Saint-Junien, (Sent Junian en occitan), est une ville du centre-ouest de la France, chef-lieu de canton du département de la Haute-Vienne, sur la Vienne. C'est la 2e ville du département par la population, après Limoges. Ses habitants sont appelés les Saint-Juniauds.
La ville est célèbre par ses papeteries, ses mégisseries et surtout ses ganteries. La ganterie se développe dès le Moyen Âge et acquiert au XVe siècle une grande renommée. Aujourd'hui, plus de 2 000 ouvriers et 30 fabriques produisent annuellement près de 1 500 000 paires de gants, dont plus du quart est exporté.
La commune se situe à l'ouest du département de la Haute-Vienne, à 30 km à l'ouest de Limoges, 33 km au sud-ouest de Bellac, 27 km au sud-est de Confolens, 72 km au nord-est d'Angoulême et 10 km au nord-est de Rochechouart.
Saint-Junien est ville fleurie (deux fleurs).
La commune se trouve dans l'emprise du cratère de la météorite de Rochechouart.
Elle est bordée au sud par la Vienne, dans laquelle se jette la Glane à l'ouest de la ville.
Saint-Junien est située sur la RN 141 (Saintes-Angoulême-Limoges-Aubusson-Clermont-Ferrand). L'accès se fait par l' de Bellac-St-Junien.
La ville est également établie sur un axe nord-est/sud-ouest, représenté par la RD 675 (Bellac-Rochechouart-Nontron-Périgueux).
Dès l’an 500, un ascète d’origine hongroise, saint Amand, choisit un gîte sur la rive droite de la Vienne, non loin de son confluent avec la Glane, dans une région appelée Comodoliacum. L’évêque de Limoges Rorice lui offre une humble cellule. C’est alors que Junien originaire du Nord, fils d’un comte de Cambrai, baptisé par saint Rémi de Reims quitta sa famille, à l’âge de 15 ans et devint un disciple de Saint Amand. Il frappa à la porte de l’ermite, mais celui-ci ne lui répondit pas. La nuit, Junien fut épargné par la neige qui tombait. Il vécut en ermite et après la mort de son maître, vécut à l’emplacement de l’actuelle collégiale. Durant sa vie, il est dit qu'il accomplit quatre grands miracles. Il débarrassa la région d’un dragon qui dévorait bêtes et humains, en le chassant à l’aide d’une croix. Il délivra les Poitevins du feu intérieur qui les brûlait grâce à de l’eau d’une source. Il jeta le démon dans un gouffre, en faisant le signe de croix. Et Junien chassa le démon du neveu de l’évêque de Limoges, Rorice qui en 540 devenu lui-même évêque (Rorice II) présida ses obsèques. L’évêque fit élever un oratoire à sa mémoire, puis une église desservie par des chanoines réguliers de Saint-Augustin. Saint Junien est invoqué pour la guérison des aveugles et des paralytiques.
Salle des fêtes de Saint-Junien Collégiale St Junien Façade de la collégiale St Junien Centre hospitalierEn 593, Grégoire de Tours est frappé par l’importance du pèlerinage sur le tombeau du saint. Une telle affluence provoque rapidement la naissance d’une agglomération autour de l’abbaye construite en l’honneur du saint. Mais le monastère est détruit par les Normands en 866. Après une tentative de restauration autour de l'an 900, l’abbaye vivote jusqu’à sa sécularisation par Sylvestre II en l’an 1000. Les chanoines ne résidant plus dans l’abbaye, ils contribuent à la renaissance de la ville par la construction de leurs habitations. Un prévôt, saint Israël, entreprend de rebâtir l’église, et ses successeurs poursuivent son œuvre jusqu’à sa consécration en 1100. À la fin du XIIIe siècle, à la suite de troubles et d’incursions armées, la cité est entourée de hautes murailles percées de quatre portes principales. Au XVe siècle, outre l’église qui est le seul monument encore existant de nos jours, l’ensemble collégial comprend cloître, pressoir, granges, psallette du Chapitre (école de musique), ensemble épiscopal du Seigneur Évêque (logis, chapelle, prison, salle de justice) et le cimetière.
Elle fut chef-lieu de district de 1790 à 1795.
Située au centre d’une région d’élevage et ainsi favorisée par une abondance de matière première telle que peaux de chevreaux et d’agneaux, Saint-Junien bénéficie, en matière de tannage, des qualités exceptionnelles des eaux de la Vienne. Dès le XIe siècle, des maîtres artisans coupaient des gants dans des peaux qu’ils avaient eux-mêmes tannées. Au XVe siècle, la ganterie atteint une grande renommée. Vers 1872, l’apparition des premières machines à coudre et de la « Main de Fer » bouleversent les procédés de fabrication. L’apogée de la mégisserie et de la ganterie se situe en 1927 : quarante fabriques et plus d’un millier d’ouvrières et d’ouvriers travaillent au renom du gant de Saint-Junien. Actuellement, le prestige de certaines maisons, fournisseurs de grands couturiers tels que Jacques Fath, Christian Dior, Hermès, Lanvin, Cacharel et d’autres, explique la place qu’occupent les gants de peau de la cité représentant 45 % de la production française (soit plus de 480 000 paires par an).
Saint-Junien s’est affirmée aussi comme un lieu privilégié pour la production de papier. Au XVIIe siècle, se comptaient cinq moulins et l’apparition des machines à papier vers 1835 favorisa l’implantation de nombreuses papeteries. Les matières premières telles que la paille et ensuite le bois, abondant en Limousin, ont permis un rapide développement de cette industrie et de ses dérivés : l’impression, l’emballage, le cartonnage.
Le XIXe siècle va rester comme le siècle de la prospérité économique de la ville, qui possède alors seize ganteries, treize mégisseries, huit papeteries et cinq tanneries.
Des « ostensions » célèbrent tous les sept ans la mémoire de saint Junien et de saint Amand. À cette occasion, leurs reliques sont exposées et une cérémonie se déroule : de somptueux décors sont sortis, la rue principale est couverte de feuillages en souvenir de la forêt de Comodoliac. Des groupes de statues figurent les principaux évènements de la vie des saints fondateurs de la cité. Le dimanche, après la grand’messe du matin, 1 500 personnes costumées représentant l’histoire des saints depuis 2 000 ans défilent solennellement à travers la ville.
Saint-Junien est une ville de forte tradition communiste, marquée par la municipalité de Roland Mazoin (maire de 1965 à 2001), désormais dirigée par Pierre Allard, membre de l'Alternative Démocratie Socialisme (parti localement implanté né d'une scission avec le PCF). Cette particularité est en grande partie héritée de l'importance du secteur industriel ouvrier de la ganterie en particulier aux XIXe et XXe siècles, à l'instar de Limoges.
Le contexte historique et politique de la commune est la cause de bon nombre d'odonymes particuliers. Ainsi, on trouvera à Saint-Junien entre autres :
Selon d'Hozier, la ville porte : d'azur à un lion d'or couronné et lampassé de gueules.
Saint-Junien se trouve, comme le reste de la Haute-Vienne, dans la zone culturelle occitane. La langue d'oc, présente dans la toponymie de la ville et dans la vie de nombre de ses habitants, se retrouve aussi dans la vie culturelle.
Après la Première Guerre mondiale se forme un groupe folklorique de chanteurs et de danseurs appelé « La noce villageoise » de Saint-Junien. Le 29 avril 1941, à l'issue d'un patronage dont l'abbé Ortiz est responsable, le groupe folklorique des Velhadors (les veilleurs en occitan) voit le jour. Dès 1943, il appartient au Félibrige en devenant l'école félibréenne Jean-Teillet. En 1985, Saint-Junien accueille la fête de sainte Estelle, fête du félibigre, où l'étoile à sept branches représente les sept grandes régions de l'Occitanie (dont le Limousin). Actuellement, les activités des Velhadors tournent autour des danses traditionnelles, de la musique, des chants et du théâtre, pour faire vivre les traditions limousines et la langue d'oc. Chaque année, les Velhadors montent un nouveau spectacle. Au printemps 2006, il s'agissait du Miracle des Ardents, qui a remporté selon la presse un vif succès.
Sain-Junien travaille également à la reconnaissance de la spécificité régionale. Ainsi, le nouveau centre aquatique a reçu un nom en oc : l'Aiga Bluia (l'eau bleue). Le pays de Saint-Junien a défini un plan pour la mise en place d'une signalisation bilingue. Plusieurs communes en sont déjà équipées, Saint-Junien devant l'être bientôt. Il existait déjà, depuis les années 1980, des parcours de promenade fléchés en occitan.
Saint-Junien est la 2e ville du département par la population, loin devant sa voisine Rochechouart, pourtant sous-préfecture. On note ces dernières années un accroissement démographique important.
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes
Saint-Junien est au centre de l'aire urbaine de Saint-Junien.
- Association musicale : Banda de Saint-Junien
Blason : D'azur, à un lion d'or couronné, armé et lampassé de gueules.(Malte-Brun, la France illustrée, tome V, 1884)
Services de mobilité locale :