Le Taurion ou Thaurion est une rivière française, qui traverse les départements de la Creuse et de la Haute-Vienne. C'est un affluent de la Vienne en rive droite, donc un sous-affluent de la Loire.
Il prend sa source à environ 785 m d'altitude sur le Plateau de Millevaches, sur le flanc du Puy de Groscher, à 2 kilomètres et demi à l’est de Gentioux (commune de Gentioux-Pigerolles), dans le département de la Creuse. Il passe sous le pont de Sénoueix, puis il alimente le Lac de Lavaud-Gelade, avant de traverser la Rigole du diable. Son cours est long de 125 kilomètres. Il se jette dans la Vienne en rive droite, à Saint-Priest-Taurion, à 232 mètres d'altitude, après avoir été plusieurs fois utilisé dans des barrages hydro-électriques, (La Roche Talamy, l'Étroit, Saint Marc, Chauvan).
Le Thaurion devient Taurion à son passage du département de la Creuse vers le département de la Haute-Vienne.
Le débit interannuel moyen ou module du Taurion, observé durant 29 ans (1980-2008) au niveau du confluent avec la Vienne à Saint-Priest-Taurion, est de 19,1 m³ par seconde (ref : et ) pour une surface de 1 030 km² de bassin versant.
La rivière montre les fluctuations saisonnières que l'on retrouve auprès des autres cours d'eau de la région, avec des crues hivernales de décembre à mai inclus, et des basses eaux de fin d'été et de début d'automne, de juillet à octobre. Toutefois, le régime hydrologique du Taurion est artificialisé du fait de nombreux aménagements sur son cours amont (retenues hydro-électriques et transfert de bassin), les aménagements effectués pouvant tour à tour écrêter les hautes eaux ou renforcer les basses eaux.
Débit moyen mensuel du Taurion (en m³/s) mesuré à la station hydrologique de Saint-Priest-TaurionDonnées calculées sur 29 ans
En période d'étiage, le VCN3 peut chuter jusque 2 m³ par seconde ce qui reste assez consistant.
Les crues peuvent être importantes, mais relativement moindres que celles des cours d'eau occidentaux du département de Haute-Vienne, ou que ceux du nord de la Creuse. Le QIX 2 vaut 98 m³, tandis que le QIX 5 atteint 140 m³ par seconde. Il s'agit des débits instantanés calculés pour une crue biennale et quinquennale. Le QIX 10, ou débit instantané calculé de crue décennale, vaut quant à lui 180 m³ par seconde, le QIX 20 vaut 290 m³ et le QIX 50 se monte à 340 m³ par seconde. En d'autres termes, tous les deux ans, le Taurion doit avoir une crue de l'ordre de 100 m³, et statistiquement, tous les dix ans, une crue de plus ou moins 180 m³ doit survenir.
A titre de comparaison, le QIX 10 de la Petite Creuse à Fresselines atteint 160 m³, donc un volume presqu'équivalent, alors que son module est plus que moitié moindre. C'est aussi le cas de la Tardes, affluent du Cher. Quant à la Bouzanne, petit cours d'eau au module six fois moindre que celui du Taurion, son QIX 10 atteint pas moins de 130 m³ par seconde, soit près des trois quart de celui du Taurion.
Le débit instantané maximal enregistré à la station de Saint-Priest-Taurion été de 228 m³ par seconde le 1er décembre 1992, tandis que la valeur journalière maximale était de 215 m³ par seconde le 6 janvier 1994. En comparant la première de ces valeurs à l'échelle des QIX de la rivière, il ressort que cette crue était bien moins que vicennale, et donc nullement exceptionnelle.
Le Taurion est une rivière puissante et fort abondante, alimentée par les précipitations elles aussi abondantes de la "Montagne Limousine". La lame d'eau d'écoulement de son bassin versant vaut en effet 583 millimètres, ce qui est près de deux fois plus que celle de la France entière, tous bassins confondus, et aussi largement supérieur à la moyenne du bassin de la Vienne (319 millimètres à Nouâtre). Le débit spécifique de la rivière (ou Qsp) atteint de ce fait le chiffre robuste de 18,4 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.
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