Tergnier est une commune française, située dans le département de l'Aisne et la région Picardie.
Ville située à une trentaine de kilomètres à l'ouest de Laon, dans la vallée de l'Oise, à la jonction de plusieurs lignes de chemin de fer, ainsi qu'à celle du canal latéral à l'Oise, du canal de la Sambre à l'Oise et du canal de Saint-Quentin.
La commune est accessible par l'autoroute A26 et est desservie par la nationale N32. Elle dispose d'une gare ferroviaire.
Les recherches laborieuses, pour retrouver les origines, modestes, de la commune, ne vont pas au-delà des archives du XVIIe siècle.
Si la commune n'a été créée, par détachement de Vouël, qu'en 1800, la localité a été désignée de longue date sous le nom de Terignae ou Therignae, puis Therigny ou Terigni.
L’étymologie latine de ce mot est discutée. Il est tentant d’émettre l’hypothèse de « ignis » (feu) qui présuppose la déclinaison « lacus » (domaine rural) bas latin, la première partie de ce terme « theri » pourrait provenir d’un mot médiéval « thero » (colline) radical prélatin obscur, quoique à extension géographique très vaste : théron (Puy-de-Dôme), thouron (Cantal) », il faut faire le rapprochement avec « Fargniers » (eau) et « iacus ». Il s’agirait au sens propre de deux anciennes censes, l’une sur une colline, l’autre près de la rivière.
Des débris romains ont été découverts à Vouël, où l'église pourrait être construite à l'emplacement d'un temple paien, le long de la Chaussée Brunehaut.
Une motte castrale a été identifiée à Vouël, sous le nom de Tombelle de Vouël
En 1214 , l’Abbé de Saint-Nicolas-aux-Bois apaise une querelle suscitée aux prémontrés par Geoffroi et Simon de Condren.
En 1239, Jean, « Maire » de Vouël, renonce à tous ses droits.
Le bourg est saccagé :
Dès le 16e siècle, l’abbaye de Nogent possède à Quessy terres et près, dont elle est contrainte de se débarrasser pendant les guerres de religion, mais qu’elle récupère en 1703. Le fermier de Tergnier prend en bail ces propriétés en 1699 en s’engageant à conduire 36 setiers de blé méteil dans les greniers du monastère, chaque année, le jour de Saint-Martin d’hiver (11 novembre) par la suite, il est d’usage de louer ces terres de Quessy à plusieurs laboureurs, dont l’un, dès 1770, est Marc Jadas, de Tergnier, qui semble, ultérieurement, être aller habiter Quessy. Il a le privilège (!) de payer le plus d’impôts !
Le 19 juin 1791, les « citoyens actifs » formant la section rurale du canton de La Fère, dont ceux de Tergnier, se réunissent dans l’église des Capucins ; En petit nombre, cette assemblée élit Président l’ancien Seigneur de Charmes, Charles de Flavigny, Chevalier de Saint-Louis, qui prête le serment constitutionnel.
Ces « citoyens actifs » se réunissent à nouveau le 26 août 1792 et désignent huit électeurs chargés d’élire les députés du département de l’Aisne à la Convention (qui seront : Condorcet, Saint-Just, Le Carlier, Jean de Bry).
Le 19 juillet 1791, les membres du directoire du département de l’Aisne trouvent sur leur bureau un mémoire que leur adressent les communes de Tergnier, Fargniers, Quessy, Liez et Mennessis en vue d’opérer le dessèchement de la vallée marécageuse qui traverse leur terroir. Aucune décision n’est prise !
La loi du 23 août 1793 ordonne la réquisition d’une première classe composée des jeunes gens de 18 à 25 ans. Les recrues de Tergnier font partie de la 1re Compagnie du second bataillon de la levée républicaine du district. Au printemps de l’année 1796, 6 jeunes gens de Tergnier et 4 de Quessy sont recrutés comme fusiliers et forment la 8e escouade de la 2e Compagnie de la colonne mobile créée dans chaque canton par la Convention.
Durant la Campagne de France, fin février 1814, avec le recul de Napoléon Ier, Tergnier tombe aux mains de l’ennemi. Réquisitions, pillages sont de règle. En 1815, après la Bataille de Waterloo, Tergnier est occupé vers le 25 juin, et paie un large tribut à l’envahisseur. En compensation des réquisitions subies, les habitants n’obtiennent, comme indemnisation, que la remise des 2/3 de la contribution extraordinaire de 1813 et 1814.
Le 6 décembre 1853, les registres de l’état civil de Tergnier mentionnent une profession inhabituelle « Employé de chemin de fer ». Il s’agit de Benjamin Faucret, époux d’Octavie Daussin, 17 ans, venu déclarer à la Mairie la naissance d’une fille. Les trains se substituent aux choux pour l’arrivée des enfants…
Si certains projets prévoyaient de faire passer la ligne de chemin de fer Tergnier - Saint-Quentin par Ham, il est évident que le développement de la ville n'a été engagé que par cette infrastructure autorisée par le gouvernement de Louis-Philippe, construite autour des années 1850, inaugurée en grande pompe par Napoléon III.
Les sentiers sont élargis et transformés en route, des rues nouvelles sont créées… À cette époque (1850), Tergnier est un vaste chantier de construction. On travaille jour et nuit. De multiples corps de métiers affluent de partout, même de Paris sous la direction d’ingénieurs venus de la capitale, la main-d’œuvre locale se reconvertit : fileurs, tisseurs, valets de charrue… abandonnent leurs outils habituels pour se consacrer au nouveau mode de transport.
Tergnier est une ville marquée des la fin du XIXe siècle par le rôle de ses installations ferroviaires Afin de loger les cheminots, la Compagnie du Nord construisit une importante cité ouvrière à Tergnier.Quelques dates jalonnent l’histoire du chemin de fer à Tergnier :
La croissance de la population est la conséquence naturelle du développement des installations ferroviaires :
Certes, la Compagnie du nord donne l’impulsion première à l’essor de la commune, mais deux autres éléments jouent en faveur de son développement :
Durant la guerre franco-allemande de 1870, les troupes prussiennes occupent la ville le 15 novembre 1870, après avoir assiégé et investi La Fère.
Le 19 novembre, les 7e et 11e compagnies des volontaires de la Somme et une compagnie des mobiles du Gard, en tout 800 hommes avec 4 canons, partis de Ham, attaquent Vouël et Tergnier où plusieurs centaines d’ennemis s’étaient retranchés dans les maisons. Le 25 novembre, les allemands bombardent l’agglomération avec de la grosse artillerie. Dans aucun document on ne signale de dommages « matériels » locaux pendant le conflit.
Quelques mois plus tard, l’armée française se retrouve dans notre commune. Un soir de l’hiver 1870-1871, un convoi de 10 000 hommes, qui avaient participé à la bataille de Sedan, débarque à la gare, général Faidherbe en tête. Ils seront hébergés par les habitants. Tergnier est évacué par les troupes ennemies entre les mois de mars et mai 1872
Le 27 aout 1914, l’armée alliée anglaise (1er Corps, général Haig) est à Tergnier. Tergnier est envahi dès le 2 septembre 1914.
Vers le 25 septembre, tous les hommes de 18 à 45 ans sont dirigés sur le camp d’Altengrabave, en Allemagne. Dès l’exode des habitants, biens publics, biens individuels, sont détruits par l’ennemi au cours de sa retraite stratégique de 1917. Tergnier est rasé et repris par nos troupes (du 5 au 19 mars 1917), réoccupé par l'armée allemande en mars 1918, repris le 7 septembre par l’armée Humbert.
Les négociations en vue de l'armistice sont engagées le 7 novembre 1918, et c’est à Tergnier que le 8 novembre 1918, à 3 h 45 du matin, la délégation allemande, arrivée de La Capelle en voiture, monte dans le train spécial qui l’attend pour la mener à la clairière de Rethondes où stationne le train du maréchal Foch et où sera négocié et signé le 11 novembre l'Armistice de 1918.
Tergnier voit ses sacrifices reconnus par une citation à l'ordre de l'Armée et la Croix de Guerre .
Tergnier est envahi, pour les uns dès les 19-20 mai 1940, pour les autres seulement vers les 5-6 juin, après que l’ennemi eut bousculé la 23e D.I. et la 2e Division cuirassée, faisant partie de la 7e Armée du général Frère. Le canal de Saint-Quentin est franchi à Liez ; Tergnier étant attaqué de part et d’autre. Alertes, bombardements ennemis, exode, retour au pays et du rapatriement d’aviateurs « descendus » ? qui ne se souvient des locomotives minées au dépôt, des voies sabotées au triage ou ailleurs… Parfois sous l’œil bienveillant ou complice ou apeuré de « territoriaux » français, promus gardes-voies
Tergnier devient un pôle de la Résistance, avec notamment les mouvements Libération-Nord, Francs-tireurs et partisans (FTP), Organisation civile et militaire (OCM), Défense de la France
Parmi eux, Libé-Nord Tergnier oriente son action de février 1941 à décembre 1942 dans une triple direction :
Elle réalise notamment :
Toutes ces actions entraînent une répression nazie impitoyable. Tergnier et ses environs paient un lourd tribut à l’occupant avec de nombreux fusillés, tués au combat, déportés rentrés ou décédés dans les camps de concentration, internés.
Au titre de la guerre 1939-1945, Tergnier reçoit une citation à l’ordre du Corps d’armée (11-12-1948) : « Localité du département, déjà presque entièrement rasée au cours de la guerre 1914-1918, centre ferroviaire important bombardé à deux reprises par les Allemands en mai 1940. Au cours des mois qui ont précédé la libération du pays, a subi quatre nouveaux bombardements massifs de l’aviation alliée occasionnant la mort de 58 de ses habitants, la destruction totale de 407 immeubles et la destruction partielle de 1041 autres immeubles. 11 de ses fils ont été déportés, dont 7 sont morts dans les camps de concentration . Cette citation comporte l’attribution de la Croix de Guerre avec Etoile de Vermeil ».
Les communes de Fargniers (code INSEE 02300) et de Vouël (code INSEE 02825) ont été rattachées à Tergnier le 1er janvier 1974 ; celle de Quessy (code INSEE 02630) le 1er janvier 1992.
Maires successifs de Quessy : Pierre-Louis Dupont: 1788-1790 / JADAS Marc : 1790-1792 / HANNIER Jean : 1792-1795 / OGER Jean Louis Théodore : 1795-1797 / BOUTILLIER Montain : 1799-1800 / JADAS Marc : 1800-1812 / JADAS Jean François André : 1813-1848 / JADAS André François : 1848-1852 / LEMOINE Vincent André : 1852-1857 / D'ARGUESSE Ernest Alexandre : 1857-1877 / JADAS André François : 1877-1889 / LAURENT Aimé Florimond : 1889-1896 / BUFFETRY Victor : 1896-1902 / LACOMBE Joseph athanase : 1902-1904 / ALLAIN alfred auguste : 1904-1912 / LIEVOUX vincent etienne : 1912-1925 / BELOUIS fernand : 1925-1933 / VENET Abraham : 1933-1935 / TESTARD Léon : 1935-1941 / VIGNON Léonard : 1942-1944 / TESTARD Léon : 1944-1945 / MIGEON Adelin : 1945-1946 / DERMY Narcisse Achille Adonis : 1946-1947 / DECARPIGNY Henry : 1947-1965 / HAURIEZ Paul : 1965-1989 / MORVAL Pierre : 1989-1995 / CROHEM Christian : 1995-2009 / KYTINSKI Marie-Jo : 2009…
Maires successifs de Vouel : LEMOINE Marc : 1826-1832 / LECAT Théodore : 1832-1870 / DODE Jean : 1870-1884 / BETHUNE Alphonse : 1884-1885 / D'HIVER Alphonse : 1885-1890 / DODE Jean : 1890-1896 / D'HIVER Paul : 1886-1902 / VINCQ Hippolyte : 1902-1904 / D'HIVER Paul : 1904-1908 / GEAY Marie Antoine : 1908-1910 / COURTOIS Arthur : 1910-1912 / DRAPIER Auguste : 1912-1914 / GERVAIS Jules : 1914-1929 / DEMOULIN Camille : 1929-1933 / DUPART Marie : 1933-1935 / GERVAIS Jules : 1935-1942 / TOFFIN Philogéne : 1942-1945 / THUET Marius : 1945-1956 / LEGROS Maurice : 1956-1957 / HOCQUET Maurice : 1957-1959 / PAILLET Gilbert : 1959-1971 / DUFOUR Edmond : 1971-1977 / DECARPIGNY Henri : 1977-1988 / BROCHETON Claude : 1988-2008 / VAL Denis : 2008…
Maires successifs de Fargniers : DUCOIN Paul : 1893-1899 / OUDIN Louis : 1900-1901 / HENOT Paul : 1901-1905 / PIETREMENT Eugène : 1905-1913 / L’HERONDELLE Léon : 1913-1931 / BOULANGER Jules : 1931-1938 / HAUTECOEUR Henri : 1938-1938 / BOVE Henri : 1938-1942 / PREVOST Léon : 1942-1944 / VAILLE André : 1944-1952 / DELAIDDE Ernest : 1952-1953 / LECOMTE Armand : 1953-1954 / PATE Hector : 1955-1969 / FOURNEL André : 1969-1974 / LAMOTTE Maurice (Instituteur): 1974-1995 / LEGRAND Yvonne : 1995-2008 / ROBIN Jacques : 2008…
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes
Le dynamysme et l'architecture (de style fin R. Coty début C de Gaulle) font de Tergnier l'une des villes les plus attractives de Picardie
Ville fleurie : trois fleurs attribuée en 2007 par le Conseil des Villes et Villages Fleuris de France au Concours des villes et villages fleuris.
Général Marcel Guillot (1893-1960), né à Tergnier, fils d'instituteurs, sorti du rang devient officier puis pilote pendant la Première Guerre mondiale, enseigne à l'école militaire de l'aéronautique et de l'air et au centre tactique interarmes à Versailles, pendant les opérations 1939-1940, devient chef d'état-major des forces aériennes de la 1re Armée puis de la 10 ème armée, refuse de servir vichy, participe à l'organisation des premiers groupes de maquisards dans les maquis du Ventoux et de Sault en 1942, passe des groupes de maquisards en revue le 14 juillet 1943, dans la forêt de Saint-lambert puis intègre le réseau de renseignements nestlé-andromède, est emprisonné et est torturé par la Gestapo, n'ouvre la bouche que pour insulter ses bourreaux et au poteau d'exécution, est félicité pour son courage, s'évade, participe à la libération d'Aix-en-Provence et de Marseille, rétablit la sécurité et l'ordre républicain après la libération en provence et à Marseille en organisant les forces républicaines de sécurité, réintégre l'armée, est nommé général pour avoir renseigné Londres en 1943 sur les plans de défense des Alpes et de la région sud-est du maréchal Rommel, devient secrétaire du cabinet du ministre de l'armement Charles Tillon