 26.6%). À titre de comparaison, le département de l'Ain comptait, au moment de ce même recensement, parmi ses 515 478 habitants 40 903 étrangers (soit 7.9%).
La fête de l'oiseau est la principale fête communale.
Plusieurs associations sportives sont présentes à Saint-Genis-Pouilly. On y trouve un club d'athlétisme, un club de badminton ,le club d'arts martiaux, mais également les clubs de gym, basketball, escrime, football, de danse, de judo, de pétanque, et de ski.
Saint-Genis-Pouilly est, depuis l'implantation du Technoparc, le siège privilégié de l'activité économique du Pays de Gex.
Saint-Genis-Pouilly bénéficie, tout comme les autres communes du Pays de Gex, du statut très particulier de zone franche instauré par le Congrès de Vienne dans le second Traité de Paris du 20 novembre 1815 De ce fait, les marchandises importées ou exportées hors de l'Union européenne ne sont pas soumises aux droits de douane. Si ce statut a connu des changements importants par le passé, il semble aujourd'hui stabilisé. L'absence de droits de douane est particulièrement intéressant pour les particuliers habitant la zone franche lorsqu'ils achètent des véhicules fabriqués en dehors de l'Union européenne car ceux-ci sont normalement frappés de droits de douane spécifiques importants (environ 10%). Ces véhicules sont facilement identifiables sur les routes puisqu'ils sont immatriculés dans la série spéciale TTW (p.ex. 14501 TTW ). Dans la seconde moitié du XXe siècle le sucre et le beurre hors Union étaient aussi très prisês dans la zone franche.
Depuis quelques années, le taux de la taxe d'habitation est resté fixé à 7,78%. Comme indiqué dans le graphique ci-contre, ce taux était en 2006 quasiment égal au taux moyen appliqué par les communes du Pays de Gex: 7,69%
La commune a supporté en 2008 (2005) un total de charges de fonctionnement de 7.13 (6.64) M€ et un total de 3.34 (4.06) M€ d'investissements, alors que ses produits de fonctionnement se montaient à 8.92 (7.96) M€ et ses ressources d'investissement à 3.55 (3.69) M€. Elle a donc dégagé un résultat d'ensemble positif de 2.00 (0.96) M€ cette même année.Au 31 décembre 2008 (2005), Saint-Genis-Pouilly était endettée à hauteur de seulement 0.95 (2.12) M€, soit 118 (288) € par habitant (les communes de 5 000 à 10 000 habitants —la strate— ont une dette moyenne de 1021 (935) € par habitant).Ceci alors que les recettes provenant de la taxe professionnelle étaient faibles: 0.55 (0.53) M€ (soit 68 (72) € par habitant alors que la moyenne de la strate était de 249 (211) € par habitant).
Selon l'enquête annuelle de recensement menée par l'INSEE en 2004, le taux de chômage dans la commune était de 7.9% (contre 7.4% en 1999).
Quelques ruines du petit château-fort (du XIIIe siècle) de Flies sont encore visibles. Des sépultures gallo-romaines et des VIe-VIIIe siècles se trouvent encore dans le cimetière entourant l'église de Pouilly.
L'église Saint-Pierre de Pouilly (porche et chœur du XIIIe siècle) est sans doute l'élément du patrimoine architectural communal le plus connu. L'église est romane, sauf son chœur qui est gothique.
Le Théâtre du Bord'eau, inauguré en 2006, offre 250 places assises aux amateurs de théâtre, danse, musique et autres arts de la scène.
Pregn'Art, le week-end annuel au cours duquel des artistes locaux exposent dans les jardins du hameau de Pregnin est l'une des manifestations dédiées aux art plastiques.
Le CERN apporte à la commune une ouverture sur la physique de pointe qui est assez unique dans le monde, puisque des conférences y sont organisées très fréquemment et que certaines d'entre elles sont ouvertes au public. Il est possible de visiter le CERN.
46°14′37″N 6°1′30″E / 46.24361, 6.025