Trélazé est une commune française, située dans le département de Maine-et-Loire et la région Pays de la Loire.
Jouxtant la ville d’Angers, la ville de Trélazé fait partie de la première couronne d’Angers Loire Métropole. Elle est partie intégrante de la zone urbaine d’Angers. C’est une commune au passé industriel très important, le patrimoine ardoisier a forgé son histoire. La ville a su dépasser son histoire pour entrer dans une phase de renouvellement par le développement de l’économie tertiaire.
C'est une ville fleurie: 3 fleurs au palmarès 2007 du concours des villes et villages fleuris.
Le site de Trélazé est occupé dès l’époque gallo-romaine comme l’attestent des vestiges retrouvés à Cartigné. Le nom d'origine fut Trelaxiacus.
La liste des noms de lieux angevins qui se terminent par « é » est longue ; c'est souvent l'indice qu'existait un domaine gallo-romain.
Trélazé est mentionné comme paroisse au XIIe siècle. À cette époque et jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, son territoire est alors partagé entre seigneuries laïques et ecclésiastiques.
Dès le XVe siècle, les ardoisières à ciel ouvert bénéficient d’une belle notoriété. La carrière de Tire Poche, première exploitation connue dans la région, ouvre en 1406, suivie par celle de Bouc Cornu en 1457. Elles produisent une excellente ardoise choisie plus tard pour couvrir par exemple les toits du château de Chambord. Au fil des ans, les perreyeux creusent, au prix d’un travail pénible, plus de 30 carrières. Ainsi apparaissent sur la veine de schiste ardoisier, buttes et carrières aujourd’hui inondées, appelés désormais « vieux fonds ».
À la fin du XVIIe siècle, 250 ardoisiers produisent annuellement quelques 5 millions d’ardoises. En 1766, les exploitations de Villechien, La Paperie, l’Aubinière, la Noue, les Carreaux emploient déjà plus de 600 ouvriers.
Tout au long de l’Ancien Régime l’extraction ardoisière se fait manuellement en connaissant un début de spécialisation entre les ouvriers « d’en haut » (de surface) et « d’en bas » (de fond) : remontée de la pierre à dos d’homme par de longues échelles, fendeurs taillant au ciseau des lauzes grossières, eau et déchets évacués du fond à l’aide d’un tour à bras.
En 1830, l’avènement de la machine à vapeur permet de s’enfoncer jusqu’à 180 mètres sous terre, mais les fonds deviennent de plus en plus dangereux. L’installation du gaz en 1847 et la production d’électricité en 1878 orientent l’activité vers l’exploitation en mine. Apparaissent alors dans le paysage, les chevalements du Champ Robert, Hermitage, Fresnaies, Monthibert, Grands Carreaux, nécessitant le travail de plus de 3 000 personnes. Aujourd’hui, Monthibert au Bourg et la moderne descenderie aux Fresnaies permettent d’atteindre les exploitations souterraines (plus de 400 mètres).
Le puits n°7 MonthibertAu cours des siècles, les carriers ou perreyeux connurent conditions pénibles de travail, accidents mutilants et schistose. Les conditions de vie sont précaires. Il faut de longues années d’action syndicale sous l’impulsion de Ludovic Ménard notamment, pour obtenir en 1947 le bénéfice de la sécurité sociale minière et le statut des mineurs. Jusqu’au milieu du XIXe siècle, et après avoir passé la Révolution sans bouleversement majeur, Trélazé reste un gros bourg mi-ouvrier mi-paysan comme le rappellent les sculptures encadrant la porte d’entrée de l’hôtel de ville. Le développement de l’industrie ardoisière avec ses nouvelles méthodes d’exploitation, et l’établissement d’une manufacture d’allumettes en 1864, appellent une main d’œuvre nouvelle. Les Bretons en particulier arrivent à Trélazé.
À partir des années 1960, la crise frappe de plein fouet les deux pôles industriels de la ville : licenciement massifs aux ardoisières où 250 ardoisiers travaillent encore aujourd’hui, et fermeture de la manufacture d’allumettes, alors première au niveau national en termes de production.
Le coup d’État du 2 décembre 1851 orchestré par Louis-Napoléon Bonaparte met un terme aux réformes républicaines et démocratiques. Ce coup de force entraîne dans toute la France des insurrections populaires. Une société secrète du nom de Marianne se fixe pour objectif de renverser le régime et de rétablir une république démocratique et sociale. En Anjou, la société secrète recrute parmi les filassiers et les ardoisiers.
Le 26 août 1855, des centaines d’ouvriers des ardoisières de Trélazé se révoltent. L’émeute éclate dans la soirée du 26 août à Saint-Barthélemy-d’Anjou. Les carriers pillent la gendarmerie pour s’emparer des armes. Ils pénètrent ensuite dans les faubourgs d’Angers en chantant la Marseillaise par défi contre Napoléon III et le Second Empire. Le mouvement prend de l’ampleur au cours de la nuit et au petit matin, plus de 600 hommes avec, à leur tête, François Attibert, un ouvrier de carrière marianniste, marchent sur Angers. Prévenue, la force publique les attend avec les armes. L’insurrection tourne court. Il n’y aura aucune victime, mais on procédera à des centaines d’arrestations. Les responsables Jean-Marie Secrétain, Joseph Pasquier et François Attibert sont déportés à Cayenne.
En juin 1856, la Loire en crue provoqua des ruptures de la levée en amont à la commune de Trélazé envahissant la vallée du l’Authion. L’eau se déversa alors sur la commune de Trélazé submergeant les carrières des ardoisières, provoquant la mort d’une demi-douzaine d’ouvriers ainsi que l’arrêt du site pendant plusieurs mois. À la suite de cette catastrophe, l’Empereur Napoléon III se rendit sur le site pour « porter réconfort aux sinistrés » et essayer de restaurer son image ternie par la répression au mouvement de la Marianne. Le chef d’État s’engagea à cette occasion à faire construire une levée protégeant désormais la commune des inondations. Celle-ci existe toujours et est appelée « chemin Napoléon ».
Réputée pour l’exploitation ardoisière, la ville de Trélazé est aujourd’hui l’hôte de plus de 370 entreprises employant 3 700 personnes sur la commune et ses environs, réparties dans 9 parcs d’activités publics ou privés (320 hectares en tout). La répartition entre les différents types d’activité est la suivante : 38% dans les services, 23% dans l’industrie, 19% dans le bâtiment, 17% dans le commerce et 3% dans l’agriculture.
Attachée à son patrimoine et à son industrie ardoisière, qui reste le principal employeur de la ville avec environ 212 salariés, la ville a connu ces dernières années un renouveau au prix d’une ambitieuse politique de diversification économique et immobilière. Depuis 1996, Trélazé a accueilli 230 nouvelles entreprises, équivalant à 2 000 emplois, grâce à l’aménagement de parcs d’activités à vocation industrielle, artisanale et commerciale. Les opérations foncières ont permis de construire des centaines de logements supplémentaires, ce qui aura pour effet de porter la population communale à 13 000 habitants à l’horizon 2008. De plus, la ville est située à 1h30 de Paris et à proximité d’un pôle étudiant.
Trélazé est une des seules communes de la banlieue angevine (avec Montreuil-Juigné par exemple) qui compte quelques barres HLM. Dans le cas de Trélazé, le quartier HLM est "Les Plaines".
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