Valbonne (Vallis bona signifie La bonne vallée en provençal) est une commune française située dans le département des Alpes-Maritimes et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Ses habitants sont les Valbonnais, Sophipolitains.
La commune regroupe le village historique et la majeure partie de la technopole de Sophia Antipolis, elle-même situées sur plusieurs commune limitrophes.
Valbonne Sophia Antipolis occupe le bassin moyen de la Brague, fleuve côtier de 15 km qui prend sa source au fond du vallon d’Opio. La commune s’articule autour de deux pôles :
Si le village de Valbonne n'apparait qu'au début de l'époque moderne (1519), son territoire a livré des traces d'occupation anciennes.
L'aven de la Mort de Lambert est constitué d'une série de salles qui ont livré de nombreux restes humains, ainsi qu'un dépôt de céréales associé à des céramiques modelées ainsi que des restes d'outils et de parures en bronze. La fonction la plus évidente du site est funéraire, mais une utilisation comme lieu de réserve temporaire de nourriture est généralement admise. L'ensemble du mobilier renvoie à l'âge du Bronze.
Au Haut Moyen Âge, quelques hameaux des environs : Opio, Le Brusc, Sartoux (Castellaras), les Clausonnes et Villebruc, étaient déjà habités, mais c'est sur les terres d'un vallon isolé et désert du territoire de Sartoux qui deviendra « Vallisbona » (la bonne vallée), offertes en 1199 par l’évêque d'Antibes à l'abbaye de Prads (Prads-Haute-Bléone, Alpes-de-Haute-Provence), que fut fondée l'abbaye Sainte-Marie de Valbonne.
Prads et Valbonne faisaient partie des quinze abbayes et prieurés de l’ordre monastique de Chalais, ordre « dauphinois-provençal » créé un siècle plus tôt selon une règle proche de celle des cisterciens. La pauvreté de cet ordre montagnard engendra sa désintégration et, en 1297, l'abbé de Valbonne se mit sous la dépendance de l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon ; l'évêque et le chapitre de Grasse refusèrent de ratifier cette affiliation et offrirent en 1303 Sainte-Marie de Valbonne à l'abbaye de Lérins. Le pape trancha ce litige en 1335 : il attribuait Sainte-Marie de Valbonne à Lérins,.
Une vue de la place centrale des Arcades à Valbonne.À la fin du Moyen Âge, les guerres, sécheresse et la peste noire entraînent la fuite des habitants des hameaux environnants, laissant les territoires de l'abbaye « ruinés, inhabités, incultes, pierreux et couverts de bois ».
La réunion de la Provence à la France par Louis XI, fut le prélude à la renaissance de la région. Par la volonté du moine de Lérins prieur de Valbonne, don Antoine Taxil, le village va naître en 1519 d'une évidence économique : mettre en valeur les terres de l'abbaye. Un parcellaire orthogonal est constitué et une solution originale est trouvée : des investisseurs locaux, clercs et notables, attributaires des lots, les loueront avec les terres qui y sont attachées à des paysans, venus principalement du Haut-Pays pour cultiver le patrimoine foncier, charge à eux de construire les maisons. Un acte d'habitation décrit les droits et devoirs des nouveaux habitants mais aussi les détails architecturaux, selon un "cahier des charges" rigoureux. La construction s’effectuera sur un siècle. Le village restera rural et relativement isolé, presque sans changement, jusqu’au milieu du XXe siècle.
La proximité du littoral et surtout, dans les années 1970, la création du pôle universitaire, scientifique, technologique et résidentiel de Sophia Antipolis, construit en grande partie sur la forêt de Valbonne, ont transformé la région.
Sur un plan orthogonal, autour de la place des Arcades, bâtie au début du XVIIe siècle, cinq rues descendent du nord au sud, dix rues d'est en ouest, larges de deux canes (environ quatre mètres), se croisant à angles droits, formant un plan en damier qui donne vu du ciel, une image caractéristique de Valbonne. La même rigueur se retrouve dans le plan des maisons hautes et étroites, à l’origine toutes identiques : un rez-de-chaussée servait de remise qui de nos jours se retrouve en demi sous-sol, en raison de l'élévation du niveau de la rue ; au premier étage la « salle », pièce à vivre ; au-dessus les chambres, et enfin le grenier où étaient entreposées les réserves hissées à l'aide d'une poulie, dont quelques-unes se voient encore. Dans la grand-rue se trouve l’ancien hôtel de ville avec sa tour et sa fontaine construite au XIXe siècle.
L’église abbatiale romane du XIIIe siècle devenue église paroissiale à la construction du village, est l’exemple parfait de l'art chalaisien, très proche de l'art primitif cistercien. Le clocher a été ajouté au XIXe siècle. Plusieurs chapelles et oratoires, au village et dans la campagne, complètent l’architecture religieuse.
Les bâtiments conventuels, bien conservés, dont la restauration commencée en 1970 se poursuit, accueillent le musée du patrimoine « Le Vieux Valbonne » qui présente de nombreux objets, ustensiles et outils représentatifs de la vie rurale du village et fait revivre, au travers de présentations et d’ouvrages, l’histoire du village et de l’ordre monastique de Chalais.
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