Thouars est une commune française située dans le département des Deux-Sèvres et la région Poitou-Charentes. Anciennement appelée Thouars-sur-le-Thouet.
Ses habitants sont appelés les Thouarsais et les Thouarsaises.
Thouars a été labellisée ville fleurie et ville d'art et d'histoire.
La commune de Thouars se situe au nord du département des Deux-Sèvres sur un plateau qui domine la rivière nommée le Thouet, un affluent de la Loire. Villes proches (28 à 40 kilomètres) : Bressuire, Parthenay, Saumur, Loudun.
Thouars est située à 50 minutes par la route de grandes agglomérations de l'Ouest : Niort, Poitiers, Angers. L'accès à Niort (passant par Parthenay) est réalisé via une route à trois voies.
Thouars est desservie via sa gare SNCF (trains et cars TER). La ville possède un aérodrome. La commune est aussi desservie par le réseau de cars RDS (Réseau des Deux-Sèvres) du Conseil général des Deux-Sèvres.
Thouars est arrosé par le Thouet, affluent de rive gauche de la Loire.
Le nom de Thouars vient de Tudae arx (signification : « citadelle du Thouet »).
Les premières communautés vinrent s'installer à Thouars il y a plus de 5 000 ans, leurs lieux d'habitation se situaient au bord du Thouet entre le château actuel et la vieille ville. Ces hommes ensevelissaient leurs morts au dolmen du coteau de Fleury, occupaient la grotte de Montsavard et invoquaient leurs divinités sur le tumulus de la Motte des Justices. Ce tumulus est aujourd'hui à peine visible, situé en pleine zone industrielle. Ses dimensions (174 m de long et 15 m de large) en faisaient le plus long sanctuaire répertorié en France et l'un des plus importants d'Europe.
Les traces d'une voie romaine découvertes dans la vieille ville semble confirmer l'hypothèse d'une présence dans l'Antiquité. Mais c'est surtout grâce à la découverte d'une pièce mérovingienne sur laquelle figure la mention Toareca (citadelle de Thouars) que l'on a confirmation de l'existence de la ville dans l'Antiquité et de son nom.
C'est seulement au VIIIe siècle que la ville entre dans l'histoire. Dans les années 760, Thouars se trouve en Aquitaine. C'est la forteresse la plus solide de toute la région selon les chroniqueurs de l'époque. Époque guerrière puisque le duc Waïfre se bat pour l'indépendance de l'Aquitaine contre le roi des Francs Pépin le Bref qui compte bien s'en emparer. En 762, accompagné de son fils le futur Charlemagne, Pépin le Bref arrive devant Thouars, il détruit la cité d'origine gallo-romaine et incendie le château.
À partir du IXe siècle, une lignée de vicomtes va s'imposer et administrer ce fief pendant plus de cinq siècles. Le premier vicomte connu à ce jour est Geoffroy Ier. Il fonde la dynastie de Thouars qui régnera sur le Thouarsais jusqu'à la fin du XIVe siècle.
Située au sud de l'Anjou et à l'entrée de l'Aquitaine, la vicomté de Thouars est un fief stratégique et très riche qui s'étend du Haut-Poitou jusqu'à la mer.
À Thouars, une première cité se trouvait entre le château actuel et l'orangerie. On pense également qu'une deuxième citadelle pouvait se trouver entre l'église Saint-Médard et le pôle Anne Desray. Au XIIe siècle, on remplace la citadelle de bois par une forteresse en pierre comparable au donjon de Moncontour et on entoure la ville de fortifications en bois.
On construit également les premiers édifices religieux : Saint-Pierre du Châtelet (aujourd'hui disparu) et Saint-Laon (abbaye fondée pour abriter les reliques de saint Lô). Pour faire face à l'arrivée de nombreux pèlerins, on construit le pont Saint-André au sud (aujourd'hui disparu) et le pont Saint-Jacques à l'ouest (détruit en 1944). Enfin devant l'augmentation de la population, on érige une nouvelle église en dehors des remparts : Saint-Médard-des-Champs.
Lors de son accession à la vicomté de Thouars en 1151, Geoffroy IV de Thouars est un fidèle allié du comte d'Anjou et du Maine Henri Plantagenêt. Mais en 1154, lorsque ce dernier devient roi d'Angleterre sous le nom d'Henri II, il décide de s'allier au roi de France Louis VII. À cette époque, Thouars était coincée entre l'Anjou qui appartenait au roi Henri II et l'Aquitaine qui suite au divorce du roi de France Louis VII et d'Aliénor d'Aquitaine était redevenue indépendante. Or en 1152, Aliénor épouse Henri Plantagenêt et l'Aquitaine devient ainsi anglaise ; la vicomté de Thouars se retrouve donc enclavée au milieu du territoire anglais.
Furieux, le 18 août 1158, Henri II d'Angleterre prend la ville d'assaut après trois jours de siège. L'église Saint-Médard est incendiée et le château de nouveau rasé.
Les successeurs de Geoffroy IV seront aussi opportunistes que lui, se rangeant tantôt derrière le roi de France, tantôt aux côtés du roi d'Angleterre. Au XIIIe siècle, pour faire face aux différents conflits entre la France et l'Angleterre, la ville modifie son architecture. Une enceinte de neuf mètres de haut est construite, sa longueur avoisinant les 4,5 km. Elle est renforcée de 37 tours et de trois grandes portes permettant la surveillance et assurant les accès au nord et à l'est de la cité médiévale. De nos jours, seules la Tour du Prince de Galles et la Tour Porte au Prévôt subsistent. La Porte de Paris (qui se trouvait à l'entrée de la rue piétonne) a été détruite au XIXe siècle.
Au milieu du XIVe siècle, l'Angleterre contrôle une grande partie de la France dont la ville de Thouars. Le roi Charles V nomme alors Bertrand du Guesclin connétable de France, et il le met à la tête d'une armée de 30 000 hommes pour entreprendre la reconquête du territoire. La ville de Thouars est assiégée en juin 1372 et c'est seulement cinq mois plus tard et après de lourde perte que le vicomte Amaury IV de Craon capitule. Il ouvre la Porte au Prévost et remet les clés de la ville aux armées de du Guesclin.
La ville de Thouars fut ainsi définitivement rattachée à la France par Bertrand du Guesclin le 30 novembre 1372.
Annexée à la couronne de France, la vicomté perd peu à peu de son autorité et de son autonomie. Puis en 1397, sa puissance va à nouveau décliner avec la mort de sa vicomtesse Péronnelle de Thouars, dernière descendante de la famille. La branche ainée des Thouars s'éteint donc après six siècles d'existence.
La lignée des Thouars disparue, la ville va passer à la famille d'Amboise mais pour très peu de temps, puisqu'après une série d'intrigues, le vicomte Louis d'Amboise va être dépossédé de ses terres par Louis XI.
Louis XI passa son enfance en Anjou, et il prit l'habitude de venir chasser dans les forêts autour de Thouars en compagnie de son ami Philippe de Commynes, seigneur d’Argenton. Une fois sur le trône de France, Louis XI réside souvent à Plessis-lez-Tours et il aime venir à Thouars où il y séjourne régulièrement, préférant l'hôtel des trois rois au château seigneurial.
C'est alors que les intrigues contre le vicomte vont commencer.
Louis XI ne supportait pas le comportement du vicomte Louis d'Amboise. Il lui reprochait son train de vie luxueux et sa débauche légendaire. Le vicomte de Thouars se conduisit brutalement vis-à-vis de sa première femme Louise-Marie de Rieux, qu'il fit enfermer au château de Talmont ; puis sa seconde épouse Nicole de Chambes fut rapidement empoisonnée (elle inspira d'ailleurs à Alexandre Dumas son roman : la Dame de Montsoreau).
En 1469, avec la complicité de Louis Tyndo, seigneur de la Brosse, filleul du vicomte, il détruit quelques titres de propriété et annexe la Vicomté au royaume de France. En remerciement, Louis Tyndo est nommé conseiller du roi et premier président du parlement de Bordeaux. Il se fait également construire un bel hôtel particulier où il reçoit à plusieurs reprises Louis XI. Selon Hugues Imbert, l'hôtel Tyndo, serait construit sur les fondations d’un ancien palais du XIIe siècle, appelé « Résidence des Rois d’Angleterre ».
Directement administrée par le roi Louis XI, la ville entame une période de renouveau et de prospérité. Les enceintes du château médiéval sont restaurées et l'église Saint Laon se dote d'une imposante flèche de style gothique.
Mais c'est surtout grâce à la reine Marguerite d'Écosse que l'abbaye Saint-Laon va acquérir un prestige particulier ; elle va y fonder une chapelle qui quelques années plus tard y abritera son tombeau.
En ville, les grandes voies de communications s'améliorent. Le Pont-Neuf (l'actuel Pont des Chouans), est fortifié et protège efficacement l'accès sud-est de la ville.
Avant de mourir, le roi Louis XI décide de restituer la terre de Thouars à ses propriétaires légitimes et c'est ainsi Louis II de La Trémoille, petit-fils de Louis d'Amboise, qui récupère la vicomté.
Louis de La Trémoille est un homme de caractère qui met souvent son épée au service de la couronne. Pendant qu'il guerroie au côté de François , sa femme, Gabrielle de Bourbon entreprend de grands travaux dans la ville. Elle fait démolir près du château médiéval l'église Notre-Dame pour la rebâtir dans un style plus conforme au gout de l'époque. La collégiale Sainte Chapelle Notre-Dame est unique en France.
En 1563, la vicomté de Thouars est érigée en duché-pairie en faveur des La Trémoïlle par le roi Charles IX. Mais cela ne change pas le quotidien des thouarsais, car la ville qui est une citadelle du parti protestant, est durement éprouvée par les guerres de Religion.
Ce n'est qu'au début du XVIIe siècle que Thouars retrouve calme et prospérité. Le sud de la ville se transforme en vaste chantier puisque c'est ici que débute en 1635 la construction d'un nouveau château voulu par l'épouse du duc Henri III de La Trémoïlle : Marie de La Tour d'Auvergne.
Thouars fut occupée brièvement par les Vendéens pendant la guerre de Vendée.
Elle fut chef-lieu de district de 1790 à 1795 et d'arrondissement de 1800 à 1804.
La cité s'est beaucoup développée grâce à l'activité liée aux chemins de fer sur la fin du XIXe siècle et toute la première moitié du XXe siècle siècle, lui valant un temps le surnom de « cité cheminote » tant la part de sa population liée au rail était importante. La gare est implantée sur l'axe Paris / Bordeaux et Tours / Les Sables-d'Olonne, il y circulait jusqu'à 65 trains de marchandises ou de voyageurs par jour.
De nos jours, la cité souffre d'un vieillissement et d'une baisse de sa population depuis le milieu des années 1970. Ceci conduit les divers responsables locaux à déployer leur énergie dans la recherche et l'accueil de nouvelles entreprises à l'échelon intercommunal et plus largement sur le Pays thouarsais, et par là même, d'une nouvelle population qui permettrait le maintien des écoles de la ville et un renouveau économique espéré.
Le blason de la famille de Thouars est issu des armes du vicomte de Thouars, Herbert II « d'or au franc quartier de gueules, semé de fleurs de lys d'azur ».
Lorsque la ville de Thouars adopta le blason, les couleurs furent inversées « d'azur au franc quartier de gueules, semé de fleurs de lys d'or », on ne sait pas exactement pourquoi.
Créée en 1793, la commune de Thouars a absorbé en 1885 la commune nommée Les Hameaux.
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes
Le Thouarsais possède un taux de chômage inférieur à la moyenne nationale. Le nombre d’intérimaires et de saisonniers est néanmoins particulièrement élevé. La communauté de communes du Thouarsais compte elle un peu plus de 22 500 habitants avec ses douze communes dont Sainte Verge, Louzy, Saint-Jean-de-Thouars, Saint-Jacques-de-Thouars, Missé et Mauzé-Thouarsais.
Des sociétés de production de melon : les deux plus importants producteurs, le Rouge Gorge et Sol Dive, représentent à eux seuls plus de 20% de la production nationale.
La viticulture est également très présente. Avec près d’une trentaine de domaines répartis sur plus de 750 hectares de vignes, le Thouarsais peut s’enorgueillir de posséder les seules AOC Anjou et Saumur des Deux-Sèvres.
Le tissu économique est dense et diversifié et les entreprises sont présentes dans de nombreux domaines d’activités. L’industrie est composée de PME dont les centres décisionnels sont en majeure partie locaux. Le développement économique y est principalement de tradition endogène, preuve de la fidélité des responsables d’entreprises et de leur confiance dans l’économie locale. Thouars possède quelques entreprises connues. À titre d’exemples, citons Asselin, Leul Menuiseries, Compagnie Européenne des Emballages R.Schisler, Loeul et Piriot, Anett, Sésame, Rivadis, France champignon, Socoplan…
Récemment, la compétence du développement économique a été dévolue à la Communauté de communes du Thouarsais. Elle gère près d’une dizaine de parcs d’activités dont Talencia et met en œuvre, depuis peu, une politique offensive en termes de prospection économique.
Thouars possède un bureau de la Chambre de commerce et d'industrie des Deux-Sèvres.
Thouars accueille un conseil de prud'hommes qui dépend du Tribunal de Grande Instance de Bressuire.
La ville de Thouars est labellisée "Ville d'art et d'histoire".
La commune :
De son passé riche, la commune conserve de nombreux bâtiments ou monuments dont plusieurs sont inscrits aux monuments historiques ou classés.
La ville possède plusieurs établissements scolaires
Si le Thouarsais est réputé pour sa forte tradition associative, le sport y est particulièrement présent. Avec plus d’une centaine de clubs, on recense plus de 10 000 pratiquants sportifs, dont 6 000 licenciés. Ainsi la communauté de communes du Thouarsais est sans doute l’un des territoires les plus sportifs de Poitou-Charentes. Régulièrement, les sportifs Thouarsais se distinguent, tant dans les sports individuels que collectifs. Si le football a été pendant longtemps une locomotive (club "Thouars Foot 79"), en raison de la population cheminote, et si le football continue de dominer la vie sportive locale, de nombreux autres sports sont également aujourd’hui pratiqués à Thouars, avec le soutien très fort des collectivités et entreprises thouarsaises.
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