| Col d'Ibardin | La Rhune | Urrugne |
Saint-Jean-de-Luz (Donibane Lohitzun en basque i.e. 'Saint-Jean-des-Marais') est une commune française, située dans le département des Pyrénées-Atlantiques et la région Aquitaine.
Le gentilé est Luzien (Donibandar ou Lohitzundar en basque).
La baie de Saint-Jean-de-Luz est située au fond du golfe de Gascogne. C'est la seule rade abritée entre Arcachon et L'Espagne. Grâce à ses digues qui la protègent des colères de l'océan Atlantique, elle a la faveur des baigneurs et est devenue une station balnéaire réputée de la Côte Basque.
Saint-Jean-de-Luz fait partie de la province basque du Labourd, ainsi que de l'Eurocité basque Bayonne - San Sebastian.
Saint-Jean-de-Luz s'étend de part et d'autre de la route nationale 10. Elle accède à l'autoroute A63 aux sorties 3 (Saint-Jean-de-Luz nord) et 2 (Saint-Jean-de-Luz sud). La gare de Saint-Jean-de-Luz-Ciboure est une station sur la voie ferroviaire SNCF Bordeaux-Irun à la limite des villes dont elle porte le nom.
Falaise Extérieur de l'église Saint-Jean-Baptiste Mariage basque en 1942 à Saint-Jean-de-LuzLes terres de la commune sont arrosées par la Nivelle (Urdazuri en basque) et par ses affluents, l'Etcheberriko erreka et les ruisseaux Isaka et de Chantaco. Un autre fleuve côtier, le Basarun erreka, ainsi que son tributaire, le Mendiko erreka, traversent Saint-Jean-de-Luz. Un affluent de l'Uhabia, l'Amisolako erreka, passe également sur les terres de la commune.
Immédiatement au sud d'Acotz se trouve le quartier d'Erromardie, beaucoup moins étendu, qui fait la transition entre la zone périurbaine et l'urbanisation plus « dure » de l'agglomération luzienne proprement dite. Le quartier a une forme grossièrement triangulaire, étirée entre sa base, à l'ouest, constituée par la plage d'Erromardie (en fait, deux plages séparées l'une de l'autre par un cours d'eau, le Grand Ichaca (du basque Isaka qui signifie « fossé ») et une pointe matérialisée par le croisement entre la ligne de chemin de fer et la D810, qui l'enjambe au lieu-dit du « Pavillon Bleu ». Au nord du quartier on trouve une zone dunaire et marécageuse, mais bien drainée, et en partie urbanisée, qui forme le prolongement naturel des paysages d'Acotz et comprend quelques uns des campings mentionnés plus haut. L'absence de liaison routière directe entre Erromardie et Acotz (sauf pour la navette des plages « Itzulia » qui, en saison, dessert toutes les plages par le bord de mer) donne cependant une identité spécifique au quartier, bordé au sud par une colline lottie dans les années 1960 (villas d'Ibignary, entre autres) mais sur laquelle se construisent actuellement de nouvelles demeures. Entre la plage d'Erromardie et la pointe d'Archilua (croix votive), en bord de mer, on trouve quelques garennes, de vastes jardins mais aussi l'ancien site d'un skate park (plus ou moins délaissé par la jeunesse locale au profit d'un équipement plus modeste mais installé en centre-ville) et, surtout, le site des arènes de plein air (démontables) où se produisent durant la saison estivale les vachettes d'Intervilles (dans le cadre de spectacles « landais » au cours desquels les spectateurs sont invités à devenir des acteurs : course d'ânes, toro-piscine, etc.) Les plages d'Erromardie ont un fond rocheux (les nageurs doivent y prendre garde à marée basse) mais elles sont un terrain de jeu idéal pour les plongeurs en apnée et autres pêcheurs sous-marins. Curiosités à signaler : la faune du site d'Erromardie est particulièrement riche et facile à observer (lapins et écureuils dans les dunes, aperçus aux heures calmes du petit matin, cormorans, poissons et poulpes côté océan). Le ramassage des algues et le nettoyage régulier de la plage sont liés à la valorisation industrielle des algues. À noter l'identité spécifique du lotissement Argi Eder, ouvert sur le rond-point qui marque, sur la route de Bayonne, l'entrée dans la zone urbaine dense, comme celle du lieu-dit Etchebiague (en fait un lotissement, en deça du chemin de fer, près de la résidence « La seigneurie » et un bloc de maisons individuelles, au-delà de la voie SNCF, au long de la route de Bayonne.
À l'est de la commune, au-delà d'une ligne Uhalden Borda - ferme Jaldai - Sopitenea - Billitorte, s'étend une très vaste zone d'aspect encore rural, correspondant en gros au quartier de Chantaco et aux marges rustiques de l'espace luzien, vers les communes d'Ahetze et Saint-Pée-sur-Nivelle. Cet espace, encore voué pour l'essentiel aux bois, champs et pacages, s'étend des abords de la route d'Ostalapia, vers Ahetze, au nord (soit à gauche de la D810 quand on arrive en ville depuis Biarritz) jusqu'à la Nivelle au sud. Les écarts, nombreux, situés autour d'une vieille ferme basque (Anderenea, Indiazabal, Martienea…) d'un château (Fagosse) ou du site d'un ancien village déchu de son statut communal (Serres) ont chacun leur personnalité et mitent le paysage ; la construction de belles villas vient renforcer ce processus, comme le projet de construire des logements (lotissement Alturan) à proximité du chenil (lequel serait transféré vers Jalday). De nombreux rus et ruisseaux (en basque, errekak) irriguent le secteur et quelques plans d'eau ont été aménagés ; on pratique encore la chasse sur ce territoire accidenté agrémenté de bosquets touffus, en utilisant notamment des appâts volants. Le noyau le plus densément urbanisé de cette frange orientale et très verte du territoire communal se trouve au sud, au-dessus des basses terres de la Nivelle (zones inondables dites « barthes ») à proximité immédiate du golf et de l'hôtel portant le nom du quartier Chantaco. Cette sortie de ville (vers Ascain par la D 918) est en plein développement, après la construction déjà relativement ancienne d'établissements scolaires (un collège, un lycée professionnel) et d'équipements sportifs (terrains de football et de rugby, salle polyvalente,tennis, garage pour l'aviron…) au bord du fleuve puis l'implantation récente d'une piscine « sports et loisirs ». On peut considérer que le quartier de Chantaco proprement dit se limite aux seuls environs du golf, là où court le ruisseau de Chantaco, lequel se jette dans l'étang de Billitorte, en fait un méandre de la Nivelle utilisé jadis pour faire fonctionner un moulin à marée. À noter : la tranquillité de cette « campagne » luzienne, seulement effleurée à l'ouest par l'autoroute A63, dont le tracé sert en quelque sorte de limite à la ville proprement dite, pourrait être remise en cause par la pression qu'exerce la poussée urbaine sur ce type d'espace périphérique. La réalisation d'une rocade routière permettant de désengorger le centre de l'agglomération est discutée (un projet d'échangeur et de deuxième pont a été ajourné par l'équipe municipale actuelle à proximité du franchissement de la Nivelle par l'autoroute) et une ligne ferroviaire à grande vitesse pourrait transiter dans ce secteur. Déjà, l'extension des activités industrielles et commerciales sur le site de Jalday a conduit à la décision d'étendre considérablement la superficie de la zone d'activités (travaux en cours de réalisation, au profit notamment de la firme Quiksilver Europe).
Jaldai n'est pas une ZAC, mais doit son nom à une très belle ferme du XVIIe siècle, enclavée aujourd'hui dans une zone comportant des commerces (un hypermarché, notamment, mais aussi une boulangerie, des garages, etc.) et des usines, bureaux et entrepôts (conception et commercialisation de sportswears, logistique et mareyage, etc.). La zone de Jalday abrite de grandes entreprises connues dans toute l'Europe et même au-delà. On peut citer Quiksilver, B. Braun ou encore le groupe Olano spécialisée dans le transport frigorifique. Quelques habitations sont implantées au beau milieu de la zone, mais le principal secteur résidentiel jouxtant le parc d'activités est Urthaburu (écrit aussi sans « H » comme on peut lire parfois « Jaldai » avec un « I »).
Il s'agit de tout le quartier, en forme de triangle, compris entre le Grand Ichaca, l'autoroute A63 et l'avenue Lahanchipia (probablement « la petite lande »), et desservi par la rue d'Urthaburu. En réalité, cet axe sépare du lotissement Urtaburu proprement dit, au nord-est, la ferme et le lotissement Arrieta. Le nom d'Urtaburu a sans doute un rapport avec l'humidité de la zone, inondable mais en principe protégée aujourd'hui par le recalibrage du lit du ruisseau (buru, la tête, peut désigner une extrémité ou un sommet, et l'on reconnaitra éventuellement dans urta la racine ur pour eau - urtatu signifiant tremper ; cependant Urtaburu est aussi le nom d'une petite montagne au Pays basque d'Espagne). Un ancien moulin à demi ruiné est encore visible à l'entrée du quartier, entrée assez anarchique du fait de la présence de l'échangeur de Saint-Jean-de-Luz-nord et d'une vaste aire de stationnement pour autocars et poids lourds. Le paysage urbain de la zone devrait être remodelé suite à l'extension programmée de l'autoroute A63 (mise à deux fois trois voies). La pression foncière se renforce dans ce quartier encore résidentiel où viennent d'être bâtis des logements collectifs, un centre de dialyse et une maison de retraite.
La municipalité n'a pas procédé à une délimitation nette des différents quartiers, qui imposerait une vision administrative de leurs délimitations (il n'y a pas de sectorisation en matière scolaire, par exemple). Certains quartiers ont cependant une personnalité indiscutable : le Vieux Saint-Jean, limité en gros par le port, le boulevard Victor Hugo et le bouvelard Thiers, occupe le site primitif de la « cité des corsaires ». Autour des halles et de la gare s'organise une vie de quartier dynamisée par la présence du marché (très actif les mardis et vendredis matin). Au Sud de la gare, le quartier d'Urdazuri a tout d'une ZUP sauf les défauts de celles-ci. Aménagé dans les années 1960–1970 sur des terrains humides, il doit son nom à la Nivelle (Urdazuri en est le nom basque, d'après le site de sa source, au-delà de la frontière des Pyrénées : l'eau d'Urdax). Malgré un relatif enclavement (coupure du tissu urbain par la voie SNCF) et un urbanisme sans grande originalité, c'est un quartier agréable grâce à son site en bord de fleuve et à la qualité des services dont il dispose (écoles, aires de jeu, collège-lycée, chapelle, commerces…) sans ignorer la proximité dont il jouit par rapport au centre-ville et aux plages. Le quartier Ichaca ou celui du Lac, fortement résidentiels, ont des associations actives. Le quartier du Fargeot est peut-être le plus densément peuplé de toute la ville, l'habitat collectif s'y étant progressivement substitué aux activités économiques. D'autres quartiers souffrent peut-être d'être en grande partie inhabités l'hiver (avenue de l'Océan, rue Vauban, etc.). La transformation du tissu urbain luzien est telle que les appellatifs conservent parfois le souvenir de l'époque pré-industrielle sans plus renvoyer de nos jours à une réalité incontestable. C'est ainsi que l'on évoque le quartier Aïce Errota (Haize Errota : le moulin à vent) pour désigner le bord de mer à hauteur de « la digue aux chevaux » alors que la rue et le groupe scolaire homonymes sont situées beaucoup plus haut, au-delà du fronton et face au Jai Alai.
Le toponyme Saint-Jean-de-Luz apparaît sous les formes Sanctus-Johannes-de-Luis (1186, cartulaire de Bayonne, feuillet 32), Sanctus-Johannes-de-Luk et Sanctus-Johannes-de-Luys (respectivement 1315 et 1438, rôles gascons), Sent-Johannes-de-Luxs (1450, titres du Labourd, E 426),Sent-Johan-de-Luus (1490, notaires de Pau), Sent-Johan-de-Lus, Sainct-Jehan-de-Lux et Sanctus-Johannes-de-Luce (respectivement 1491 pour la première et 1526 pour les deux dernières, chapitre de Bayonne), S-Iean de Luz (1650, carte du Gouvernement Général de Guienne et Guascogne et Pays circonvoisins) et Chauvin-le-Dragon (1793).
Acotz apparaît sous la forme Accots ((1863, dictionnaire topographique Béarn-Pays basque).
Allots, hameau de Saint-Jean-de-Luz, est mentionné en 1692 dans les collations du diocèse de Bayonne.
Chibau apparaît sous la forme Chibaucoa (1863, dictionnaire topographique Béarn-Pays basque).
Le toponyme Jalday apparaît sous la forme Jaldai (1233, cartulaire de Bayonne, feuillet 28).
Serres apparaît sous les formes Villa quoe dicitur Asseres (vers 1140, cartulaire de Bayonne, feuillet 8) et Sanctus-Jacobus de Serres (1691, collations du diocèse de Bayonne).
Le toponyme Etchebiague provient de la racine basque etxe, 'maison'
Saint-Jean-de-Luz ne fut à l'origine qu'une modeste bourgade sur les dunes, entre mer et marais, à l'entrée de l'estuaire de la Nivelle, face à la colline de Bordagain. Jadis propriété des chanoines de la cathédrale de Bayonne, la communauté, bien que devenue autonome, ne posséda jamais d'enceinte ; elle ne fit par conséquent pas véritablement figure de ville avant l'époque moderne.
Au XVe siècle, les pêcheurs basques du port de Saint-Jean-de-Luz explorèrent les premiers les bancs de Terre-Neuve et la pêche à la morue jointe à la chasse à la baleine accrurent considérablement la prospérité de la commune. Du XVIe au XVIIIe siècle, la ville devint un nid de corsaires qui combattaient pour le compte du roi de France. L'enrichissement du port et l'afflux de population furent tels qu'il en résulta l'urbanisation de Ciboure, quartier détaché d'Urrugne (le couvent des Recollets fut implanté à proximité du pont qui relie les deux communes pour apaiser les relations entre les deux communautés, souvent rivales).
Le début du XVIe siècle en Labourd est marqué par l'apparition de la peste. La lecture des registres gascons permet de suivre son expansion. Le 11 avril 1518, la peste sévissant à Saint-Jean-de-Luz, la ville de Bayonne « fait inhibition et défense à tous les manants et habitants de la cité et autres étrangers d'aller entretenir des relations au lieu et paroisse de Saint-Jean-de-Luz où les gens sont morts de la peste ».
Paul Raymond note que la baronnie de Saint-Jean-de-Luz appartint au chapitre de Bayonne jusqu'en 1621.
Saint-Jean-de-Luz, souvent prise et pillée par les Espagnols, souffrit longtemps de sa position frontalière. Elle subit notamment, en 1558, un incendie qui n'épargna qu'une seule maison - celle où résidait le chef du contingent ibérique ayant occupé la cité. C'est à la fois pour faciliter le mouillage des navires et protéger la baie que le roi Henri IV entreprit de construire le fort de Socoa (commune de Ciboure).
Saint-Jean-de-Luz connut son heure de gloire lorsque, à l'issue du traité des Pyrénées conclu quelques mois plus tôt (7 novembre 1659) par Mazarin, Louis XIV vint y épouser Marie-Thérèse d'Autriche infante d'Espagne le 9 juin 1660. La porte de l'église Saint-Jean-Baptiste, franchie à sa sortie de l'église par le couple royal fût murée 3 ans après la cérémonie, quoique l'inscription gravée dans le mur donne à croire que la condamnation de la porte a été réalisée juste après le mariage.
En 1713, le traité d'Utrecht abandonnant Terre-Neuve à la Grande-Bretagne porta un coup funeste à Saint-Jean-de-Luz. À la fin du siècle, la baleine ayant disparu du golfe de Gascogne et l'océan ayant rompu les barres de Socoa et de Sainte-Barbe, qui protégeaient la baie, le port et une partie de la ville se trouvèrent ruinés. Ce fut la décadence ; pêcheurs et gens de mer émigrèrent en masse, la ville perdit l'essentiel de ses habitants. L'année 1789 fut marquée, en particulier, par une terrible tempête qui détruisit tout un quartier de la ville (« La barre ») et submergea le couvent des Ursulines.
Sous la Révolution, la commune fut rebaptisée, comme beaucoup d'autres localités basques. Fusionnée avec Ciboure, elle porta en effet (jusqu'en 1800) le nom de Chauvin-Dragon, d'après le patronyme d'un brave soldat de la République. Le Pays basque en général et Saint-Jean-de-Luz en particulier souffrirent énormément de la Révolution et de l'Empire : les guerres continuelles avec l'Espagne amenèrent des régiments de soldats avec leurs réquisitions, leurs pillages et les combats. Le blocus britannique tua toute activité maritime pendant 20 ans. En 1813, l'offensive de Wellington qui séjournait à Lesaka, épargna Saint-Jean-de-Luz et les régions côtières.
En 1790, le canton de Saint-Jean-de-Luz comprenait les communes de Bidart, Ciboure, Guéthary et Saint-Jean-de-Luz et dépendait du district d'Ustaritz.
Au XIXe siècle, les digues, souvent détruites, furent reconstruites afin d'assurer définitivement la sécurité du port et de la ville. Les voyages de Napoléon III dans la région puis l'engouement de la bonne société pour la Côte Basque débouchèrent à cette époque, avec l'arrivée du chemin de fer, sur un grand essor touristique. Suite à l'édification de ses trois digues (Socoa, l'Artha, et Sainte-Barbe), Saint-Jean-de-Luz ne fut plus systématiquement envahie par les eaux lors des grandes tempêtes, comme cela avait été souvent le cas auparavant. Cassant les gros rouleaux venus de l'océan, ces digues contribuèrent, dès le début du développement des bains de mer, à faire de Saint-Jean-de-Luz un lieu de villégiature très prisé des familles.
Au début du XXe siècle, Saint-Jean-de-Luz devint une ville moderne et pour partie ouvrière. La généralisation de la chaudière à vapeur modifia dans un premier temps sensiblement les conditions de pêche et raccourcit les distances. De nombreuses usines s'édifièrent alors pour traiter le poisson dans le quartier du Fargeot, l'essentiel de la main d'oeuvre étant alors importée d'Espagne et aussi de Bretagne. Des majorités républicaines furent élues et administrèrent la municipalité, qui donnèrent le nom de Gambetta à la grande rue (Karrika Handia) et firent percer les boulevards Thiers et Victor Hugo. Le développement touristique n'en fût pas entravé, Saint-Jean-de-Luz restant une destination élégante et à la mode. À proximité du site de Sainte-Barbe, où l'un des tout premiers parcours de golf du continent avait été ouvert, le baron Van Bree, aviateur belge tombé amoureux du pays basque, créa un motel unique.
Quelques semaines après l'invasion de la France par l'Allemagne, Saint-Jean-de-Luz a été le théâtre d'évènements dramatiques. Les soldats polonais qui n'avaient pu s'embarquer pour l'Angleterre à Saint-Nazaire affluaient sur la plage et le quai du port de pêche où les gros navires ne pouvaient accoster. Les paquebots M/S Batory et M/S Sobieski durent jeter l'ancre dans la rade. Des pêcheurs volontaires firent la navette entre la côte et chacun de ces deux gros bateaux. La mer était forte, les bateaux de pêche avaient des difficultés pour s'approcher de l'échelle de coupé et permettre aux hommes qui voulaient s'embarquer d'y accéder sans tomber à l'eau. Les femmes et les enfants étaient aidés par les marins.Des diplomates et des fonctionnaires du ministère polonais des Affaires Étrangères, s'étaient également embarqués sur ces navires ainsi que des Français qui avaient entendu l'appel du général de Gaulle quelques jours plus tôt, le 18 juin. On connaît en détail les différents mouvements de ces paquebots grâce aux livres de bord qui ont pu être conservés. Le M/S Sobieski qui se trouvait à l'embouchure de la Gironde dans la journée du 20 juin est arrivé en rade de Saint-Jean-de-Luz dans la nuit du 20 au 21. L'embarquement a aussitôt commencé. Quant au M/S Batory, il se trouvait le 21 juin à 7 heures du matin à l'embouchure de l'Adour et commençait à manoeuvrer pour entrer dans le port de Bayonne sans jeter l'ancre. Mais sur la recommandation d'un officier de liaison britannique, il a mis le cap sur Saint-Jean-de-Luz où étaient regroupés les unités polonaises et des réfugiés civils.C'est sur le M/S Batory que s'est embarqué Maurice Schumann.Le mauvais temps et un ciel bas ont certainement éloigné le spectre d'une attaque de la Luftwaffe et évité la catastrophe qui avait fait quelques jours plus tôt, le 17 juin, à Saint-Nazaire, de très nombreuses victimes sur le paquebot britannique Lancastria où s'étaient embarqués des soldats et des civils du Royaume-Uni.
Après 1945, les industries du quartier Fargeot disparurent progressivement, victimes de la surpêche et de la concurrence. Ce phénomène renforça l'aspect cossu et touristique, jamais démenti, de Saint-Jean-de-Luz (plus de 40 % des logements de la commune seraient aujourd'hui encore des résidences secondaires). L'agglomération s'étendit dans les années 1960 vers le Nord (avenue de l'Océan) puis le Sud (quartier Urdazuri). Raccordée depuis les années 1970 au réseau autoroutier, desservie par le TGV, Saint-Jean-de-Luz dispose d'une situation excellente et d'importantes réserves foncières qui peuvent assurer son développement ultérieur. Une portion notable de son littoral a jusqu'ici échappé à l'urbanisation, ce qui est exceptionnel, voire unique (tout le reste de la Côte Basque est en effet urbanisé, mis à part la Corniche, côte à falaise entre Socoa et le domaine d'Abbadia).
Les Luziens, en 1914-1918 puis en 1939-1945, payèrent un lourd tribut aux deux guerres mondiales. Un monument (square de Verdun) célèbre la mémoire des combattants, et une stèle dédiée au mouvement de résistance « Orion » a été placée, sur le quai de l'Infante, pour rappeler l'importance des réseaux d'évasion hors du territoire métropolitain occupé. Quelques casemates (en allemand des « blockhaus ») vestiges du mur de l'Atlantique, sont encore visibles sur la promenade de Sainte-barbe.
De nos jours, la « cité des corsaires » vit de plus en plus ouvertement du tourisme. Sa grande plage, très sûre pour les enfants, est très appréciée. L'équipement de la station est par ailleurs complet et permet à la saison d'excéder les seuls mois d'été (tourisme populaire mais également hôtels de standing, thalassothérapie, piscine, casino, golf… un centre de conférence est en construction). Saint-Jean-de-Luz profite en outre, toute l'année, d'un tourisme de proximité important : l'animation commerciale est notable le weekend end, grâce à l'ouverture assez générale des commerces du secteur piétonnier, y compris le Dimanche, et aux promeneurs venus des grandes agglomérations urbaines proches (conurbation littorale de Guipuscoa et agglomération de Bayonne essentiellement) comme de tout le grand Sud-Ouest. Grâce à son site et à sa qualité de vie, la ville est particulièrement attractive aux yeux des jeunes séniors, dont beaucoup viennent s'y établir. Des manifestations culturelles et sportives ont lieu toute l'année (stages et concerts publics de musique classique organisés par l'Académie Ravel, le plus souvent dans l'auditorium du même nom, festival de cinéma dédié aux jeunes réalisateurs, semaine à l'intention de la presse, festival du film de surf, championnats de pelote…) lesquelles viennent s'ajouter aux grands événements organisés à Biarritz ou Saint-Sébastien, toutes proches, et contribuent à l'attractivité de la villégiature luzienne.
Les éventuels effets pervers du développement économique et démographique moderne (engorgement relatif de la circulation, inflation des prix immobiliers, vieillissement accéléré de la population résidente, surcoûts liés à l'entretien de réseaux surdimensionnés, voire perte d'identité culturelle) sont toutefois au coeur des préoccupations de la Ville et y alimentent parfois de vifs débats. Il n'en reste pas moins que Saint-Jean-de-Luz, tout en constituant un maillon fort du réseau urbain littoral, constitue un cadre de vie privilégié. Tout en restant fidèle à sa longue tradition d'accueil, elle maintient un caractère basque indéniable.
Michèle Alliot-Marie a été réélue Maire en 2001. Lorsqu'elle est entrée dans le gouvernement Raffarin en tant que ministre de la Défense elle a été remplacée par Pierre Duhart (dit « Peyuco »). Elle est toujours 1re adjointe au maire en charge de l'intercommunalité et des relations avec les instances extérieures.
Saint-Jean-de-Luz fait partie de onze structures intercommunales
La commune adhère à l'Eurocité basque Bayonne - San Sebastian.
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes
Saint-Jean-de-Luz forme une seule agglomération de 20 000 habitants avec la commune limitrophe de Ciboure. Elle rayonne en outre sur la vallée de la Nivelle, axe de périurbanisation majeur, et l'unité urbaine luzienne inclut de nos jours l'essentiel des quartiers habités d'Urrugne. Ceci explique la qualité et la densité des services publics et marchands implantés sur la commune. Malgré la proximité de l'agglomération de Bayonne (le BAB) et l'influence exercée par les centres urbains espagnols sur la région hendayaise, Saint-Jean-de-Luz joue le rôle de centre urbain principal pour toute la partie méridionale de la Côte basque de France.
La commune fait partie de l'aire urbaine de Bayonne.
Saint-Jean-de-Luz est une ville relativement jeune puisque les moins de 20 ans représentent 23,3 % de la population.
L'économie locale a longtemps été tournée vers l'exploitation de la pêche de haute mer. La criée et les activités de maréyage restent importantes, le volume des prises a diminué et l'industrie de transformation et conservation des poissons, jadis prospère, a quasiment disparu de nos jours. La gestion du port est assurée par la Chambre de commerce et d'industrie de Bayonne Pays basque. Le port de pêche est partagé avec la commune de Ciboure. La plaisance prend une place de plus en plus visible (mouillages de Port-Nivelle, et, en dehors de la commune, Socoa).
Idéalement placée au coeur de la Côte basque, Saint-Jean-de-Luz est une destination balnéaire favorisée par la présence d'une grande plage de sable abritée au fond d'une baie semi-fermée, accessible à pied depuis le centre ville. Le tourisme joue un rôle très important dans la prospérité locale (hôtels, restaurants, thalassothérapie, golfs, etc.).
La jetée de Saint-Jean-de-LuzSaint-Jean-de-Luz est aussi l'un des centres les plus dynamiques de la « Glissicon Valley » qui, depuis Hendaye au sud jusqu'à Hossegor au nord concentre de nombreuses industries spécialisées dans la conception et la commercialisation de matériels de sports de glisse et aquatiques (surf, plongée, etc.). La société Na Pali (marques Roxy et Quiksilver) est, en particulier, présente dans la commune, qui profite en outre de l'intensification des flux transfrontaliers et devient une plateforme logistique importante (groupe Olano notamment).
La commune de Saint-Jean-de-Luz, fait partie du syndicat mixte pour l'aménagement et l'exploitation de l'aérodrome de Biarritz-Bayonne-Anglet aux côtés de la Chambre de commerce et d'industrie de Bayonne Pays basque, de la Communauté d'agglomération de Bayonne-Anglet-Biarritz (CABAB), du département des Pyrénées-Atlantiques et du département des Landes. Ce syndicat mixte gère l'aéroport de Biarritz-Anglet-Bayonne.
Ville basque et cosmopolite tout à la fois, Saint-Jean-de-Luz est ouverte aux influences ibériques (écoles bilingues enseignant le Castillan) et a connu dans le passé de nombreuses vagues d'immigration (Gascons, Bretons). Elle reste l'une des villes côtières où l'on entend encore fréquemment pratiquer l'euskara.
Sports
Équipements sportifs
circuit auto mais aussi le gymnase d'Urdazuri, la salle omnisports du collège-lycée Saint-Thomas-d'Aquin, le Jai Alai, le fronton municipal, le tennis couvert, les différents frontons des quartiers, les agorespaces, les futures pistes cyclables…
La commune dispose de trois écoles primaires publiques (écoles: du Centre, d'Urdazuri et d'Aice-Errota) et de deux écoles primaires privées (écoles: Saint-Joseph et Sainte-Marie-d'Urquijo), sans oublier une ikastola (école sous contrat pratiquant l'enseignement par immersion en euskara) ainsi que de quatre collèges (deux publics : collèges Chantaco, Maurice-Ravel, et deux privés : Sainte-Marie et Saint-Thomas-d'Aquin), de deux lycées (lycées Maurice-Ravel et Saint-Thomas-d'Aquin) et d'un lycée professionnel (lycée Ramiro-Arrue). Le lycée public Maurice-Ravel propose une option internationale de baccalauréat (espagnol) et une section bilingue basque, de même qu'une section européenne espagnole (ces deux dernières sections commencent dès le collège). Saint-Thomas-d'Aquin pour sa part possède une section européenne anglaise,un bac franco-espagnol (bachibac) et d'une section langue régionale(basque).
Une université du temps libre et diverses troupes de théâtre et écoles de danse existent dans l'agglomération.
Les notices suivantes sont tirées des bases Mérimée et Palissy du ministère français de la Culture.
Sur les autres projets Wikimédia :
© Auteur(s) de Wikipédia / Source : Saint-Jean-de-Luz / Cet article est sous CC-BY-SA
Découvrez le relief de votre quartier, de vos lieux d'excursions ou de votre destination de vacances. Déterminez le dénivelé de vos randonnées, en pleine nature ou en ville, du littoral à la haute montagne. Prenez de l'altitude et voyagez au gré de votre curiosité dans cette carte topographique de la France.
Saint-Jean-de-Luz, rivière, paysage, trek, itinéraire, pente, altimétrie, littoral, géographie, marche, lac, sommet, balade, topographie, promenade, île, plaine, presqu'île, fleuve, descente, plateau, montée, massif, montagne, randonnée, vallée, colline, dénivelé, vtt, parcours, carte, cartographie, topographique, mont, trajet, vélo, côte, altitude, forêt, relief.
Reproduction interdite