Tullins est une commune française, située dans le département de l'Isère et la région Rhône-Alpes.Les Tullinois y habitent.
L'agglomération de Tullins se situe à flanc de coteaux sur les derniers contreforts boisés du plateau de Chambaran. À ses pieds s’étend la plaine alluvionnaire de l’Isère, partie rurale et agricole de la commune. La commune de Tullins est baignée par la Fure et bordée par l’Isère.Elle est située à 13 km de Vinay et de Voiron, à 17 km du Grand-Lemps, à 19 km de l'Aéroport International de Grenoble-Isère, à 23 km de Saint-Marcellin, à 26 km de La Côte-Saint-André et à 29 km de Grenoble. La ville est desservie par la gare de Tullins-Fures sur la ligne de Grenoble à Valence-Ville et par l'A 49 dont l'accès se trouve à 3 km du centre-ville.
L’histoire de Tullins commence à l’époque des Celtes avant que les Romains n'occupent la région. À la mort du dernier seigneur de Tullins en 1428, le Dauphin hérite de la seigneurie de Tullins. Après le rattachement du Dauphiné à la France, la ville est donnée en engagement à différentes familles de la région pendant plus de deux siècles (de 1428 à 1650). Les Clermont-Tonnerre obtinrent la charge héréditaire de Tullins jusqu’à la Révolution. Au XVIIe siècle, de riches familles s’installent à Tullins et restaurent des maisons médiévales dont nous gardons encore trace (nombreuses portes inscrites à l’inventaire des Monuments Historiques). Dès le début du XIXe siècle, l’industrialisation se développe dans le hameau de Fures avec la toilerie de chanvre, la soierie, la métallurgie et la papeterie grâce à la force motrice de l’eau déjà utilisée au Moyen Âge. Après l’endiguement de l’Isère à la fin du XIXe siècle, la plaine de Tullins se prête alors aux cultures céréalières ainsi qu’à l’élevage bovin. La production de noix (Noix de Grenoble AOC) se développe pour remplacer le vignoble, qui s’étendait sur les coteaux et surtout en plaine, où la mécanisation permet une exploitation facile de la production.
Blasonnement : de gueules à deux clefs d'argent passées en sautoir les pannetons en haut.Il s'agit des armes des Clermont-Tonnerre, derniers seigneurs de Tullins.
En 1898, la ville de Tullins choisit de prendre pour armoiries celles des ducs de Clermont-Tonnerre, remplaçant sur le cimier la couronne ducale par une couronne murale. Les Clermont-Tonnerre ont été pendant près de deux siècles seigneurs de Tullins.
Origine du blason: Au XIIe siècle, Eymard de Clermont-Tonnerre prend la tête des troupes qui vont permettre à l'archevêque de Vienne, Guy de Bourgogne, élu pape sous le nom de Calixte II, de pouvoir s'asseoir sur le trône pontifical qu'a usurpé un nommé Bourdin, mis en place par l'empereur d'Allemagne. En reconnaissance, le pape lui accorde le droit d'utiliser dans son blason les clefs de Saint Pierre.
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes
L'ancienne propriété des Chartreux abrite actuellement l'Hôtel de Ville, l'une des plus belles mairies du département de l'Isère. Réaménagée au XIXème siècle, la "maison" conserve de magnifiques boiseries, des peintures, des vitraux, des mosaïques, qui restituent l'ambiance des riches demeures du second empire. A l'origine, les Chartreux de la Sylve Bénite exploitaient des vignes sur ce coteau bien exposé de Tullins.
A la Révolution, les Chartreux sont expulsés, et en 1861, la propriété est achetée par Michel Perret, riche industriel Lyonnais.C'est lui qui va transformer la "demeure" en une magnifique villa de style italien. En 1949, des religieux de l'ordre des Rédemptoristes se portent acquéreurs du domaine et fondent un séminaire. Enfin en 1976, la Commune achète le domaine, et y installe la mairie.
Le clos des Chartreux abrite une collection d'arbres rares d'une trentaine d'espèce différentes. Lieu de balade exceptionnelle, autour d'un plan d'eau aménagé par Michel Perret, on y découvre un sentier découverte agrémenté de plaques explicative racontant l'histoire de chaque arbre. Des essences rares venues du monde entier : Hêtre pourpre d'Europe, Sapin d'Espagne, If doré, Sophora du Japon, Plaqueminier kaki d'Extrême Orient, Cèdre de l'Atlas, Thuya de Chine, Épicéa commun, Cyprès Chauve, Érable Sycomore, Cèdre de l'Himalaya, Érable Negundo...
L'église Saint Laurent des Prés de Tullins, contemporaine de Charlemagne, est la seule à posséder sur son clocher, classé Monument historique, des allégories du bien et du mal . Cette église tire l'éponyme "des Prés" du fait qu'à sa fondation, au IXe siècle elle se trouve en pleine campagne, entourée du cimetière primitif de la ville. Présentant un ensemble harmonieux de plusieurs styles, elle conserve de la construction d'origine son porche-clocher roman remanié au XIe siècle. Au siècle suivant, l'évêque Saint Hugues de Grenoble, celui qui va installer Saint Bruno à la grande Chartreuse, donne l'église à des moines bénédictins venus de Saint-Chef qui la réaménagent dans un style de transition entre le roman et le gothique. Durant 300 ans, des chapelles latérales sont construites dans la nef. A la fin du XVeme siècle, un magnifique chœur cistercien à fond plat est érigé à la gloire divine.
Datant du début du XVIIe siècle, le bâtiment fut d'abord un prieuré des chanoinesses nobles de l'ordre de Cîteaux (Bernardines) avant d'être occupé par des chanoines de l'ordre de Saint Jean de Jérusalem. Après la Révolution, les Ursulines s'y installèrent et en firent une maison d'éducation. Des plombs, encore visibles aujourd'hui, furent tirés par les révolutionnaires en 1793 et sont incrustés dans la porte.
La première messe y fut célébrée le 1er novembre 1645. La façade et les vantaux en bois massif sont inscrits à l'inventaire des Monuments Historiques. Au-dessus de la rosace de la façade, une statue de la Vierge reprend les armoiries du prieuré. A l'intérieur, on découvre a nef centrale aux clefs de voûte armoriées. Le dallage du chœur en marbre de Hauteville remplace le vieux parquet à bâtons rompus d'origine dans lequel deux trappes permettaient de descendre dans les caveaux ayant servi aux inhumations des Bernardines . En effet, vivant cloîtrées, elles ne devaient jamais sortir de l'enceinte du couvent, même mortes. De plus, ne devant pas être vues, elles assistaient à la messe depuis une loggia attenante au couvent, derrière une grille. La Chapelle elle est dédiée à Notre Dame des Grâces . A l'intérieur, autour du maître-autel, se trouvent des œuvres du peintre lyonnais Germain Detanger (1869), ainsi que d'autres peintures restaurées par les sœurs de Notre Dame des Apôtres (ordre missionnaire soignant les lépreux en Afrique), propriétaires du couvent en 1943. Sur la face est, à gauche en regardant la chapelle, se trouve un cadran solaire datant de 1692 et portant la légende " C'est ton heure ".
La tour ronde et quelques pans de mur sont les derniers vestiges du château en pierre datant du XIIe siècle. La tour, dont les ouvertures (fenêtres à meneaux et archères) peuvent être datées du XVe ou XVIe siècle, possède une imposante cheminée. Le château qui servait d'arsenal à l'époque des seigneurs engagistes a été en grande partie détruit par un incendie en 1734 et n'a pas été reconstruit.
Les seigneurs de Tullins : Les premiers seigneurs connus à Tullins, à partir du XI° siècle, étaient apparentés à la famille de Poitiers, comtes de Valentinois (une de leurs plus célèbres membres sera Diane de Poitiers). Guigues II, au début du XIVe siècle, conseiller du dauphin, était l'un des plus puissants seigneurs du Dauphiné. Humilie, sa fille, réussit à conserver le fief de Tullins convoité par le dauphin Humbert II. En 1346, le château et la terre reviennent par alliance à la famille de Roussillon. En 1428, Claude de Roussillon meurt sans enfant et teste en faveur du dauphin Louis II, le futur roi de France Louis XI . Celui-ci met le fief en location, il l'engage. Dès lors, sept seigneurs ou familles engagistes vont se succéder : De 1456 à 1462, Antoine Bolomier, De 1462 à 1526, Geoffroy Alleman, De 1526 à 1531, Jean de Lastium, De 1531 à 1543, Florentin Alleman, De 1543 à 1595, Imbert de Borellon, De 1595 à 1650, A ntoine de Fléard, En 1650, Jacques de Clermont-Tonnerre , marié à Françoise de Fléard, reçoit en dot le fief de Tullins (engagé à perpétuité) qui restera à la famille de Clermont-Tonnerre jusqu'à la Révolution.
La chapelle de l'hôtel-Dieu, datant de la fin du XVe siècle, est dédiée à la vierge Marie . Cette chapelle s'est très vite rendue célèbre par les miracles qui s'y seraient déroulés (résurrections d'enfants mort-nés). Menaçant de tomber en ruine vers 1820, elle a été réduite de plus de moitié.
Avec sa voûte en berceau appareillée en tuf, elle est ouverte dans l'épaisseur des murailles "sous la ville". Celles-ci correspondent à l'enceinte du bourg neuf datant des XIII° et XIVe siècles.
Il fut fondé en 1606 par le Cardinal de Fléard , alors Évêque de Grenoble. Devenu bien national, il fut acheté en 1791 par la municipalité qui y installa l'hôtel de ville jusqu'en 1976. Les arcs du perron sont de l'ancien cloître et le beffroi, édifié à la fin du XIX° siècle, porte les armoiries de la ville.
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