Soissons est une commune française, située dans le département de l'Aisne et la région Picardie, également appelée « cité du Vase ».
Les habitants sont les Soissonnais.
Soissons est située dans le département de l'Aisne, dont elle constitue la seconde agglomération la plus peuplée (environ 40 000 habitants). Elle est située à 35 km de Laon, 60 km de Reims et 100 km de Paris.
Soissons est traversée par l'Aisne. La région environnante est appelée le Soissonnais.
Bien que située en Picardie, elle appartient plus d'un point de vue historique et culturel à l'Île-de-France. L'influence de Paris est d'ailleurs importante.
Blasonnement des armes traditionnelles de la ville de Soissons :
« D’azur, à une fleur de lis d’argent, » avec pour devise : « Fidelis aduror amore. » (Fidèle, je brûle d’amour)tel que rapporté par Malte-Brun, dans la France illustrée (1882).
Soissons doit son nom aux Suessions (en lat. Suessiones), peuple belgo-gaulois mentionné par César dans la La Guerre des Gaules, comme très étroitement allié aux Rèmes (peuple ayant pour capitale Reims). Cependant, lors de la Guerre des Gaules, ils prirent la tête de la coalition des Belges, alors que les Rèmes se rangèrent du côté des Romains.
Leur oppidum principal (ils en possédaient 12 selon César) Noviodunum, dont la localisation est objet de discussion (Villeneuve-Saint-Germain ou Pommiers) fut délaissé, au profit d'une ville nouvelle : Augusta Suessionum (ce nom fut donné en l'honneur de l'empereur Auguste), fondée à l'emplacement de Soissons.
Bien que les Suessions aient combattu César, grâce à l'intercession des Rèmes, la cité était considérée comme libre par les Romains.
La ville antique est mal connue, malgré de très nombreuses découvertes signalées depuis l'Époque moderne. Un seul monument est localisé, le théâtre fouillé partiellement au XIXe siècle. L'extension de l'occupation reste encore à préciser, mais elle est évaluée à 130 hectares, ce qui est considérable pour la Gaule. Les découvertes archéologiques donnent l'image d'une ville prospère. Pour preuve, signalons les remarquables peintures murales trouvées à l'emplacement du Lycée Gérard de Nerval, au cœur du quartier du Château d'Albâtre (nom qui provient d'un ensemble monumental - peut-être des thermes- dont les vestiges ont frappé l'imagination des habitants).
À l’époque mérovingienne, la ville devient la première capitale du royaume des Francs après la victoire (en 486 après J.C.) de Clovis sur le général romain Syagrius. C’est l’époque du fameux épisode du vase de Soissons.
Soissons redevint capitale de la Neustrie sous le règne de Clotaire Ier et sa région fut le théâtre des affrontements opposant la Neustrie à l’Austrasie. En 752, Pépin le Bref y fut proclamé roi et sacré par saint Boniface. En 768, à la mort de Pépin le Bref, Carloman monte sur le trône du royaume Franc partagé avec son frère Charles (futur Charlemagne) qui est, quant à lui, proclamé à Noyon.
La ville connaît la prospérité aux XIIe siècle et XIIIe siècle qui ont laissé de nombreux édifices gothiques.
Pendant les guerres de religion, la ville est prise par les protestants en 1567, ce qui occasionne des dégâts, en particulier aux édifices religieux.
Sous l'Ancien Régime, Soissons est le chef-lieu d'un Gouvernement général : l'intendant siège dans l'Hôtel de l'intendance, actuel hôtel de ville.
Soissons perd cette fonction politique lors de la désignation du chef-lieu de département en 1791. Malgré la bataille menée par Louis Antoine de Saint-Just qui prend position pour Soissons, c'est la ville de Laon, plus centrale, qui est choisie.
Soissons est l’une des villes martyres de la Première Guerre mondiale. D’abord prise à la fin août 1914 par l’armée allemande, elle est récupérée par les Français en septembre à l’issue de la bataille de la Marne. Le général Louis de Grandmaison, y meurt d’un éclat d’obus dans la tête. Le front se stabilise au nord de la ville, qui est amplement bombardée jusqu’en 1917. Henri Barbusse y écrit Le Feu. Pendant les mutineries de 1917, la ville voit défiler des soldats refusant de monter au front après la désastreuse offensive du Chemin des Dames. Soissons est prise encore une fois au printemps 1918 lors de l’offensive allemande, avant d’être définitivement libérée au cours de l’été.
Une statue dressée à l’effigie des soldats français tombés au combat en 1917 se trouve derrière l’église Saint-Pierre, à côté du palais de Justice de Soissons.
François Flameng, peintre officiel des armées pendant la Grande Guerre, a immortalisé ces événements dans des croquis et dessins qui furent publiés dans la revue: L'Illustration
Au cours de l’Occupation durant la Seconde Guerre mondiale, la communauté juive de Soissons est déportée lors de deux grandes rafles : la première, le 17 juillet 1942, est opérée par la police soissonnaise, en même temps que la rafle du Vél d'Hiv, tandis que la Gestapo réalise la seconde le 4 janvier 1944.
Après l’appel du 18 juin du général de Gaulle, des réseaux de résistance se mirent en place à Soissons, de juin à août 1940. Ce furent les résistants de la « première heure ». Le réseau « Vérité Française » était affilié à celui de Paris (lui-même rattaché au réseau « Musée de l’Homme » ou « Boris Vildé »).
Des structures pour aider et cacher les évadés furent mises en place (faux papiers, fausses cartes d’alimentation, filières pour Londres, etc.).
Mais les résistants furent trahis. Un jeune homme, belge de dix-huit ans, Jacques D. contacta Daniel Douay. Il se disait traqué et poursuivi (en réalité, il œuvrait pour la Gestapo). Pour se mettre à l’abri, il devint secrétaire du comte de Launoy, à Paris (réseau chapeautant celui de Soissons). Là, il réussit à trouver tous les renseignements voulus.
Le 25 novembre 1941, la Gestapo organisa des rafles à Paris, Blois et Soissons. Les résistants sont incarcérés à Fresnes. Torturés, ils ne parleront pas. Le 15 avril 1942 s’ouvre le premier procès d’un réseau de résistance. Le verdict tombe : condamnation à mort ! Le 23 octobre 1942, le commandant Coqueugniot, le Comte de Launay, Pierre Stumm de Paris, Daniel Douay, Jean Vogel, Émile Louys sont fusillés à la caserne Balard. Le 5 décembre 1942, dans la forteresse de Brandebourg, le capitaine Descamps est décapité ainsi que Maurice Moreau en 1943. D’autres Soissonnais périront en camp de concentration : Aimé Dufour, Gilbert Jordana, Eugène Delhaye, André Meurghe, Ludovic Pluche et Louis Leseigneur; ainsi que Roger Ambroise de Berzy-le-Sec. La ville de Soissons a voulu honorer ce réseau en donnant son nom à une rue .
Le 23 août 1944, vers minuit, des maquisards du groupe « Aurèle » commandés par Lucien Berger sont guidés par Madame Delhaye et Madame Douay (dont les maris, résistants du « Réseau Vérité Française » ont été fusillés) vers des caches d’armes. Un arsenal de fusils, mitrailleuses, grenades, un mortier et un char démontés (de quoi équiper mille hommes) ont été mis en lieu sûr dès juillet 1940 par les résistants « de la première heure » (entre autres, le capitaine Descamps, Messieurs Meurghe, Moreau, Vogel tous arrêtés en 1941 et exécutés) dans l’usine Zieckel où M. Delhaye était ingénieur, au cimetière de la ville, dans des carrières, etc. Les armes sont chargées sur des tombereaux recouverts de fumier. Deux agriculteurs de la région se chargent de les faire entrer dans la ville pour les mener à Pasly. Arrivés place de la République, ils sont interpellés par une patrouille allemande. Heureusement, après vérification des papiers d’identité, ils les laissent passer. Quelques jours après, Soissons sera libérée.
À la Libération, la résistance joue un grand rôle et « Roberte » (nom de résistance de Raymonde Fiolet) est maire de Soissons durant quelques mois .
Vue panoramique depuis le haut des silos du bord de l’Aisne.L’industrie est, surtout depuis ces dernières années, en perte de vitesse (les plus grandes entreprises de la ville telles que BSL et AR Carton ont dû fermer entre 2002 et 2003). Les services y sont prédominants. Des parcs industriels tentent d’y être installés, ainsi qu’une politique de défiscalisation (les entreprises de moins d’un an d’existence ne payent pas d’impôts locaux), mais ces mesures ne semblent pas remporter le succès attendu.
Depuis 2004, Soissons se concentre avant tout sur les activités du secteur tertiaire, grâce à la création du Plateau route de Paris et du parc Gouraud, réhabilitation de l’ancienne caserne militaire.
L’économie est aussi assez orientée vers l’agriculture (la betterave à sucre principalement).
À la suite des travaux du Comité de Développement économique du Soissonnais, le CIADT du 18 mai 2000 valide la création et le financement d’un centre de ressource en logiciel libre à Soissons. L’association Soissons Informatique Libre est créée en janvier 2001 pour porter le projet. Le Pays Soissonnais, créé en mai 2005, inscrit lui aussi le Logiciel Libre comme identité du territoire. Soissons est aussi la ville des Trophées du Libre et bientôt du Festival du Libre.
Soissons possède un centre consulaire de la Chambre de commerce et d'industrie de l'Aisne.
Chaque année la ville de Soissons est le lieu de nombreuses manifestations :
La ville possède un centre culturel où de nombreux spectacles et concerts ont lieu chaque année.
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes
Soissons est classée ville d’art et d’histoire.
Ville fleurie : trois fleurs attribuée en 2007 par le Conseil des Villes et Villages Fleuris de France au Concours des villes et villages fleuris.
La spécialité culinaire du Soissonnais est le haricot de Soissons, haricot blanc cultivé dans l’Aisne depuis le XVIIe siècle. L’on trouve également des friandises en forme de haricot ayant également l’appellation de « haricot de Soissons». Ce haricot entre aussi dans la fabrication de cosmétiques (fards).
Unité militaire ayant été en garnison à Soissons :
Un Comité de soldats clandestin y fut actif à la fin des années 1970.
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