Sarzeau, Sarzhav en Breton, est une commune française, chef-lieu du canton de Sarzeau. Elle se situe au sud de la région Bretagne, dans le département du Morbihan, enchassée entre le Golfe du Morbihan et l'océan Atlantique au sein de la Presqu'île de Rhuys. Ses habitants sont appelés les Sarzeautins et Sarzeautines. Son nom breton est Sarzhav, prononcé [saˈʁaw].
La commune de Sarzeau représente la moitié de la surface de la presqu'île de Rhuys, dont elle constitue le chef-lieu de canton.
Son territoire, de forme massive et globalement rectangulaire, est limité à l'Ouest par la commune de St Gildas, à l'Est par celles de St Armel et du Tour-du-parc. Bordé par deux littoraux, ce territoire jouit d'une situation privilégiée.
La côte du Golfe du Morbihan, au Nord, est sise sur un sol granitique où les sédiments se sont par endroits accumulés ; Très découpée, elle alterne de petites criques sableuses (baie du Scluze, rade du Logeo...), quelques pointes rocheuses (Pointe de l'Ours, du Ruault, de Bernon...), des vasières assez étendues (Anse du Poul, baie de Saint-Colombier...) et quelques îles (Govéan, Stibiden, Brannec, Godec, île aux Œufs...). Cet ensemble, à l'abri des houles atlantiques, constitue un milieu idéal pour la flore : les bois de feuillus (Kerhouët-St Maur, Beausoleil, Kerbodec...) et le maillage bocager (ormeaux, fougères...), sur un sol plus fertile, y sont mieux préservés que sur le littoral Sud. La faune y trouve également un refuge paisible et riche en végétaux marins (roseaux, salicorne, graminées...) ; depuis une vingtaine d'années, une réserve ornithologique couvrant toute la baie de St Colombier protège d'intéressantes éspèces (canards et bernaches, limicoles, aigrettes...).
La plage de Penvins La chapelle de PenvinsLa côte atlantique présente un visage fort différent : de la Grée St Jacques à Banastère, on assiste à une succession de plages sableuses (la Grée, Kerfontaine, le Roaliguen, Suscinio, Landrezac, Penvins et Banastère), séparées par des pointes rocheuses (pointe de St-Jacques, Poent Hir, Beg-Lan, En Iniz, Becudo) dont la hauteur reste modeste. Les sols, en majorité schisteux, ont moins bien résisté aux fureurs de l'océan, ce qui explique l'érosion marquée en certains points (la chapelle de St Jacques, sise à la pointe du même nom, s'est progressivement effondrée en mer au cours du XIXe siècle et fut reconstruite à Trévenaste) ; les roches visibles au large de Kerfontaine (Roh Naben et Beniguet) étaient accessibles à pied au siècle dernier. La plupart de ces plages (celles que les constructions n'ont pas obligé à drainer) conservent leur palus (=marais au revers de la dune) comme au Sodrio, au Suscinio, au Hayo ou au Bécudo. Autrefois exploités comme salines, ils sont aujourd'hui le sanctuaire d'une faune et d'une flore riches. Les terres, plus ingrates que sur le Golfe, servaient essentiellement de pâturages; les bois, plus rares, sont plus souvent constitués de conifères, tandis que le bocage ne se rencontre qu'à partir des premiers "côteaux", en retrait de la côte.
Sarzeau est une ville touristique située à 22 kilomètres au sud de Vannes, sur la presqu'île de Rhuys. Sa surface est de 6000 hectares, sa densité d'environ 110 habitants au kilomètre carré. Cette surface importante explique en partie son organisation en "trêves" (division de la paroisse en sous-ensembles, dirigés par un diacre tenant ses offices dans une chapelle propre à la trêve, le centre-bourg étant trop éloigné pour les habitants des villages périphériques). Si la pratique religieuse est moins forte que sous l'Ancien Régime ou au XIXe siècle, ces trêves continuent à exister dans l'inconscient collectif et les relations quotidiennes ; elles sont au nombre de sept :
Lorsque Sarzeau devint une commune pendant la Révolution, son territoire comprenait en outre les trêves de Saint-Armel et Saint-Clair (Le Tour-du -parc), qui obtinrent leur indépendance au cours du XIXe siècle ; Brillac et Penvins tentèrent également de faire sécession, mais en vain. Aujourd'hui, outre l'opposition persistant entre "gens du Golfe" (aod bihan = petite côte) et "gens de l'océan" (aod braz = grande côte), les différents groupes de villages conservent souvent leur organisation propre, avec leur mairie annexe (Brillac et Penvins), leur école (autrefois Kerignard et Penvins, aujourd'hui encore St Colombier et Brillac), leurs célébrations religieuses occasionnelles (Notre-dame de la côte à la Grée-Penvins, chapelle St-Jacques à Trévenaste...), voire leur propre paroisse (accordée à Brillac en 1926), leurs commerces (St-Jacques, Brillac), leurs propres fêtes (fête de la mer à St-Jacques, moules -partie à Brillac, fêtes médiévales de Suscinio...) et leur bureau de vote. Le tourisme tend à rendre plus ténue cette organisation traditionnelle, tout comme il a contribué à rendre moins sensible (ou moins visible) les spécificités socio-professionnelles de ces groupes de villages : tandis que Sarzeau-bourg monopolisait le commerce et les fonctions publiques, St-Jacques et le Logeo étaient surtout constitués de familles de marins, alors que St-Colombier, Penvins et Kerguet demeuraient rurales.
Le canton de Sarzeau constitue la limite Sud de la partie bretonnante du diocèse de Vannes (=Bro Gwened). La pratique du breton a décliné au long du XXe siècle, et ce, en plusieurs étapes : d'abord à Arzon, St Gildas-de-Rhuys et au bourg de Sarzeau (années 1900-1930), puis sur les rives du Golfe (entre-deux-guerres), et enfin sur le littoral Sud-Est (années 1940-1970). Aujourd'hui, Penvins, Banastère et Suscinio sont les derniers villages de la presqu'île où l'on trouve encore quelques rares personnes âgées à pratiquer la langue de leurs ancêtres. Ce recul du breton, plus précoce que dans les cantons de l'intérieur du Vannetais, s'explique par plusieurs facteurs : le remplacement systématique de cette langue au profit du français dans l'administration, l'interdiction du breton à l'école (fin XIXe siècle), l'acculturation plus rapide des marins à la nouvelle langue, la perception progressivement acceptée par les bretonnants que la langue de Paris incarnait la modernité et la vague du tourisme à partir de 1950. Néanmoins, l'existence d'une filière scolaire bilingue à Sarzeau depuis les années 1990, montre l'attachement d'une partie de la population à son identité et à sa culture, augurant peut-être un renouveau de la pratique du breton dans le canton.
A fluctibus Opes qui signifierait La richesse vient de la mer
L'évolution du nombre d'habitants depuis 1793 est connue à travers les recensements de la population effectués à Sarzeau depuis cette date :
Édifié au sud de la Presqu'île de Rhuys, entre fôret et marais et à proximité immédiate de l'océan, le château de Suscinio fut au Moyen Âge, une des résidences préférées des ducs de Bretagne et de leur Cour. Construit principalement au XIIIe siècle, pendant le règne de Jean Ier, le château était avant tout une résidence de plaisirs, les ducs de Bretagne aimaient venir chasser dans la grande forêt qui l'entourait.
Fortifié par la suite au cours du XVe siècle, il fut propriété de la couronne de France sous le règne de François Ier. Dès lors, n'ayant plus le rayonnement d'antan, le château tombe progressivement en ruine jusqu'à ce qu'il soit vendu comme bien national à la Révolution française où il servit de carrière de pierres. Le château en a beaucoup souffert et a notamment vu disparaitre son donjon. Prosper Mérimée, alors inspecteur général des monuments historiques, le fait entrer dans sa liste des ensembles architecturaux remarquables en 1840 . Acquis en 1965 par le conseil général du Morbihan, il a été depuis restauré plusieurs fois. En 1975, lors de travaux de déblaiement, les ruines d'une chapelle furent découvertes où des pavements du XIVe siècle ont été mis au jour. Cette découverte, de par son étendue (30 000 pavés sur 300 m²) et de par la variété des techniques utilisées, en fait une collection unique en Europe. En 1995, les toitures du Logis Ouest et de la Tour Neuve, détruites à la Révolution française, font l'objet d'une restitution minutieuse. Actuellement, même si les travaux perdurent, le château de Suscinio a retrouvé son allure de forteresse médiévale
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